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 Je ne sais pas pourquoi [Javier]

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Gabriel Faize
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MessageSujet: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Lun 26 Juil - 0:25

Premier sujet
Chalet par Zmarzlena sur deviantart.


« Monsieur Faize, si ce que je dis ne vous intéresse pas, vous pouvez aussi bien sortir ! »
Le jeune homme sursauta et fit tomber la trousse posée en équilibre au bord de son bureau, répandant son contenu sur le sol de la salle de classe. Il grimaça en se penchant pour la ramasser avant de poser son regard sur le professeur qui l’observait les bras croisé. Il marmonna une excuse du bout des lèvres, ses pensées déjà ailleurs. Son enseignant râla quelques secondes encore devant le cuistot faussement attentif qui hochait la tête avec une expression de contrition sur le visage alors que les paroles de l’homme ne l’atteignaient même pas. Finalement la diatribe s’éteignit et le professeur retourna à son cours qui, il fallait l’avouer, avait un effet soporifique sur tous les élèves. Ils étaient tous à moitié affalé sur leur bureau, les jambes tendues nonchalamment devant eux, certains papotaient discrètement, d’autres baillaient sans prendre la peine de mettre la main devant la bouche pour dissimuler leur gosier et il y avait ceux qui dormaient purement et simplement, il n’était pas rare d’entendre de petits ronflement. Et Holme, l’enseignant n’arrêtait pas d’interrompre son cours pour houspiller les élèves désintéressés, de sorte que le programme n’avançait qu’à pas de tortue. Enfin, la sonnerie salvatrice résonna, interrompant Holme qui s’apprêtait à secouer un élève qui ronflait tranquillement. Celui-ci d’ailleurs, se leva d’un bond, et salua le professeur avant de sortir de la classe dans les premiers. Gabriel, lui, resta encore quelques instants les yeux dans le vague, son esprit à des kilomètres de là. Un de ses camarades de classe, un certain Jaimie, le pris par l’épaule en disant.
« On va rêver ce soir ? »
“Aller rêver”, une tentative des jeunes pour brouiller les pistes aux adultes. Quand on parlait d’aller rêver, on parlait d’aller au bar Rêves. Un endroit mal fréquenté mais qui recelait de trésors à fumer. Gabriel hésita quelques secondes, l’odeur de la poudre Rêveuse déjà dans son nez, et finalement secoua la tête, désolé.
« Je peux pas… j’ai… quelque chose à faire. »
Jaimie haussa les épaules sans insister, il n’allait pas le forcer. Et puis il supposait que Gabriel allait s’occuper de sa mère et travailler. Il avait tort, Gabriel était en manque depuis une semaine. Bien entendu il allait travailler et bien entendu il allait s’occuper de sa mère, mais son affaire était tout autre, il devait aller à Lutia. Jaimie sortit de la classe et bientôt il ne resta plus que Gabriel, qui n’avait toujours pas bougé. Les cours étaient terminés, il aurait dû être avec sa bande, faire des projets pour le week-end, se dépêcher sur son lieu de travail et enfin s’allonger et sombrer dans le sommeil pour se réveiller quelques heures plus tard et recommencer la même routine. Mais depuis bientôt six longs mois, il avait changé. Progressivement, petit à petit, si bien que ses amis ne remarquaient rien…encore. Et tout ça à cause… à cause… Gabriel se leva brusquement, sa chaise raclant brutalement le sol et manquant de se renverser. D’un grand geste il jeta tout dans son sac et sortit précipitamment du bâtiment. Il salua quelques personnes mais ne s’arrêtait pas, filant comme une flèche vers l’arrêt de bus. Il le manqua d’un cheveu et dû se résigner à s’installer sur les sièges, de prendre son mal en patience.

