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 Maison de Trystan

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Trystan Brosca
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MessageSujet: Maison de Trystan   Ven 13 Aoû - 2:07

La voiture dérivait dans la nuit le long du bord de mer. Trystan habitait officiellement dans une maison au bord de mer, récompense obtenue à force de travail, d’abnégation…Et il devait bien l’avouer parce qu’il ne faisait pas grand-chose de son argent. Son travail était toute sa vie, il n’avait aucune distraction, passait tout son temps à traquer, massacrer et déambuler dans les rues à la recherche d’une nouvelle proie. C’était assez ironique de penser qu’il n’y était presque jamais dans cet endroit qu’il devait appeler son « chez lui ». Mais après tout, rien ne l’y retenait…Rien ne l’y attirait…Rien de l’y attendait.

Ces derniers jours, il les avaient passés à écumer les boîtes de nuit, a tenir des planques interminables dans des voitures moins voyante que celle-ci ou encore à essayer de prendre du repos entre deux opérations sur le canapé qu’il avait installé dans son bureau. Il ne revenait principalement que lorsqu’il avait besoin de faire une lessive ou qu’une journée avait été passablement pénible.

La bâtisse en elle-même fini par apparaître, semblant partagée entre un océan de verdure et la noirceur des eaux. Du haut de la route, la villa en contre bas semblait assez petite. Pourtant à mesure qu’ils s’approchaient, le bâtiment s’allongeait dans des formes presque majestueuses se confondant avec son environnement. Résolument moderne et spacieuse, elle aurait pu convenir facilement à une grande famille avec ces deux étages haut de plafond. Une terrasse en hauteur dominant la baie, de grandes baies vitrées, un lieu idéal perdu dans le vaisseau pour trouver un peu de paix. Un pari double pour l’agent du NSS dans un lieu aussi isolé. Après tout un assassin rebelle pouvait l’attendre sans trop de problème. Du moins s’il trouvait son adresse.

‘’Il faudrait que dans la mesure du possible, cet endroit reste notre petit secret aussi longtemps que possible. J’invite personne d’ordinaire. ’’

A vrai dire, il n’était même pas certain avoir invité ce qui lui restait de famille dans cet endroit. La voiture s’engagea dans l’allée de gravier, s’avançant vers le garage dont la porte s’ouvrait lentement. A l’intérieur un véritable petit atelier de mécanique qui ne semblait jamais avoir été touché…Une moto…En sortant de la voiture, on pouvait remarquer qu’il s’agissait plus du rez de chaussé avec plusieurs autres petites pièces dont une salle de sport et une autre de jeu.

L’étage quand à lui semblait être le lieu de vie. L’escalier menant vers un immense séjour ressemblant plus à un loft qu’autre chose. Un sentiment de grand espace régnait ici dans une ambiance un peu coloniale…Et pourtant assez vide. A cet étage, il n’y avait que quelques chambres hormis cela, une salle d’eau et un coin cuisine où se dirigea l’agent du NSS pour ouvrir le frigo. Pas grand-chose à part de la bière.

‘’Fait comme chez toi, il n’y a pas de soucis. ’’

Il lui montra les divers fauteuils et canapé, un comptoir à l’américaine avec ces grands tabourets qui délimitait la frontière avec la cuisine…Pas de télé mais de gigantesques bibliothèques emplit de livre, des cadavres de bouteilles, des photographies de Trystan, de son père, de son grand père…Des trophées de sport, des diplômes, des médailles mais étrangement dans la vaste étendue de la pièce, cela paraissait si peu.

‘’Tu veux boire quelque chose ? Manger ? Je peux essayer de cuisiner quelque chose. Tu veux…Un peu de musique peut être ? Je sais que ca fait assez vide ici, je suis parfois obligé de mettre la musique en fond sonore pour me rassurer. C’est tellement calme que j’ai parfois l’impression que je suis peut être mort ou entrain de rêver ’’

Sur une unique table basse translucide, on pouvait remarquer des dossiers…En y regardant de plus près, l’image semblait à quelques centimètres de la surface. Un écran holographique affichait plusieurs dossiers en instance sur lesquelles l’agent du NSS travaillait. Cas de terrorismes surtout. Des photographies de bombes, de suspects, des plans, des annotations écrites à la va vite au stylo optique ou de manière tactile.

La dernière chose qu’on pouvait remarquer était l’immense baie vitrée qui menait à la terrasse. Celle qui était visible de l’extérieur avec une vue pour le moins superbe…


Dernière édition par Trystan Brosca le Mer 1 Sep - 20:51, édité 1 fois
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Melissa Zwölle
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mar 17 Aoû - 0:18

Le corps calé dans la voiture, Melissa repense aux paroles de Trystan alors que ses yeux détaillent la route. Les opinions s'entremêlent les unes aux autres la laissant indécises. Les certitudes nourris aujourd'hui tombent une à une tel un château de cartes ébranlé. Ses dents triturent légèrement ses lèvres alors que son visage se tourne légèrement. Du coin de l'oeil, elle observe le conducteur. Le contact de sa main lui revient à l’esprit. À cet instant-là, sa nervosité était palpable comme si son corps exprimait ses sentiments. Préférant ne pas soulever la trahison sûrement involontaire, Mel ôte ses chaussures, les repoussant doucement du bout des pieds. Comme chez elle. Comme lorsqu’elle se trouve seule dans un taxi. Peut-être est-ce un signe de son aisance. Avec tout ce qui s’est dit ce soir, la métisse a le sentiment qu’elle n’est plus à ça près. C'est fou tout ce qu'on peut dire à des simples inconnus mais vider son sac auprès d’eux se révèle si facile. L’angoisse quotidienne d’être jugée, pour parfois des futilités, n’est pas au rendez-vous, alors qu’elle le serait avec une collègue ou sa mère. La méconnaissance instaure une étrange confiance, plongeant dans un état tout aussi nébuleux. La jeune femme se sent telle une ivrogne qui aurait déversé, inconsciemment, son flot d’interrogations sur le premier homme un tant soit peu sympathique. Son cerveau se met à faire des siennes, la harcelant avec la question “pourquoi lui” et une petite voix lui chuchote divers recommandations tardives.

Agacée, elle passe une main dans ses cheveux, son visage se tournant entièrement vers le paysage. Ils se sont parlés à coeur ouvert et elle réalise qu'elle l'a laissé presque toucher ses songes les plus secrets. Son front se pose contre la vitre. Ses oreilles guettent le moindre bruit. Lorsque le vaisseau s'endort, la route lui paraît se jeter dans le néant. La bouche grande ouverte le vide les attend pour les faire disparaître avec lui. Après le vide, il y a la mort. Mais qu’y-a-t-il après la mort ? Ses pensées se perdent jusqu’à ce que d’un coup, Flinzam apparaisse devant eux. Ses yeux s’écarquillent. Sale fatalité, n’est-ce pas ma fille ? Les coïncidences s’alignent sagement, les unes derrière les autres alors que sa mémoire retrace le parcours de cette nuit. Elle a envie de lui demander s’il connait monsieur Whisky. S’il va bien et a réussi à mentir à sa femme. Mais la métisse se tait toujours un peu indécise sur les vérités à confier. Heureusement ses interrogations cessent lorsque Trystan parle.

- Pas de problème, je comprends...

Ça ne parait pas incongru qu’il désire garder son adresse secrète, vu son métier, toutefois le dernier point l’étonne. Personne n’est venu ici ? Vraiment ? Même pas une femme ? Ne serait-ce qu’une fois... Ça, la métisse a du mal à y croire. La voiture s’engage dans l’allée et son attention se retrouve captivée par la découverte de l’endroit. Remettant ses chaussures, elle sort pour emboîter le pas à l’officier. Sans s’attarder, Melissa le suit s’étonnant du manque de vie de l’endroit. La solitude parait reine et la jeune femme n’ose pas poser des questions trop personnelles. À la place, elle s’installe sur un tabouret pour débuter tranquillement une petite inspection visuelle. Une pièce très masculine à son goût. Et les bouteilles ? Depuis quand gisaient-elles ici ? Melissa finit par se  lever afin de s’approcher des photographies.

- Je... ne sais pas.. Quelque chose de simple... Je ne suis pas compliquée...  Un sourire bienveillant anime son visage.   - Je ferais sûrement pareil, si je ne vivais pas avec quelqu’un ! Rien est plus angoissant que le silence parfois...

Mieux vaut ne pas trop s'étendre là-dessus. Passant à côté de la table basse, Melissa est attirée par la baie vitrée. Quand elle rejoint des clients ici, elle ne profite jamais. La plage, la mer, les paysages... Elle aimerait bien découvrir tout ça mais c’est impossible. Ses mains se plaquent contre le verre, son front se collant à son tour. L’image d’une enfant entrain de contempler l’Interdit s’impose à elle. La familiarité de ce sentiment la perturbe. Saint Adrian’s. Entretien d’embauche à Arkmeen. Suffit ces souvenirs ! Ils ne lui ont porté que malheur ! Son corps se détache et elle passe devant le capteur permettant d’accéder à la terrasse.

- Qu’est-ce que ça fait de fouler la plage ? Tu y vas de temps en temps ?

Ses talons foulent le sol alors que ses bras s’étirent vers le ciel. La mer se distingue à peine dans la pénombre. Les lumières de quelques maisons lui offrent des reflets dorés, un tableau presque surréaliste mais pas autant que l’esprit de Melissa qui s’imagine des monstres improbables tapis au fond de l’étendu d’eau.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mer 18 Aoû - 23:28

C’était bien la première fois que l’officier du nss entrait dans ce nouveau champ de bataille qu’était la cuisine. Quelque chose de surgelé ou à mettre rapidement dans un micro onde lui suffisait amplement. Une poele, quelques œuf, de quoi faire une omelette ou des œufs au bacon…Une omelette au bacon ? Il ne connaissait pas les goûts de la métisse en matière de cuisine mais elle devait préférer des plats plus légers. Trystan soupira alors qu’il était accroupit devant son frigo.

Un thé

Illumination dans cette nuit noire. Voilà de quoi contenter et ressourcer après une soirée riche en émotion. Cela ne collait pas avec sa robe de soirée et pouvait peut être représenter un obstacle. Cela représentait le club, cela représentait sa vie…Elle ne serait pas totalement à l’instant. Pas totalement avec lui tant qu’elle ne l’avait pas retirée. Tant qu’elle était toujours cherry et non pas Mélissa. Il resta un instant hésitant sur la conduite à suivre mais s’accordait à penser qu’il devait la détendre pour instaurer cette relation de confiance dont il avait besoin.

*Besoin ?*

Il passa la main sur sa nuque. A quoi pouvait-il penser ? C’était un lapsus ? La fatigue ? Le tintement du micro onde ne tarda pas à le sortir de sa rêverie. Il secoua la tête. Reste éveillé ! Reste concentré ! Il n’allait pas flancher alors qu’il devait se rapprocher d’elle. Il avait promit de s’occuper d’elle et de rester à l’écoute. Sans compter qu’il devait la ramener…Du moins si elle comptait toujours repartir. A cette heure ci, tout le monde dormait à poing fermé. Autant se réveiller plus tôt mais ce n’était pas à lui d’y penser.

“ - Qu’est-ce que ça fait de fouler la plage ? Tu y vas de temps en temps ? ”

Il relève la tête pour sentir le vent frais nocturne balayer la pièce. Demi sourire alors qu’il traversait la pièce pour venir sur la terrasse. Il ferma légèrement les yeux, son visage accroché par la salinité de l’air. Bien qu’il ne venait pas souvent, il aimait cette vue. Il avait prit cette maison pour cela ça et pour autre chose…

« Cela dépend »

Il dépose la tasse sur le rebord de la rambarde et va s’assoir sur l’un des transats qui attendait tranquillement. L’officier prit son café à demain, le regard vagabondant entre la jeune femme, le paysage et sa tasse de café.

