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 Down the corridors

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Wils Lünar
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MessageSujet: Down the corridors   Dim 9 Mai - 20:10

Les glaçons, dans son verre, ne flottent plus. Serrés les uns aux autres, ils pataugent dans une fine couche de liquide ambré. Wils les fait tournoyer distraitement. Dos courbé, accoudé sur le comptoir il fixe ce qu'il reste de son whisky en écoutant la guitare électrique pleurer dans les haut-parleurs. Le restaurant est animé, en début de soirée, on y rit, on y parle, on n'y écoute que soi-même, se délestant par la même occasion du stress d'une journée qui s'achève. Les femmes y sont richement vêtues, robes et bijoux sont au rendez-vous. Les hommes font à peu près tous dans le complet et les chaussures lustrées. L'endroit est élégamment décoré, l'ambiance est au lounge, la musique à oublier. Mais il a beau s'y efforcer, Wils n'y arrive pas. Des collègues l'ont bien invité à leur table, tout à l'heure, mais il a poliment refusé, prétextant un départ imminent. Maintenant, ils discutent haut et fort, gaiement, en vidant verres après verres.
D'un trait, Wils engloutit ce qu'il reste de son whisky et sort son porte-monnaie de la poche de son pantalon. Il faudra faire halte à la banque, en retournant à la maison, il n'a presque plus d'argent liquide sur lui et déteste ça. Les cartes, c'est bien mais, il préfère avoir les deux. Il empoigne son dernier billet et pose son poing sur le comptoir du bar. Il hésite à en commander un autre. La barmaid est occupée, il a le temps de réfléchir, mais pense plutôt à autre chose. Il a l'habitude d'être hanté par le boulot, mais ce soir, l'angoisse s'acharne sur lui avec violence, lui triturant les esprits en les soumettant à l'élucubration de scénarios tous plus inquiétants les uns que les autres. Le dénouement, cependant, est toujours le même : ils vont me démolir. Pouvait-il seulement en être autrement?

L'idée, en politique, est de posséder des contacts fiables dans maints domaines. Un des contacts de Wils est du grand monde économique et, il y a quelques semaines, lui a parlé d'un investissement particulièrement intéressant dont lui et ses collègues prédisaient d'imminents et importants gains pour qui aurait la chance de connaître quelqu'un pouvant lui en faire bénéficier. La transaction n'était pas simple, l'arrangement un peu douteux, mais c'était toujours comme ça, alors pas de quoi s'inquiéter. Il suffisait de passer par le bureau du type pour conclure l'affaire. En bon préfet, Wils en a parlé à un certain individu bien placé au ministère. Intéressée, la dite-personne a accepté d'appuyer la candidature de Wils comme éventuel ministre, en échange des services de l'économiste. L'entente conclue, il a été convenu que c'était le Lünar qui ferait l'intermédiaire entre le crac de la banque et l'autre. Mais Wils, plutôt que de remettre les fonds de son nouvel associé, s'est servi de l'argent pour s'acheter un appui de plus au ministère et a investi son propre argent, dont le profit (qu'on prédisait supérieur à ce qu'il avait laissé entendre) lui servirait à payer celui qui se croyait l'investisseur. Bref, un deux pour un. Mais ce qu'il n'avait pas prévu et qui s'est produit, c'est que son précieux contact économiste, sournois personnage, il y a deux jours, a perdu son emploi. On l'a jeté derrière les barreaux, pour fraude. La bonne nouvelle, c'est que Wils n'est toujours pas passé à son bureau. La mauvaise, c'est qu'il a déjà acheté le deuxième appui et donc, qu'il n'a plus ce qu'il faut pour payer le soit-disant investisseur qui croit qu'il fera la passe du siècle. La solution, c'est qu'il faut trouver un moyen de faire de l'argent, beaucoup, beaucoup d'argent et en relativement peu de temps. Ce moyen, il ne l'a pas.

La barmaid revient vers lui.

- La même chose, marmonne-t-il en lui donnant le billet froissé.

Elle repart avec le verre et ses glaçons. Wils veut oublier, comme les autres, mais il n'y arrive pas. Il a chaud et défait le nœud de sa cravate, la pose sur son veston, qu'il a étendu sur le bar. Manches de chemises roulées, il pianote sur le comptoir. Il est sans idées. Sa tête est lourde de vide et ses yeux ne voient plus rien. Wils se masse la nuque, glisse ses doigts dans ses cheveux. Et s'il demandait à Leea de les lui couper vraiment courts. Et s'il se laissait pousser la barbe. Se reconnaîtrait-il enfin dans la glace? Non, conclut-il au bout d'un moment, il ne ressemblerait que davantage à l'homme qu'il n'est plus certain d'incarner avec crédibilité.
Un verre à demi-plein apparaît devant lui. Il aurait dut demander sans glaçons, il n'en voulait même pas, n'en a jamais voulu, mais ne s'en est jamais plaint, non plus, alors comment pouvait-elle savoir... Tant pis pour lui, se dit-il en portant le whisky à ses lèvres. C'est son dernier. Après, il faudra rentrer à la maison. Il veut arriver avant que Markus se couche et de toute façon, il ne peut se permettre une consommation de plus s'il veut pouvoir conduire sa voiture. Enfin, la conduire sans se tuer et/ou en tuer d'autres. Ce serait dommage, tout de même. Un temps, le temps que Fiston oublie, et que Chérie se retrouve.
Wils boit, fait taire les sottises qui lui passent par la tête et, tout comme il repose le verre, tourne la tête vers la table où se trouvait les connaissances qui l'avaient invité à se joindre à eux. Certains ont quitté, comme plusieurs autres. L'endroit n'est plus aussi animé. On ira poursuivre la soirée dans les clubs de l'uptown de Raimyo, dans la voiture d'un collègue ou, plus sagement, chez soi. Son regard tombe au sol, la voix androgyne qui perce désormais des caisses de sons l'enveloppe. Le rythme qui l'accompagne est lent, profond, comme un souffle... Où se mêle, au refrain, le chant d'une femme, une caresse lascive à l'oreille. Wils n'est pas soûl, il est seulement... ailleurs. Et se demande s'il y est toujours lorsque surgissent sous ses yeux des pieds mordorés gracieusement chaussés. Il découvre succinctement la femme qu'ils portent en remontant vers son visage. Elle est jeune, belle, et inconnue.

- On se connait?

Il croit connaître la réponse : non. Il ne l'a jamais vue. Oh elle ne serait pas la première demoiselle à lui faire des avances, si c'est ce pour quoi elle l'a rejoint. Les jeunes femmes en quête de porte-monnaies ambulants ne sont pas si rares. Cela dit, comparativement à plusieurs confrères plus âgés, Wils n'est pas aussi sollicité. Sans doute son âge y est-il pour quelque chose. L'avantage avec les vieux, c'est qu'ils sont plus près de la tombe. Plus près, autrement dit, de céder leurs biens à l'heureuse élue et parfois même, à leur récente et pas toujours légitime progéniture.
Mais ne sautons pas trop vite aux conclusions. Qui sait, peut-être ne cherche-t-elle que du feu.


Dernière édition par Wils Lünar le Mar 13 Juil - 22:12, édité 1 fois
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Melissa Zwölle
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Lun 10 Mai - 12:31

Hier, le téléphone avait sonné. Pas celui de la maison. Son personnel, enfin celui qu'elle utilise pour le travail. Ce jour-là, Melissa était en remplacement dans un bureau. Quand une secrétaire avait un problème, il fallait bien trouver une intérimaire pendant quelques jours. Il fallait aussi donner un peu de crédit à la couverture des demoiselles. En somme pas de cuissage pour l'employeur du moment et par conséquent, la métisse était libre pour les autres clients. Manifestement, ça devait se savoir. Ne laissant pas le téléphone sonné plus longtemps, elle répondit usant d'une voix douce et polie. L'homme lui expliqua rapidement qu'il prenait rendez-vous pour quelqu'un à sa demande. Quelqu'un de particulièrement stressé et qui avait besoin de se détendre. Il n'y avait pas de mal à se faire du bien, si elle voyait où il voulait en venir. La consigne était simple : être très bien habillée. Quant aux restes des informations, elles lui seraient envoyées à son domicile. A la façon dont l'inconnu qui se présenta comme un secrétaire particulier, s'exprimait, Melissa avait le sentiment qu'il pourrait s'agir d'un très gros client. Marché conclu. Et le soir-même, une enveloppe l'attendait avec un bout de papier sur lequel des notes avaient été griffonnées, une photographie de l'homme qu'elle devait rencontrer ainsi qu'une adresse. Une rapide lecture, un passage dans la salle de bain et elle se coucha après avoir expliqué à sa maman les bienfaits de se coucher tôt.

Et la nuit est passée. Le jour J est arrivé. Tout s'est enchainé très vite dans la matinée. Si bien que le début d'après-midi se pointe, quand Melissa déambule dans l'une de ses boutiques préférées. Enfin dans l'une des boutiques préférées de son "agence". Ici, on achète que du beau, du très cher et on s'habille pour faire rêver les messieurs de la Lux. Fonctionnaires, hommes d'affaires, grands chirurgiens, scientifiques, peu importe. La robe est à choisir en fonction du client. Celui de ce soir ne lui semble pas tout jeune et plutôt du genre sérieux. Pas un pervers non plus donc pas la peine de mettre une robe trop courte. Quelque chose de plus subtile et élégant ferait davantage l'affaire. Ses yeux errent de vêtement en vêtement jusqu'à ce qu'une longue robe fendue sur la cuisse gauche l'appelle. Elle est d'un joli bleu nuit et comble du luxe, il y a un anneau situé au dessus de la hanche gauche où quelques diamants brillent. Un petit peu de peau et de brillant pour les yeux. Le tissu forme des fins plis en direction du cercle. Sans manche, les épaules sont dénudées et quand Melissa l'essaie, elle est satisfaite de voir la cascade formée par sa crinière brune. Pour le reste, le choix est tout aussi difficile. La vendeuse lui conseille une paire de sandales à talon. 10 centimètres de plus, un laçage en cuir sur le dessus des pieds et une petite bride autour de la cheville. Boucles d'oreille en argent. Fin bracelet en argent aussi. L'or selon Mel, ça fait vulgaire. Une touche finale, le sac pochette d'une teinte légèrement plus soutenue que la robe.

Même arrangement que d'habitude, les affaires seront envoyées au domicile. Celles qu'elle portait en arrivant car l'heure tourne. Après avoir dégainé sa carte réservée aux achats nécessaire pour son travail – vie professionnelle et privée étant soigneusement séparées – et payé, la métisse file. Elle hèle un taxi et se glisse sans attendre dedans. Dillen Town. Les papillons. Le reste de l'adresse murmurée dans l'habitacle est étouffé par les bruits de la radio du conducteur. Calée dans la banquette arrière, elle laisse un message à sa mère lui rappelant son rendez-vous, de ne pas s'inquiéter et que le livreur passera avec les vêtements de ce matin. Maman ne pose pas de questions. Ça doit être normal de faire ainsi quand on travaille pour des personnes hauts placées. Le rituel de la vérification du maquillage suit le devoir filial. Le conducteur la regarde faire à travers le rétroviseur intérieur. Un rendez-vous avec son fiancé ? Un rire s'envole. Un sourire malicieux est décoché à l'homme. D'après lui ? L'absence de réponse concrète nourrit l'imagination et à ses yeux, Melissa voit qu'il n'ose en demander davantage. Le reste du trajet se finit dans un silence sage. Le taxi s'immobilise devant le restaurant. Pendant qu'elle paie, le conducteur lui souffle de bien s'amuser et de faire attention en rentrant. Est-ce que son père aurait dit la même chose ? L'ombre du père inconnu est rapidement écartée pour laisser place aux silhouettes des hommes qui la détaillent alors que ses pieds la mènent dans le ventre de l'établissement. Certaines femmes lui adressent des coups d'oeil réprobateurs. L'arrogance de la jeune est dépréciée. L'évocation d'un temps où elles n'avaient pas besoin d'exiger des remèdes miracles auprès de leurs médecins adorés. Mais toutes n'ont pas emprunté ce chemin, heureusement.

Melissa hésite entre deux modes de recherches pour mettre la main sur son client mais elle finit par se trainer paresseusement jusqu'au bar. Le mouvement lent de ses hanches accroche quelques regards et les sourires envoient un message pour le moins clair. En avançant, elle se dit qu'elle a fait le bon choix. Il y a moins de monde par-là et si monsieur n'est pas dans les parages, elle jettera son dévolu du côté des tables. Ses yeux scrutent chaque visage jusqu'à ce qu'elle l'aperçoive. Avec une tête d'homme soucieux. Un bon lever de coude. Mauvaise journée assurément. Pourvu qu'il n'est pas trop bu, elle déteste s'occuper des hommes ivres. Quoique, très souvent, ils se retrouvent à payer pour une prestation qu'ils n'ont pas eu. Bien fait pour eux. Boire n'est pas une solution mais elle, ça l'arrange. D'un pas tranquille, elle s'approche songeant que la musique de l'endroit n'est pas du tout à son goût. Peut-être est-ce un lieu pour riches dépressifs ? Ils viennent y noyer leurs soucis dans des litres d'alcool. À moins que ce ne soit l'agonie vocale du chanteur qui lui fasse cet effet. Sa main droite passe dans ses cheveux, les remettant en arrière. Doucement, elle s'accoude au bar et souffle.

- Bonsoir...

Sa tête se penche à la question de l'homme. Ce genre d'entrée matière ne lui plait guère parce qu'il manque un détail. Chez Mel, la politesse est quelque chose de sacrée et ça compte même pour Monsieur Whisky. Les manières un peu bourrues ne lui conviennent guère. Elle l'observe un instant avant de commander un cocktail. Melissa interpelle joyeusement la barmaid. Un Star appeal, mademoiselle. Ses yeux se posent sur son voisin et elle tourne à nouveau la tête vers la femme affairée. Un grand verre d'eau fraiche pour le monsieur aussi. C'est raisonnable de passer à l'eau même si le goût n'est pas le même. Sa question attendra quelques minutes mais elle se décide à répondre.

- Tout d'abord bonsoir, un peu de politesse, hm ? Ça ne coûte rien mais rapidement elle enchaine, n'ayant pas envie de jouer plus longtemps. Combien de verres avez-vu bu pour ne pas vous souvenir que vous avez demandé à votre secrétaire de prendre rendez-vous avec moi ?

Melissa ne parle pas fort. Jamais quand elle mentionne ce genre d'affaires. Cependant l'intonation de sa voix ne cache nullement une pointe d'agacement et de reproche. Le cocktail apparait devant ses yeux. Un remerciement adressé à la barmaid et ses doigts se saisissent du verre. Buvant une gorgée du liquide, elle baisse ses paupières. Le goût emplit son palais et sa langue glisse sur ses lèvres. Le seul point fort des restaurants chics, ce sont bien leurs boissons. Plus pour elle-même que pour partager une pensée sur la gente masculine, la métisse soupire.

- Les homme sont désespérants... Sa tête se tourne en direction de l'homme. Ses yeux se plissent, tout en se plantant dans les siens. Que dois-je en conclure monsieur Lünar ?

Son identité et sa fonction ne lui sont pas inconnues. Quant au reste, c'est le cadet de ses soucis. Si elle devait s'inquiéter de la vie privée de chacun de ses clients, elle n'en finirait pas. Ce sont eux qui l'appellent pas, pas l'inverse. Elle n'est pas une chasseresse. Elle n'est pas une maîtresse. Bien sur, il y a des filles qui pensent ou espèrent mettre la main sur un gibier de premier choix. Un type aux mensurations avantageuses : 70-40-50. 70 ans, 40°C de fièvre, 50 millions de koruna. Parfois, elles sont même poussées par leur petit ami. À chacun son credo, non ? Cherry sait qu'elle n'est pas trop à plaindre, elle reste globalement indépendante et le plus souvent, tout se passe bien. Cependant ce soir, la vodka a un goût étrange en bouche. Il y a quelque chose qui cloche et Melissa n'aime vraiment pas ça.
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Wils Lünar
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Sam 22 Mai - 4:23

Elle le fait sourire, avec sa leçon, la jolie demoiselle. Wils se racle la gorge.