Gabriel poussa enfin la porte de sa maison, il jeta son sac dans un coin de l’entrée pour se précipiter dans sa chambre. Il ralentit néanmoins devant la chambre de sa mère, mais n’entendant aucun bruit, il poursuivit son chemin. A peine la porte s’était-elle refermée dans un chuintement qu’il se connectait au Karman. Mais il eu tout juste le temps d’ouvrir une page d’envoi qu’il entendit une voix faible l’appeler. Il se mordit les lèvres, et alla voir ce que voulait sa mère. La chambre était, une fois n’est pas coutume, éclairé de la douce lumière du vaisseau et sa mère s’était redressée en position assise. Elle tendit les bras vers lui et Gabriel vint s’y glisser. Il appréciait ces moments de tendresse lorsque sa mère trouvait la force de s’arracher au sommeil. Quelques minutes plus tard, elle chuchota d’une voix rauque.
« J’ai mal Gaby, j’ai tellement mal. »
Gabriel ferma les yeux et une lourde tristesse s’insinua en lui, serrant son cœur et développant une boule dans sa gorge. Il réussit tout de même à lui répondre en chuchotant.
« Je sais maman, je sais. Aujourd’hui le médecin doit passer, Il te prescrira des médicaments en plus et une piqure aussi. »
« Je suis tellement désolée mon chéri, si tu savais combien je le suis… »
Gabriel sentit les larmes affluer au coin de ses paupières et il ne sus quoi répondre. Il se releva doucement et la borda avant de sortir de la pièce pour aller dans la cuisine. Il avait mentit, le médecin ne devait pas passer avant trois jours, mais il lui téléphona et demanda d’avancer sa visite. Il accepta. Soulagé, Gabriel raccroche puis pianote sur les touches de la cuisinière et quelques minutes plus tard, alors qu’il fume une cigarette un discret tintement lui apprend que le diner est prêt. Il dépose une assiette dans la chambre de sa mère qui s’est rendormie et retourne dans la sienne pour manger son propre repas. Il est encore connecté dans le Karman et l’écran de saisi de message scintille devant lui. Le jeune homme oublie alors tous ses problèmes pour se concentrer à la rédaction du message qu’il compte envoyer à Javier Van Aalbrück, le message qu’il souhaite depuis le matin envoyer. Le quatrième prince, rien que ça. Un mince sourire flotte sur ses lèvres alors que sa note s’envoie. Il ferme alors la messagerie et connecte son entité virtuelle pour se promener un peu en attendant la réponse.

Hélas, avant la réponse c’est l’alarme de l’entrée qui retentit. Gabriel se déconnecte rapidement et va ouvrir la porte. Il se trouve nez à nez avec un vieil homme barbu qui traine des relents de cigarettes et de bière. Gabriel s’écarte et fait signe à l’homme d’entrer avant de prendre la parole.
« Merci de passer docteur, il nous faudrait de nouveaux médicaments… et une piqure. »
Sans piper mot, l’homme se dirige vers la chambre de la mère, suivit de Gabriel. Depuis quatre ans qu’il s’occupe de cette femme, il commence à connaitre les lieux. Le docteur réveille doucement la mère avant de sortir une seringue et un produit de sa sacoche. Gabriel reste près d’elle alors qu’il introduit l’aiguille sous sa peau et injecte l’antidouleur le moins cher du marché. Puis les deux hommes ressortent. Gabriel lui tend une liasse de Koruna et l’autre lui tend trois paquets de médicaments. Et il part. Il n’a pas prononcé un seul mot. Gabriel reste seul dans l’entrée, les médicaments dans les mains. Sa mère dormira jusqu’au milieu de l’après-midi du lendemain. Il soupire et va ranger les boîtes avant de retourner dans sa chambre. C’est avec une joie mal contenue qu’il voit l’écran clignoter, Javier a répondu. Positivement en plus. Gabriel se mord la lèvre inférieure si fort qu’un peu de sang perle sur son menton. Mais alors que le bonheur l’envahit, l’envers du décor se dévoile à lui avec cruauté. Il n’a pas le droit. Il ne peut pas.

Le train file et derrière les vitres se succèdent les différents paysages du vaisseau. Gabriel pose son front contre le verre. Heureusement qu’il n’est pas à l’heure de pointe, il n’aurait pas trouvé de place assise. A côté de lui se trouve un vieux sac brun qui contient quelques affaires, il peut passer la nuit là-bas et il espère ne pas y rester seul. Il souffle et la chaleur de son corps forme un rond de buée qui disparait rapidement. Gabriel recule et s’installe plus confortablement dans son siège. Il y sera un peu trop tôt, mais qu’importe, il aime l’attendre. Son cœur débute doucement à battre plus vite et plus fort. Le sang rugit dans ses oreilles à mesure qu’il s’approche de son but, mais la mauvaise nuit qu’il a passé la veille rend ses paupières lourdes.