« J’ai parfois l’impression d’être dans un autre monde. Pourtant, c’est toujours les mêmes sensations. Une ivresse des sens quand le sable s’engouffrent entre tes doigts de pieds, que le sel te chatouille le nez, le vent dans tes cheveux et surtout le bruit de l’eau qui clapote. »

Le bruissement du café vint briser cette confession.

« Le matin, c’est légèrement brumeux. Si on n’y prend pas garde, on pourrait se perdre facilement. Cela peut paraitre fou mais j’ai parfois l’impression qu’il pourrait pleuvoir ou qu’il fait plus frais alors que le soir…Le soir c’est autre chose quand la lumière commence à baisser. Ca ne vaut pas les coucher de soleil dans les films et les simulations mais ca reste magnifique »

Il baissa le regard avant de se pincer la lèvre inférieure.

« Si je viens ici, c’est parce que j’ai du mal à me sentir dans un vaisseau. J’ai du mal à croire que je suis du NSS…J’ai même du mal à croire que le NSS existe. Que les loges existent. Ici, il n’y a que la solitude et le silence. Ici, je ne suis personne. Ici…Je n’ai pas besoin de porter un masque ou de plaire à quelqu’un. Je suis simplement moi et c’est ce que j’aime ici. »

Il haussa les épaules en buvant une autre gorgée.

« Mais je ne viens pas souvent ici. Cet endroit…Me fait peur et m’émerveille à la fois. Quand je suis ici, c’est que je commence à perdre pied dans la réalité ou que je sens que je suis incapable de ressentir quelque chose. Ca me fait du bien de venir ici. Mais si je reste trop longtemps, je dois faire face à mes mensonges. A ce que ce je suis…Du coup, c’est difficile de rester longtemps ici et c’est quasiment impossible de rentrer tout les soirs. Sans compter que personne ne m’y attend. Je n’ai que cet endroit et mon travail. »

Il sourit légèrement en regardant la métisse.

« C’est pour cela que je considère cet endroit comme un jardin secret. J’invite personne et même ma famille ne connait pas cet endroit…C’est l’un de mes petits secrets. La plupart du temps je dors au bureau ou dans des planques. »

Il fit une moue du bout des lèvres avant de se gratter le bout du nez.

« Tout ça pour dire que c’est un endroit sûr. Ici, personne ne viendra te faire du mal ou te chercher. C’est mon territoire et tu es ici chez toi. Viens autant que tu le désire pour y chercher asile. Maintenant, si tu veux parler de tes problèmes, je suis tout ouïe…Mais si tu veux prendre un peu de temps pour faire le point, tu peux aller prendre une douche. Il y a des vêtements à moi dans la penderie. Un peu grand pour toi mais ca devrait t’aller. En attendant, j’irais faire un peu à manger. Nous avons tout notre temps »
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Melissa Zwölle
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Jeu 26 Aoû - 20:18

S'appuyant à la rambarde, Melissa laisse le paysage s'imprégner dans son esprit. Ses bras se tendent, ses pouces et ses index forment un rectangle dans lequel la jeune femme emprisonne différentes vues. Elles ne deviendront que des bribes de souvenirs parmi tant d'autres mais ce n'est pas grave. Sa tête se tourne en direction de l'homme. Un instant, elle l'observe avant de s'approcher de la tasse. Ses doigts courent sur l'anse puis s'en saisissent presque timidement. Petit à petit, elle se glisse dans un rôle familier, celui de l'oreille attentive. Ce dernier ne lui déplait pas loin de là. Ses paupières se baissent un peu alors que son esprit tente d'imaginer les différentes sensations. Portant la tasse à ses lèvres, elle se plait à songer à une nuit au bord de l'étendu. S'endormir sur le sable, rêvasser en fixant le coucher de soleil. Artificiel. Le liquide glisse dans sa gorge alors que ses paupières se relèvent. Peut-être que ce qui est fou, c'est ce que l'Homme arrive à créer. Peut-être qu'au fond, ils le sont tous. Fous. À cette pensée, la jeune femme s'écarte du bord de la terrasse pour se diriger vers la baie vitrée. Pas un seul instant, ses oreilles ne cessent d'écouter et d'enregistrer ce que l'officier dit. Oh, elle pourrait parler mais parfois, il vaut mieux laisser les autres respirer. Prendre le temps de se retrouver et ne rien presser. Sauf quand les personnes en face veulent jouer aux intéressants, à ce moment-là, les interrompre s'avèrent souvent salutaires.

Gorgée après gorgée, elle s'interroge. Bien qu'elle n'aime pas Cherry, cette dernière lui a appris beaucoup de choses. Devenir une autre, se fondre dans la masse de la Lux sans en appartenir, à écouter et retenir toutes sortes de propos, apprendre à connaître ses clients. Est-ce qu'elle déteste ça ? Tous ces masques ? Ou ne ressent-elle pas une certaine fierté de cette multiplicité ? Esquissant une moue, son regard descend vers ses pieds dont les orteils s'agitent doucement. Mais ses sourcils se haussent. Perplexe face à l'aveu de Trystan, Mel garde le silence avant de souffler.

 - Affronter ses démons demande du courage... 

Il est plus facile de fuir une pièce que d'y rester. Il est plus facile de retirer tous les miroirs que d'y se regarder. Il est plus facile de ne pas regarder une personne chère dans les yeux que de lui sourire avec assurance. Elle sait que quelqu'un l'attend, probablement dans le salon ou alors peut-être chez la voisine entrain de discuter de mariage, d'avenir. Cette épaule réconfortante a toujours été là mais avec le temps, ce mur invisible s'est dressé et la peur n'a cessé de gagner du terrain. Pas seulement la peur des apparences mais celle aussi de s'être trompée. En voulant faire du bien, on peut faire tellement de mal que ça en devient pathétique. Cependant s'enfermer dans ses doutes, ses craintes est aisé mais si lâche. Un pauvre sourire se dessine sur ses lèvres. La situation se veut si incongrue. Se retrouver dans un endroit que même des proches de son interlocuteur ne connaissent pas... Quelque chose lui paraît contradictoire mais elle n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Sa tête se penche sur le côté alors qu'elle se retient de rire.

 - Je ne suis pas si mal traitée que ça pour être honnête... Je pense que certaines filles... subissent bien pire. Surtout celles qui ne suivent pas les règles. 

Pas seulement, celles de leur patron mais aussi celles tacites qui existent entre un client et une prostituée. Paradoxalement, la jeune femme n'a pas peur de son milieu mais de tous ceux qui gravitent autour. Ce sont de vrais rapaces prêts à tirer de n'importe quelle situation. Forcer les filles à révéler des informations, les suivre, les effrayer... Elle soupire et finit son thé devenu froid avant de rentrer dans la maison. Près du coin cuisine, Mel y pose sa tasse. Le besoin de faire le point n'est pas au rendez-vous. Presque chaque jour, elle le fait déjà devant sa glace, s'efforçant d'être le plus honnête possible avec son reflet. Finalement, ses pas la mènent à travers le salon. Une question lui brûle les lèvres et après quelques minutes de réflexion, les mots s'échappent.

 - Est-ce que... ta mère est décédée ? 

Dans sa voix, la timidité se veut non feinte. Ce type d'interrogation possède un caractère sensible, toutefois Trystan est si loquace, qu'elle ne pense pas à l'absence de réponse. Néanmoins les photographies semblent raconter une histoire que l'occupant a peut-être envie de cacher. Son esprit s'éloigne des silences. Une de ses mains attrape une mèche brune alors que la délicatesse de sa présence se fait plus vive. Elle n'a pas envie de discuter à bâtons rompus de leur métier, ni de se charger d'informations qui la mettraient dans une position déplaisante. Ses joues se gonflent pendant que ses yeux cherchent un sujet de discussion anodin. Leur arrivée lui revient en mémoire et elle lance.

 - Tu fais de la mécanique pour te changer les idées ? 

Les passe-temps sont le sujet le plus bateau qui existe mais le moins glissant. Après tout, un membre du NSS ne doit pas faire que travailler, non plus. Même si sa vie tient en apparence du vide intersidéral. Et encore en robe de soirée, Melissa prend place sur un des tabourets. Pas à un seul instant, la métisse ne considère l'offre de l'homme. Cette robe, cette seconde peau maintient pour elle, une sorte de barrière à la fois invisible et rassurante. Farfelue n'est-ce pas ? Pourtant dans son esprit, c'est loin de l'être. Parmi l'une de ses nombreuses règles se trouve celle de ne jamais mettre les vêtements d'un homme, qu'ils soient proches ou non. Pour certaines filles, ça semble ridicule. Pourquoi attache-t-elle autant d'importance à de tels détails ? Justement parce qu'ils en sont. Ce sont souvent ces petits riens qui mènent les gens à leur perte. Du moins, la jeune femme le croit fermement.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Sam 28 Aoû - 23:12

La jeune femme ne ressemblait plus à celle qu’il avait vu dans la boîte de nuit…Elle semblait à nouveau c’être enfermée derrière une autre cuirasse. Pas celle de Cherry…Mais une autre encore…Elle ne semblait pas prête à discuter sur ces problèmes. Cela n’agaçait pas trystan loin de là mais il se sentait pour le moins…Non pas agacé…Vraiment pas…Pas vraiment…C’était plus comme s’il avait l’impression de se confesser sans rien avoir en retour. La sensation de mettre son âme à nue devant une autre personne avait quelque chose de déstabilisant.

Bien sûr, il n’avait pas tout dit. Il n’avait pas parlé de ces cauchemars qui l’éveillent parfois au cœur de la nuit. Que ces cadavres de bouteille sont le signe que son esprit n’était pas en paix. Constatation simple…Il n’était pas heureux. Chaque affaire, chaque mort, chaque effusion de sang le rapprochait de la folie. Prêt à accepter d’être un monstre et pourtant hésitant quand à savoir vers qui devait tendre son allégeance. Tellement d’effort qu’il avait fait, tellement de travail et d’abnégation. L’empereur le méritait il ? Où était le bien et le mal dans tout cela ? Où était la justice ? Y avait il un sens à tout ça ? Se posait il trop de question et devait il accepter qu’il n’était qu’un crétin plus violent et plus doué que la moyenne ?

[right]“ - Est-ce que... ta mère est décédée ? ”[/rigt]

La question déstabilisa une fois de plus l’agent perdu dans ses pensées. Il se frotta le cuir chevelu en essayant de comprendre le pourquoi de la question. Le manque de touche féminine dans la maison ? Mieux comprendre qui il était ? Sa curiosité semblait scincère. Elle semblait vraiment intéressée par la question, probablement révélatrice pour elle. Elle voulait vraiment le connaitre ? Lui qui pensait que ces mots ne l’atteignaient pas, peut être c’était il trompé après tout.

« Euh…Non pas loin »

Trystan se leva faisant quelques pas pour s’assoir sur le canapé devant sa table de travail. Il passa la main sur le voile holographique, quelques gestes précis plus tard et quelques photos de famille apparurent. Trystan, sa mère et son grand père….Mais aussi celle d’un cercueil où l’on avait placé la photo d’un nourrisson sur le couvercle accompagné d’un drapeau.

« C’est mon père qui est mort lors d’une opération. Il est mort parce qu’il a voulu sauver l’un de ses compagnons d’arme…Il est allé le chercher sous une pluie de balle pour le ramener sain et sauf dans nos lignes. »

Sa gorge se serra . Nerveusement il joua avec son pouce en baissant le regard.