- Vous avez raison... bonsoir, mademoiselle... qu'il marmonne en portant son verre à ses lèvres.

Elle poursuit, reprend, continue... Elle pétille. Il suppose qu'elle est ce genre d'individu avec qui on ne s'ennuie pas, avec qui c'est impossible d'égarer ses pensées plus d'une minute. Si ce ne sont pas ses mots, qui fouettent gentiment, alors se doit être sa chevelure. S'il était soûl, il y passerait les doigts, jusqu'à l'épaule. Cette jeune femme inspire une douceur sensuelle. Son parfum, sa voix, sont une grâce pour les sens. Et elle toute entière est un plaisir pour les yeux. Wils n'a rien de bien licencieux en tête, mais elle lui rappelle Leea, plus jeune. L'étudiante qui n'avait pas la langue dans sa poche et qui avait dans son regard des secrets qui appelaient à être découvrir, bien qu'elle mentait le contraire, dans ses rires.

- Merci... qu'il prononce assez clairement, cette fois, sourire amusé aux lèvres, à l'adresse de la barmaid qui lui revient avec un verre d'eau.

Cela se faisant, il songe à cette question, que la belle vient de lui lancer. Il hausse les sourcils, le regard baissé vers ses mains qui entourent le liquide ambré dans son contenant. Wils ne se souvient pas. Aurait-il oublié? Non, il n'oublie pas ses rendez-vous... Et sa secrétaire les lui rappellent toujours, avant qu'il quitte. Pourtant, comme à son habitude, elle s'est contenté de lui ronchonner un « C'est ça, b'soir m'sieur Lünar », tout à l'heure. Vraiment, il ne voit pas. Ce sont ses épaules, qu'il hausse alors, avant de se redresser sur son siège et de tourner la tête vers son interlocutrice anonyme. Il attrape à ce moment du regard sa langue humectant ses lèvres. Cette image aurait été digne d'un ralenti.
Il boit. Dernière gorgée. Il devra s'en remettre à l'eau, apparemment. Empoignant le grand verre d'une main, il en cale la moitié d'un trait, et s'en remet à la jeune femme. Elle lui vole un sourire de plus, vile. Les hommes sont désespérants... Il est vrai qu'en imaginant le tableau qu'il occupe à l'instant, Wils a du mal à ne pas être d'accord. Il incarne le stéréotype du fonctionnaire paumé échoué sur un bar en fin de journée pour pleurer sur son sort, comme la veille, et comme le lendemain. C'est ennuyant à dire mais il n'est pas rare qu'il ricoche par ici.

Il plisse les yeux, à peu près de la même manière qu'elle le fait, et s'accoude en lui faisant face. Il réfléchit, relève le défi et ne détache pas son regard du sien. Il y cherche une réponse. Hélas plus il la regarde, plus elle s'adresse à lui, moins il n'arrive à faire quelque lien qui soit. Serait-elle une entrepreneure quelconque? La femme d'un collègue? La fille? La maîtresse? Mais de qui? Et pourquoi ici, pourquoi lui?
Wils est dépourvu. Soit il est fou et il a véritablement oublié ce rendez-vous, soit... Il l'ignore. Parce qu'en plus elle connaît son nom donc elle ne fait pas erreur. Jolie, jeune demoiselle qui l'aborde comme s'ils avaient rendez-vous, dans un bar... Assez entreprenante, légèrement provocatrice...

Wils a un vif mouvement de tête, de recul. Il détourne les yeux, semble soucieux un moment. Il jette un coup d'œil derrière eux. Suffisamment de gens sont toujours présents pour qu'il en entende parler s'il devait se passer quoi que ce soit de compromettant, s'il devait agir comme on s'attendait sans doute à ce qu'il réagisse. Pas de chance, il n'a pas assez bu. On aurait dû la faire venir un peu plus tard. Mais ce n'est pas drôle, Wils est loin d'avoir envie de rire, soudainement. Il voudrait plutôt disparaître, sauter dans sa voiture, débarquer chez lui et oublier ce léger incident de parcours dans la coupe de vin que Leea lui tendrait.
Il boit un peu d'eau, puis se passe une main dans les cheveux une fois de plus, embarrassé. Pourvu qu'elle comprenne. Son porte-monnaie se retrouve sur le comptoir à nouveau et il le vide dans sa main. Il a juste ce qu'il faut pour payer les deux consommations et offrir un pourboire disons, moyen, à la barmaid. La poignée de monnaie sur la table, Wils range ses effets, se lève et enfile vite fait son veston.

- Écoutez, mademoiselle...? commence-t-il d'une voix basse, posée.

Il se rend compte qu'il ne connait pas son nom. Elle ne s'est pas présentée. Lui non plus mais, n'était-elle pas celle qui avait parlé de politesse? Enfin qu'importe, il n'est plus d'humeur à plaisanter. Aussi se dirige-t-il lentement, mais sûrement vers la sortie menant au stationnement, toujours en faisant face à la miss. Il fuit, comme il fuirait devant une panthère, en tentant de la distraire, de l'amadouer, jusqu'à ce qu'il puisse prendre ses jambes à son cou sans craindre qu'elle ne l'attrape par derrière et lui arrache le bras, ou la tête...

- Vous êtes charmante, vraiment... Mais je crains qu'il n'y ait eu méprise... Ou plutôt... Il baisse les yeux, à la recherche d'un mot, et revient vers elle, progressant davantage vers son échappatoire. Duperie. Je suis absolument certain ne jamais vous avoir donné rendez-vous ou avoir demandé à quiconque de vous contacter en mon nom. On s'est servi de vous pour.

Salir son image? Flatteur... Il ne voit pas comment mieux lui expliquer. Elle comprendra par elle-même, elle ne semble pas stupide, pour une...
Wils grimace un sourire désolé et disparaît dans le couloir. Il fouille la poche de son pantalon pour en tirer son trousseau de clé. Quelqu'un vient derrière lui, il essaie de se convaincre qu'il s'agit forcément de quelqu'un d'autre, d'un client, enfin, n'importe qui excepté elle. Il pose une main sur la poignée. Deux « bips » bien audibles traversent la vitre de la porte menant au stationnement. Wils a déverrouillé la voiture à distance. Il sort et se dirige à grande enjambées vers le véhicule, sourd, muet. Il ne pense plus qu'à déguerpir.
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Melissa Zwölle
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Ven 28 Mai - 18:00

A sa dernière remarque, l'homme sourit. Elle ne comprend pas trop et penche la tête dans sa direction. Normalement, on lui aurait dit qu'elle parle trop, qu'elle devrait apprendre à se taire. Au début, elle faisait souvent cette erreur mais plus maintenant. Melissa sait qu'il y a une limite à ne pas franchir sinon ces messieurs vous lancent un regard qui en dit long. Celui qui veut dire « Non, mais elle peut pas se contenter de faire la plante verte en plastique ? ». Elle attend, elle ne sait pas trop quoi exactement. Un signe. Qu'il parle. Qu'il lui explique ce qui se passe, parce qu'il y a un truc qui cloche. Il peut même monter sur le comptoir et danser. Toutefois il détourne les yeux et elle hausse les épaules pour boire un peu. La métisse est sage cependant les questions commencent à s'enchainer dans son esprit. Ce client prend trop de précaution. D'habitude, ils ne regardent pas autour d'eux comme ça. Peut-être qu'il est paranoïaque ? Ce serait pas le premier, ni le dernier. Ou alors, il fait peut-être des choses sans s'en rendre compte et les oublie. Son imagination se veut fertile, trop d'ailleurs, parce que Monsieur Lünar passe d'un coup de membre paumé de la Lux à bon pour un séjour en psy. Avouez qu'il est tout de même très bizarre. D'ailleurs, la situation lui déplait de plus en plus. Monsieur remballe ses affaires et se lève même. Le sourcil gauche de Melissa se soulève alors qu'elle jauge l'homme. Il va se faire la malle, hein ?

À sa question, la jeune femme esquisse un vague signe de main agacé. Elle se tourne et fronce les sourcils. Mais il est vraiment prêt à s'esquiver ?! Et on appelle ça un homme ? Manifestement on lui a toujours menti sur leur nature. Melissa se redresse, un bras sur le comptoir. Il parle, il parle et ça l'énerve de plus en plus. Parce que quand un homme parle trop, ce n'est jamais bon. Au contraire, il va, il vient, il vire, il tourne autour du pot pour vous dire quelque chose que vous voyez arrivé comme si une voiture vous fonçait dessus. Les compliments au départ, c'est toujours pour préparer le terrain. Ses doigts se resserrent sur le verre. Duperie ? On s'est servi d'elle pour lui faire du tort, c'est ce qu'il essaie de lui dire en somme ? Quel environnement de tordus, mais est-ce réellement son problème ? En fait, la métisse aurait même pu le laisser filer en grognant s'il n'avait pas eu ce sourire désolé. Le sourire de celui qui a compris qu'il a affaire à une prostituée. À la jeune femme, ça évoque à la fois du dégoût et de la pitié. Deux sentiments qu'elle déteste par-dessus tout. Non mais pour qu'il se prend pour la regarder ainsi de haut. Est-ce qu'il est si propre que ça monsieur-je-lève-du-coude-après-une-dure-journée ? Monsieur Whisky, tiens. Ça sonne bien et c'est court. La silhouette de l'homme se fait plus lointaine. Melissa finit cul sec son verre en grognant.

 - Non mais pour qu'il se prend...

Le verre reposé résonne sur le comptoir. Elle quitte ses escarpins et court vers la direction empruntée par son faux-client. Sans les talons, elle marche vite et quand elle arrive dans le parking. Elle se retient de lui lancer ses chaussures, bien qu'elle en meurt d'envie. Un bon coup de talon pointu sur la nuque ! Qu'il pense qu'elle est hystérique, elle s'en fiche !Cependant qui a envie de faire un tour au NSS pour cause de blessures ? Pas elle. En plus quoi dire à sa mère ? La pauvre femme saurait tout en rien de temps ! Monsieur Whisky a de la chance d'une certaine façon. Les bips se font entendre et avec sa main libre, elle remonte un peu le tissu. Quelle bonne idée, la robe fendue ! C'est plus facile pour courir. A l'approche de l'homme, l'étoffe est relâchée et elle lui attrape le bras.

- MINUTE ! 

Elle le tient fermement et passe devant lui. Entre Monsieur Whisky et sa voiture, elle se glisse. Elle n'a pas envie de rire. Ni d'être plaisante. Elle se met à parler. Vite, très vite. Son ton est dur. En fait, elle dit tout ce qu'elle aurait déjà voulu crier. Ses yeux ne quittent pas ceux de l'homme. C'est tombé sur lui, pas de bol, parce qu'elle aurait pu dire ça à n'importe quel type de la Lux.

- Non mais vous êtes qui hein ? Oui, je suis prostituée et alors vous croyez quoi ? Que je suis plus sale que vos potes qui détournent de l'argent de public ou que ceux qui trompent leur femme ?! S'il y avait pas des mecs pour consommer de la chaire, y aurait pas de filles pour la vendre !  Elle reprend sa respiration. Ça fait bien fou de crier sur quelqu'un en fait. De toute façon, il l'a cherché ! Fallait pas lui envoyer ce sourire désolé. Vous êtes peut-être propre, vous ? Toujours droit, monsieur perfection ?  Elle croisa les bras.  Et je me contrefiche que ce soit une farce. Vous vous rendez compte qu'à cause de... de... VOUS ! Oui, de vous, j'ai dépensé pour rien et je serais même pas payée ! 

Melissa pointe son escarpin, l'air vengeur. Non, elle ne va pas lui foutre un coup de chaussures. Elles ont couté cher tout de même et imaginez qu'un peu de sang vienne sur le cuir. Mais d'un coup, elle comprend les petites frappes de Raimyo. Leur énervement quand ils réalisent qu'ils se sont faits avoir. Mais elle est plus éduquée qu'un gangster. Elle n'a pas essayé de le frapper, non ? Elle a juste initié un dialogue... Pas totalement pacifique. Toutefois la jeune femme se sent mieux. Son calme revient presque et ses chaussures retournent à ses pieds. Immédiatement, son index se pointe en direction de l'homme. Ce n'est pas fini. Son corps s'approche de la voiture. Ses bras se croisent alors que son dos s'appuie contre le le véhicule.

- Si vous n'avez aucune intention de me payer, ramenez-moi.  Elle esquisse une moue innocente. Il est tard, les rues sont sombres et vous ne voudriez pas que je me fasse agresser, non ?  Melissa décroise ses bras et avec son index droit écrit des lettres invisibles. La jeune femme aperçue hier soir auprès de Wils Lünar a été retrouvée morte. Qui était-elle ? 

Non, ce n'est pas du chantage. Juste un.. arrangement ?L'avantage est que, quand on vous voit avec quelqu'un de la Lux, tout de suite, vous devenez important et les gens se souviennent de votre présence. Non loin d'eux, un couple passe et leur jette un regard curieux. D'un coup, la jeune femme se fait plus sage, plus amicale. Il ne faudrait pas qu'on pense qu'elle est la jeune maîtresse lâchement abandonnée. Les hommes abandonnent toujours lâchement leur maîtresse. Quand ils sentent que ça devient trop dangereux, que ça leur pèse trop. Ils trouvent des prétextes bidons ou alors ne décrochent pas au téléphone. Les gens disparaissent et elle pose ses mains sur ses hanches. Le regard défiant.

- Considérez que la maison vous fait un cadeau. Après tout, rares sont les courses de taxi de 600 Koruna, hm ? 

En gros, sa sécurité contre une paix royale. Donc pas de scandale. Elle observe la voiture, esquisse une moue et lance.

- Ce genre de voiture ne vous va pas du tout. Vous ne semblez pas être le genre d'homme qui en veut. Vous seriez le genre familial plutôt.  Elle hoche la tête. Ce sont ceux-là qui évitent les prostituées. Ah, je parle pas de ceux qui ont des enfants et qui viennent quand même nous voir. C'est encore une autre catégorie. Ceux là jouent avec l'argent mais pas avec les femmes. 

Monsieur Whisky n'étant pas un client, la jeune femme peut dire ce qu'elle veut. Même s'il se passerait sûrement de ses commentaires. Elle tape dans ses mains, apparemment de meilleure humeur. Bien qu'elle soit prête à le remordre en cas d'attitude désobligeante.

- Alors on y va Monsieur Whisky ? 

Autant qu'il s'habitue maintenant à ce surnom tout frais. Melissa est polie, elle l'appellera toujours monsieur !
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Sam 29 Mai - 7:18

Non, non! Par pitié, qu'elle trébuche, qu'elle s'évanouisse subitement, qu'elle fasse une crise cardiaque, une crise d'asthme, une crise d'anxiété, n'importe quoi! Pourvu qu'il ait le temps de tirer la poignée, de se faufiler derrière le volant et de verrouiller ce fichu engin.