Il se réveille en sursaut plus d’une heure plus tard, il saisit son sac et saute sur le quai. Ils ne sont que trois a descendre à Lutia. Gabriel ne leur prête aucune attention. Ses pieds connaissent le chemin par cœur et il se dirige l’âme légère vers son coin de paradis, leur coin de paradis. Il s’enfonce dans la forêt sans un regard en arrière, et il avance, s’orientant grâce à de petits détails, et finalement il le voit. Son paradis. Il pousse la porte qui n’offre aucune résistance. L’endroit sent le propre et est bien rangé malgré son extérieur miteux. Gabriel va déposer son sac dans la chambre avant de retourner dans le salon. Tout est délicieusement vieux. La technologie n’a pas sa place ici, une atmosphère paisible règne et le silence n’est rompu que par ses pas et sa respiration, ainsi que par les chants des oiseaux et des animaux de la forêt. Gabriel s’allonge sur le canapé éliminé et ferme les yeux.

C’est son paradis. Et celui de Javier. Son amant. Il ne sait pas pourquoi.

Il s’endort.
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MessageSujet: Re: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Mar 27 Juil - 23:42

Il était allongé dans son lit, les yeux fixant le vide. Enfin, le plafond. Il venait de faire croire qu'il était malade. Pourquoi ? Tout simplement pour être tranquille, pour pouvoir faire ce qu'il voulait...Ce qu'il voulait... doucement un sourire se dessina sur ses lèvres alors que ses yeux se mirent à pétiller. Il devait attendre une dizaine de minutes, pour être sûr que personne n'était devant sa porte. Souriant un peu plus, il tourna sa tête vers la salle de bain. Comment allait-il s'habiller ? Se coiffer ? Son cœur s'emballât rapidement alors qu'il revoyait la réponse qu'il lui avait envoyée. Il allait le voir...ce soir il le passerait ensemble. Son sourire se fit bien plus grand alors que doucement il se mettait sur ses pieds se dirigeant rapidement vers son armoire et sa salle de bain. Il choisit les vêtements que Gabriel préférait. Se coiffant, s'habillant, se refaisant une petite beauté, il finit par se glisser dans un long manteau à capuche, se cachant, cachant tout ce qu'il venait de faire mais, il n'avait pas le choix... Pour aller le voir, personne ne devait le voir lui... Comme à chaque fois Javier savait ce qu'il devait faire, alors, discrètement il se glissa en dehors de sa chambre, évitant tous les gardes, toutes les personnes qui pouvaient être dans le palais. Il se rappelait encore de la première fois où il avait fait ça, il avait cru mourir ! Mais, maintenant c'était devenu une habitude, il savait tout par cœur, les rondes, l'heure à laquelle il devait partir et tout le reste ! C'est ainsi qu'il réussit à se glisser dehors sans que personne ne le voit, marchant alors calmement jusque la gare, se dépêchant tout de même un minimum. Le but n'était pas de louper le train ! Il ne voulait pas être en retard ! Surtout pas ! Gabriel lui, il serait déjà là ! Oui, c'était toujours comme ça... Il y avait beau avoir une heure de rendez-vous, lorsqu'il arrivait là-bas, Gabriel était toujours là, endormit ou lisant. Sans vraiment se l'avouer Javier appréciait retrouver son amant déjà sur place, il pouvait ainsi se jeter directement dans ses bras ou l'admirer lui et ses traits endormis...

Montant de justesse dans le train Javier se glissa dans une partie du train assez vide. Se calant dans son siège, il se mit à regarder le paysage. Ses yeux habitué à voir ce qui défilait de l’autre côté de la vitre. Cela faisait combien de temps qu’il allait là-bas, priant sur tout le trajet que personne ne vienne à le reconnaître mais, il en doutait. Il était le prince le moins vu de tous ses frères et sœurs. Donc, il ne s’inquiétait pas vraiment mais, il valait mieux rester prudent, le but n’étend pas d’être repéré. Si cela devait un jour arriver…Il passerait un très mauvais moment et…ne reverrait jamais Gabriel chose qui était totalement impossible ! Il avait besoin de lui ! En fait, il était devenu un peu comme son second air ! Son deuxième oxygène ! S'il ne le voyait pas ne serait-ce qu'une fois par semaine il n'allait pas bien. Que ce soit par le réseau ou en chère et en os ! Bien-sûr il préférait les rencontres réelles, les plus dangereuses, celles qui le faisaient frissonner comme jamais ! C'était l'excitation de l'interdit, il aimait le braver. Ce savoir partit alors que tout le monde croyait qu'il était au palais... Il sourit légèrement plus, se rendant à quel point Gabriel pouvait le rendre sensible lui qui en général avait un visage froid ! Comment arrivait-il à fondre aussi facilement ? Comment penser à son amant pouvait le faire devenir comme une adolescente à son premier amour ? Peut-être parce que finalement il était comme elles ? C'était son premier amour, le garçon qu'il aimait pour la première fois, qu'il aimait comme jamais, passionnément, à la folie...