« Le plus drôle dans l’histoire, c’est…Enfin il paraitrait qu’a l’instant où son coeur à cessé de battre, j’ai poussé mon premier hurlement. Il aurait du être présent à ma naissance…Mais il voulait pas non plus abandonner ses frères d’armes dans une opération dangereuse. Ma mère lui en a toujours voulu mais dans le même temps, mais elle était fier de lui. Du coup ma mère c’est plongée dans le travail pour oublier le chagrin. Elle n’était pas souvent à la maison et de ce fait, nous ne sommes pas très proches. Elle a beaucoup exigée de moi, elle voulait que je sois à la hauteur mais au final, elle n’a jamais prit le temps de me féliciter ou de me dire que j’étais important pour elle. Elle c’est contentée de m’offrir le meilleur…Je ne peux pas lui en vouloir pour ça. Mais j’me demande parfois comment les choses auraient tournés si elle avait prit le temps d’être là. »

Mais ce n’était plus vraiment important pour lui. Enfant, il aurait tout donné pour une caresse, un mot de sa part. Désormais, cela semblait presque ridicule. Il était allé trop loin, avait vu et fait trop de chose pour que cela ait de l’importance. Une nouvelle question le tira de ses pensées. La mécanique ?

« Pas vraiment. Enfin pas pour le plaisir…Je sais que ca peut paraître bizarre mais c’est un truc que j’ai gardé de mon entrainement militaire. A chaque fois que j’ai un peu de temps pour moi, avant chaque opération…Je me prépare. J’astique mes armes, je prépare mes vêtements, je cire les chaussures et quand je le peux, je prépare aussi la voiture. Croit le ou non mais je ne fais pas vraiment cela par plaisir ou par soucis de détail. C’est une sorte de préparation mentale. Je sais jamais sur quoi je vais tomber, je me jette dans l’inconnu sans savoir si je vais m’en sortir ou pas. C’est une pression terrible parfois qui vous obsède. En me préparant ainsi, j’ai l’impression de pouvoir vider mon esprit. Ca me calme et je me focalise sur moi-même. « Même si je ne sais pas sur quoi je vais tomber, je sais ce que j’emporte et j’peux compter dessus ». C’est l’idée »

Il se releva en direction du frigo pour en sortir une bière qu’il décapsula…La jeune femme ne semblait vouloir prolonger la conversation. Un café n’était plus de circonstance pour lui, pour une confession et parler autre chose que du travail il avait plutôt besoin d’un peu d’alcool.

« J’ai pas vraiment de loisir en fait. J’essaye pas mal de truc mais en général c’est uniquement pour me rapprocher de mes cibles. J’me suis intéressé à pas mal de chose mais j’y est pas vraiment prit de plaisir. La seule chose qui s’en rapproche…Hé bien…Le combat à main nue…J’aime bien pratiquer et si j’avais pu, je serais passé professionnel. J’aurais fais des tournois, je me serais peut être mit aux armes blanches pour essayer de devenir maître d’arme. Pas beaucoup de reconnaissance et de gloire mais j’aime cette sensation. La tête qui se vide, le corps qui vibre…Au point que tu n’as plus conscience de toi-même. Tu fais partis d’un tout. »

Trystan rougit légèrement puis se gratta le bout du nez.

« Enfin…Laisse tomber, je sais que c’est pas très intéressant. Dit moi plutôt ce que tu aime. Ce que tu voudrais faire. Il y a bien des choses dont tu as toujours rêvés ou désirés, non ? »
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Melissa Zwölle
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Dim 12 Sep - 16:36

Pensivement, ses yeux fixèrent avec curiosité l'homme. Un court instant, sa réaction l'étonna. Sa question était-elle pertinente ou bien ne comprenait-il pas la raison de cette dernière ? Pourtant la pièce parlait sans qu'un être ait besoin de le faire. Cependant sa réponse la laissa perplexe. Ni non, ni oui. Juste des mots entre deux eaux sous-entendant l'existence d'une absence sans en citer la personne. Son regard l'accompagna dans son déplacement avant de glisser vers les photographies. Le cercueil recélait les explications, qui ne tardèrent pas. À la délicatesse du sujet, la jeune femme garda le silence. Les mots paraissaient superflus, interdits. N'était-ce pas étrange ? Cette contradiction reflétée dans une simple histoire de vie. La mort et la vie. La famille et les camarades. Son coeur oscillait entre admiration et incompréhension. Et lui ? Vivait-il dans le souvenir ? Celui d'une lignée d'hommes, l'honneur en tête ? Cette pensée la traversa, toutefois, Melissa jugea que cela ne la concernait pas. Un autre sujet devait détendre l'atmosphère mais elle lui paraissait bien trop lourde pour se dissiper en quelques phrases. Elle avait le sentiment qu'il marchait main dans la main avec la mort. Deux formes de destruction. La peur rythmait déjà bien trop les journées, pour qu'elle ait le droit de faire de même la nuit.

Néanmoins, la métisse comprenait le besoin de se vider la tête. Cette sensation de s'oublier pouvait devenir un besoin, un acte désespéré. Passant une main dans ses cheveux, la jeune femme se leva. Ses pieds s'approchèrent de ceux du jeune homme. Sa main prit l'une des siennes, alors qu'un sourire simple se dessinait sur ses lèvres. Celle de libre se saisit délicatement de la bière pour la poser sur le comptoir.

 - Allons faire un tour ? 

De question, la phrase n'en avait que l'allure. Ses doigts se resserrèrent sur la peau de l'officier et elle se tourna pour le tirer à sa suite. Ce qu'elle aimait n'avait rien de passionnait, tout comme sa personne. Elle n'était qu'une petite fille obsédée par l'image d'un père absent et d'un manque de confiance dans la gente masculine. Croire ou ne pas croire ? Qui croire ? Son esprit ne savait plus mais peut-être qu'un jour, la solution se ferait évidente. Pour le moment, elle se contentait de forcer Trystan à la suivre. Cependant une petite voix lui soufflait de se confier. Après tout ce qu'il lui avait dit, ne pouvait-elle pas faire de même ? Avant d'aborder, Melissa hésita. La pression de sa main se fit plus faible.

 - J'aurais aimé une vie simple... Sans pression, sans devenir un objet... 

Un soupir passa le seuil de ses lèvres et elle descendit, lentement, les escaliers. Présenté ainsi cela paraissait simple mais piégée dans son monde, elle se retrouvait tiraillée entre plusieurs sentiments.

  - Même si ça me révolte d'être un jouet, une partie de moi aime ce métier. Bien sur, l'argent aide grandement mais il n'y a pas que ça. J'apprécie l'escort, discuter avec mes clients, voir leur sourire revenir après qu'ils se soient déchargés de leur secret...   Elle marqua une pause alors qu'elle franchissait la dernière marche. Sa main libéra celle de Trystan. C'est à ce moment-là qu'on se dit qu'arrêter sera difficile. On sait beaucoup de choses et personne n'a envie qu'on aille les révéler. 

Son corps longea la moto et quitta le garage pour sortir. Ses bras se levèrent, s'étirant vers le ciel. Ses yeux fixèrent les maisons puis la mer. Ses mains glissèrent dans son dos pendant qu'elle observait le jeune homme.

- Je ne sais pas si je suis prête à changer de vie. Ça peut paraître incohérent mais je ne voudrais pas déballer les secrets de mes clients... Même si certains sont horribles... Si je dois le faire parce que la justice me le demande, je le ferais, mais ça s'arrêtera là. J'ai une... certaine intégrité à leur égard. 

Pour un officier du NSS, cela devait paraître abhérent. Quand elle avait commencé, elle s'était promise de ne pas adopter cette attitude. L'ironie de la vie voulait que les pensées dernières soient piétinées par celles du présent. Malgré toute la hargne qui jaillissait, lorsqu'elle n'en pouvait plus, une partie de satisfaction résidait dans son coeur. Les compliments des clients, leur fidélité... Tout s'enchainait et s'immisçait dans son esprit laissant l'hypocrisie transformer une situation abjecte en une confortable.

 - J'ai envie de marcher sur le sable...   Sa main se tendit. On y va ? 

Le repas ? Il pouvait attendre. N'était-il pas plus agréable de manger la tête et le coeur légers ?
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mar 14 Sep - 1:12

L’agent du nss l’écouta sans mot dire. Il se laissa même faire quand elle les guida à l’extérieur de la maison. En d’autres circonstance, il aurait peut être pensé qu’il s’agissait d’un piège. Mais cela n’avait plus vraiment d’importance. Il se passait autre chose de bien plus important ce soir là sans qu’il puisse vraiment mettre le doigt dessus. C’était juste une impression. L’une de ces impressions qui vous poussait à être curieux, à aller plus loin, à faire des choses inhabituelles. Ils avaient déjà beaucoup parlé et Mélissa ne semblait plus aussi désireuse de rentrer chez elle. Pourtant, elle ne semblait plus désireuse d’accepter son aide pour se sortir de cette vie de mensonge.

Quelle était la solution a adopter alors ? Avait il seulement une solution ? Trystan se sentait légèrement abattu par cette sensation grandissante. Celle d’avoir prit la vie comme un problème. Une opération militaire où l’on voyait simplement des yeux l’objectif en détruisant tous et toute sur son passage. Mais il oubliait si souvent que parfois, il n’y avait pas de solution à un problème même avec toute la meilleure volonté du monde. Parce qu’on n’était peut être pas la bonne personne. Parce qu’il n’était pas encore temps d’intervenir. C’était ce côté trop franc, trop honnête, trop simple qu’il haïssait chez lui. Si tout était aussi simple….Qu’aurait il donné pour que tout soit aussi simple. Comme prendre une pilule pour guérir de sa culpabilité, ou se gaver de cachet pour oublier un passé trop dur à supporter.

Il avait fait une grave erreur et ne savait plus vraiment quoi faire. Perdu dans un déchainement de sentiment et de raison contraire. Il reprit la main de la jeune fille et la conduisit jusqu’à la plage en hochant la tête.

‘‘ Il était une fois, un garçon qui faisait sa période d’engagement citoyen dans un groupe de reconnaissance du Basha. Un jour, une princesse fut capturée et emmenée dans les bas fonds du vaisseau par une bande de voleur qui promirent les pires sévices si on ne leur donnait pas de l’or et qu’on ne libérait pas leurs camarades détenus dans les geôles. Le seigneur alla voir l’empereur qui promit les foudres du ciel sur les méchants.’’

Il laissa son pouce caresser le dos de la main de la métisse.

‘‘ Alors c’est le commando du garçon qui fut chargé de rendre la justice. Ils subirent les pire tourments, les bandits étaient tellement nombreux. Bien plus qu’ils n’auraient pu l’imaginer. La peur seraient les entrailles du garçon alors que la fatigue émoussait son esprit. Le fer enflammait l’air et la peur frappait les cœurs les plus endurcit. La princesse fut finalement sauvé mais sur le chemin du retour, un groupe fut prit en embuscade. Les généraux ne voulaient pas envoyer d’autres hommes se faire descendre. Le garçon était sauf…Mais son meilleur ami était là bas. Il a sauté dans le vide et il a couru les rejoindre. Des dix hommes du transport, seul trois rentrèrent a la maison par leurs moyens. Quand les généraux demandèrent au garçon pourquoi il avait risqué ca vie…Pourquoi il avait voulu retomber dans l’enfer des bas fonds. Est-ce que cela ne t’avait il pas suffit ? Est-ce que tu es un accro de la guerre ? Tu aime tuer les gens ?’’

Il prit une pause théâtrale avant de hausser les épaules.

‘‘ Vous ne comprendriez pas. C’est ce qu’il leur a répondu. Dans cette histoire, le garçon ne voyait pas le mal d’avoir aidé son ami. Il ne voulait pas faire la guerre, ou tuer des gens. Ce qu’il voulait c’était être prêt de ceux avec qui il avait combattu. Qui l’avait soutenu. Il se fichait bien du reste. Etre là lui semblait important tout le reste n’était qu’un paquet de connerie à ces yeux. Les ordres, les récompenses, les idéaux. C’était cela qu’il aimait, la princesse ne rentrait pas en ligne de compte. Alors je pense que je peux comprendre.’’