Ça n'a jamais fonctionné, avec Wils, les souhaits de dernière minute. Peut-être, justement, parce qu'il attend toujours de se trouver au pied du mur pour invoquer quelque force hasardeuse supérieure à sa capacité de ne pas se mettre les pieds dans les plats. Mais il a reconnu sa voix et se doutait bien, de toute façon, que la jeune femme du bar était celle qui le suivait... Si seulement elle avait été bête et avait pris une petite minute de plus à assimiler les conneries qu'il lui avait débitées en fuyant comme un lâche. Mais non, maintenant il l'a devant lui, plantée devant la portière, comme une barrière qui le sépare de son insignifiante voiture sport. Il cherche une faille mais n'en trouve pas, car il y a ce regard, arrimé au sien, ce regard qu'il éviterait s'il ne lui restait pas une once de fierté. Alors, tête basse, il se mordille la lèvre en subissant le discours, frustré de ne pas se trouver l'autorité de l'interrompre, et honteux de se voir embarrassé devant elle.

Les femmes, quand elles s'y mettent... Toutes les mêmes. Il lui plaquerait le visage de sa mère, de sa tante, de toutes les institutrices qui se firent jadis ses bourreaux, de ses ex, de Leea... Et ce serait pareil, à quelques détails près. Le ton de la voix, certaines intonations, le choix des mots... Mais le message demeurait le même. Quand une femme t'engueule, c'est pour te faire comprendre, pour l'énième fois, que tu es un con fini, et surtout, que c'est de TA faute. Quoi? Mais TOUT, imbécile! Ah, bien entendu... J'aurais dû y penser plus tôt. Mais oui, comme toujours. Parce qu'elles, semble-t-il, pensent TOUJOURS à tout avant même que l'idée effleure ton esprit embrouillé par un surplus de testostérone. C'est une défaillance de naissance que de naître mâle, bref.

Wils pleure. Métaphoriquement parlant. Parce qu'en plus, elle va lui défoncer le crâne avec le talon de sa chaussure. Il se laisserait faire, de toute façon. Et dans les faits, il ne fait rien pour s'en protéger. Frappez, mademoiselle, frappez. Ce sera moins pénible, inconscient... Mais elle ne frappe pas. Elle se calme et lui fait gentiment des menaces. Il coule un regard vers le plafond, agacé.
La ramener... Elle se prend pour une princesse, maintenant. D'un autre côté, ce n'est pas trop mal. Les choses auraient pu être bien pires. Elle ne lui coûtera presque rien, au final, la prostituée. Mais elle lui coûtera tout de même un risque, celui d'être remarqué en sa compagnie et qu'on soupçonne quelque chose.
Merde, ce qu'il peut être peureux! se prend-t-il à songer. Où il est passé, le Wils qui se fiche de tout, avec son air décontracté et ses sourires en coin? Il est où ce con qui crève d'angoisse de l'intérieur, mais qui sait se faire croire le contraire en sautant pieds joints dans les mares de sables mouvants? Wils soupire en se massant le front d'une main, il ignore où il est passé, son soi. Et elle, elle continue de parler. Elle papote, elle papote, elle n'arrête plus. Bla bla bla... Patati, patata... Vous êtes plutôt du genre familial... Je connais bien les hommes, moi, je suis une prostituée!

C'est nul, il ne se trouve même pas drôle. Il se sent mal, plutôt. Elle est là, moulée dans sa robe couleur nuit, avec son sourire tombé de nulle part et ses souliers dans les mains... Comédienne... Belle actrice qui s'est échouée sur la scène de la rue. Il a eu un peu plus de chance, parce qu'en tant qu'acteur moyen, il n'a réussi qu'à se l'acheter, son beau rôle. Avec sa dignité, qui plus est. Wils ne roule pas sur l'or, mais bien sur les mensonges. Justement, parlant de rouler...

“ - Alors on y va Monsieur Whisky ? ”

Monsieur Whisky? Wils se contente de froncer les sourcils. Il décrispe ses doigts autour de ses clés et se rapproche de la miss. Derrière lui passe une voiture. Celle du couple. Vivement il tourne la tête vers le véhicule qui file et le suit des yeux un court instant. Il ne les avait même pas remarqué. Mais bon, inutile de s'en faire, ils n'ont rien vu. Ça arrive à tout le monde de se faire taper dessus par une jolie furie, non? Ouais. Alors voilà, une angoisse de réglée. Il ne lui reste que ses foutus remords.
Wils ouvre la portière et déverrouille celle du côté passager en appuyant sur un bouton.

- Ouais... On y va... qu'il ronchonne en s'asseyant.

La portière claque, Wils insère la clé dans le démarreur, la voiture vibre un peu, prête à décoller. Une fois le siège voisin occupé, il appuie sur l'accélérateur en faisant crisser les pneus. Comme un vrai... mâle en colère. Qui ne l'est pourtant pas vraiment... Il reprend donc d'un ton las.

- Où est-ce que je vous dépose?

Il se sent comme un chauffeur de taxi seulement, il n'a pas tellement envie de faire la conversation. Une fois la destination en tête, il se contentera de suivre son trajet. Wils conduit les deux mains sur le volant, les yeux rivés à la route, déterminé à ne pas faire montre d'attention envers elle. Elle qui n'a pas de prénom. Mieux vaut qu'il en soit et demeure ainsi. Autrement il risquerait de ne plus la considérer que comme l'erreur à ramener chez elle, mais comme mademoiselle X, la personne, l'individu dont il faudrait oublier le nom en plus du visage.
Son portable sonne.

- Oui? […] Je suis en route. Je serai là dans pas longtemps. […] Mais... […] Ça ne peut vraiment pas attendre à demain, Leea? […] Ça va, ça va... […] Mais non, ça va! […] Quoi! Déjà? […] Je n'aurai qu'à le réveiller, alors. […] Évidemment, que je plaisante... […] Ouais c'est ça, je lui dirai au revoir avec une semaine de retard, quand il sera revenu... […] Excuse-moi, je suis fatigué. […] Oui, à toute à l'heure. […] Non, je n'oublierai pas.

Il raccroche et passe sa main gauche sur sa bouche, puis appuie son bras contre le rebord de la fenêtre.

- Faut que je passe acheter quelques trucs à l'épicerie, ça ne sera pas long...

Il avait oublié le couple d'amis artistes de Leea qui venaient passer la soirée, le lendemain. Et Leea, ô surprise, n'avait pas fait de liste d'achats et donc, n'avait pas tout ce dont elle aurait besoin et prétextait que le temps lui manquerait, demain, pour faire des courses.

- En même temps... commence-t-il doucement, j'en profiterais pour sortir un peu d'argent liquide, pour vous dédommager parce que... Enfin, je trouve que c'est plutôt cool que vous ne me demandiez que de vous ramener. Je ne m'y attendais pas, quand vous m'avez rattrapé, montée sur vos grands chevaux! Un sourire naissant sur ses lèvres, il poursuit, retrouvant son aisance. Et puis comme ça, peut-être que vous ne me prendrez pas que pour un autre rat de politicien alcoolique...

Qu'est-ce qu'il pouvait bien en avoir à faire, de ce qu'elle pensait de lui... Pas grand chose, sans doute, mais au moins, il aurait la conscience un peu plus tranquille, et retrouverait, pendant un moment, l'impression de faire un truc, disons, plutôt bien. Une manière parmi d'autres de s'excuser de s'appeler Wils Lünar.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Sam 29 Mai - 13:20

La portière est déverrouillée, signe qu'il accepte. Au ronchonnement, Melissa se sent comme une petite fille qui a réussi à agacer son père. Un étrange mélange de contentement et de déception. Comme si elle veut trainer les pieds tout en sautillant sur place. Pas la peine de trop attendre ! On sait jamais s'il changeait d'avis. Alors elle se glisse dans la voiture et se fait sage. Le démarrage la surprend légèrement mais elle ne dit rien. Avec tout ce qu'elle a déjà dit, ce n'est pas nécessaire d'en rajouter une couche. La tête tournée vers l'extérieur, ses doigts jouent avec une mèche de cheveux. Ils la tortillent dans tous les sens jusqu'à ce qu'il parle. Elle hésite sur sa réponse. Ça peut faire loin, non ? Timidement, la jeune femme lance.

- Uptown ?

Mais c'est probablement trop loin, voilà ce qui est sous-entendu dans son ton interrogatif. Le silence s'installe et elle ne cherche pas à le briser. Sa tête se laisse tomber contre la vitre. Ses yeux fixent le dehors. Les lumières. Les autres voitures. Elle se demande qui sont ces anonymes. Ce qu'ils font à cette heure. Son imagination s'abolit de limites et dans son esprit, il y a des familles, des couples qui s'aiment, des amants, des gens qui s'occupent de leurs affaires. Des rencontres qui lient ou délient ces personnes. Des fils invisibles qui se brisent ou se nouent au grès du temps. Une sonnerie brise ses songes, cependant aucune réaction de la part de la métisse. L'indiscrétion n'est pas son credo même si les paroles échangées auront du mal à lui échapper. Elle écoute distraitement la conversation. Sa femme, non ? Ça ressemble à une discussion entre époux. Un homme marié et fidèle, hm ? Ça lui fait un vice en moins. S'il ne joue pas avec les femmes, il doit bien jouer avec l'argent, non ? Enfin ce n'est pas son problème même si ça lui fait tout drôle de considérer un homme comme une personne potentiellement bien. Pas un enfoiré de première. Après tout, il veut bien aller faire les courses. Soumis ou juste arrangeant ? Elle ouvre la bouche mais la referme aussitôt. Le mode plante verte. Surtout ne pas le quitter. Enfin parler juste ce qu'il faut. Sauf qu'elle ne sait pas quoi lui dire au sujet de l'épicerie. Elle se contente d'un sourire et d'un hochement de tête. La petite peste dort sagement maintenant, sauf si elle se réveille d'un coup subitement.

Monsieur Whisky continue et Melissa ne sait pas quoi penser. À part que ça la gêne cette histoire de dédommagement. Bien sur, elle devrait être ravie normalement car cette soirée est un manque à gagner mais elle a l'impression de le voler. Tout travail – même les plus particuliers – mérite salaire, cependant, elle n'a rien fait. Et il n'avait rien demandé non plus. Donc elle ne mérite pas d'argent. L'image de rat la fait sourire. Toutefois, elle ne comprend pas pourquoi il parle. Tout à l'heure, il ne paraissait pas engageant. Certes, elle venait juste d'être désagréable mais pourquoi ne pas se contenter de la traiter avec indifférence ? Une de ses mains glisse dans sa tignasse brune, mettant les cheveux en arrière.

- Pas besoin... Je ne suis pas une voleuse. Mon métier n'est déjà pas glorieux, je ne veux pas avoir le sentiment d'être en plus une voleuse. Ou une mendiante. Elle hésite, esquisse une moue et finit par ajouter. Je suis... désolée.

Pas pour lui avoir demandé de la ramener, non. Un politicien doit s'occuper du bien-être de ses concitoyens, non ? C'est ce qu'ils clament pendant les élections ! Il fallait bien le montrer par une action. Mais bon, Melissa regrette de l'avoir agressé d'une certaine façon. Elle penche la tête sur le côté en se demandant si on peut vraiment parler d'agressivité. Ce n'était qu'une petite morsure ? La jeune femme ne se voit pas lui avouer que ça lui a fait un bien fou. Qu'elle se sent plus sereine pour quelques heures. Parce que ce soir, quand elle croiserait son regard dans le miroir, les larmes reviendront de plus belle. Soudain, une nouvelle sonnerie. Melissa gémit faiblement et sort de la pochette son téléphone. Le nom la fait soupirer. C'est très mal mais pourtant il y a des gens qui se manifestent vraiment au mauvais moment. Maman. Elle toussote et prend l'appel.

- Ma ? Elle baisse les yeux. Nah, nah, tout va bien, tu me déranges pas. Une moue perplexe apparaît sur son visage. Tu quoi ? Le voisin ? Tu veux dire le vieux monsieur qui te tourne autour ? Sa main droite passe sur son visage Ma, écoute, on peut pas reparler de ma vie sentimentale plus tard ? Elle roule des yeux. Nah, pas après un rendez-vous professionnel... Elle finit par souffler, se rappelant la présence de Wils. Ecoute, je rentre, on en parle à la maison ? Bisou maman...

Tout commentaire est interdit. Sinon elle hurle ou elle montre à nouveau les crocs. L'objet disparaît et Melissa se mordille les lèvres. Le voisin qui a débarqué ? L'intonation joyeuse maternelle. Est-elle amoureuse ? Elles en ont déjà discuté et avoir un beau-père ne lui dit rien. Enfin pas en temps plein et puis, ça ferait une seconde personne à qui mentir. En somme, sa vie deviendrait très compliquée.

- En fait, je vais prendre un taxi là où vous allez vous arrêter. C'est plus sage..

Sa mère pourrait se faire des idées si elle la voit sortir d'une voiture inconnue - et lui perdrait moins de temps -. Elle imagine sans mal toutes les questions dont elle serait bombardée. Un jour, il faudra vraiment qu'elle lui présente un homme, juste pour être tranquille pendant un moment. Toutefois est-ce que ce serait judicieux ? Elle pourrait s'imaginer une relation durable qui déboucherait sur autre chose. D'un coup, l'angoisse monte. Il faut que son mensonge soit prêt, bien ficelé avant qu'elle arrive chez elle. Si ce n'est pas cohérent, sa mère va le remarquer. Elle posera LA question qu'il ne faut pas et Melissa clignera des yeux, un sourire interdit pour seule expression. Ses dents triturent ses lèvres. Une vieille interrogation lui revient d'un coup en tête. Ce n'en est même pas une d'ailleurs, son cerveau vient juste de réaliser qu'elle ne s'est pas présentée. Monsieur Whisky doit s'en moquer mais quand même.

– Melissa...

Tiens, elle a donné son vrai prénom. Pas très prudent, cependant elle doute que l'homme aille se vanter de leur rencontre. Et puis, ça lui servirait à quoi au fond ? Une prostituée du nom de Melissa ne le mènerait nul part, vu que seule, l'agence connait son identité. Ses doigts saisissent un bout de la robe. Ils jouent avec et la jeune femme finit par demander.

– Vous avez un enfant ?

Une petite voix lui murmure : ça ne te regarde pas Mel. Elle l'envoie balader en soupirant silencieusement. Elle n'ira pas le crier sur tous les toits. Demain serait un autre jour. Ils auraient oublié et ne se croiseront plus jamais.


Dernière édition par Melissa Zwölle le Sam 29 Mai - 23:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Sam 29 Mai - 20:35

Uptown ce serait. Un hochement de tête et c'était entendu. Peu lui importait la distance et le temps que le déplacement lui prendrait, c'est à peine s'il y songea. Une fois qu'il eut une destination à l'esprit, il se concentra sur le chemin qu'il emprunterait, faisant fi des calculs complémentaires : kilométrage, carburant... Lux ou pas, Wils n'a pas pour habitude de s'arrêter à ce genre de détails techniques.

Sans quitter la route des yeux, il entrevoit la demoiselle passer la main dans ses cheveux. Il tourne la tête un instant. Ça le surprend un peu, qu'elle refuse son argent. Wils jette un coup d'œil au rétroviseur en reportant son attention devant lui, il croit ne rien y voir d'anormal, mais s'y attarde une fois de plus, subtilement, s'efforçant de conserver son naturel. Il y parvient assez bien en se concentrant sur les paroles de la jeune femme. Il comprend son point de vue, il aurait probablement fait pareil, s'il n'avait pas été dans le milieu de la politique. L'argent qu'on gagne et l'argent qui nous tombe dessus sans qu'on éprouve le sentiment qu'il nous revient n'ont rien à voir ensemble.

- Comme vous voudrez. Fait-il simplement.

Cependant, qu'elle s'excuse, cela, il a plus de mal à le lui concéder. Le véritable coupable, dans cette histoire, ce n'est certainement pas elle. Elle est innocente, même. Il aurait pu s'agir de n'importe quelle autre prostituée de l'Uros. D'un côté, Wils était même chanceux que le sort soit tombé sur elle. Une autre se serait peut-être véritablement emportée et il n'aurait pas pu s'en sortir sans conséquences.