Le train s’arrêta, le nom de la station raisonna d’une fois neutre et féminine dans le train. Javier se redressa rapidement et sortit du train, son regard ne s’attardant aucunement autour de lui, il savait où il devait aller alors, d’un pas calme et pourtant rapidement il s’éloigna, se glissant lentement dans la forêt, prenant un chemin encombré par la nature, un chemin qui n’était pas prit par les hommes ou rarement… Son regard se fixa sur un point inconnu, invisible mais, ce point était bel et bien là, se posant sur un chalet qui l’on ne voyait pas encore. Rapidement celui-ci apparut tout de même, Javier marchait très vite, il voulait y être, il voulait le voir ! Arrivant alors au chalet, il toqua quatre fois de façon très distinct c’était leur code... Ensuite, il poussa doucement la porte et entra à l’intérieur, tirant le verrou une fois entré. Laissant tomber son petit sac par terre, il baissa sa capuche et, il sourit grandement magnifiquement. Doucement il se dirigea vers Gabriel, il avait deviné...ses doigts glissèrent sur le front endormit alors que ses yeux détaillaient avec amour le visage du jeune homme. Car oui, il l'aimait. Il avait eu du mal à se l'avouer, à se l'admettre mais, il l'aimait bien plus que de raison... Sans lui, il ne savait pas ce qu'il pourrait faire... Ses lèvres remplacèrent doucement les doigts, se posant délicatement sur le front de Gabriel avant de s'éloigner doucement. Javier retira calmement son manteau qu'il pendit au porte-manteau alors qu'il attrapa son petit sac pour aller dans la chambre, un grand sourire se dessinant sur son visage en voyant le sac de Gabriel. Peut-être que...peut-être que ce soir il resterait ici, il avait envie de profiter un maximum, de dormir avec lui...

Ressortant calmement de la chambre, sans faire de bruit, ne voulant pas le réveiller, Javier se glissa devant le petit poêle. L’ouvrant, il se mit à préparer un petit feu. Le soir il commençait à faire froid ici et puis, il aimait l’ambiance calme et douce que donner un feu brulant dans l’âtre… Lorsque les premières flammes se mirent à briller, il posa doucement une petite buche dessus et ferma la porte du poêle, laissant l’aération ouverte pour que le feu parte bien comme il le fallait…
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Gabriel Faize
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MessageSujet: Re: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Dim 1 Aoû - 0:46

Si on avait dit à Gabriel qu’un jour il sortirait avec un homme, qui plus est avec un prince, il lui aurait d’abord rit au nez avant de lui mettre son poing dans la gueule. En effet, six mois auparavant, Gabriel était un homme à femmes comme le surnommait Amandine sa meilleure amie. Il était très convoitée mais surtout pour sa popularité et ses connaissances que pour ce qu’il était réellement. Lorsqu’il avait pour la première fois posé les yeux sur le quatrième prince sept ou huit mois plus tôt, il avait pensé qu’il était beau. Ce n’était pas la première fois qu’il pensait cela d’un homme, car contrairement à la plupart de ses compagnons hétérosexuel, il appréciait la beauté qu’elle soit féminine ou masculine. C’était dans le Karman, alors qu’il se promenait à la recherche de nouveaux coins, de nouvelles réalités virtuelles. Il était tombé sur lui. Et était revenu. Pour deux raisons. L’une pour admirer le paysage du Karman et l’autre pour observer avec une curiosité grandissante le quatrième prince. C’était le personnage noble le moins vu de toute la famille de l’Empereur. Mais à part cette curiosité un peu déplacée, il ne ressentait rien d’autre. Puis, il y avait eu cette affaire. Et il avait commencé à fréquenter Javier un peu plus assidûment, tentant de créer des liens. Il s’était étonné de la facilité avec laquelle Javier s’était laisser faire. Gabriel avait alors pensé que le prince devait souvent se sentir seul, mais il n’en avait jamais parlé. Ils avaient alors commencé à sortir ensemble.

Gabriel rêvait… ou plutôt se souvenait des différentes étapes de leur relation, de l’évolution de ses propres sentiments qu’il avait tout d’abord tenté de repousser, d’éteindre, d’enterrer. Il n’avait pas le droit, il ne pouvait pas faire cela sans trahir ce en quoi il croyait au plus profond de son cœur. Pas sans trahir la cause qu’il servait depuis maintenant plus d’un an et pour laquelle il était prêt à donner sa vie. Mais finalement, il s’était littéralement fait terrassé par ce sentiment que ses amis nommaient amour.