Ils arrivèrent sur la plage, le bruit des vagues légères se faisant entendre. Il ota ses chaussures pour mieux ressentir le sable et inspirer l’air du large chargé d’iode.

‘‘ Ce que tu désire, c’est être choyée. Etre plus libre et pouvoir rependre des sourires. Peut être à qui tu choisis. Est-ce vraiment cela que tu désire.’’

Il eut un léger sourire.

‘‘ Est-ce là tout ce que tu désire de moi ? Pouvoir être indépendante. Vivre ta vie comme tu l’entend au jour le jour quitte a n’être qu’avec des clients de luxe que tu aurais triés sur le volet ? Je peux le faire si tu le désire. Rien n’est vraiment impossible. Si c’est là que ce trouve ton bonheur, je ferrais de mon mieux pour te l’obtenir’’

Il s’assit dans le sable regardant le lointain. Cherchant des réponses à des questions qui n’en n’appelaient peut être pas.
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Dim 19 Sep - 21:31

Les yeux baissés sur leur main, Melissa se sentit vraiment comme une petite fille. Il s'agissait d'une sensation inexplicable où la joie rejoignait une douce mélancholie. Pourquoi n'avait-elle jamais vécu une situation semblable avant ? Après tant d'années à nourrir de la rancoeur envers les hommes, pouvait-elle enfin réellement changer ? Toutefois la voix du jeune homme fit taire cette question et son esprit prêta attention à son histoire. Elle n'osait pas l'interrompre songeant qu'il évoquait un événement important pour lui. Une histoire de combat, de fraternité qui lui était inconnue. Lorsqu'il s'arrêta, la jeune femme le fixa étonnée. Malgré la tristesse de l'histoire, elle eut envie de rire en le voyant agir. Mais ses yeux clignèrent un instant avant se de plisser malicieusement. Tout n'était pas plaisant avec ses collègues. Les coups bas ainsi que les petites piques pimentaient leur quotidien. Il suffisait de voir ça comme un moyen de passer le temps à l'agence en dépit des répercussions. Si elle se savait capable d'aider trois d'entre elles, il valait mieux que les autres l'oublient. Tournant son visage, Mel réfléchit aux dernières paroles de Trystan.

Bientôt, ils atteignirent la plage. Ses pieds glissèrent dans le sable. Un frisson la parcourut et elle approcha du rivage de l'eau. Ses paupières se baissèrent. Choyée ? Pas vraiment. Elle voulait juste vivre sa vie comme elle l'entendait, ne pas être trop dépendante. Cependant un rire s'échappa aux derniers mots. Rapidement, Melissa reprit son sérieux avant de se tourner vers l'officier. Il n'y avait rien de drôle et elle souffla.

 - Pardon... 

Etait-il sérieux ? Pensait-il réellement qu'elle désirait cela de lui ? Melissa soupira doucement alors que son corps la ramena près de lui. S'asseyant à ses côtés, elle fixa la mer. Une petite explication s'avérait nécessaire, sinon ne croirait-il pas qu'elle se moquait ouvertement de lui ? La raison lui était inconnue mais elle ne souhaitait pas que de la méprise s'installe. Il était gentil, sincère et vu sa profession, il ne devait pas être souvent ainsi. Jamais, elle n'avait attendu quoique ce soit d'un homme, ce n'était pas en une nuit que son avis allait changer. Cependant avoir un confident, quelqu'un à qui on pouvait parler de ses doutes, de ses peurs, ne lui paraissait pas être une mauvaise idée. La promiscuité entre les filles étaient telle que chercher un avis masculin ne ferait pas de mal. Ce serait toujours mieux que de garder pour soi des sujets lourds à porter. Les bons mots, du moins elle l'espérait, lui vinrent petit à petit en tête. Avec précaution, la métisse parla sans oser regarder Trystan.

 - Hm non, même si je veux changer de vie, je préfère le faire sans personne... On pourrait dire que c'est de la fierté mal placée mais quand quelqu'un t'aide à atteindre tes objectifs, il y a toujours une chance pour que cette personne te dise 'Hey, si tu es là, c'est grâce à moi !' et te demande des faveurs. Bien sur, tout dépend de la sincérité de l'autre... Sauf que confier sa vie à un inconnu demande de la réflexion... 

Rien ne devait être pris à la légère. Par la passé, son absence de méfiance lui avait causé des problèmes. Maintenant, elle estimait que seul, le temps pourrait lui dire si elle pouvait avoir confiance en Trystan. Bien que l'aide fut écartée, elle n'avait pas été refusée. Il s'agissait déjà d'un énorme effort de sa part. Ce n'était pas seulement sa vie. Il s'agissait aussi de celle de sa mère. Ce n'était pas nécessaire qu'elle soit mise en danger par sa faute. Peut-être s'accrochait-elle trop à des choses dont elle ne devait plus avoir peur maintenant. Non. Elle n'était pas si forte que ça. Pourtant, la jeune femme ne put s'empêcher de souffler.

 - J'ai quelqu'un à protéger... Je ne peux rien presser... 

Un sourire se dessina alors qu'elle réalisait que sa mère aurait râlé en lui rappelant gentiment, que c'était son rôle de prendre soin de sa fille. Pas l'inverse. Depuis que Melissa gagnait bien sa vie, elle avait tout inversé pour le plus grand malheur maternel. La vie n'était jamais simple... S'allongeant dans le sable, la métisse posa une main sur son ventre et ferma les yeux.

 - Je te propose d'y aller petit à petit... Et puis je.. J'oserais t'appeler si je sens que je peux compter sur toi ? 
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Sam 25 Sep - 20:27

Si elle avait sut, elle n’aurait peut être pas autant rit. La morale de cette histoire n’était pas vraiment celle qu’on aurait pu le penser. Des trois hommes qui rentrèrent, il n’y a qu’un seul qui avait survécu au final. Qu’était devenu les deux autres dont le meilleur ami ? Le premier était venu avec Trystan au NSS. Il avait fini par ce suicider deux années auparavant. Il ne semblait plus supporter le travail et faisait des cauchemars tout les soirs. Il avait fini par faire une dépression et c’était mit sous régime médicamenteux pour avoir à éviter de réfléchir ou de rêver. Il a tenu 17 mois grâce à sa famille mais il avait fini par se défenestrer.

Le meilleur ami ? Oh lui ce n’était pas la même histoire. Il était venu aussi au NSS un temps puis avait démissionné suite à une affaire sordide avec une femme de la lux. Combien de fois lui avait il dit que les femmes seraient sa perte ? Il avait essayé de joindre les deux bouts comme il pouvait. Puis soudainement, il semblait c’être refait une santé financière. Son nom ne tarda pas à revenir dans plusieurs rapports et finalement l’impensable c’était produit. Son meilleur ami avait fini par travailler pour les rebelles. Se sachant sur la select, il avait soudainement disparut. Trystan l’avait retrouvé sur le point d’embarquer sous une fausse identité sur le Xion. Tout c’est passé très rapidement. Il y eut un long silence, ils savaient tout les deux que ca finirait un jour comme cela. Peut être sans ce l’avouer. Le souvenir de ce jour dans les bas fonds, de cet acte héroïque revint. Cependant il n’y a pas d’hésitation dans le bras de l’agent du NSS. Son ami n’essaye pas de plaider sa cause. Il se met a genoux, les larmes coulant sur ces joues. Il ne demande pas pardon. Il ne lui demande pas de se souvenir de leur amitié. Il sait que cela ne servirait à rien. Pour Trystan, ce sont des larmes de frustration…Mais il c’est toujours demandé s’il n’avait pas ressentit alors…Peut être un peu de culpabilité.

L’agent du nss se souvint de sa femme. Il se demande comment il en est arrivé là. La pression sur la gâchette. Le craquement métallique qui suit. La justice expéditive de l’empereur. Plus douce que tout ce que son ami aurait pu subir. Trystan essaye de se dire qu’il s’agissait que d’un acte de compassion. Un mensonge de plus. Il ne veut pas se dire qu’il c’était sentit trahit. Il ne veut pas dire qu’il avait fait confiance une fois encore. Il ne veut pas avouer qu’il a des remords à être ce qu’il est.

Le rire de la métisse le sort de sa torpeur. Cela pouvait paraitre presque choquant quand on connaissait la fin de cette histoire. Mais il décide de ne pas relever. Cela ne sert à rien de s’appesantir sur le passé surtout qu’il n’avait jamais été très glorieux ou très heureux. Il eut un petit sourire en se disant qu’essayer de se racheter ou d’avoir quelques souvenirs heureux avec une fille qui ne désirait pas une meilleure vie était peut être une nouvelle manière qu’il avait trouvé de se flageller. Elle ne lui ferrait aucunement confiance. Devenir son ami pour essayer de lui donner la vie simple et heureuse qu’il avait espéré avoir ? Bonheur par substitution ? Elle n’en voulait pas. Et puis est ce que c’était sain ? Après qu’est ce qui lui restait ? Tomber amoureux ? Tomber amoureux d’une escort girl, c’était se promettre toujours plus de souffrance morale.

Quelque chose se serra au fond de lui. Comme si quelque chose lui était interdit à moins qu’il ne s’agisse que de malchance. S’il survivait, c’était peut être que le destin lui en voulait. Pour qu’il en prenne toujours plein la tête jusqu'à ce qu’il craque. Quand elle lui parla d’y aller petit à petit…Il fini par abandonner ces réflexions. Même s’il n’en tirait rien, il continuerait de l’aider. Au moins pourrait-il dire qu’il aurait fait au moins une bonne action dans sa vie. Qu’il s’en prenne plein la gueule n’avait plus aucune importance.

‘’Si tu veux. Je comprends bien ce que tu veux dire et cela me dérange pas. On peut pas dire que je suis l’homme le plus irréprochable du vaisseau. Encore moins le meilleur ou celui a qui on confierait sa vie sans réfléchir. Avec le genre de réputation que je dois avoir je peux tout à fait le comprendre. ’’

Il haussa les épaules.

‘’Fait comme bon te semblera. Sache seulement que je te demanderais jamais rien en échange et si tu me demande pourquoi…Je t’en parlerais peut être un jour. Mais si tu doute de moi disons que quand je me suis engagé un jour au NSS, c’était aussi parce que j’espérais pouvoir aider les gens. Tout ce que j’en est vu, ce sont des flaques de sang et des hurlements qui vous hante la nuit. J’aimerais voir un jour un sourire. Un sourire qui viendra parce que j’ai donné le meilleur de moi-même. Non pas parce que j’ai fais la seule chose que je sais faire efficacement. ’’

Il baissa la tête, passant une main dans ces cheveux.

‘’Mais je comprends. Les belles paroles ont a du t’en servir à toutes les sauces et avec des mines bien plus avenantes que la mienne...Et certainement bien plus agréable. Fait comme bon te semblera mais je serais toujours là. Du moins, si je ne me fais pas descendre. ’’

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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Ven 8 Oct - 23:44

- Je suis mal placée pour me fier à la réputation des gens... Ce serait vraiment se moquer du monde... 

Ça aurait été un comble, non ? Melissa tourna légèrement la tête sur le côté et écouta. Ses intentions étaient louables. Pas une seule seconde, elle ne doutait de sa sincérité mais le système changeait les gens. Ils arrivaient avec idéaux, ils repartaient avec rien. En côtoyant ses clients, c'était ainsi qu'elle percevait leur petit monde. Finalement, la jeune femme s'estimait heureuse d'avoir perdu rapidement ses illusions. La douleur était moindre. Mais au fond, n'étaient-ils pas semblables ? Tous deux hantés par des choses dont ils auraient préféré ne pas être témoins. Doucement, la métisse se redressa avant de s'approcher de l'officier. Un soupir s'envola de ses lèvres alors que sa main droite se levait. Elle émit une faible pression sur le front du jeune homme pour le repousser tout en parlant.

- Jolie touche finale d'espoir... Idiot... 