- Mais vous n'avez pas à être désolée... Il aurait pu s'agir de n'importe qui. Comme je vous le disais tout à l'heure, on s'est servi de vous pour m'atteindre. Ce serait plutôt à moi de m'excuser. J'aurais préféré qu'on ne s'en prenne qu'à moi sans mêler qui que ce soit d'autre à mes histoires... On n'a malheureusement pas que des alliés, dans le milieu. Au contraire... sourit-il, ironique.

Puis c'est son téléphone, qui sonne. Un appel de maman, semble-t-il. Décidément, ce soir...
Les lèvres de Wils s'étirent en un discret sourire. Mais à nouveau la vue du rétroviseur lui fait froncer les sourcils. Il en manque la suite de l'histoire du vieux voisin. La voiture accélère légèrement. Wils ne quitte pas le rétroviseur des yeux, intrigué, puis ralentit. À peu près au même moment, on s'adresse à lui de nouveau. Les mots de la miss parviennent à son entendement avec un peu de retard, mais il finit par revenir à sa passagère.

- Très bien...

Plus ou moins, mais il préfère ne pas insister. Après tout, peut-être a-t-elle hâte d'en finir avec ce rendez-vous raté. De plus, en ce qui le concerne ce sera plus prudent de la laisser prendre un taxi. La débarquer chez elle aurait pu provoquer des questions indésirables ou impliquer des témoins qu'il vaut mieux garder à l'écart.

- Enchanté, Melissa.

Inutile de le feindre, il l'est réellement. Leur première rencontre n'a pas été des plus paisibles mais, Wils est content d'avoir découvert en cette jeune femme quelqu'un d'honnête. Qui le semble, du moins. Il n'a pas cette chance tous les jours et, finalement, ça repose les idées. Raison pour laquelle il répond sans hésiter à la question qui suit, d'ordre personnel pourtant. Tant qu'à jouer au taxi, en attendant de passer le flambeau au prochain, aussi bien le faire correctement. Cela dit, Wils aime discuter de sa famille, en tous les cas ça ne le gêne pas, quand il le fait avec des gens qui semblent s'y intéresser gratuitement, n'attendant pas qu'il les prenne pour de soi-disant amis ensuite, comme elle. C'est du moins ce qu'il croit.

- Un gamin de dix ans, oui. Markus. Il repart à l'Institut, demain, pour la semaine. J'aime pas trop les pensionnats... Mais on dit que c'est mieux, que ça favorise leur indépendance et que ça leur permet de se concentrer sur leurs études... Je ne dis pas que c'est faux, mais... Il hausse les épaules. Je hais l'idée que des fonctionnaires voient mon fils plus souvent que moi. Et qu'ils aient toute une semaine pour lui planter leurs idées dans la tête. Il reprend plus légèrement, en levant le menton. Remarquez, Markus est pas mal éveillé, pour un gosse...

Non loin apparaît l'enseigne lumineuse d'une épicerie de quartier. Wils s'y dirige et stationne la voiture devant l'entrée. Ils entrent tout juste à Raimyo. Se tournant vers elle, il hésite à lui offrir de quoi payer son taxi, mais renonce. Elle le trouvera sûrement trop insistant. Il préfère respecter son autonomie. Les clés retrouvent le creux de sa main. Il y a bien autre chose, aussi, de ces pensées qui lui viennent quand il lui arrive, comme ce soir, de retrouver le Wils qui ne pense pas qu'à l'argent et sa carrière. Le Wils poussé par le goût de savoir et de faire savoir, le Wils qui avant de penser à lui, pense à l'autre. Celui qui, assis à côté de Melissa, se dit que son travail ne devrait pas exister. Qu'elle n'a jamais rêvé d'être ce qu'elle est. Et que les porcs qui font appel à ses services, eux, devraient se trouver au bas l'échelle, dépecés de leur chair, de leur magot. Mais Wils n'en dit rien. Qu'est-ce qu'il peut vraiment y faire? On ne changera pas les gens.

- Vous pouvez attendre votre taxi dans la voiture, si vous voulez...

Il dit ça en s'imaginant qu'il n'aimerait pas voir Leea seule dans ce genre de recoin de la ville, vêtue d'une telle robe, qui plus est.

- Bonne nuit, Melissa...

Il sort et, mains dans les poches, marche à grandes enjambées vers le bâtiment. Une voiture noire garée de l'autre côté de la rue accroche son regard. La même que tout à l'heure. Il entre. Une cloche tinte au dessus de la porte. Le commis le salue d'un signe de tête et poursuit la lecture de son magazine. Wils s'aventure dans les rayons. Peu de temps après, à nouveau le tintement retentit. Bêtement, Wils sursaute, mais s'efforce de poursuivre devant les réfrigérateurs, attrapant un carton de lait au passage. Il retourne vers la caisse, à l'avant.

- Monsieur Lünar, c'est ça?

Un colosse en complet est accoudé sur le comptoir et lui sourit. Il n'a pas un cheveux sur le crâne et porte des verres fumés. Wils ne se laisse pas intimider, pose le lait devant le commis et sort son porte-monnaie.

- Et vous êtes?

L'autre s'écarte et fait mine de s'intéresser au présentoir de bonbons derrière Wils.

- Disons que je travaille pour quelqu'un que vous connaissez.

Le commis semble suspicieux, mais complète la transaction tout de même.

- Vraiment? Vous le saluerez pour moi alors, ce quelqu'un.

Wils range sa carte, remet ses effets dans sa poche, va pour empoigner son lait, mais l'autre le surprend en lui agrippant l'épaule. Il n'a le temps que d'échanger un regard avec le caissier, avant de recevoir le premier coup dans les côtes. Le souffle lui manque. Plié en deux, il titube vers l'arrière, mais reçoit bientôt le deuxième coup, sur le nez. Suit le troisième, qui lui fend la lèvre et le quatrième, qui manque de lui faire renvoyer son verre de whisky de trop. On lui présente une page de journal sous les yeux, il n'y voit pas grand chose, ce que semble deviner l'assaillant car il rapproche l'article de son visage. Une seconde de plus suffit. Wils comprend. Une petite photo, en haut à droite. Et un titre :Un économiste frauduleux se retrouve derrière les barreaux.
Enfin, quand le cinquième coup lui fait maudire ces côtes trop fragiles, un coup de feu retentit. Dans la rue, un taxi qui venait par ici file sans s'arrêter. Dans la boutique d'en face, une vendeuse pianote vivement sur le clavier de son portable. Des passants font volte-face.

- J'appelle le N.S.S.! J'appelle le N.S.S.! Pas de ça ici! J'appelle le N.S.S.!

Le commis a tiré dans un réfrigérateur. Un flot de lait coule sur le sol. Le type aux gros bras, souriant, se rapproche du pauvre gars, mains dans les airs.

- Ah ouais... Comme ça on cache une arme dans son tiroir?

Wils ne se fait pas prier pour déguerpir. Il pousse la porte violemment et, apercevant Melissa, toujours pas envolée dans son taxi, il lui lance le trousseau de clés sans réfléchir.

- Démarre!

Et il se rue dans la voiture, côté passager.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Dim 30 Mai - 12:28

Enchanté ? Le mot sonne étrangement à ses oreilles. Est-ce qu'il l'est réellement ? Même après ce qui s'est passé ? Un sourire timide aux lèvres, elle l'observe un instant. Il lui paraît sincère alors elle se tait pour l'écouter. Un peu étonnée, cependant qu'il réponde. Elle pensait que l'homme lui aurait dit, sur un ton poli, de s'occuper de ses affaires. Elle aurait grogné pour la forme. Fin de l'histoire. Sauf que contre toute attente, il se met à parler de son fils et la jeune femme l'écoute avec attention. Alors il a un fils de dix ans ? C'est encore l'innocence à cette âge – ce qu'elle croit ou espère –. Le meilleur moment de la vie. Une pointe de jalousie nait rapidement en dans son coeur. Alors c'est ça d'avoir un père ? Un homme qui vous aime et est fier de vous ? Des fois, Melissa ressent ce vide. Ses paupières se ferment pour lui permettre d'imaginer cette figure absente. Cet inconnu qui aurait pu venir la chercher à l'école, lui donner des conseils au sujet des garçons. Il les aurait testés et les plus audacieux auraient eu affaire à lui. Ils auraient pu être une famille pauvre mais heureuse. L'image disparaît, ses yeux s'ouvrent. Dans ses prunelles, une pointe de tristesse brille. Pour certaines personnes, les choses les plus simples sont les plus difficiles à posséder. Sa voix paraît lointaine mais elle ne se rend pas compte.

 - Il a de la chance...

Et elle le pense. Tous les hommes de la Lux n'aiment pas leur progéniture. Il faut bien avoir une descendance, non ? Ça se fait, c'est tout. C'est mal d'être envieuse. Il faut se satisfaire de ce que l'on déjà. C'est que sa maman lui a toujours dit. En y repensant, Melissa a honte. La jalousie meurt instantanément et elle se sermonne sur sa bêtise. Elle n'est plus une enfant tout de même, non ? … Si ? Elle se bat encore entre les deux possibilités quand ils arrivent près de l'épicerie. Ses pensées dévient comme incapable de suivre une ligne droite. Qu'est-ce que Monsieur Whisky mange ? Est-ce qu'il n'achète que ce qui est cher ou regarde tout de même les prix, compare ? Il paraît qu'on peut dire beaucoup sur une personne en faisant les courses avec elle ou en fouillant dans sa poubelle. Au fond, la métisse est curieuse, trop. Peut-être que c'est ça qui lui permet de tenir dans ce milieu. Du moins, elle suppose. La voiture garée, elle sort son portable. Des numéros de taxi, elle en a la pelle. D'Arkmeen, de Raimyo, même de Flinzam. Pourquoi ? Parce que comme ça, ça lui permet d'avoir la course la moins chère en fonction de là où elle se trouve.

Il ne le sait pas mais les mots de l'homme lui donnent l'impression d'être une fille comme les autres. Pas un objet qu'on jette sur le trottoir, parce qu'on en a honte. Pas la chose ignoble qu'on ne veut pas dans sa voiture.

- Merci beaucoup... Elle sourit doucement. Un petit signe de main amical s'ajoute. Bonne nuit à vous aussi monsieur Whisky ! 

Elle pourrait dire Monsieur Lünar, néanmoins le surnom est très bien. C'est comme si elle niait savoir qu'il est. Ou plutôt c'est comme si elle connaissait et ne le connaissait pas en même temps. Un échange équitable aux oreilles de Melissa. Lui, sait son prénom civil, elle, se contente du surnom. Normalement, ce devrait être l'inverse. Monsieur Lünar et Cherry. Ses yeux trainent sur sa silhouette. Avec le sentiment d'avoir été déposée quelque part par le père d'une meilleure amie. Elle soupire et finit par appeler un taxi. Un homme répond, la voix rauque, agacée. En fond, des gémissements, bien que faibles, sont audibles. La jeune femme toussote. Le bruit cesse. Rapidement, elle donne l'adresse et raccroche dès qu'il lui dit qu'un véhicule arrivera dans quelques minutes. Coup de fil passé, objet rangé, Melissa sort de la voiture et regarde autour d'elle. Pas très rassurée, la jeune femme préfère rester à côté. Elle peut donner ainsi l'impression d'attendre simplement quelqu'un. Pas le client, juste un homme occupant une place X dans sa vie.

Soudain un coup de feu retentit, la jeune femme sursaute, manquant presque un battement de coeur. Elle tourne brusquement la tête cherchant la provenance du bruit. Au loin, ses yeux aperçoivent le taxi mais elle n'y pense plus. L'agitation est palpable. Le comportement des passants l'interpelle. Elle ne sait pas quoi faire. Tout se passe tellement vite, comme un film en accéléré. Quand l'homme réapparait, elle écarquille les yeux en le voyant blessé. Qu'est-ce qui se passe ? Le coup venait de la boutique ? Pas le moment de demander. Les clés atterrissent dans ses mains. Le vide se fait dans son esprit et elle obéit. Sans demander d'explications, ce n'est pas le moment, Melissa démarre. Presque un démarrage en trombe masculin. Son instructeur qualifiait sa conduite de nerveuse. Mademoiselle Zwölle, n'accélérez pas autant. Plus souple les virages ! Mais la métisse n'a jamais eu autant envie de rouler aussi vite sa vie. Sans instructions, elle ne sait pas où aller et conduit tout droit jusqu'à tourner à gauche débarquant dans une zone qu'elle ne connait pas. Ça ressemble à une zone résidentielle. Instinctivement, elle regarde dans le rétroviseur. Elle ne voit rien. Lentement, elle ralentit pour jeter un coup d'oeil à Wils.

La voiture immobilisée, elle tend une main vers le visage de l'homme. Il – ou peut-être étaient-ils plusieurs ? – ne l'a pas raté.

- Vous.. vous saignez... Gardez son calme. Allez on inspire un grand coup. Que.. Qu'est-ce qu'on fait ?

Parce que Melissa se voit mal le ramener chez lui - encore plus chez elle -. Une jeune femme habillée dans une telle robe qui dépose un homme, même amoché, au domicile conjugal, ça prête forcément à confusion. Et puis évidemment, elle n'a rien.. Rien ? Elle cligne des yeux et fouille immédiatement dans sa pochette pour en sortir un petit tube. Aucune fille ne sort sans cette crème, au cas où, le client serait un sadique ou violent. Elles en ont testé un paquet avant de trouver celui qui était réellement efficace pour les blessures. Mais avant, il faut désinfecter et là, ça se complique. Elle a bien une idée mais comment se sent-il ?

 - On va retourner à Dillen Town... Ça va aller jusque là ?

Tout en attendant la réponse, elle met l'oreillette de son téléphone portable. Elle prononce un nom et entend la sonnerie lui répondre. Melissa croise les doigts pourvu que personne de l'agence ne soit dans les parages, sinon elle aura des gros ennuis. Une voix de femme succède aux bips.

- Docteur ? J'ai... J'ai un énorme problème. Il faut que vous m'aidiez... Elle sort du quartier et regarde avec attention. Non pas moi... Enfin, c'est compliqué ! J'ai besoin de votre aide et surtout de votre discrétion.. Si l'agence le sait, je serais pas mieux que morte...

La femme la rassure. En fait, elle a l'habitude des soucis des filles et de les couvrir. Avortement, addictions, crises d'angoisse, anorexie... Leur docteur sait tout d'elles et les aide. De l'extérieur, sa clinique ressemble à une immense villa privée mais c'est pour éviter les interrogations. Dans sa résidence, personne ne prête attention aux allées et venues des jeunes femmes. On dit que la propriétaire organise beaucoup de soirées ou travaille dans la mode. Raison pour laquelle toutes les femmes qui viennent, sont belles. Ce sont des mannequins. D'autres disent que ce sont des stars des séries pour public averti et qu'on tourne dans cette maison. Ça en fait couler de la salive. Pour le moment, ils vont s'occuper du cas de Monsieur Whisky. Melissa finit par retrouver le bon chemin et une vingtaine de minutes plus tard, l'entrée du quartier du médecin se dessine sous le nez du véhicule.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Dim 30 Mai - 20:46

Un instant à se convaincre qu'elle a peut-être raison, à croire que Markus a de la chance, qu'il a un bon père. Un père qui essaie d'être le meilleur de lui-même, qui en fait une priorité. Un père qui tient à son fils. Et un instant à être ce Monsieur Whisky. Ce ni politicien, ni Lünar, ce nom qui disparaîtra comme un souvenir futile. Une parenthèse dans un long roman. Cet instant à ne plus lire la peur là où elle n'existe pas encore, effacé par un ruisseau de lait qu'a craché une arme. Il ne croyait plus jamais la revoir, avant de lui avoir lancé les clés. Mais elle n'avait pu qu'être là. Autrement... Autrement... La fin serait venue plus vite que prévue. La fin du chapitre. Une partie de l'histoire qu'il n'était pas prêt à clore. Parce que le reste demeurait encore à écrire et qu'il sentait déjà le syndrome de la page blanche l'aveugler.