Il n’était jamais réellement tombé amoureux avant Javier. Oui, il avait toujours éprouvé un certain degré d’affection pour ses petites amies, mais il n’avait jamais eu le cœur qui battait plus vite dans l’expectative de leur rencontre. Pas comme il attendait celle avec Javier. Si au début il s’était martelé que c’était l’excitation de faire quelque chose d’interdit, et ensuite il avait tenté de se convaincre que c’était l’amour de sa mission, il avait bien du finir par admettre la vérité. Mais s’il l’admettait, il se refusait encore de dire ces trois petits mots. Ceux que Javier lui avait déjà dit, et qui lui avait fait tellement plaisir qu’il avait du serrer les dents pour s’empêcher de les dire à son tour. Il lui avait répondu « moi aussi ». Et si cela semblait convenir à son amant, il trichait avec sa conscience. Gabriel doutait que Javier s’en soit rendu compte, car s’il se leurrait avec les mots, le jeune cuistot savait que ses yeux, ses actes, et son attitude hurlaient aux yeux de qui savaient lire, tous les sentiments qu’il ne pouvait rendre totalement réels.

Gabriel se réveilla, interrompant le cours de ses rêves-souvenirs au moment où Javier et lui entraient pour la première fois dans le chalet qui allait devenir leur lieu de rendez-vous. Leur petit paradis. Il garda les yeux fermé, savourant le demi-sommeil qui assurait la transition jusqu’au réveil complet. Lentement, ses sens s’éveillèrent les un après les autres. Le toucher d’abord. Il ressentait l’air sur sa peau et le canapé sous lui. Puis l’odeur ensuite. Celle du bois de Lutia et celle du feu. Enfin l’ouïe. Il entendait les flammes du poêle crépiter, les mouvements de son amant dans la cuisine et les craquements discrets du chalet.

Il ouvrit les yeux, son regard tombant sur la fenêtre qui donnait sur la forêt. Il savait que c’était son amant qui était présent et non pas un inconnu car c’était toujours ainsi que ça se passait. Il arrivait en avance, s’endormait la plupart du temps, puis Javier arrivait et faisait ses petites choses, arrangeait le chalet ou simplement s’installait en face de Gabriel. Le feu était un petit extra qui s’était ajouté ces dernières semaines en prévision de l’habituelle économie du vaisseau.

Gabriel s’étira sans bruit avant de basculer en position assise et de poser ses pieds nus sur le plancher qui craqua lorsqu’il se mit debout. Il savoura quelques instants la rugosité du bois sous la plante de ses pieds et la chaleur qui se dégageait du sol du vaisseau. Ses yeux errèrent sur la pièce, accrochant de temps à autre les rares pièces du mobilier. Lorsqu’ils avaient trouvé le chalet, il était quasi vide à l’exception de quelques chaises, du poêle, des meubles de la chambre et de la cuisine. Au fil du temps, soit lors de leurs rencontres secrètes soit durant leurs moments de libre, ils avaient emmenés quelques meubles par-ci par-là, amassant un assemblage hétéroclite.

Le jeune homme fit craquer ses vertèbres et passa sa main dans ses cheveux, les ébouriffants sans s’en rendre compte. Puis il se dirigea vers la cuisine où il était certain de trouver Javier. Lorsqu’il s’endormait avant son arrivée, soit le prince s’installait dans l’un des petits fauteuils soit il restait dans la cuisine. Gabriel avançait sans bruit, évitant les planches du parquet qui craquaient sous le poids de l’homme pour enfin atteindre l’entrée de la cuisine. Il s’appuya contre le montant de la porte et observa son amant. Celui-ci était devant le poêle comme hypnotisé par les flammes qui dansaient derrière la vitre.

Gabriel resta ainsi de longues secondes sans trahir sa présence. Javier était beau, indéniablement. Et il faisait toujours battre son cœur un peu plus vite, échauffait son sang. Le jeune cuistot s’avança finalement vers son amant et posa sa tête sur son épaule tout en entourant sa taille de ses bras pour l’attirer tout contre lui.