Sa main se retira. Ses bras se croisèrent. À force de vivre avec l'idée de mort, pouvait-on en finir obséder ? Un frisson la parcourut mais elle ne comprenait pas pourquoi il mêlait le physique à cela. Même si un bel homme lui racontait n'importe quoi, elle ne le croirait pas. Au contraire, ça l'agaçait davantage. Lorsque ça lui arrivait, elle se demandait si son interlocuteur, la prenait pour une cruche. Elle n'était pas faible au point de se laisser embobiner par un bellâtre. Avec le temps, Mel avait du, de toute façon, apprendre à sonder les autres. Un moyen comme un autre de se battre et survivre dans son milieu. Pensivement, ses yeux noisettes fixèrent la chevelure blonde. Il y avait bien une chose que Trystan pouvait peut-être faire pour elle. Sa Conscience s'élevait, lui disait de penser à une autre idée. Toutefois, Melissa savait ce qu'elle désirait. Juste des informations, pas une rencontre. En théorie. Comment réagirait-elle s'il arrivait à le localiser ? Difficile à dire. En attendant, elle devait se lancer et tout lui parut beaucoup plus compliqué. Sa requête était si personnelle que la prostituée doutait d'en parler à la bonne personne. De l'autre côté, Trystan, en tant qu'agent du NSS avait accès à des données qui lui seraient à jamais inaccessibles. Et puis... La confiance... Ça se gagnait, n'est-ce pas ?

  - Il y a... juste une chose... Mais tu n'es pas obligé, d'accord ? Je voudrais savoir qui est mon père. Juste savoir s'il est en vie ou non... 

Sa voix tremblait un peu. Sa mère aurait été folle de rage en l'entendant. Était-ce mal de vouloir se renseigner ? Avait-elle réellement oublié ? Mel en doutait sincèrement alors pour leur bien, pour ne plus y penser, il fallait qu'elles sachent. Néanmoins, d'un coup, la jeune femme se surprit à espérer qu'il soit mort. Tous ses désirs avides d'en apprendre plus s'éteindraient. Ses yeux se baissèrent en réalisant que cette annonce serait comme une sorte de libération. C'était horrible... Troublée et honteuse, Melissa se leva. La confusion revenait l'habiter. Bien ? Mal ? En voulant faire le bien, on pouvait blesser et elle souffla timidement.

 - Ce n'est pas grave, si tu ne trouves rien... Tu sais.... 

Sa voix de petite fille criait au fond d'elle, qu'elle souhaitait juste comprendre. Sa voix d'adulte lui répondait que cette histoire ne lui appartenait pas. Même si sa présence en était le fruit, elle devait la laisser par respect pour ces êtres qui avaient suivi des voix différentes. Son regard se posa sur la maison. Une immense coquille vide. Comment arrivait-on à vivre seul dans un espace aussi grand sans devenir fou ? Idiot... Ils l'étaient tous plus ou moins. Fous. Passant une main dans ses cheveux, Mel avança lentement vers l'endroit où ils étaient arrivés. Son corps s'arrêta puis pivota pour faire face à celui de Trystan.

 - Et si tu me montrais que dans ce que tu sais faire efficacement, il y a cuisiner ? 

Pour voir des sourires, il fallait changer d'arme, non ?
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mar 12 Oct - 0:03

Ces paroles comblent le vide qui les espace. Sensation étrange qu’elle vient à sa rescousse…Qu’il vaut peut être mieux. Qu’il a raison d’espérer qu’au fond, il y a encore quelque chose qui vaut le coup au fond de lui. Qu’il n’est pas un cas désespéré dans un système conçu pour le surveiller et broyer sa volonté pour en faire un pantin au service de l’empereur. La différence entre faire son devoir et n’être plus qu’un simple matricule sans choix et sans avenir. Elle ne voulait pas croire sa réputation mais au fond, il savait qu’elle viendrait à savoir tout ce qu’il avait fait. Qu’en penserait elle alors ?

D’aucun aurait rit de lui. Qu’importe ce qu’elle pense lui dirait on…Ce qui importe, c’est comment te voit la Lux. Comment te voit tes supérieurs. La seule chose qu’ils reconnaitront c’est le volume de sang que tu auras fait verser en leur nom. Ils te féliciteront. Ils te récompenseront. Ils se souviendront de toi. Tu seras couvert d’or et de gloire.

Cette reconnaissance, il l’avait longuement cherché. Mais plus le temps passait, plus il trouvait sa ridicule. Surtout quand il regardait la prochaine génération de prince. Décadent, insipide et la plupart se montrerait incapable de soutenir le pouvoir qui incombe à leur naissance. C’était la fin d’un monde. Il le sentait arriver…Les choses iraient en empirant dans les semaines à venir. Bientôt le NSS ne pourrait plus tenir la distance et se révèlerait en sous effectif pour tenir tout es les missions qu’on lui demande. La loi martiale peut être. Un recul pour mieux sauter.

La main de la métisse se posa sur son front. Lui parlant d’espoir avant de le traiter d’idiot. A moins que c’était de l’espoir dont elle parlait.

Mourir en mission. C’était peut être la meilleure chose qui lui arriverait. Les agents du NSS n’étaient pas en odeur de sainteté. S’il y avait changement de régime à craindre, il savait que son nom se retrouverait sur une liste noire. Mais pourquoi l’avoir traité d’idiot ? Tenait-elle vraiment à rester près de lui ? Cette perspective le fit sourire légèrement même s’il en ressentait une légère peur. Peur d’en souffrir malgré tout. Il se souvint des vieux romans arthuriens qu’on lui avait lu pendant son enfance. Il n’était jamais arrivé à comprendre des personnages comme Merlin qui bien que doté de la capacité de voir l’avenir, savait qu’il serait trahit par Vivianne mais qui ne peut s’empêcher de l’aimer. En regardant la métisse, Trystan avait peut être une partie de la réponse.

“ - Il y a... juste une chose... Mais tu n'es pas obligé, d'accord ? Je voudrais savoir qui est mon père. Juste savoir s'il est en vie ou non... ”

Il papillonna légèrement des yeux. Le père de Melissa…Il y avait une histoire avec son père ? Quand il avait rapidement consulté le dossier, il n’avait pas fait attention à ce genre de détail. Il était au courant qu’elle vivait plus ou moins avec sa mère mais il était vrai que le dossier ne comprenait aucune mention du père. Cependant, d’autant qu’il s’en souvienne, il n’était pas écrit non plus que le père était mort pour autant. Un divorce ? C’était la première chose qui lui venait à l’esprit et qui expliquerait cet intérêt pour son père.

Il se gratta la nuque en réfléchissant. Cependant, si Mélissa ne savait pas qui il était, il y avait peut être une histoire plus lourde derrière. Il allait falloir faire un tour du côté des archives médicales très certainement. Mais bon, Trystan était doué pour retrouver les gens étant désireux de disparaitre ou jouant avec plusieurs identités. Il n’y avait pas beaucoup de manière de procéder et l’agent du NSS les connaissait quasiment toutes. Le seul souci serait de trouver l’intermédiaire qui avait fournit ce genre de service. Du moins, si ce père avait bel et bien disparut.

‘‘Je peux le faire. Je peux faire tout ce que tu me demande cependant, j’ai besoin de savoir une chose.’’

Il la fixa de ses grands yeux

‘‘Je peux te dire s’il est vivant ou non. Je peux essayer de trouver ce qu’il est entrain de faire. Je pourrais même essayer de t’arranger une rencontre. Mais il faut que je sache jusqu’où tu veux que j’aille…Je veux dire, si je trouve quelque chose de pas très honnête…Est-ce que tu voudrais vraiment être au courant ?’’

C’était un peu rude de sa part, mais il ne voulait pas se retrouver dans une situation où il aurait à lui mentir pour éviter qu’elle n’ait à souffrir. L’honnêteté était parfois à ce prix. Son regard laissa passer une once d’inquiétude puis il se leva, passant près de la jeune femme pour lui ravir sa main en la ramener chez lui.

‘‘On peut pas dire que cuisiner soit l’une des choses que je sais faire de manière efficace.. Je la fais rarement et c’est pas un talent que mon patron considérerait comme très professionnel. Mais si on va par là, j’ai quelques talents cachés que j’espère être assez efficace à ton goût ’’

Il gloussa alors que les minutes s’égrainaient sur le chemin du retour. Il en avait totalement oublié les mots de la jeune fille qui lui avait pourtant affirmé qu’elle devait être rentrée rapidement alors que la nuit s’épaississait. Il n’avait pourtant aucune envie de le lui rappeler. Un plaisir égoïste alors qu’il lui tenait tout simplement la main. Un plaisir simple qu’il ignorait pouvoir éprouver simplement en sentant une autre main contre la sienne. Sa chaleur. Sa douceur. Cela faisait partit de ces moments dont on se souvenait des années plus tard avec nostalgie. De ces moments qu’on ne voudrait jamais qu’ils aient une fin si bien que l’arrivée chez lui le fit grimacer.

Il ne tarda pas à l’abandonner avec un pincement au cœur pour se tourner du côté de la cuisine. Il n’y avait pas grand-chose, ses talents culinaires allaient tourner autour des œufs. Une omelette ? Il aurait de quoi faire une salade et l’agrémenter de petite chose à côté. Pour une grande première, il aurait pu tout autant commander des pizza…Il en était presque déçu. Enfin il haussa les épaules, brisant les œufs l’air de rien. Il faudrait penser à faire des courses. Il regarda la métisse du coin de l’œil en se raclant la gorge.

‘‘Est-ce que…Ca te dirait que je vienne faire la cuisine régulièrement ? ’’

Il détourna légèrement le regard, prétextant la cuisson à vérifier.

‘‘Juste qu’il faudrait que si ca te dit, il faudrait que je m’organise en conséquence…Pour acheter des ingrédients…Ce genre de chose…D’ailleurs si tu as des préférences à ce propos… ’’

Il releva lentement le regard sur elle…
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mar 19 Oct - 21:25

La question avait fait mouche mais Melissa n'avait pas répondu. Sous l'effet de la surprise, elle avait préféré se taire. À vrai dire, elle n'avait jamais réellement pensé à cette possibilité aussi. Ou peut-être qu'elle avait l'enfoui dans son esprit comme pour se protéger. Qui avait envie d'imaginer que son père pouvait être un criminel ou quelque chose du même acabit ? Si ça s'avérait être le cas, elle entendait déjà la voix maternel lui dire qu'elle l'avait prévenue. Peut-être qu'au moins comme ça, la jeune femme grandirait enfin. Préférant réfléchir avant de répondre à Trystan, Mel opta pour un silence prudent, attitude qui lui paraissait plus sur. Emportée par l'émotion que pourrait-elle dire de déraisonnable ? Un soupir et ses yeux se posèrent sur leurs mains. Un instant, son esprit imagina une autre main. Sa paume était-elle plus large ? Ses doigts étaient-ils plus longs ? Quelle idiote de penser à lui ! Son visage se redressa alors que la voix de son interlocuteur chassait ses pensées. La seule cuisine que les officiers du NSS devaient pratiquer, ne concernait probablement que les détenus ou leurs suspects. Comment le blond s'y prenait ? Etait-il pour les cuissons lentes ou se montrait-il si impatients qu'il n'utilisait que les rapides ? Toutefois, la métisse songea qu'elle n'allait pas lui demander ça et se contenta de souffler.

 - Il n'y a pas que le travail dans la vie..