Wils ferme les yeux en refermant la portière. Sa tête tourne. Il s'efforce de se tenir le plus droit possible en se retenant sur le siège. Bouger le haut de son corps provoque une série d'élancements qu'il cherche à éviter. Il ignore ce qui se passe dans sa cage thoracique et s'efforce de ne pas se donner de raison de croire que c'est plus grave que ça ne l'est probablement. Il n'y connait rien et c'est la première fois qu'on lui tombe dessus comme ça. Rarement a-t-il eu à subir le goût du sang, et voilà que sa bouche en est imprégnée. Il a dut en avaler. Il entrouvre les lèvres, pour respirer, autrement il manque d'air. Il ignore si c'est à cause du sang qui lui sort par les narines ou de la possible fracture de son nez, ou les deux... Sa chemise vire au rouge, sur son torse. Wils ne le voit pas mais devine que l'humidité ne lui vient pas que de sa sueur.
Plus la voiture accélère, mieux il se sent, mais se dit que pour entretenir l'illusion, il doit sans doute garder les yeux fermés. Et quand ils ralentissent, il regarde subitement le rétroviseur de son côté. N'y voyant rien, et toujours sans trop bouger la tête, il lève les yeux vers l'extérieur qui défile par la fenêtre, mais ses paupières se rabaissent vite fait, pour faire taire la nausée.
Ils s'arrêtent. Wils ne pose pas de question. Tout ce à quoi il pense, c'est garder dans son estomac le mélange de whisky et de sang qui y mijote, et demeurer immobile. Ne pas perdre son souffle. Bien s'oxygéner le peu d'esprit qu'il semble lui rester.
Melissa lui pose une colle. Qu'est-ce qu'on fait? Il ouvre un œil, la regarde de biais. Pendant un moment, il s'est demandé si elle avait vraiment conduit cette voiture, si elle était vraiment là, derrière le volant, toujours fondue dans sa robe de femme fatale. Et oui, elle y est. Son œil a rencontré les siens. Wils prend du temps à répondre, parce que la vision de Melissa dans une voiture sport, avec lui, tout cassé, lui donne l'impression d'une fiction pas possible. Il en rirait, s'il ne craignait pas que ça lui fasse si mal.

- D'accord... balbutie-t-il sans avoir conscience d'être complètement hors contexte.

Il se fait aveugle à nouveau, confie la décision à Melissa en s'enveloppant du noir. Cependant la voix de sa co-vedette de film d'action le ramène une fois de plus au scénario. Oh Melissa, je t'en prie, arrête, avec tes questions... J'ai oublié mon texte.

- Ça va aller jusque là.

Judicieux, n'est-ce pas, cette façon de reprendre les mots de l'autre en employant un ton affirmatif plutôt qu'interrogatif... Il a appris à l'école des acteurs. Mais maintenant ça y est, quand la voiture redémarre, Wils sait qu'il n'aura plus à articuler quoi que ce soit pour un moment. Il retourne dans sa tête qui fuit, en attendant le plombier.

Comment il a su, qu'il s'agissait de mon conseiller... Faut dire qu'il a le bras long, il a dû parvenir à le contacter, même en prison... Lui ou son avocat. Ou un de ses collègues. Ouais, bon... Plutôt facile, somme toute. Question réglée. Alors maintenant il sait qu'il n'aura pas son argent. M'envoyer son gorille lui suffira-t-il? Peut-être... Mine de rien, il ne m'a pas que cassé le nez. Qu'est-ce que Leea dira? Je devrais l'appeler? Non. Je ne saurais pas quoi lui dire. Elle s'inquiéterait trop. Pour Markus. S'ils s'en sont pris à moi, ils seraient capables de s'en prendre à eux, qu'elle me dirait. Et elle aurait raison. Qu'est-ce que je lui raconterai, alors? On m'a tabassé et volé la voiture. Pas mal. Ça pourrait passer, c'est plausible. Mais ça n'arrive pas n'importe où, ces choses-là. Et pour quelle raison pourrais-je m'être trouvé dans le Downtown ou aux Décombres de Raimyo? J'en sais rien. Mais même si j'arrive à lui inventer un mensonge qui a du sens, le problème demeurera : c'est bel et bien arrivé. Et ça risque de se savoir. Le commis de l'épicerie doit savoir mon nom, le type m'a interpellé tout juste sous son nez. Monsieur Lünar, c'est ça? Non moi, c'est Monsieur Whisky. Sale brute sans cervelle. Tas de muscles plein de merde. Fils de... Enfin. C'est arrivé. Et si le NSS débarque en me demandant ce que je foutais là? Et s'ils m'arrêtent? Et si un témoin a vu Melissa et qu'on m'interroge à son sujet? Euh ouais bon, j'étais avec une prostituée et j'ai dû faire un saut à l'épicerie pour acheter du lait parce ma femme m'avait demandé de lui rapporter je sais plus quoi et que du lait on en manque toujours alors comme ça je savais qu'elle serait fâchée mais pas trop. Ça peut rester entre nous, les gars?
Pourquoi ils m'arrêteraient, d'abord. Ce n'est pas moi qui ai frappé. Mais peu importe, si les pions de l'Empereur s'en mêlent, la presse saura, et les gens sauront, et Leea saura, et Markus. Faut que je disparaisse, le temps de retrouver une tête présentable. Ensuite je pourrai tout nier. Plus ou moins, en fait. Ouais euh, ben vous étiez où hein, tout ce temps qu'on essayait de vous rejoindre, monsieur Lünaaar? Je sais pas... Je devais dormir...?
J'ai mal. J'ai mal aux idées. Je ne dois même plus avoir de sang, dans le cerveau. Je dois être mort. Ça règlerait le problème... Hey Mel, tu m'amènes au funérarium, c'est ça? … Cool. Dis leur que je veux qu'ils jettent mon corps dans l'espace, comme un déchet... Ça prendra moins de place et puis comme ça ce sera plus facile de m'oublier, pour mon fils... Je suis certain que tu comprends, toi.
Ça y est?

La voiture s'immobilise. Wils cligne des paupières. Une grosse baraque se dresse devant le véhicule. Plus grosse que la sienne. Elle va les bouffer, il le sent. Et effectivement la bâtisse les avale. Sa gueule se referme derrière la voiture. Wils tourne la tête vers Melissa, l'interroge du regard, mais on ouvre la portière au même moment. Un type l'aide à sortir. Un type grand et fort avec des cheveux qui brillent et des yeux comme des petits morceaux de ciel, de vrai ciel. Il ressemble à un de ces anges dont sa mère lui parlait. Ces êtres célestes demeurés auprès de la Terre, qu'on avait abandonnés, qu'elle disait...

- T'as dû en faire du chemin...

Le gars sourit. Wils sourit aussi. L'ange le trouve drôle, c'est marrant. C'est à peine si Wils se rend compte qu'il lui vomit sur les pieds, puis qu'on le couche sur un lit qui roule, qu'on le déshabille, qu'on se fait une petite séance photos avec son squelette et qu'on le fout sur une planche à découper. On lui explique des choses. On lui parle de nez, de côtes, de poumon... Entre-temps l'ange est revenu et il le voit se pencher sur lui avec un masque. Wils écarquille les yeux. Il ouvre la bouche pour parler mais l'autre le devance. Après, c'est le vide. Il flotte dans l'espace.
Jusqu'à ce qu'il se rende compte que le lacet de sa chaussure est coincé dans la trappe à résidus de l'Uros. On lui empoigne la face et on le ramène sans douceur à l'intérieur. Première inspiration consciente. Ça fait mal, mais moins. On a dû calfeutrer la fuite d'air et redresser la tuyauterie. Wils a envie de rire et de pleurer, mais il n'en fait rien parce qu'on le tient toujours au visage. Il voudrait demander au coupable d'enlever sa main, que ça l'empêche de respirer, mais sa bouche est sèche et sa face toute entière est une douleur. Il n'arrive même pas à en grimacer. Alors Wils porte sa propre main vers son nez, et touche. Un bandage. Ça s'étant sous ses yeux et sur son front. Il se souvient, alors, de ce qui s'est passé. Et il se demande si la silhouette informe au milieu du flou est celle de Melissa ou du grand chérubin. Il repose sa main sur la couverture qui le couvre jusqu'aux épaules et, d'une voix éraillée, demande la première question qui lui passe par la tête.

- Quelle heure il est?

Qui sait, peut-être est-il entrain de s'adresser à un fauteuil ou une porte... Franchement, il n'en sait rien.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Lun 31 Mai - 23:29

La voiture arrêtée, Melissa tourne la tête vers l'homme. Toujours en vie Monsieur Whisky ? Visiblement oui, il cligne des paupières. Elle soupire soulagée de voir qu'il y a toujours de la vie sur le siège passager. La tension s'envole de son corps, la maison est là. Il n'y a pas de voitures suspectes devant, tout va bien. Elle sourit à Wils, le genre de sourire rassurant. Ici, vous serez en sécurité. La jeune femme se penche alors que la silhouette approche. Tranquillement, l'arrivant ouvre la porte se contentant de suivre les consignes données. De quoi il parle ? Faire du chemin ? Ouais, ouais, 300 mètres dans le pire, des cas. Faut pas exagérer mais bon il sourit. Il a reçu des sacrés coups sur la tête hein. Mel en ramène pas souvent des comme ça. D'ailleurs, en parlant d'elle, elle a disparut avalée par la maison. En échange de sa personne, la bâtisse a recrachée des personnes qui s'agitent autour de l'homme. Ils emmènent sans attendre le corps à l'intérieur. D'habitude, on fait plus discret mais à cette heure-là, tout le monde dort et on va pas se déranger pour des faibles bruits venant de dehors. Tant qu'une alarme ne se déclenche, pas besoin de se lever. Une femme se charge de garer la voiture dans la résidence. Il faut la cacher des regards indiscrets qui pourraient errer demain matin. Tiens, les voisins ont une nouvelle voiture ?!

Mais pour l'instant, c'est encore la nuit et la doc rappelle à Melissa, qu'une fois le cas de Wils réglé, elle devra tout lui raconter. Qu'est-ce que la jeune femme trafiquait avec un politicien ? Ça l'intéresse davantage que l'auteur des coups. Il vaut mieux cultiver l'ignorance en ce qui concerne certains sujets. Enfin grâce à l'état Monsieur Whisky, elle échappe de peu au sermon. En fait, elle a juste un sursis de quelques heures. Comme tous les autres sont accaparés par le bloc opératoire, la métisse a le droit de s'occuper de la chambre du futur patient. Elle grogne faiblement mais n'insiste pas. Adieu la robe de femme fatale, elle enfile un short et un pull. Ça lui donne un air de petite fille sage. Et pendant qu'on tourne autour de Wils, elle tourne autour de son lit. Ça soigne, elle met les draps. Lorsque tout est fini, la propriétaire des lieux coince la jeune femme dans un coin. Demain, aucun représentant de l'agence ne passe, mais il faudra qu'ils trouvent une solution. Voir une des filles être prises malgré elle dans une histoire de politicien ne l'enchante guère. Mel essaie de plaisanter mais l'air agacé de son interlocutrice l'arrête. Alors, on fait profil bas, pendant que Johan, l'ange blond descendu de nul part veille sur l'homme bandé. On aurait peut-être du lui refaire le visage, la chirurgie fait des miracles maintenant. Ah, il est marié ? Ouais, ça ferait un choc à sa femme. La forme change mais pas le fond. Ça en déstabiliserait plus d'une ! Mais si elle l'aime vraiment, elle l'aimera peu importe son physique, t'en penses quoi, Mel ? Elle ignore les délires de Monsieur Ange qui abandonne. Les jeunes femmes, vraiment.

Pendant que Johan se raconte des histoires avec des momies, des changements d'identité, d'agents secret et réécrit au passage la nouvelle vie de Monsieur Whisky, Melissa s'affale comme un mollusque sur le canapé. Elle tourne, elle vire avant de s'endormir. Au bout d'un moment, le blond sent son ventre lui intimer l'ordre le nourrir. L'heure file et c'est la chef qui vient prendre la relève. Son patient surprise se réveille. L'heure ? La femme regarde sa montre avant de répondre presque lascivement. Normalement, c'est ''où suis-je ?'' mais il a l'air d'être suffisamment conscient pour avoir la réponse à cette question.

" - 5 heures du matin. "La doc s'installe sur le bord du lit. " Vous sentez-vous davantage vivant ? Vous allez devoir rester tranquille un petit moment. Par contre, je vous préviens, je vous soigne uniquement pour faire une faveur à Melissa. Je ne veux rien savoir. "

Un grognement s'élève. La jeune femme émerge. Les cheveux en bataille. Les yeux mi-clos. Non mais pourquoi ils parlent si fort ? Elle s'étire et quitte son lit de fortune pour venir à côté du patient. Le regard encore plein de sommeil, la métisse observe Wils. Ça lui donne une drôle de touche les bandages. On dirait une tête fragile qu'on a entouré d'un papier cadeau blanc. Sa tête tombe sur le côté comme si ses vertèbres cervicales l'abandonnaient.

 - Ça fait bizarre, Monsieur Whisky... Elle lance un coup d'oeil interrogatif à la femme. Petit à petit, la métisse se réveille. Les fils se connectent là-haut et ça s'agite.  Il faudrait peut-être prévenir sa famille ? Sa femme risque d'être inquiète, non ? 

Prévenir ? Bonne idée. D'ailleurs la jeune femme a quelque chose à lui dire. Melissa fronce le nez et file sans attendre voir Johan. Elles ont besoin d'une solution. C'est-à-dire avertir la femme du préfet tout en utilisant un petit mensonge. Le blond n'est pas très pour. C'est se mêler de ce qui ne les regarde pas. Sauf que la métisse insiste tellement qu'il cède. Il pourrait fouiller dans les effets de l'homme, mais ça ne lui dit rien. Il va se changer et la jeune femme doit s'occuper de lui fournir les consignes. Allez miss, va tirer les vers du nez du blessé, sinon ça avancera jamais. Un ronchonnement et Mel réapparait plus alerte.

 - Est-ce qu'on pourrait avoir votre adresse ? Et hm votre liste de courses ? 

Enfin, il n'a pas tellement le choix, non ? Si ça se trouve son épouse lui a laissé une quantité inimaginable de messages. De l'inquiétude. De la menace. De la supplication. Elle se demande comment Madame Whisky réagit. Est-ce qu'elle tourne en rond dans son salon ? Est-ce qu'elle s'est assoupie en se disant qu'il arrivera bientôt ? Qu'il aurait prévenu sinon ? Est-ce qu'elle se ronge les ongles ? Ses questions se reflètent dans ses prunelles. Pas sur que l'homme puisse y répondre ou même le remarque. Le blond revient, costume propre, cravate. Il pourrait facilement travailler pour quelqu'un de la Lux ou un homme d'affaire. Les politiciens en sont, non ? Ils sont juste un peu plus protégés que les autres. Quoique, quand il voit Wils, il se demande. Travailler avec les prostituées est moins dangereux. Elles n'essaieront jamais de vous frapper ou de vous menacer. La peur qu'elles nourrissent à cause leurs employeurs, les tient sages. Pourtant l'attitude de Melissa est comme un léger vent de rébellion. Dans la peau d'un col blanc, il glisse que la jeune femme devrait s'occuper de Wils. Il a probablement besoin de réconfort avec ce qu'il a subi. La métisse lui décoche un coup de coude qui l'amuse, davantage qu'il ne l'effraie. Qu'on lui donne les informations et il la laissera en paix – même si c'est amusant d'embêter les jeunes femmes.