« Salut mon ange »

Chuchota-t-il avant de déposer un baiser à la base de son cou.
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Javier Van Aalbrück

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MessageSujet: Re: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Dim 1 Aoû - 12:09

Il était là, accroupi devant le poêle, son regard noisette fixant les flammes qui grandissaient lentement dans l'âtre chaud. Des flammes petites qui, comme un enfant grandissait lentement, connaissant différents bois, le papier avant de flamber comme jamais. Javier pouvait être bizarre parfois mais, il fallait l'avouer, il aimait regarder le feu. Il adorait voir ces toutes petites flammes, grandir. Commençant doucement à la couleur orangé/jaune, elles montaient dans l'air en laissant leurs bases se réchauffer violemment, leur couleur devenant alors bleutée, presque transparente. Il adorait, ça le réchauffait, ça l'aspirait et l'attirait. Oh non, il n'était pas pyromane ! Loin de là mais, regarder danser les flammes lui faisaient du bien. Il se laissait aller devant elle, son esprit vagabondant à son aise, allant de souvenir à futur. Oui, au futur... Avant, il n'aurait jamais pensé de la sorte au futur, pourquoi ? Car le sien était tout simplement déjà tracé mais... Depuis que son regard avait prit conscience du jeune homme qui était là, avec lui, dans le karman, sa vision avait doucement changé et, son futur était devenu une inquiétude et une envie. Se laissant tomber un peu plus sur le bois, ses fesses touchant doucement le parquet dur et légèrement frais. Il croisa ses jambes en tailleur et son menton se posa doucement sur ses mains, ses yeux déviant légèrement vers Gabriel…

Gabriel... Lui qui n'avait été d'abord rien à son regard, juste un intrus dans son monde, dans sa cachette dans le karman puis, sans vraiment savoir pourquoi il était devenu bien plus. Doucement, calmement les choses avaient changé. Ils s'étaient parlé, Javier gardant son masque froid devant cet inconnu mais...bien vite il l'avait perdu et, bien vite son sourire et son rire s'était affiché sur son visage alors que malgré lui son coeur s'était mis à battre un peu plus vite. Etait-il tombé amoureux à ce moment-là où avait-il attendu autre chose ? Un signe, il ne savait pas trop mais, il se demandait parfois...Qui était tombé amoureux le premier ? Il ne voulait pas penser que ce soit lui. Ca lui faisait un peu peur, ce n'était pas vraiment dans sa façon de faire, dans son caractère alors, pensé que Gabriel avait réussi à le faire tomber amoureux ne lui plaisait pas ! Il préférait penser que c'était son amant qui était tombé amoureux le premier...De cette façon, tout c'était passé comme il le voulait... Mais, la réponse, il ne l'aurait surement jamais. De toute façon, il s’en fichait un peu. Enfin, lorsqu’il était avec Gabriel, il se fichait de savoir qui était tombé amoureux le premier, car, ils s’aimaient et, c’était le plus important… Ses noisettes se reposèrent sur les flammes dansantes, un frisson lui remontant le long de l’échine lorsqu’une pensée fugace mais terrible traversa son esprit. Une pensée qui lui faisait peur et ce, depuis qu’ils s’étaient embrassés pour la première fois… Qu’arriverait-il si son père l’apprenait ? Que se passerait-il si quelqu’un les surprenaient ? Il frissonna un peu plus, ses bras se resserrant contre sa poitrine. Il ne voulait pas savoir, ne pas y penser mais, à chaque fois qu’il s’enfuyait pour venir le voir, elle revenait sans cesse, lui montrant le pire de l’empereur, le pire de la souffrance… Il ne pourrait le supporter… si Gabriel venait à mourir…

Des larmes remplirent ses yeux mais, bien vite le quatrième prince se força à se reprendre. Personne ne saurait jamais, oui, personne ne les découvrirait et, rien d'horrible n'arriverait... Ravalant ses larmes, les laissant sécher sous la chaleur du feu, il se força à prendre doucement une grande inspiration, ne voulant pas penser à cela. Pas maintenant, pas ce soir. Pas alors que bientôt il serait blottit contre l'homme qu'il aime et qu'alors, plus rien ne sera important sauf eux...Juste eux et leur amour... Javier sourie, un peu ironiquement, se moquant. Non pas de Gabriel mais, de lui. Il se trouvait parfois totalement ridicule ! Comment pouvait-il être aussi fleur bleue ? Romantique et...idiot ! Oui, il était idiot ! Un Javier amoureux était totalement et purement idiot ! D'ailleurs, parfois, il devait se faire force pour ne pas laisser passer un sourire niait lorsqu'il était au château. Un sourire qui l'aurait plus que trahit, lui le prince renfermé et cruel. Car, c'était ce qu'il était, un prince cruel, manipulateur et acteur. Javier n'était pas un ange mais...à cause de Gabriel, il fondait, et, plusieurs fois il avait faillit se trahir mais, non, par chance il savait se rattraper. Heureusement, il avait tout de même des années de théâtre à son office. Car, face à son père il savait s'effacer, face à sa mère il savait sourire comme il le devait et, face à ses frères il savait comment réagir, comme punir et comment venger. Alors, non, il ne se trahirait pas mais...parfois cela manquait de justesse d'arriver. Surtout les jours où il savait qu'il allait voir Gabriel, que ce soit sur le karman ou au chalet ! Comment avait-il pu tomber amoureux de la sorte ? Comment pouvait-il aimer autant Gabriel !? Comment son amour pouvait-il grandir, encore et toujours de jours en jours...