Même si les citoyens lambdas comme eux, y passaient le plus clair de leur temps. Ses lèvres esquissèrent une moue. Mollement, elle suivit Trystan. La fatigue commençait à s'installer dans tout son corps malgré son effort pour lutter. Mel envisageait même de gratter un jour de congé. Ou du moins, une mâtinée. Pas sur qu'Ewald apprécie sinon. Dans la maison, elle oublia son patron et songea qu'elle était prête à manger toute nourriture lyophilisée que son hôte aurait pu posséder. Loin d'elle l'idée de penser qu'il ne favorisait que ce type de nourriture... Mais bon un officier n'avait pas le temps alors il devait faire au plus simple, non ? Leurs mains se séparèrent et Melissa passa de l'autre côté de la cuisine. S'installant sur un tabouret, elle observa le jeune homme, un petit sourire aux lèvres. Ses paupières se baissèrent légèrement. Ses mains se posèrent de chaque côté de son visage. Un bâillement eut envie de s'échapper mais elle réussit à la retenir. Peut-être qu'un remontant lui ferait du bien ou une bonne dose de caféine, du côté des produits légaux.

Au moment où le blond posa sa question, ses paupières se relevèrent. Une lueur de surprise illumina ses prunelles avant de disparaître. Il était très doué pour les questions surprenantes, au contraire de certains qui étaient bien trop prévisibles. Était-ce en lui ou l'avait-il appris au NSS ? Plissant les yeux, Mel le fixa en silence. On pouvait vite s'habituer à l'attention, à des petits riens qui vous donnait l'impression d'être existé et surtout d'être humain. C'était chaud, c'était doux et sa tête se pencha sur le côté alors qu'un sourire paresseux glissait sur ses lèvres. Elle avait le sentiment que quelqu'un pansait cette blessure invisible qui la lançait chaque jour. Pas besoin de hurler, pas besoin de retenir les larmes, pas besoin d'avoir l'air fort. Mais ne se trouvait-elle pas dans une cachette secrète... Ce sentiment d'invulnérabilité n'avait rien d'étonnant et la jeune femme se surprit à espérer que cela dure. Peut-être qu'il y avait une solution toute bête, à portée de main.

 - Hm pourquoi pas...  Elle n'aimait pas imposer même si Trystan paraissait clairement d'accord.  Si tu as le temps ? Et si tu supportes ma maman... Elle risque de pas te lâcher...  

Un petit rire s'échappa. Sa mère serait probablement terrible. Sans compter, les suppositions échafaudées par son esprit. Au moins, elle ne pourrait pas dire que Mel n'invitait jamais d'homme... Cependant la jeune femme se souciait réellement des conséquences du passage de Trystan. Surtout s'il lui faisait bonne impression, ce qui ne manquerait sûrement pas si son comportement s'avérait être identique. Quittant son siège, elle se mit à parcourir à nouveau les lieux, s'arrêta près des trophées, les souleva puis les reposa. Tranquillement, elle retourna vers les photos, les détaillant avec davantage de soin jusqu'à ce que son regard glisse sur la table de travail. Elle finit par s'accroupir à côté.

 - Tu sais... En ce qui concerne mon père, je ne sais pas quoi te répondre pour le moment... Je préférerais savoir mais est-ce que je réussirais à encaisser ? Je ne peux pas l'affirmer...
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mer 20 Oct - 23:23

Il essaya de ne pas relever la remarque sur le fait qu’il n’y avait pas que le travail dans la vie. C’était le genre de phrase qui arrivait à le mettre mal à l’aise. Quoiqu’il en dise, c’était une sorte de bouclier derrière lequel il se cachait en permanence pour s’empêcher de vivre ou plutôt d’avoir à ressentir des choses déplaisantes. Comme de regarder la décadence de la famille impériale qui mettait à mal sa loyauté. En fait de loyauté, il arrivait parfois qu’il se demande si tout le sang versé par tant de personne avait vraiment un sens. C’était une question encore plus idiote venant de la part d’un type qui avait déjà une réponse à ce genre de divagation. Plusieurs mêmes ! Mais l’adéquation entre le cœur et l’esprit ne se faisait toujours pas.

Peut être était il toujours un peu sentimental quelque part.

Et il ne savait pas si cela devait l’inquiéter ou le faire sourire.

Mais en voyant le sourire paresseux de la métisse, il devait avouer que laisser une petite part au sentimentalisme n’était peut être pas si terrible que ça après tout. Il avait beau lui avoir dit qu’il avait toujours voulut faire fleurir ce genre de sourire, ce n’était pas la sensation qu’il avait imaginé. C’était assez…Bizarre…Etrangement réconfortant. Le genre de sourire qui donnait envie de protéger une personne peut importait contre qui ou quoi on aurait à se battre. Elle était là et c’était peut être la première fois qu’il la voyait baisser sa garde. Il n’y avait aucun sentiment de victoire…Plutôt quelque chose qui ressemblait à une confiance réciproque. Quelque chose de tranquille…D’assez profond…Difficile à exprimer avec des mots sans être maladroit.

Il haussa les épaules sans se rendre compte qu’il arborait un de ces sourires naïfs qu’il n’avait pas eut depuis ces années à l’institut. La voyant ainsi à moitié endormie, il c’était mit en tête de faire du café. En bon officier qu’il était, il en buvait des litres, condition nécessaire pour tenir le rythme de ces journées à rallonge. C’était probablement pour cela qu’en matière de café autant qu’en cuisine, il préférait les bonnes vieilles méthodes plutôt que les méthodes à la pointe du progrès. Il aimait prendre son temps dans ces moments là qu’il comparait souvent au nettoyage des armes ou a la préparation d’une opération. Organisation, sélection, attention dans le geste…Cela le détendait.

Néanmoins, il ne s’attendait pas à réveiller en sursaut la jeune fille qui ne tarda pas à se détendre à nouveau. Et cette fois, elle le fit tiquer à nouveau en parlant de sa mère. Il frissonna sans le vouloir en pensant à la sienne. Il faudrait vraiment un jour qu’il affronte le dragon…Mais rien qu’a l’idée, il sentait une pointe de découragement venir le darder. Il n’avait aucune envie de jouer au bon fils de famille ou au grand frère idéal. Il avait déjà tenu ce rôle bien trop longtemps et faisait son devoir jour après jour. Il en faisait bien assez pour sa famille.

‘‘On trouve toujours du temps quand on le veut. Et puis entre passer quelques heures dans une cuisine plutôt que dans une voiture à attendre que quelque chose se passer je crois que le choix est vite fait’’

Il haussa une nouvelle fois les épaules.

‘‘ Honnêtement, je pense pouvoir faire face à ta mère. Entre mon entrainement dans la rue et le monstre qui m’a servit de génitrice je pense pouvoir survivre.’’

Sa main stoppa net puis se contracta alors qu’il allait reprendre sa spatule. Que dirait Mélissa si elle voulait un jour voir sa famille à lui ? Il secoua sa tête en se demandant ce qu’était ce genre d’idée. Il se concentra à nouveau sur la cuisson pendant que derrière lui le bruit du filtre laissant s’écouler goutte à goutte le précieux liquide noir se faisait entendre, couvrant presque le son de la cuisson. Il ne la regarda que du coin de l’œil observer ses photos. A la voir comme cela…Il avait l’impression qu’elle rentrait de plein pied dans son intimité. Même s’il l’y avait invité, cela faisait bizarre maintenant qu’elle semblait se considérer un peu plus comme chez elle. Ce n’était pas désagréable mais il prenait maintenant la véritable mesure de ce que voulait dire partager avec quelqu’un.

“ - Tu sais... En ce qui concerne mon père, je ne sais pas quoi te répondre pour le moment... Je préférerais savoir mais est-ce que je réussirais à encaisser ? Je ne peux pas l'affirmer...”

Intéressant. C’était exactement le genre de question qu’il avait un jour posé…

‘‘Mon instructeur au NSS m’a dit un jour un truc qui m’a marqué.’’

Il se mit au garde à vous, les mains dans le dos avec sa spatule en prenant l’air grave tout en gonflant le torse.

‘‘Mon Titi, si tu dois retenir un truc retient ça : L’homme est semblable aux dés. Il se jette dans sa propre vie.’’

Il éclata de rire avant de se remettre à la cuisson, un sourire indéfinissable sur les lèvres.

‘‘ J’ai fini par comprendre ça bien plus tard à force de lire des bouquins et de trainer dans la rue. Le bien, le mal, le noir, le blanc…C’est des conneries. Et ceux qui te disent qu’il n’y a que des nuances de gris sont des hypocrites qui n’arrivent plus à regarder la vérité en face. Qu’y a-t-il à craindre ? Que ton père est tué quelqu’un ? Qu’il est volé ? Il sera coupable aux yeux du vaisseau…Mais tu dois savoir que tout n’est pas aussi simple.’’

Il grinça des dents en se disant qu’il fumerait bien une cigarette. Il mordit dans un bâtonnet d’épice en commençant à chercher l’endroit où il avait bien pu ranger les couverts la dernière fois.

‘‘ Un soldat qui en tue un autre, on trouve ça normal. Un homme qui en tue un autre on appelle ça un meurtre. Un homme qui en trahit un autre est par définition un traitre…Mais s’il gagne son pari et qu’il est à la tête de l’état, on appelle ça un héros. Quand j’arrête un type, c’est parce qu’il a violé la loi…On le considère comme un criminel et j’ai pas vraiment besoin de savoir qu’il travaillait bénévolement dans des œuvres de charité. Tout n’est qu’une question de point de vue Mélissa. Ton père a peut être ces raisons, la question n’est pas tant ce qu’il à fait ou non.’’

Il ressortit enfin, l’air triomphant avec une assiette, deux tasses et une fourchette. Il versa tranquillement, s’enivrant de l’arôme du café dans les mug estampillé du NSS et de la Sahey.

‘‘ La question que tu devrais plutôt te poser à mon sens, c’est si tu lui fait encore confiance. Quel sens tu donne encore au lien du sang qui vous lie tout les deux. Si tu décide de ne rien vouloir savoir, ce n’est ni bien, ni mal. Personne ne te jettera la pierre et tu conserveras l’image d’un père idéal en tête que tu pourras chérir jusqu’à la fin. Si tu décide de lui faire confiance, tu peux décider d’essayer de le retrouver et comprendre ce qui c’est passé. Mais c’est peut être aller au devant de grandes déceptions. Mais au fond si tu commence à être tiraillée par la volonté de retrouver tes origines, c’est que tu as peut être déjà fais ton choix au fond. Peut être que la vrai question c’est si tu es prête à l’accepter.’’

Il servit l’omelette sur la table de travail avec le café avant d’aller chercher sa propre tasse et les couverts pour Mélissa. Il s’assit en ramenant les jambes sur le canapé, posant ses mains de part et d’autre de sa tasse.

‘‘ Si on me disait demain que mon père n’est pas un héro de guerre mais un criminel dont on a caché les crimes. Je sais pas si je voudrais vraiment savoir. Enfin je sais pas si cela a beaucoup d’importance maintenant...’’

Il prit une gorgée oubliant que le café était encore brûlant. Il tira la langue devant sa distraction puis regarda la métisse. Ce n’était pas une question simple…Il sourit doucement en lui posant une main sur la tête.

‘‘…Et puis je serais là pour te soutenir dans ton choix. Quel qu’il soit.’’
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mar 26 Oct - 23:38

Sa tête se redressa en direction de Trystan. Malgré le sérieux de la situation, Melissa laissa échapper un rire. Rapidement, elle mit une main devant sa bouche et baissa les yeux. La scène était vraiment drôle. En plus, le rire de l'officier se révélait vraiment entrainant. Ahem, elle toussota et redevint plus sérieuse, plus sage surtout. Se mordillant les lèvres, la jeune femme passa une main dans ses cheveux. Elle s'approcha du canapé et glissa dessus. Bras croisés et appuyés sur le dossier du sofa, la métisse se mit à l'écouter avec attention. Les possibilités défilaient dans sa tête. Craignait-elle quelque chose en particulier ? Juste la colère maternelle. Si son père avait tué quelqu'un, elle ne voyait pas en quoi, on pouvait la tenir pour responsable. Si ça avait été d'ailleurs le cas, on les aurait retrouvées très vite, non ? En y réfléchissant, elles avaient mené une vie relativement paisible et personne n'avait jamais perturbé son enfance en cherchant ce père absent. Pouvait-on passer à travers les mailles du filet en étant de la Pooja ? Ça paraissait improbable mais plus elle y pensait, plus la possibilité de le savoir en vie, lui paraissait insensé. Il y avait tout un tas de détails qui ne collaient pas dans son esprit. L'image de l'adulte, fantasmé enfant, avait disparu laissant la place à un flou malléable à souhait.