Au bout d'un moment, on lui fournit ce dont il a besoin et il part son programme en tête. Son texte ? C'est assez simple. Quelques lignes au sujet du travail. Monsieur Lünar a reçu un coup de fil de l'hôtel de ville. Une affaire importante à régler. Dans la précipitation, il a oublié de la prévenir. Lorsqu'il a réalisé, son chef a demandé à ce qu'il vienne lui dire tout en lui apportant les courses. Un truc dans le genre. Au pire, il improvisera. Le directeur ne sera pas là pour vérifier la prise. Melissa songe à sa mère. Mais la connaissant, elle doit dormir en se disant que sa fille sera là demain matin. Cette dernière lui répète de ne jamais se faire de soucis. Qu'elle est une grande fille responsable. Et maintenant, qu'elle est réveillée, Mel est responsable du blessé. Après tout, c'est elle qui l'a ramené. Elle ne sait pas trop ce qu'elle doit faire ou ne doit pas faire. Et comme, il faut bien commencer par quelque chose, la métisse lance d'une voix peu assurée.

- Est-ce que vous avez faim ? 
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Mar 1 Juin - 16:34

Ce qu'il veut, surtout, c'est être en mesure d'identifier son interlocuteur, par déduction. Hélas, cette voix lui est... Pas si inconnue, finalement. Elle s'est adressé à lui, plus tôt. Enfin, la veille puisqu'on est demain, vu l'heure... Ou aujourd'hui, en fait. Nous sommes aujourd'hui et la tache qui prend forme est une femme. Elle a une voix féminine et plus elle approche, mieux Wils peut lui deviner des traits de femme. Il ouvre la bouche pour lui répondre, mais doit humecter ses lèvres d'abord, elles craquent. Celle du bas, en particulier. Avec sa langue, Wils peut y sentir la plaie.

- Je vais mieux, merci... arrive-t-il à articuler.

Il remue lentement les doigts, les orteils, comme pour s'assurer qu'il est toujours maître en son corps, que rien ne lui échappe.

- J'aurais aimé ne rien savoir aussi... plaisante-t-il en esquissant un sourire qui mute aussitôt en grimace. Aïe.

Si seulement il avait pu éviter de se réveiller, songe-t-il en le regrettant la seconde qui suit. Le docteur vérifie ses signes vitaux, Wils se laisse faire. Elle abaisse la couverture et lève la chemise bleue qu'on lui a prêtée, pour découvrir son torse, puis tâte le bandage sur son côté droit. C'est douloureux, mais il ne dit mot. De toute façon, l'examen ne dure pas bien longtemps. La spécialiste semble satisfaite et le recouvre bien vite de son vêtement et des couvertures. Wils se sent toujours fatigué, comme engourdi. S'il s'écoutait, il dormirait encore des heures, mais il s'en empêche, c'est impossible. Sa tête est lourde et toutes les pensées qui y passent menacent de la faire éclater.
La vue de Melissa le tire de ses angoisses. C'est apaisant, de la voir. Elle semble calme, reposée, plus lucide que lui bien qu'un peu au ralenti, comme si elle venait de se réveiller, elle aussi. Wils ferme les yeux, maintient sa bouche entrouverte, pour respirer. Melissa et la femme qui s'est occupé de lui discutent. Il repart vers une semi-inconscience, pendant un moment. Il ignore s'il rêve ou s'il pense... S'il réfléchit ses rêves... Mais ça fait du bien, d'éteindre ses méninges. Plus de courant, plus de lumières, les engrenages ralentissent, ralentissent... Et soudain il rouvre les yeux. Il a l'impression de revivre un moment qu'il n'avait pas connu depuis des années. Il faut qu'il aille aux toilettes. Non, trop tard. Quoi! Non, non, ça va... Pas de fuites. Wils est confus. Il regarde sous le drap, fronce les sourcils, mais est un peu soulagé en n'y découvrant que ce qu'il croyait y découvrir. Il n'a pas voyagé dans le temps, c'est déjà ça. Cela aurait été honteux. Il ne devait pas être en mesure de se lever quand ils en ont eu terminé de le recoudre, seulement là, il est convaincu qu'il y arriverait, donc ce n'est plus nécessaire.

- Euh...

Melissa revient. Il aurait préféré que ce soit l'autre, ou encore l'ange, s'il n'est pas reparti dans le ciel. Elle veut son adresse. Il ne se demande pas pourquoi, préoccupé par un problème d'un tout autre ordre. Je peux faire pipi tout seul, s'insurge-t-il en silence. Les sondes c'est pour les vieux...

- Hum... Oui c'est... Il se cale plus profondément dans l'oreiller, tête penchée vers l'arrière, une main sur le front. Il doit se concentrer, chercher au bon endroit dans sa tête. C'est le... 411 avenue Du Rivage... Flinzam. Pour ce qui est des courses, je... Je n'avais pas de liste, c'est Leea qui...

Son portable, il est où?

- Du lait. C'est tout ce dont je me souviens.

Ah tient, le grand blond. Drôlement vêtu, pour un infirmier. Car n'est-il pas infirmier? Wils n'a en tête que l'image des pantalons pâles de la veille et des chaussures propres juste avant qu'il ne les souille des humeurs de son estomac. Il songe à s'excuser, mais le type le devance. C'est un comique... Cependant Wils n'a pas envie de rire, il essaie plutôt d'attraper son regard, mais il repart trop vite. Il aurait peut-être pu lui enlever ce truc... Visiblement, ça devra attendre.
Seul avec Melissa, les circonstances qui l'ont mené jusqu'à ce lit d'hôpital, plutôt de clinique, lui reviennent. C'est embarrassant. Si ce taxi était arrivé une minute avant, elle aurait été libre, ce matin, de vaquer à ses affaires, de ne pas perdre son temps auprès d'un politicien qui venait de se prendre une raclée parce qu'il faisait dans la fraude et les mensonges... Ça elle l'ignorait, s'en doutait peut-être, mais lui, en était bien conscient. Qu'est-ce qu'elle dirait, s'il lui débitait toute l'histoire maintenant?

- Non... Merci.

Il n'ose pas la regarder dans les yeux. Ses genoux se dressent et il fixe la fenêtre, au mur à sa gauche. Les rideaux sont tirés, mais c'est un détail.

- Mais si tu...Si... Toi, si t'as faim, te gênes pas. Infime sourire amusé au coin des lèvres... Je n'ai pas grand chose à t'offrir, mais je suppose que ce serait pas trop difficile de trouver...

S'agrippant du mieux qu'il le peut, il pousse sur le matelas pour se redresser en position semi-assise. Et cette fois, avant de reprendre la parole, il tourne la tête vers Melissa.

- On est dans une clinique privée, c'est ça?

Il se racle la gorge, déglutit difficilement. Du regard, le plus subtilement qu'il le peut, Wils cherche un verre d'eau mais, ne voyant rien et n'osant pas demander, il se contente de sa salive.

- Melissa... Je veux m'excuser, pour tout ça. Je sais pas comment je te le revaudrai... C'est vraiment énorme, ce que t'as fait... Les risques que t'as pris... J'en suis conscient.

Surtout que ce n'est pas terminé. Assurément pas pour lui, du moins. Mais Wils se garde d'entrer dans les détails. Si ces excuses platoniques conviennent à Melissa pour toute explication, tant mieux. Il n'insistera pas davantage, après avoir ajouté :

- Si je peux te rendre service, pour quoi que ce soit... Il suffit de demander. Je...

Suis loin d'être aussi riche que je le laisse paraître? Suis un pourri, comme tout les autres? Suis vraiment dans la merde?

- … me demande s'ils ont de l'eau...

Inutile de souligner l'impertinence de la question. C'est une façon détournée de demander un service de plus à Melissa. Démarre! Et maintenant : Donne à boire! Il se sentirait bien petit dans ses culottes, Wils, si on ne les lui avait pas enlevées.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Mer 2 Juin - 23:02

Sagement, elle attend la réponse qui finit par tomber. Non ? Est-il sur ? Melissa n'insiste pas mais remarque que l'homme regarde ailleurs. Est-ce qu'il voudrait qu'elle les tire ? On ne verrait pas grand chose à cette heure-là mais bon. Prête à s'approcher de la fenêtre, elle s'arrête lorsqu'il parle à nouveau. On dirait qu'il est à la fois chez lui et à la fois mal à l'aise. Est-ce qu'elle a faim ? Hm, bonne question. Avant de s'endormir, elle a grignoté quelque chose. Une de ses mains se pose sur son ventre. Rien à signaler m'dame ! Son visage se tourne vers Wils. Elle s'apprête à parler mais il est plus rapide.

 - Oui, enfin je dirais privée et secrète...  Elle passe une main sur sa joue droite.  C'est surtout fréquenté par des prostituées. Cette clinique est rattachée à notre agence. La doc s'occupe de nous et suit notre santé. En cas de problème, elle est là aussi... 

Heureusement les soucis n'arrivent pas souvent – en plus certains auraient du faire avec des enfants illégitimes sans le médecin – . Enfin tout dépend du classement. C'est triste quand on y pense. Au début, on prend ceux que les autres ne veulent pas. On est comme une poubelle qui ramasse les produits invendables ou invendus. On sourit et on remercie bien contente d'avoir du boulot. Elle sort de ses pensées, se disant au passage qu'elle a de la chance. Les risques, tout ça au fond, les filles connaissent déjà. Bon il y a une dimension action vue aujourd'hui qu'elle n'avait jamais connu. La routine est que les hommes parlent trop au lit. Ils doivent être plus détendus ou dans un état de bien-être inhabituel. Tout ce qu'il faut faire, ce n'est pas répéter leurs petits secrets sous peine de devoir rendre des comptes aux avocats de ces messieurs. Et puis ce n'est pas comme si quelqu'un l'avait vu avec Wils ou qu'ils avaient été en prise tous les deux avec ses agresseurs. Les propos de Monsieur Whisky lui paraissent exagérés et surtout, elle n'attend rien en retour. Bien sur, la jeune femme se dit qu'elle devrait en profiter, sauf que ce serait trop facile. Ça revient au même que se servir d'un moment de faiblesse de son interlocuteur. Si elle veut sa liberté, elle doit travailler dur et être patiente. Parce que c'est ce qui l'intéresse. Être libre. Avec tous les ennuis que Monsieur Whisky doit avoir, ce ne serait pas très judicieux de vouloir l'entrainer là-dedans.

 - Vous devriez faire attention à vous... 

Melissa est sincère. Quand on est mari et papa, il faut surveiller sa peau ! La phrase de l'homme a trainé et maintenant il est temps de s'occuper de sa demande. D'ailleurs pourquoi utilise-t-il une formule détourner pour avoir de l'eau ? Elle lui aurait tout de même apporté s'il avait demandé normalement. Monsieur Whisky fait bien des manières d'un coup. Pourquoi ? Un homme blessé est faible ? Vu son état, elle est capable d'effort !Sinon elle lui aurait dit de se débrouiller. Je ne suis pas votre bonne, monsieur ! Là, elle est l'infirmière. Enfin de compte, elle finit toujours par s'occuper des hommes. Sauf que c'est plus réglo, cette fois. Mel hoche la tête tout en lançant.

 - Je vais vous chercher de l'eau ! 

Pas la peine de dire de ne pas bouger, il ne risque pas. Bon, elle imagine bien Wils sautiller péniblement pour se rendre dans une autre pièce. Ça la fait rire silencieusement. Pas très charitable. Elle file, un chantonnement s'échappant de ses lèvres. Un air vieillot que sa maman adore. Ne lui demandez pas le titre, Melissa l'a oublié. Il paraît que c'était populaire quand elle a rencontré son père. C'est tout ce que la jeune femme sait. Dans la chambre, elle réapparait une gourde en main. Bien au niveau de la contenance, il aurait de quoi boire pendant un moment.

 - Tenez... 

Elle la lui donne. Peut-être qu'elle pourrait mettre la télévision ou un peu de musique. Peu importe quelque chose qui puisse combler le silence quand il tombe. Dans le coin droit, en face du lit, un écran trône. Melissa se penche pour l'allumer. Immédiatement, il lance la dernière chaine regardée. Sauf la jeune femme ne s'attendait pas du tout à finir face à face avec le canal adultes seulement. Des sons suggestifs s'envolent dans la pièce. Elle doit rêver, hein ? Pourtant la scène se déroulant sous ses yeux est bien réelle. Un homme. Une femme. Un militaire. Un militaire ? Depuis quand ils peuvent se servir des uniformes pour ce genre de films ? Elle cligne des yeux en se disant que le Ministère de la Défense est tombé bien bas. Un homme... Wils. Mel avait presque oublié sa présence. Elle toussote.

 - Ahem désolée, j'ai du allumer après Johan... 

Pourquoi ce serait forcément lui ? C'est juste qu'elle voit mal leur médecin dévorer ces films, même s'il ne faut pas se fier à la couverture d'un livre. Pendant ce temps, les images s'enchainent jusqu'à ce que Melissa appuie pour éteindre l'appareil. Malheureusement fausse manipulation et d'un coup, elles disparaissent pour en laisser d'autre à la place. La métisse manque de s'étouffer en voyant une scène qui semble être filmée par une caméra cachée. Quand on leur disait, qu'elles étaient surveillées, la jeune femme pensait à une mauvaise blague. Est-ce qu'un financier important qui a la tête fourrée dans le corsage d'une femme – qui n'est pas la sienne – en est une ? Les mots qui se font entendre ne sont pas ceux d'un gentleman. Ça ressemble au film d'avant avec des acteurs amateurs. Un tournage underground. La chambre montre qu'ils sont probablement dans un club cautionnant ce type d'activité. C'est une clientèle comme une autre. Une grimace aux lèvres, la jeune femme essaie désespérément de d'éteindre la télévision. Au bout de plusieurs tentatives, elle réussit. Un soupir de soulagement glisse hors de ses lèvres. Monsieur Whisky... A-t-il reconnu le client ? Le connait-il bien ?

 - Comme vous avez pu voir, on a de tout... 

Un rire nerveux ponctue sa phrase. Elle ne sait même pas pourquoi elle lui sort ça. Pourquoi ne pas lui sortir qu'elles ont un job tout terrain aussi ? Très adaptables et très souples, il a pu en avoir la preuve en image. Le son montrait plutôt les qualités vocales.
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Dim 6 Juin - 5:42

Clinique privée pour prostituées... La doc dont Melissa parle doit vraiment être quelqu'un de bien. Et d'occupé. Enfin, elle ne doit pas être seule à faire rouler l'établissement, mais elle doit forcément avoir une couverture, ou alors de bons contacts. Une diplômée de médecine qui n'exerce pas ouvertement doit sûrement avoir des comptes à rendre à quelqu'un en bout de ligne. Wils se demande comment tout est orchestré. S'il y a plusieurs agences affiliées, et en quoi consiste l'entente exactement. Qui paient pour les soins? On tire un pourcentage des gains des filles? Et s'agit-il d'un prix fixe, comme un genre d'assurance? Wils se demande aussi comment cette doc en est arrivée à monter l'affaire. Et quels étaient ses motifs. Car c'est tout qu'un risque que de se lancer dans ce genre d'entreprise. Sans doute a-t-elle d'autres clients mieux nantis qui paient quelques fortunes pour des soins privés. Ça expliquerait comment elle arriverait à s'occuper des jeunes femmes comme Mel sans se ruiner.
Le sujet a piqué sa curiosité, mais il se garde d'élaborer. Du moins, il ne posera pas plus de questions à Melissa, sans doute est-elle censée ne pas trop en révéler sur la chose. Ça se comprend. Un endroit comme celui-ci doit être une rareté...