Souriant légèrement, il s'étira légèrement alors qu'il pensait déjà aux bras de son amant. Il voulait qu'il se réveille, qu'il vienne le prendre contre lui, qu'il se sente aimer... Deux bras vinrent l'entourer alors qu'un baiser se déposa lentement dans sa nuque. Javier frissonna et sourie un peu plus. Parfois il se demandait si Gabriel ne pouvait pas lire dans ses pensées ! A chaque fois qu'il cherchait ses bras, il les trouvait... Enfin...lorsqu'ils étaient ensemble, car, seul dans sa chambre au palais, il avait beau les vouloir, il était seul... Ses mains se posèrent doucement sur celles de son amant et il se serra un peu plus contre lui, appuyant son dos au torse de Gabriel.

- Coucou toi…

Son visage se pencha légèrement vers l'arrière. Pour que ses yeux se posent sur le visage aimé, pour qu'il le détaille légèrement mais, qu'il découvre aussi l'amour dans les yeux de son amant. Souriant encore plus il rigola légèrement alors que sa tête reprit une position normale, son regard sur les flammes. Mais, maintenant, il n'avait plus envie de les regarder, non, il voulait regarder Gabriel, détailler chaque trait, ceux qui avaient changé, vieillit ou grandit et ceux qui restaient toujours les mêmes...

- Tu vas bien ? Je….je suis content d’être là…Tu m’as manqué tu sais…

Javier se libéra des bras de Gabriel et se tourna, lui faisant alors fasse, se blottissant rapidement contre le corps de son amant, fermant légèrement les yeux. En sécurité. Oui, c’était comme cela qu’il se sentait dans les bras de Gabriel. Il se sentait en sécurité contre son corps gracile et pourtant musclé. Ses doigts glissèrent lentement pour se poser dans la nuque du jeune homme, jouant doucement avec sa peau et ses longs cheveux, rigolant légèrement. Idiot. Oui, il était idiot. Mais, il était aussi tellement content d’enfin le retrouver, le toucher, sentir sa chaleur et son odeur contre lui…

- Tu….tu m’embrasses.

Un doux murmure, une douce demande, un ordre alors qu'une de ses mains glissait sur le visage de Gabriel, poussant une mèche qui gênait, son regard se plongeant dans celui de son amant alors qu'il souriait amoureusement. Il avait envie d'un baiser, un simple baiser pour être sûr qu'il soit bien là, pour être sûr qu'ils passeraient bien cette soirée ensemble, à rire, à parler... à s'aimer aussi, peut-être...

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Gabriel Faize
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MessageSujet: Re: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Ven 6 Aoû - 0:40

Gabriel laissa sa tête reposer dans le creux du cou de son amant, profitant de sa chaleur et de son odeur. S’enivrant de sa présence qui lui avait beaucoup trop manquée durant les quelques jours où ils avaient été séparés. Dans un recoin de sa tête, sa conscience tirait la corde de l’alarme. Il s’engageait bien trop pour son propre bien dans cette relation, il s’attachait bien plus qu’il n’était censé l’être. C’était une erreur, mais cette erreur avait le parfum de l’interdit et celui du désir, et Gabriel ne savait pas y résister peu importe le nombre de fois qu’il tentait de se convaincre de s’éloigner. Javier exerçait bien contre son gré, un attrait tout simplement trop puissant pour qu’il puisse maintenant faire demi-tour, même si le jeune homme se voilait la face en se disant qu’il gardait les rênes en main. Cette relation avait échappé à tout contrôle, et Gabriel ne pouvait s’empêcher d’en profiter pleinement.