Comment était-il dans sa tête de petite fille ? Il était comme un homme d'action qui se battait et protégeait sa maman. À croire que les mauvais garçons avaient toujours exercé une certaine fascination sur elle. Il était fort, s'imposait, possédait une aura protectrice. La nuit, elle rêvait que, lorsqu'il revenait blessé, sa mère le soignait avec un regard à la fois suppliant et tendre. Au fond, son père idéal n'avait rien de très... idéal. C'était juste un voyou qui aimait sa famille et promettait à sa femme, de se tenir tranquille. Ses lèvres dessinèrent une grimace. De toute façon, une déception de plus ou du moins... Melissa ne voyait pas trop la différence. Sa tête se baissa. Croire un homme avait commencé à être difficile à l'adolescence. Quand elle avait réalisé l'abandon. Cette trahison silencieuse mais douloureuse. Elle avait le sentiment que si elle cherchait les raisons, à le retrouver, c'était pour accepter. Pas lui. Mais ce passé. Son visage se redressa. L'envie de pleurer monta brusquement et ses paupières se fermèrent. L'odeur du café envahit la pièce. Elle se détendit et s'assit correctement.

 - Je voudrais juste savoir pourquoi il nous a laissées. Ses crimes lui appartiennent... Je ne peux pas pleurer sur ça...  

Malgré un ton sec, la jeune femme s'efforçait de sourire faiblement. Cependant, elle était sincère. Bien sur, elle serait déçue mais savoir ou ne pas savoir ne changerait pas grand chose. La culpabilité d'être la fille d'un meurtrier ne l'accablerait pas. Elle se dirait qu'il est juste comme les autres, qu'ils n'ont que ce lien de sang, qui n'avait la valeur qu'on voulait bien lui donner. Alors que Trystan buvait, la jeune femme murmura tout en glissant au pied du canapé.

 - Et puis qu'est-ce qu'un père ? Ce n'est que mon... géniteur.. Après tout.... 

La main sur sa tête la surprit et elle se sentit rassurée. Une sensation de paix naquit dans son coeur. Elle pouvait changer. Elle pouvait apprécier une compagnie masculine sans s'énerver. Attrapant l'autre tasse, Melissa la porte à ses lèvres. Doucement, elle souffla dessus avant de boire une gorgée du liquide. Son visage se redressa en direction du blond, un sourire reconnaissant jouait dessus. Etrange... c'était comme s'ils s'étaient toujours connus. Est-ce que lui aussi trouvait leur situation confortable ? Ses yeux clignèrent un instant.

 - Mais... et toi ? Tu n'as personne ? Je veux dire, tu n'as pas vécu toujours en solitaire comme ça... Si ? 

De la surprise résonnait dans sa voix. Disons qu'avec un comportement aussi prévenant et une telle façon de penser, Mel ne comprenait pas trop qu'il puisse être seul apparemment. Il aurait été prostitué ou dealer, elle l'aurait compris mais être du NSS n'était pas une tare en soi. Et puis il devait toujours y avoir une occasion d'évoluer en terme de carrière. Pas comme dans d'autres branches. Elle lorgna sur le repas mais n'osa pas y toucher de suite. Elle n'était pas un ventre sur pattes même si l'omelette semblait délicieuse !
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Mer 27 Oct - 3:03

Il avait du mal à croire qu’au final, il ne connaissait Mélissa que depuis quelques heures. Il n’avait jamais eut de mal pour tisser des liens avec les gens. Seulement c’était tellement différent de ce qu’il ressentait d’ordinaire. Ce mélange d’agacement ou de résignation à tenir le rôle qu’on lui demandait de tenir. C’était vraiment comme il le disait. Sans masque, sans malice, sans obligation. Il avait du mal à croire que cet instant était bel et bien réel. Ici. Sur ce vaisseau. A quelques kilomètres de la ville seulement et pourtant cette impression d’être seuls au monde. La solitude assourdissante qu’il ressentait d’ordinaire dans cet endroit se transformait peu à peu en paisible tranquillité suspendue dans le temps.

C’était peut être la chose qui lui manquait depuis tellement de temps. Même s’il perdait en intimité, il lui semblait lentement gagner quelque chose de plus important. Quelque chose de fragile et dont l’intensité pourtant lui donnait presque la chair de poule. C’était impressionnant de voir comme si…C’était si naturel ? Ils étaient peut être complémentaire ? Il se prenait presque a sourire son café à la main, en se disant que cette rencontre était peut être qu’une fatalité. Qu’ils étaient destinés à se rencontrer un jour ou l’autre. Cela ne lui ressemblait pas de penser à des choses aussi romantique. Mais d’une certaine manière, il croyait au destin. Qu’au final, le libre arbitre ne menait paradoxalement qu’à une chaine de choix qui n’en n’était pas vraiment pour lui.

Chacun avait ces goûts, ces envies, ces désirs, sa raison, son éducation…D’une certaine manière, cela rendait les gens prévisibles. Même lui lorsqu’il regardait en arrière et certains de ces choix, il se disait qu’il n’arrivait pas à regretter. Que s’il avait prit un autre chemin, il n’aurait pas vraiment été lui-même.

Il but une petite gorgée, écoutant sa compagne, légèrement distrait par ces pensées bien heureuses qui le rendaient nostalgique…Lui donnant l’envie de soupirer d’aise. Il se sentait bien.

“ - Et puis qu'est-ce qu'un père ? Ce n'est que mon... géniteur.. Après tout.... ”[center]

Trystan haussa des épaules, buvant une gorgée de café en laissant ses doigts se perdre dans la chevelure de la métisse. Un geste doux, attentionné…Etrangement, il n’avait pas besoin de plus. En tout cas, il ne lui viendrait pas l’idée de demander plus sans que cela lui paraisse saugrenu.

‘‘[color=Darkcyan]Je peux pas vraiment te dire. Mon père n’a jamais vraiment été qu’une photo dans le salon…Un nom…Un visage…Il serait plus correcte de dire une sorte d’icône sacrée dont je n’avais pas le droit de douter. Même aujourd’hui, je ressens une sorte de crainte presque religieuse. Je sais parfaitement qu’il n’est qu’un homme et qu’il a du faire des choses dont il n’était pas fier. Mais l’idée d’en dire du mal…Je sais pas…J’y arriverais pas. Si ca se trouve, il n’est pas mort héroïquement. Il est probablement mort bêtement sans voir la fin arriver. Quand je regarde les faits, c’est même ce qui a du arriver. Mais mon père restera toujours ce héros pour moi.{/color]’’

Bizarre aussi de parler de cela. C’était peut être bien la première fois qu’il en parlait sans évoquer le Laïus de sa famille à son propos. Parler à cœur ouvert aurait du le mettre sur ses gardes. Il n’en n’avait pas l’habitude. Il ne voulait pas le faire. Pas sans craindre que tout ce qu’il disait se retourne un jour contre lui. Pourquoi lui faisait-il autant confiance ? Il se le demandait. Peut être avait il atteint sa limite ? Il regarda rêveusement devant lui tout en continuant ce contact charnel avec la jeune femme sans y prêter garde. Un geste presque naturel, qui lui semblait normal voir habituel.

‘‘[color=Darkcyan]Mais encore une fois tout dépend de la situation. Celui qui m’a servit de figure masculine, c’était encore une fois mon grand père. Je sais pas pourquoi elle ne c’est pas remariée. Je sais pas si je l’aurais accepté…{/color]’’

Ces yeux bleues s’étrécirent un moment.

‘‘[color=Darkcyan]Non …Ca n’aurait rien changé. Je me suis toujours élevé tout seul. Je me suis construit au fil du temps. Même mon grand père n’as finalement fait que me donner quelques connaissances. Je serais resté froid et distant…Comme toujours. Au final, je t’aurais bien dit qu’un père est celui sur qui ont peut toujours compter, qu’il nous transmet ces valeurs. Mais pour nous deux au final…{/color]’’

Il laissa la phrase en suspend, prenant une autre gorgée de café alors qu’il regardait d’un air apaisée le sourire de son invitée. Cela faisait vraiment un bien fou de s’ouvrir à quelqu’un comme ça.

[center]“ - Mais... et toi ? Tu n'as personne ? Je veux dire, tu n'as pas vécu toujours en solitaire comme ça... Si ? ”

La question eut le don de le prendre totalement au dépourvu, lui faisant vaporiser son café dans la pièce manquant de peu de s’étouffer avec. Il regarda Mélissa un moment, le rouge commençant à lui monter aux joues. Ses deux mains sur sa tasse désormais, ses doigts tapotaient nerveusement la porcelaine alors que son cerveau avait du mal à interpréter le flux divers d’information. C’était quoi ce genre de question ?!? Cela voulait dire quelque chose en particulier ? Il avait loupé un signal ? Ou alors c’était simplement de la curiosité ? Et puis même ! Comment pouvait-il aborder CE sujet avec elle ??? Ca se faisait de parler d’une autre femme comme ça ? Et puis c’était vachement personnel pour lui !

Il regarda le fond de son mug, rougissant de plus en plus ! Pourquoi il avait cette foutu impression d’être revenu au temps de l’institut ? C’était typiquement le genre de comportement qu’il avait lorsqu’elle s’amusait à l’asticoter. Lui qui pensait être au-delà de cela maintenant, il se rendait compte qu’il n’était pas toujours aussi froid qu’il aimerait l’être. A moins que cela ne soit la métisse qui arrivait tout simplement à le mettre dans cet état par un truchement dont il ignorait tout ? Il détourna le regard un moment en grimaçant avant de baisser la tête pour cacher son embarras croissant.

‘‘C’est…Tu va peut être trouver ça…’’

Il soupira. Pas possible d’être resté le même gamin qu’a l’époque dès qu’on parlait d’elle. Une ombre de tristesse mêlée de nostalgie passa tout de même sur son visage.

‘‘C’était durant mes années a l’Himmel. Durant ma seconde ou ma troisième année en science de l’humain préparant une future carrière d’officier militaire. Elle était déjà dans la vie active, de plusieurs années mon aînée. En fait, je venais tous juste d’atteindre ma majorité ou presque quand on m’a annoncé nos fiançailles arrangées. Au début, dans ma fierté, j’ai pris cela que pour un devoir de plus. Bêtement, je pensais qu’on me demandait de n’être qu’un géniteur. Je trouvais ça normal et ne laissait aucune part à l’amour. Une annotation de plus dans mon agenda, deux sourires à faire en plus et on n’en parlerait plus. J’espérais qu’on n’aurait pas à ce parler. On pourrait dire que j’étais vraiment borné en plus d’être fier et idiot. ’’

Il gloussa en y repensant. Sans y penser, il souriait presque bêtement en passant son doigt sur le pourtour de la tasse.

‘‘Notre différence d’âge faisait presque rire …Elle avait facilement dix ans de plus que moi. Mais génétiquement parlant, c’était très avantageux celons les médecins. C’est ce qui a du lui plaire chez moi. Le fait que pour moi, cela n’avait aucune importance. C’était mon devoir et je prenais cette notion très à cœur. Mais je me souviendrais toujours de sa tête le jour où je lui ais répliqué que son âge ne changeait pas ce qu’elle était pour moi. Rapidement, elle est devenue très envahissante. Elle s’amusait à me tourner en bourrique continuellement. Elle aimait me taquiner et me faire sortir de mes gonds. Elle a fait sortir ce que j’avais de meilleur en moi. Elle m’a montrée tout un univers que je n’imaginais pas. C’était comme si on m’avait ôté une cagoule et que je regardais pour la première fois le monde avec mes yeux. ’’

Léger sourire forcé quand son œil tiqua.