Dès qu'il se retrouve seul dans la chambre, Wils en profite pour essayer de se lever tout seul. Assis sur le bord du matelas, il pose ses pieds par terre et s'aide de la force de ses bras pour se hisser vers le haut. Il y arrive sans trop de mal, mais il y a toujours ce truc entre ses jambes, enfin, l'autre truc, relié à une poche accrochée à la structure métallique du lit. Il doute qu'il arrive à se déplacer aisément avec ça. Aussi se rassoit-il rapidement et s'invente-t-il infirmier une petite minute.

Il souffle et rouvre les yeux, cherche son portable, ses affaires. Elles doivent être dans ce sac, posé sur une chaise près de la fenêtre. Bien qu'il perçoive des bruits de pas dans le couloir, il se dépêche et se dresse une fois de plus sur ses jambes. Il tangue, mais retrouve vite fait son équilibre. Direction la chaise. Wils s'empare de son portable, de son pantalon, de son sous-vêtement et de son veston. Sa chemise était souillée de sang, on a dut s'en débarrasser... Tant mieux, ça lui évitera de le faire lui-même. Le plus rapidement que le lui permettent ses jambes tremblotantes, il retourne au lit et s'y échoue juste à temps. Il couvre ses vêtements avec la couverture en la replaçant sur lui et s'efforce d'afficher un air détendu. Le bandage masquant une partie de son visage se fait complice.

- Merci.

Il sourit du mieux que le lui permettent ses traits endoloris et porte la gourde à ses lèvres. Il manque de s'étouffer avec la première gorgée. Le liquide perle sur son menton. Il l'essuie du revers de sa main, puis se lance dans une deuxième tentative. Wils vide près de la moitié du contenant d'un seul trait, puis le pose sur la table de chevet. Des voix aux intonations plutôt suggestives lui font lever la tête vers la télévision. Il hausse un sourcil, amusé.

- Pas grave...

Johan, ce doit être le grand blond. Pendant que Melissa lutte pour changer de poste ou pour éteindre l'appareil, Wils sort son portable de sous les draps et l'allume. La batterie est faible, mais ça devrait faire pour un temps. Il vérifie ses derniers messages. Dix-sept appels manqués.

- Merde... souffle-t-il pour lui-même.

Et à nouveau des voix en provenance du téléviseur lui font lever les yeux. Il doit plisser les paupières pour que l'image lui apparaisse plus clairement. Le visage de l'homme lui semble familier. Vaguement... Déjà croisé, peut-être, à Arkmeen probablement. Ils doivent être plus nombreux que Wils l'eut cru à fréquenter des collègues de Melissa. Ou Melissa elle-même... La pensée l'embarrasse. Dire que ce soir, elle retournera à ses rendez-vous. Ce soir ou demain, qu'importe. Elle y retournera, c'est sa vie. C'est dur, rien que d'y penser. Devoir se frotter à des types comme le porc qui était apparu à l'écran. Ce n'est pas gagner sa vie, c'est en perdre le sens. Non? À bien y songer, qu'est-ce qu'il en sait... Il gaspille bien sa propre vie, à sa manière, en prostituant sa conscience, plutôt que son corps.

- Ouais... ricane-t-il faiblement à son tour.

S'en suit un inconfortable silence. Genoux dressés, Wils tente subtilement de se rhabiller sous les couvertures, mais avant qu'il n'arrive à quoi que ce soit, son portable sonne. Il l'attrape vivement et le plaque un peu trop violemment contre sa figure.

- Aïe! […] Quoi? Oui, oui c'est moi... Je... […] Quel type? Ah! Lui! Ça va, ça va... Je le connais. […] Il... Il... […] Oui, c'est ça. […] Mais Lee! Mais non, je te prends pas pour une... Leea? Leea, t'es là?

Il raccroche.

- Merde.

Il dépose le téléphone sur son oreiller et s'assied. Cette fois, sans se soucier de ce que Melissa en dira, il entreprend de se rhabiller, découvrant son butin en soulevant les draps. Sans retirer sa chemise de nuit, il attrape son boxer et se penche pour l'enfiler, mais s'interrompt à mi-chemin. Trop douloureux. Il laisse tomber le vêtement au sol et y glisse les pieds.

- Elle n'y a pas cru, au grand blond... explique-t-il finalement à l'adresse de Melissa. Enfin... Ça ne lui a pas suffit.

Il étire son bras autant qu'il le peut en courbant le moins possible son dos et parvient à attraper l'élastique de son sous-vêtement. Il le tire vers lui et enfin, se lève en l'enfilant convenablement, ne se souciant guère de la vue que découvre sa chemise bleue mal attachée. Il commence aussitôt à enfiler son pantalon, de semblable manière. Cependant, la sonnerie de son cellulaire le surprend à nouveau.

- Leea? J'arrive. Je t'expliquerai. […] Mais pourquoi tu ne leur as pas dit de venir une autre fois... […] Je sais mais... […] Oui mais... […] D'accord, d'accord... C'est pas grave. […] On aura qu'à leur dire que je me suis planté en m'essayant aux rollerblades... […] C'est que j'ai eu un petit accident, on ne t'as pas dit? […] Mais non, rien de grave. T'en fais pas, surtout. […] Arrête, Leea. […] On en parlera tout à l'... […] Lee... Arrête, s'il te plaît... […] Oui, je te le jure. […] D'accord... […] Moi aussi...

Wils soupire en rangeant le petit appareil dans sa poche. Il se lève d'un coup et monte la fermeture éclaire de son pantalon. Il se débarrasse de sa chemise et enfile son veston sur son torse pansé. C'est toujours mieux que de se balader à demi nu.

- Je dois y aller.

Wils boitille jusqu'à Melissa, lui passe devant et prend la direction du couloir.

- Je ne parlerai pas de cet endroit, à personne...

Tout en progressant, il tire sur le bandage sur son visage, le décolle en grimaçant. Il porte toujours quelques ecchymoses qui s'étendent au-delà du nez, jusqu'aux yeux. Au pire, si l'on venait à le croiser, on croirait qu'il s'était fait refaire le nez, suppose-t-il. Wils s'appuie au mur pour marcher, mais maintient un rythme rapide.
Soudain il s'arrête, s'adosse dans le couloir un instant en fouillant ses poches.

- Mes clés...
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Mar 8 Juin - 23:27

Plus de son. Plus d'image. Plus rien. Ça fait tout drôle d'un coup. Melissa ne dit rien, un peu embarrassée. Un froissement de drap se fait entendre. La jeune femme tourne doucement la tête en direction de l'homm. Qu'est-ce qu'il trafique ? S'en suit un échange entre Wils et ce qu'elle devine être sa femme. À qui pourrait-il dire ''c'est moi'' sinon ? Ça a l'air compliqué leur histoire. Manifestement, il y a comme un souci. Pas facile de se débrouiller avec sa douce moitié ! D'un coup, Mel se dit qu'au fond, elle est très bien toute seule. Pas besoin de raconter des histoires, de faire avec des conflits supplémentaires, c'est pas si mal le célibat quand on y pense. Le juron la conforte dans cette idée. Monsieur Whisky se redresse et la jeune femme fait de même. Les mains sur les hanches, elle le fixe, les sourcils froncés. Il est encore blessé et il veut aller affronter sa femme... Les hommes, honnêtement. Ils ont davantage peur de la colère de leur épouse, que de leurs collègues ! En tout cas, c'est dommage qu'il n'y ait pas cru à l'histoire de Johan. L'idée n'était pas si mauvaise après tout. Où ont-ils péché ? Est-ce que tout résulte d'une manifestation du sixième sens féminin ?

  - Je vois... 

Je vois que vous allez avoir de gros ennuis et pas besoin de lire dans les étoiles pour le savoir. Elle l'observe se rhabiller sans ajouter quoique ce soit. Disons que ce genre de scène ne lui fait plus grand chose. Ce n'est pas le premier homme presque nu qu'elle voit, ni le dernier. Melissa concède qu'il ne se débrouille pas mal pour un blessé. On voit que c'est légèrement difficile mais il y arrive tout de même. Retenant l'envie d'applaudir, se disant que Monsieur Whisky songerait qu'elle se moque de lui, elle sourit. Nouvelle sonnerie. La discussion est pour le moins hachée. Madame ne doit pas lui laisser une chance d'en placer une. Et à la fin, elle doit finir par un ''Je t'aime'', d'où le ''moi aussi''. Enfin le coup de l'activité sportive l'amuse, parce qu'elle ne le voit pas du tout faire un sport... extrême. Le truc jeune, cool, non, non. Il pense sincèrement que les amis de sa femme croiront ça ? En tout cas, l'homme est paré mais en sale état. Les yeux de Mel observent le torse et malgré elle, son expression ressemble à celle d'une mère contrariée. Heureusement qu'elle n'a jamais fait d'études d'infirmière. De tels patients auraient eu sa peau. À ses paroles, la jeune femme se contente de hocher la tête. Elle se demande s'il ne manque pas un bout. ''Je dois y aller sinon ma femme va me tuer''. Ça sonne davantage comme ça à ses oreilles. La suite la fait sourire faiblement.

- Hm, j'espère bien...

Ils auraient des ennuis tous les deux mais elle a tout de même confiance en Wils. Elle hésite à lui dire que retirer le bandage du visage n'est pas très judicieux mais trop tard. Sagement, la métisse marche derrière lui. C'est du solide ma petite dame ! Bon ça se voit qu'il n'est pas très frais pourtant ça pourrait être bien pire au vu de son état à l'arrivée. Cependant Melissa lui demanderait bien où il compte aller comme ça... Sans un élément important. Dont il se rend compte soudain de l'absence. C'est vrai que pour démarrer, c'est mieux d'avoir les clés, hm ? Sinon il ne peut pas utiliser les empreintes digitales ? Il paraît que ça se fait ! En attendant, la jeune femme sort le trousseau de la poche de son short. Magnifique sourire à l'attention de Monsieur Whisky. C'est peut-être ça que vous cherchiez hein...

- Ah, vous parlez de ça ?

Sourire innocent. Cependant par mesure de précaution, Mel ne s'avance pas. Wils paraît suffisamment alerte pour lui arracher les clés des mains. Elle les cache dans son dos et marche vers lui. Son corps glisse contre le mur opposé. La jeune femme lui fait face. Il a intérêt un bon mensonge au sujet de ses cicatrices. Son visage a vraiment souffert. Sa tête se penche sur le côté. Elle fronce le nez. Ses yeux évaluent l'homme avec insistance. Ses lèvres s'entrouvrent. Elle a quelque chose à dire mais elle traîne encore et encore jusqu'à ce que finalement des mots s'échappent.

- Je ne veux pas être désagréable, ni vous rappeler des mauvais souvenirs... Mais entre plusieurs choix, vous préférez voir femme en arrivant chez vous en un seul morceau, vous faire tirer dessus sur la route comme un lapin ou encore aggraver votre cas dans un accident de voiture, véhicule dont vous aurez perdu le contrôle à cause de votre état ?

Elle ne fait que se renseigner pour sa part ! Mais qui dit qu'un homme n'attend pas Wils près de chez sa maison ? Qu'à l'entrée de Flinzam, une voiture guette la route ? Personne ! Ce manque de prudence, ça l'étonne. Lui qui regardait à droite et à gauche au bar ! Alors vous ne pensez plus à votre peau monsieur Whisky ? Melissa avance dans le couloir tout en faisant tournoyer les clés dans l'air. Subitement, la jeune femme s'arrête et elle se tourne vers l'homme.

 - Je vous conduis.  Elle hoche la tête.  Je m'en voudrais s'il vous arrivait quelque chose. Je me sentirais mal envers votre femme et votre enfant en plus... 

Pas la peine de râler, Mel a déjà tout décidé. Et puis elle ne conduit pas si mal, non ? Monsieur Whisky a bien supporté le trajet. Certes son état comateux a sans doute donné un coup de pouce non négligeable, mais cette fois, il sera occupé par son apparence. Où est ma cicatrice ? Que dire à chérie ? S'il veut, elle peut lui fournir des mensonges. Avec le temps, elle sait s'y prendre. Quoique raconter des histoires à sa maman et en servir à sa femme sont deux choses bien différentes. La jeune femme marche jusqu'à une porte. Elle s'ouvre automatiquement et son corps disparaît dans le jardin. Ouverture de la voiture à distance et perquisition du véhicule. Le short donne une touche beaucoup moins glamour que la robe fendue, c'est sur. Derrière le volant, la métisse a un côté adolescente qui joue avec une voiture de grand. Ou alors avec le bien de son petit ami. En tous les cas, Melissa a bien l'intention de ramener Wils à bon port. Pourvu qu'ils ne fassent aucune mauvaise rencontre en chemin.

 - Vous savez déjà ce que vous allez dire à votre femme ? 

Chérie, j'ai décidé de me faire opérer. Je veux ressembler à... À qui ? Bonne question... Non mais au fond, à part les jeunes vieux et les personnes traquées, rares sont ceux qui dépensent de l'argent dans des opérations. Un politicien qui veut changer de visage, ce serait comme une prostituée qui voudrait récupérer sa virginité. Il y a forcément gravier sous mammouth. Du moins, c'est ce qu'aurait dit Johan. N'empêche, c'est qu'elle y en prendrait goût à conduire la voiture de Monsieur Whisky !
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Lun 14 Juin - 2:55

À voir la tête que fait Melissa en brandissant les clés, Wils se doute qu'il ne les aura pas et n'arrive pas à retenir une grimace de gamin pris en flagrant délit. Et puis il pensait quoi, qu'il la sèmerait, avec sa démarche d'éclopé? Il avait été naïf, peut-être, mais c'était la faute de Leea. Elle est trop perspicace, comme à peu près toutes les femmes qu'il a connues et connait, et pour la suivre, il doit faire tourner ses méninges à leur puissance maximale. Ce n'est pas sans conséquences. Il y échappe toujours quelques précautions. D'ailleurs, il baisse légèrement la tête et se mord la lèvre en subissant le petit discours de la jeune femme. Il n'avait pas pensé aux risques. Il n'avait pensé qu'à rentrer le plus rapidement possible pour éviter de contrarier Leea davantage. Et maintenant qu'il y pense bien, c'est bête. S'il était arrivé un de ces incidents que Melissa énumérait, Leea lui en aurait encore plus voulu, de ne pas s'être montré plus prudent, plus réfléchi, plus bien des choses, hélas.
Il se contente de hausser les épaules et de la suivre, boitillant derrière elle en relevant la tête, pour le peu de fierté qu'il lui reste, il décide de faire un effort. Et il s'assied, une fois de plus, du côté passager, boucle sa ceinture et s'accoude sur le bord de la fenêtre, bien droit. Tant qu'à se montrer prudent...
Adieu clinique privée.... Adieu personnel anonyme... Adieu Johane, non... Johan plutôt... Adieu sonde! Plus jamais, même pas quand j'aurai cent ans.
Wils se passe une main dans les cheveux, enroule une mèche autour de son doigt, l'air absent. Il regarde la bâtisse en se disant qu'il aurait pu y pénétrer mort. Ou ne pas en sortir vivant. Il s'attend à ce que ça lui fasse comme un frisson, mais il ne se passe rien.

“ - Vous savez déjà ce que vous allez dire à votre femme ? ”

La question le surprend. C'est qu'il pensait déjà à autre chose. Il tourne sa tête amochée vers Melissa, sourcils haussés, puis s'en remet à la route qui défile devant eux.

- Eeeeuuuh...

Ça commence bien. C'est dingue comme ça peut être facile de mentir à tous ces inconnus qui traversent son bureau, de mentir à ses supérieurs, à ses collègues... Mais mentir à sa femme, c'est totalement une autre histoire. Pour Wils en tous les cas. Il soupire longuement en y songeant, laisse mollement tomber ses mains sur lui.