Lorsque Javier inclina sa tête en arrière, ses cheveux chatouillèrent le torse de Gabriel qui ne pu réprimer un petit sourire qui découvrit ses dents blanches et régulières. Il observa le visage fin de son amant, plongeant dans son regard tirant sur le vert qui brillait d’amour et de joie. Gabriel savait que les mêmes sentiments se reflétaient dans ses yeux plus foncés, et il agrandit son sourire, déposant un nouveau baiser sur la tempe de Javier. Sous ses mains qu’il avait posées à plat sur le ventre de son amant, Gabriel sentait son cœur battre, sa chaleur se communiquer à lui. Il devinait ses muscles fins et sa peau douce sous le polo beige foncé de son amant. D’ailleurs à bien y regarder, Javier portait les vêtements préférés de Gabriel. Celui-ci sentit son cœur sauter un battement pour repartir de plus belle et une douce chaleur s’installa en lui.

Il desserra un peu l’étau de ses bras pour que Javier puisse lui faire face. De quelques centimètres plus grand, Gabriel se courba un peu pour poser son front contre le haut de la tête de son amant, réduisant l’espace qui séparait leurs visages tout en resserrant à nouveau ses bras autour de lui. Sans se départir de son petit sourire, Gabriel ferma les yeux quelques secondes sans répondre à la question de son amant. Appréciant le léger toucher des doigts de Javier dans sa nuque, il étira son sourire un peu plus et descendit ses mains sur les hanches de son amant avant de les glisser sous son polo, posant ses paumes glacées sur son bas du dos.

A la demande, ou plutôt au pseudo-ordre de Javier, le jeune cuistot ne pu retenir un éclat de rire sans moquerie. Décidant de jouer avec les nerfs de son amant, Gabriel déposa d’abord ses lèvres sur le front de celui-ci. Puis sur les deux paupières, sur le bout du nez, juste à la commissure des lèvres. De chastes baiser en chastes baiser, Gabriel en déposa un dernier sur la clavicule de Javier avant de s’écarter un peu et de retirer ses mains de sous le pull.

Gabriel prit finalement le cou de Javier entre ses mains, les pouces sur ses joues, les doigts dans ses cheveux, l’immobilisant. Il déposa un premier baiser d’à peine une seconde sur les lèvres du quatrième prince, se reculant juste assez pour qu’il ne puisse pas l’approfondir. Son sourire s’agrandit encore un peu plus, puis il murmura dans un souffle sans desserrer sa prise.

« Tu m’as manqué aussi mon ange. Tu n’imagines même pas à quel point. »

Il joua avec les mèches de cheveux de Javier dans son cou et continua sur le même ton de voix. « Ton odeur m’a manqué… ». Tout en parlant, Gabriel nicha sa tête contre son petit ami, inspirant profondément. « Tes yeux m’ont manqués… ». Il déposa un baiser juste sous l’œil gauche. « La douceur de ta peau m’a manquée… » Il caressa de ses pouces les joues de Javier. Gabriel souffla doucement sur le cou de celui-ci et termina avec une phrase à peine articulée « Tes lèvres… ». Et enfin, il posa sa bouche contre celle de Javier. Dans un baiser léger tout d’abord, puis il entrouvrit les lèvres et emprisonna la lèvre inférieure de son amant entre ses dents avant de la faire glisser tout en la mordillant. Il empêchait Javier de prendre le dessus, gardant le contrôle entier sur le baiser. Mais Gabriel savait bien qu’il ne tiendrait pas longtemps avant de se laisser aller. Il déposa une pluie de petits bisous sur tout le visage de son amant, avant de reprendre possession de ses lèvres pour un baiser plus passionné mais toujours aussi soft, il s’écartait avant qu’il ne puisse l’approfondir, jouant avec les nerfs du quatrième prince, mais également avec les siens. Finalement Gabriel craqua et relâchant la prise sur le cou, fit glisser ses mains dans le dos de Javier pour le plaquer étroitement contre lui et l’embrasser plus durement, plus impétueusement, forçant les lèvres de Javier à s’ouvrir pour laisser le passage à sa langue qui entama l’habituel ballet du french kiss.

Il rompit le baiser quelques secondes plus tard qui lui semblèrent une éternité, haletant un peu, les joues enflammées par la passion et son sang rugissant dans ses oreilles. Ses yeux se fixèrent sur le visage de Javier et il brisa le silence en disant.

« Je suis tellement heureux que tu sois là. »
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MessageSujet: Re: Je ne sais pas pourquoi [Javier]   Dim 5 Déc - 20:28

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Je ne sais pas pourquoi [Javier]

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