‘‘M’enfin à l’époque j’avais pas des masses d’humour. Je me serais volontiers passé de quelques unes de ces blagues. Je me suis rarement sentis aussi humilié et honteux par moment. Mais au final, elle était toujours là. Son sourire, sa chaleur, une présence réconfortante. Je me sentais invincible tant qu’elle était là. J’étais prêt à tout pour elle. ’’

Il se frotta les yeux sentant des larmes poindre. Il détourna la tête en se mordant la poitrine bien que les mots avaient désormais de plus en plus de mal à passer ses lèvres. Sa nervosité grandit de plus en plus. Devait il l’avouer ? Il avait promit de ne rien cacher. Et pourtant, il ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle le haïrait certainement pour ça.

‘‘J’ai…Elle était…C’était…C’était une rebelle. Ce soir là, elle avait sa arme pointée vers moi. Elle avait tué sous mes yeux mes collègues. Ceux avec qui elle avait rit et partagée de bon moment. Elle tenait son arme droit sur mon cœur. Elle hurlait qu’elle m’aimait. Elle hurlait qu’elle avait fait tout son possible pour me haïr, mais elle m’aimait. Elle aimait ma façon de m’entêter. Le plissement de mon front quand je fronce des sourcils. Ma manière de m’énerver et de lui faire la leçon. Ma manière de rire. Celle que j’avais de prendre mes aises avec elle. Elle hurlait tout cela, les yeux en larme. J’avais la mienne dans la main. Tout mon corps, tout mon être et mon âme me commandait de tirer. ’’

Il écrasa les larmes naissantes du revers de la main en espérant qu’elle n’avait rien remarqué.

‘‘La version officielle, c’est que j’ai tiré. Je suis devenu un héros l’espace d’une nuit. J’ai fais mon devoir et j’ai gagné la réputation d’être inflexible. Difficile de faire confiance d’un autre côté à quelqu’un capable de loger une balle dans le cœur de sa femme. Mais la vérité, c’est que je n’ai jamais tiré. J’étais tiraillé…L’idée de trahir m’était insupportable. Mais je devais bien admettre que si je la caressait du doigt comme une possibilité…J’y songeais sérieusement. J’étais prêt à abandonner quand elle a soudainement sauté dans le vide. Le souvenir de son regard me hante parfois. Son dernier je t’aime aussi. Après ça, j’ai juste enchainé des histoires sans lendemain. Surtout pour le travail…Principalement pour le travail. Je m’y suis jeté a cœur perdu en espérant que j’y trouverais une sorte de consolation…Et peut être une raison. Pourquoi elle a sautée. Pourquoi j’ai pas appuyé sur la gâchette. Pourquoi j’ai hésité a trahir. Pourquoi ce système ? Est-ce que tout cela valait le prix payé cette nuit là. ’’

Il haussa les épaules.

‘’Le boulot comme excuse et comme bouclier à tous mes problèmes. Même ceux de cœur ! Je ne sais pas si une femme serait vraiment intéressée par un cas comme le miens. En tous cas désolé…Je voulais pas te mettre dans l’embarras. ‘’

Comme pour lui prouver que tout allait bien, il lui caressa à nouveau les cheveux. Il y aurait bien déposé un baiser au passage. Il se sentait vraiment faible après cette histoire. Un peu mieux tout de même qu’il avait confié ces doutes. Cela pourrait lui valoir de sérieux ennuis si cela venait à ce savoir qu’un agent anti terroriste émettait des doutes sur l’empereur.

‘’Mais je ne fais que parler…Mais et toi ? ‘’

Il allait lui demander ces amours…Mais il devait bien se douter qu’avec son travail, la chose était difficilement concevable. Il se massa la nuque en se traitant d’idiot.

‘’Enfin je voulais dire que tu as bien des histoires à raconter non ? Enfin je veux pas dire que…Tu mérite quelqu’un de bien qui s’occupe de toi. ‘’
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MessageSujet: Re: Maison de Trystan   Jeu 4 Nov - 19:18

La réaction de Trystan était pour le moins étonnante. Pour Melissa, il ne s'agissait que d'une question anodine. Personnelle certes mais tout de même banale. Elle dévisagea l'homme sans comprendre. Sa tête se pencha sur le côté droit alors qu'elle réfléchissait. Les seuls hommes mal à l'aise qu'elle avait rencontré étaient les vieux garçons, qui refusaient d'avouer qu'ils n'avaient jamais touché une femme de leur vie et ceux qui trompaient leur épouse. Et puis, le blond était un grand garçon, non ? Etait-il timide ? Pourquoi après tout. Chacun avait son jardin secret, ses petites choses dont il n'avait pas forcément envie de parler aux autres. Ses yeux se plissèrent avec curiosité. L'officier possédait sans doute un terrible secret. Comme avoir dragué la femme de son supérieur ou encore un enfant caché ? L'imagination de Mel tournait la situation dans tous les sens possibles, ne mettant aucune hypothèse même farfelue de côté. Attrapant une mèche brune, son index la tritura alors qu'elle observait le blond rougir de plus en plus. Au lieu d'être embarrassée, elle était amusée.

Un instant, Mel pensa l'embêter. Lui dire qu'il était plus rouge que les tomates de Lutia mais elle s'en garda. Elle ne savait pas s'il risquait d'apprécier et elle passa une main dans ses cheveux, les ramenant en arrière. Allons, allons, il pouvait parler, elle ne répéterait pas. Mais s'il n'en avait pas envie, Melissa comprenait aussi. Se redressant légèrement, la jeune femme attrapa ses couverts au moment où Trystan parla. Sa tête se tourna dans sa direction. Elle avait l'impression d'être en face d'un adolescent. Rien à voir avec l'agent croisé à l'Astrid. En soirée, on pouvait voir tellement de facettes différentes chez une personne... Ça laissait rêveur, non ? Cependant la nouvelle expression l'interpella. Il semblait se rappeler un souvenir douloureux. La prochaine fois, elle ferait mieux de se taire au lieu de remuer le passé. Pas facile de rester entièrement une poupée muette, le travail fini. Posant les couverts, Melissa se tourna entièrement vers l'officier. Elle paraissait plus attentive dans cette position.

Et elle l'écouta. Combien de détails lui parurent étrangers ? Beaucoup trop. Elle ne comprenait pas les mariages arrangés. Elle ne comprenait pas qu'on puisse être avec quelqu'un sans l'aimer même si sa mère lui avait répété que parfois l'amour pouvait éclore simplement avec le temps. Gardant ça pour elle, Melissa se concentra sur les paroles de Trystan. Lui qui paraissait gêné, se montrait finalement plus bavard, qu'elle ne l'aurait crû. Elle se surprit à envier cette relation passée. La suite lui fit cligner les yeux. Le destin s'amusait bien aux dépens des humains. Tuer son amour pour sauver son honneur ? Aimer jusqu'à en mourir ? Aimer jusqu'à se tuer plutôt qu'assassiner son amant ? Il y avait quelque chose de tragique et courageux dans cette histoire sur laquelle elle ne portait aucun jugement. Se levant, elle s'installa à nouveau sur le canapé et tapota gentiment l'épaule de Trystan. Elle avait bien remarqué la larme mais les hommes ne pouvaient s'empêcher de garder un petit côté fort, non ? Quant au pourquoi, elle n'en avait pas la moindre idée, sauf que le travail ne pouvait répondre aux questions du coeur. Sa main se retira pour se poser sur sa robe.

Un soupir s'envola de ses lèvres. Ils étaient tous des cas. En tout cas, elle n'avait jamais rencontré quelqu'un sans histoire ou sans particularité. Et le boulot était la meilleure excuse qui existait. Les missions, les colloques, les réunions... Combien s'en inventaient aussi juste pour fuir la réalité ? En plus, il y avait pire comme cas. Toutefois, Mel lança un regard rempli d'incompréhension à son hôte. La mettre dans l'embarras ? N'était-ce pas plutôt l'inverse ? Glissant à nouveau en bas du canapé, elle s'y appuya.

 - C'est plutôt moi qui ne voulait pas te gêner... Je suis désolée... 

Melissa ferma les yeux sous la caresse avant de les rouvrir. Elle ? La jeune femme se frotta la tempe gauche. Elle avait du mal à s'étendre sur sa vie privée. Probablement parce qu'elle la trouvait terriblement ennuyeuse, sans intérêt. À part les anecdotes avec les clients, il n'y avait rien de croustillant.

 -Hm, j'aurais des tas d'histoires à raconter mais bon, il y a le secret professionnel... Enfin tu connais peut-être certains de mes clients alors tu vois... C'est comme vous avec vos dossiers sensibles... 

Le pensait-elle vraiment ou était-ce une bonne excuse pour ne pas étaler ses fréquentations forcées ? Elle esquissa un faible sourire. Bon, tout n'était pas secret non plus. Hésitante, Mel se mit à jouer avec ses doigts. A chaque fois, qu'elle repensait à lui, ça la tiraillait. Oh, il pouvait se vanter de l'avoir marqué ! Ce n'était pas son premier amour mais il avait été le premier à la faire rougir comme jamais.

 - J'ai eu un client qui me plaisait... Mais pas juste comme ça. Je me sentais vraiment bien avec lui et pour la première fois, j'ai eu...  Ses joues s'empourprèrent alors qu'elle songeait à ce qu'elle s'apprêtait à dire. Non, elle ne pouvait pas. Esquissant un vague signe de main, la métisse humecta ses lèvres.   Enfin bref, je me surprenais à rêver d'une nouvelle vie. Il était plus vieux que moi. Au moins 20 ans de plus mais je m'en moquais. C'était le genre prévenant, toujours un sourire, un petit mot gentil... Sauf que j'avais oublié que ce n'était qu'un client... 

Sa voix se fit plus faible. Son regard erra sur les photos puis les assiettes. Les clients ne partaient jamais avec les filles. Tout le monde savait ça à l'agence. Mais quand elle avait débarqué, Melissa avait espéré cette rencontre improbable. Celle d'un homme qui ne tiendrait pas compte de sa loge, ni de son métier. Il aurait même été suffisamment futé pour l'aider à trouver un autre boulot. Ça ne coûtait rien de rêver même si la réalité blessait. Kasper avait disparu de ses clients. Elle avait continué sa vie. Maintenant, elle cultivait juste les bons souvenirs.

  - Enfin voilà... Rien d'exceptionnel, ni de palpitant... 

Elle sourit doucement alors qu'un gargouillement mécontent se fit entendre. Pivoine, elle posa ses mains sur son ventre et baissa les yeux. Retirant ses mains, elle s'approcha de la table et lança timidement.

- Bon appétit !

Au même moment, son iNomad sonna. Rien qu'au son, Melissa reconnut son interlocuteur. Quelle heure était-il ? Elle attrapa l'appareil et écarquilla les yeux. Déjà ? Sa mère devait être morte d'inquiétude. Et la jeune femme le comprit en prenant la conversation. Où était-elle ? N'importe quoi pouvait arriver à Raimyo ! Mel n'osa pas dire où elle se trouvait. Esquissant un faible sourire à Trystan, elle récupéra ses affaires jusqu'à ce qu'elle souffle à sa mère d'attendre.

- Je... Je suis désolée...

Presque précipitamment, Melissa quitta l'officier. Si elle attendait, elle devrait expliquer. Tout. Pas certaines choses mais tout. Parce que bâtir un bon mensonge devenait compliqué dans cette situation. Dans la rue, la jeune femme s'arrêta. Une sensation de déjà vu en tête mais repartit aussi tôt. À l'autre bout, une voix soulagée mais un brin déçue lui tenait compagnie. La fin de nuit allait être longue.
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Maison de Trystan

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