- Non. Aucune idée. avoue-t-il franchement.

Il s'en remet au paysage urbain, pianote distraitement sur la vitre.

- Mais... Ma vie est déjà suffisamment encombrée par les mensonges et... Je me suis dit que... Et ben... Il regarde Melissa, incertain. Je pourrais lui raconter la vérité... Toute la vérité. Wils s'évade par la fenêtre et poursuit, songeur. L'investissement raté, l'appui que j'ai acheté... Le rendez-vous, toi... Et tout le truc de l'épicerie... Qu'est-ce que t'en dis?

Ça compte. Melissa est une femme, elle saura si c'est une bonne ou une mauvaise idée. Wils se dit que la vérité, c'est pas mal, d'habitude, comme preuve de confiance. Mais dans son cas, ça devient souvent une source de conflit. Et puis le vrai problème c'est, est-ce Leea veut entendre la vérité ou veut seulement le savoir sain et sauf? Aussi prend-t-il soin de préciser...

- Tu ne connais pas Leea mais... Disons qu'elle a une bonne idée de ce qui se trame réellement, dans le domaine, mais que c'est... un sujet plutôt délicat, chez nous. J'évite d'en parler, en fait, autant que possible... Seulement là... Je sais pas.

Embêté, Wils porte son index à sa bouche, pour se gruger l'ongle mais, ne pratiquant pas cette activité très souvent, il en grince plutôt des dents et abandonne vite fait. Enfin, il cède, et ouvre la boîte à gants. De la paperasse en déborde, il la retient de justesse puis plonge sa main dans le compartiment et en sort un paquet de cigarettes après y avoir farfouiller un moment. Il referme vivement le tiroir.

- Cigarette?

Il s'en allume une sans tarder et abaisse la vitre de la fenêtre. Wils appuie sa tête sur le dossier, se détend quelque peu. Aussi bien en profiter tout de suite, car voilà qu'ils arrivent à Flinzam et il doute que Leea se réjouisse de le voir fumer.
Bientôt les jolies maisons s'alignent les unes à côté des autres, grosses, grasses... Viendra la sienne, aussi grosse, aussi grasse... Des maisons qui débordent de vide et qui empestent l'argent. Wils sourit, derrière la fumée de sa cigarette. Cependant le répit qu'il s'accorde ne durera pas longtemps, il en voit déjà venir la fin. Et plus ils approchent de leur point d'arrivée, moins il se sent... Difficile à dire.
Il envoie son mégot sur un impeccable tapis vert. Communément appelé « pelouse ». Et porte son regard, une fois de plus, vers la conductrice. On la croirait au volant de sa propre voiture, c'est amusant. Enfin, non... Si mais, qu'importe.

- À droite à la prochaine intersection. C'est la troisième maison...

D'un côté, toujours ces trop grandes villas et de l'autre, la plage. Juste là, l'entrée qu'il redoutait. Semblant se rappeler un truc, Wils rouvre la boîte à gants, y plonge la main et en ressort quelques billets. Il les tend à Melissa.

- Pour le taxi. Je te dois au moins ça.

Ça faisait un peu con, de la virer comme ça mais, en même temps, il faudrait en arriver là.
Il en profita pour avaler une menthe, trouvée également dans son coffre à "trésors".
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MessageSujet: Re: Down the corridors   Mer 23 Juin - 15:59

Rien ne sort de sa bouche. C'est pénible ces mots qui se succèdent. Ses mots pourraient être les siens. Sans le savoir Wils la fait réfléchir sur sa vie, ses décisions, ses mensonges. Chaque jour, elle se pose la même question : devrait-elle tout raconter ? Sa conscience s'agite, s'impose et l'envie de pleurer la prend. Il est tard, il s'est passé tellement de choses, pourquoi doit-on parler de vérité maintenant ? Est-ce qu'une menteuse peut conseiller un menteur ? C'est drôle. Ils sont si différents mais si semblables d'une certaine façon. Ils ont fait un jour quelque chose qu'ils n'auraient jamais du faire sans penser aux conséquences. Si même les hommes politiques sont inconscients au fond, le pire est à craindre sur le vaisseau. Son pied appuie sur la pédale d'accélération alors qu'elle réfléchit.

 - Peut-être... Peut-être pas ce soir ?  Elle fixe la route un instant avant de tourner la tête vers l'homme.  Elle va être inquiète, vous demander ce qui s'est passé... Elle sera en état de choc et il y a des sujets qu'il vaut mieux aborder à tête reposée. Enfin ça dépend si votre femme se laisse facilement porter par ses émotions... 

Le conseil est de tâter le terrain avant de se lancer à l'eau. Si tout avouer est une bonne chose, il n'empêche que le retour de flamme peut être violent ou destructeur. Mel aimerait lui dire que ça va aller, que sa femme comprendra cependant elle n'est pas dans sa peau. En plus les histoires de couple sont toujours compliquées. Du moins, la jeune femme en a le sentiment. Les exigences de l'un, les désirs de l'autre, les volontés qui s'entrechoquent. La vie conjuguée à deux lui apparaît comme un champ de bataille où le compagnon d'infortune se trouve être la seule personne capable de juger de notre valeur. Ses yeux se mettent à détailler le paysage. Ses doigts appuient sur un bouton. La fenêtre s'ouvre laissant de l'air s'engouffrer dans l'habitacle. Sous cette arrivée, ses cheveux tournoyent autour de son visage. D'une main, elle les fait glisser sur le côté.

Monsieur Whisky parle à nouveau. Même si Melissa n'en a pas l'air, elle l'écoute. Il ne peut que lui donner raison, elle ne la connait pas. Lui, non plus d'ailleurs. Cependant les mots résonnent d'une étrange manière dans ses oreilles. Dans l'incertitude de son interlocuteur, la jeune femme décèle un autre message. Une sorte d'appel à l'aide secret. Les hommes sont forts, c'est bien connu. Ils ne ploient jamais. Mais quoi a-t-il peur ? De quoi a-t-il besoin réellement ?

 - Et vous ? Est-ce que ça vous ferait du bien de lui en parler ? D'avoir son soutien ?  Ses paupières se baissèrent légèrement.  Qu'elle vous dise, ne t'inquiète pas, chéri... Je suis là, je te soutiendrais peu importe ce qui arrivera. Avez-vous besoin de la rassurer ou de vous rassurer ? 

La solution miracle ne se trouve pas entre ses mains toutefois rien ne l'empêche d'interroger Wils, de soulever des points pour qu'il réfléchisse. Quand tout devient difficile, la présence d'une personne qu'on aime nous rassure, n'est-ce pas ce que le préfet attendrait de son épouse ? Il n'y a rien de pire que de se trouver seul face à l'adversité et puis avoir besoin d'aide n'est pas honteux. Il faut juste accepter de se décharger de son fardeau et demander de l'aide. Elle s'interroge sur Monsieur Whisky. Jusqu'où irait-il pour préserver son couple ? Melissa sait que même si sa vie est tissée en partie de mensonges, elle se sent capable de se relever parce que sa mère est là. Si elle devait faire avec la solitude, la jeune femme aurait sans aucun doute déjà abandonner le combat. Détendue, elle ralentit un peu songeant que se payer un excès vitesse serait la cerise sur gâteau. Sans compter que la voiture du préfet de Flinzam entrain de circuler à cette heure ne manquerait pas d'attirer l'attention.

Sa tête bouge doucement pour refuser la cigarette. Très peu pour elle, ce genre de produits. Ça coûte cher, en plus d'être mauvais pour la peau et les cheveux. Elle ne comprend pas trop la nécessité de s'en griller une. Est-ce une façon de se calmer ou de se donner du courage ? Si le reste lui échappe, elle conçoit qu'il en ait besoin. Maintenant dans la ville, ils passent devant une succession de maisons qui, il faut l'avouer, la font rêver. Celle de monsieur Whisky doit leur ressembler. Avec ou sans les domestiques en prime ? Bientôt, elle arrêtera de se poser des questions. Ils approchent de leur destination finale. D'ailleurs les indications tombent et elle obéit. La voiture continue à avancer jusqu'à s'immobiliser devant une entrée. Melissa jette un rapide coup d'oeil à la bâtisse puis son regard tombe sur les billets.

 - Hey, Johan doit pas être très loin, il fera mon taxi ! 

Sa main gauche ouvre la portière et la jeune femme saute dehors laissant l'argent de poche dans la main de l'homme. Son corps se tourne. Ses bras prennent appui sur le véhicule. La route s'arrête ici. Les lumières de la villa s'allument rapidement. Leea doit savoir que son mari est rentré. Une dernière fois, la jeune femme observe l'homme. Sans réfléchir, Mel se met à lui parler une dernière fois.

 - Ma maman m'a toujours dit que c'était dans les coups durs qu'on pouvait tester la solidité de son couple. Qu'il fallait être auss un peu maso pour avoir le courage de se lancer mais que ça pouvait en valoir le coup...  Elle sourit doucement.  Courage et bonne chance, Monsieur Whisky ! 

Ses doigts tapotent sur le toit. Lentement son corps se détache, elle fourre ses mains dans ses poches mais avant de disparaître, la jeune femme lance sur un ton joyeux.

 - Au fait, j'aime beaucoup votre voiture ! 

Sur cette dernière exclamation, elle remonte la rue en courant. Sa silhouette disparaît. Dès qu'elle est plus loin, Mel appelle Johan. Quelques minutes plus tard, elle ne se trouve plus à Flinzam mais dans une voiture confortable entrain de dormir. La soirée ne lui aura jamais paru aussi longue et demain est déjà là. Dans quelques heures, elle devra avoir l'air en forme pour supporter ses clients. Dans quelques heures, toute cette histoire lui paraîtra amusante et terriblement loin.

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MessageSujet: Re: Down the corridors   Mar 13 Juil - 22:11

Mm. Et des épaules qui une fois de plus feignent le décollage. C'est tout ce qu'il trouve à répondre. La rassurer ou se rassurer? Peut-être plus se rassurer en la sachant rassurée. Donc, se rassurer. C'est possible, voire un peu trop possible pour l'admettre. Wils préfère entretenir l'illusion un peu floue qu'il n'a pas besoin d'être rassuré, c'est plus rassurant. C'est Leea, qui devra être rassurée, et la connaissant, il envisage d'opter pour une certaine modestie dans ses propos. Il la laissera parler, puis répondra docilement à ses questions du mieux qu'il le peut. Au pire, il pourra toujours feindre avoir plus mal qu'il ne souffre véritablement et elle se taira, peut-être même qu'elle s'excusera, et elle l'incitera à se reposer, une fois qu'elle l'aura elle-même examiné. Comme si elle y connaissait quoi que ce soit... Et Markus, il lui dira quoi, à Markus? Leea le laissera-t-elle seulement le voir? Évidemment. Mais alors, il lui dira quoi, quand il lui demandera pourquoi il a la tête d'un type qui s'est fait refaire le nez? Et il lui dira quoi quand Markus notera, perplexe, que les chirurgiens l'ont raté, parce qu'il a toujours le même pif? Trop de questions, vraiment. Il aurait dû ouvrir la portière quelques kilomètres plus tôt, en pleine route, et se jeter en bas du véhicule, comme ça, il aurait eu un nouveau voyage en soins intensifs. Du temps pour élaborer des réponses.

Melissa lui refuse ses billets, encore. Décidément, il ne lui aura donné que des ennuis, à la pauvre demoiselle. C'est regrettable. Bien que d'une certaine façon, si elle en avait envie, elle pourrait se servir de cette soirée contre lui, ça pourrait être payant, toutes ces informations sur le préfet de Flinzam, soi-disant simple père de famille sage et bienveillant. Il s'en mordrait longtemps les doigts, avec cet accident de rollers. Mais bon, voilà, elle sait tout, et alors? Le pire... Le pire peut arriver, mais Wils, comme ça, par instinct, lui fait confiance. C'est une bonne fille. Et elle mérite mieux, comme boulot, qu'il se dit alors qu'elle sort de la voiture. Il fait pareil, s'appuie sur la portière pour s'aider, et pose ses bras sur le toit lustré en faisant face à Melissa.

- Merci, Melissa. qu'il lui fait, un timide sourire au coin des lèvres.

Pour les sages paroles de sa génitrice, pour s'être improvisée chauffeuse, pour ne pas avoir fuit la montagne d'ennuis qu'il est, pour l'avoir amener dans cette clinique privée, pour la jolie robe et tout, quoi. Merci pour tout, miss, qu'il lui disait, ce sourire.
Et puis il éclate de rire, parce que ouais, c'est vrai qu'elle est pas mal, sa bagnole.
Mais il ne rit pas longtemps, et pas que parce que ça lui fait mal, c'est que les aboiements de Luka bientôt retentissent dans la rue. Wils fuit dans le véhicule et verrouille la portière juste à temps quand le molosse plaque ses deux pattes sur la fenêtre en léchant la vitre. Il jette un regard à l'entrée de la maison. Bientôt Leea en émerge au pas de course. Le chien dégage à l'arrivée de sa maitresse.

- Wils! Ouvre!

Ah non, il n'a pas envie! Wils secoue la tête. À voir les lèvres de Chérie bouger, il devine qu'elle le traite de con. Luka se remet à japper, les voisins vont chialer. Finalement, Wils ouvre, mais pas pour les voisins, plutôt parce que Leea semble sur le point de lui faire cadeau d'une crise de larmes. Il ouvre et le chien lui lèche les mains, mais s'écarte, une fois de plus, devant la maman de la maison. Il comprend qu'elle soit contente de retrouver son copain de promenades, elle aussi.
Elle le serre dans ses bras, sa Chérie, et ça ne lui fait pas du bien, mais il s'efforce de ne pas le montrer. Elle voit quand même, forcément, et le prend par les épaules en lui jetant un air inquiet.

- Qu'est-ce qui s'est passé, Wils?

Pourquoi ne lui demande-t-elle pas plutôt où il a mal, et s'il a beaucoup mal, ce genre de trucs...

- Je me suis fait tabassé. qu'il ronchonne en baissant les yeux.
- Par qui?

Les blessures, Leea, les blessures! Ne voit-elle pas les ecchymoses sur son visage et le bandage sur son nez? Et le pansement sur son torse que ne masque qu'à peine son veston ouvert?

- Les gorilles d'un chasseur avec qui on a eu un petit malentendu... On chassait le même tigre.

Laisser entendre qu'ils étaient plusieurs passerait mieux. Cette version lui plait davantage.
D'ailleurs par la suite tout va pour le mieux. Leea posa sa main sur le ventre de Wils, baisse les yeux sur le bandage et l'interroge du regard. Il faut en profiter.

- On a dû m'ouvrir, Chérie. En plus de m'avoir cassé le nez, une des côtes qu'ils m'ont explosée m'a troué le poumon.

Elle passe son bras sur sa taille et l'entraîne vers la villa. Luka les précède et leur jette de furtifs coups d'œil, comme pour s'assurer qu'ils le suivent bel et bien et que son pote ne crève pas tout de suite. Pas avant une dernière partie de « va chercher », au moins.

- Tu vas te reposer.

Exactement comme il l'avait prévu.

- Mais d'abord tu me racontes tout, Wils Lünar.
- Mais il n'y a rien à ajouter, Lee!
- Wils, arrête, je te connais.

Elle entre et, avant de la suivre, Wils vérifie si Mel n'est pas toujours là, par hasard, prête à attraper les clés qu'il a terriblement envie de lui lancer. Démarre!
Mais non, il n'y a plus personne dans la petite rue tranquille, ce matin. Même la mer, semble lui dire qu'il vaudrait mieux rentrer chez lui, et dormir. Il en aura besoin.
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Down the corridors

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