Premier contact

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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Premier contact   Lun 8 Nov - 21:34

Elle avait pris son plus beau stylo à encre et avait écrit de sa longue et déliée écriture ces quelques mots.

Café Bliss, 17 heures
Phoebe Johansen


- Tu lui donneras ce papier.

La voiture de Phoebe était garée à quelques quinzaines de mètres du café. Le bruit de ses talons marquait ses pas, sa démarche semblait assurée mais en vérité Phoebe avait encore une main tremblante. Certes elle avait fait un choix, mais elle ne se sentait plus si sûre d’elle. C’était une chose que lui avait appris Nathan, il ne faut jamais faire confiance à un homme qui appartienne déjà à une famille, une famille qui n’est pas la notre. Pourtant Phoebe ne pouvait pas engager un lux, ni un Ios, elle n’avait que les N.S.S, suffisamment respectables et suffisamment professionnels.

Maintenant il était trop tard, elle ne pouvait plus reculer. Si jamais Phoebe le faisait, elle attirerait l’attention. Un enquêteur efficace sur le dos n’était pas vraiment une idée plaisante et puis cela signifierait sans doute la fouille du manoir familial et s’il y avait bien une chose qu’elle voulait éviter à tout prix c’était de découvrir d’autres secrets familiaux.

Attendre dans la rue 17hOO lui sembla soudain primordial. Le stress de l’attente dans
le café, assise, observée peut-être, lui déplaisait bien plus que le froid doux de l’extérieur. Elle s’observa dans la vitre. Son reflet était flou mais cela lui suffisait pour reprendre confiance en elle. Phoebe avait attaché ses cheveux avec une pince qui ne laissait aucune mèche volage. Ses habits comme toujours avait été choisi avec le plus grand soin. Ils étaient stricts et simples malgré leur taille haute couture. D’un gris sombre, le costume l’enrobait de sévérité. Un foulard gris argenté de la même couleur que la chemise sous la veste protégeait sa gorge adoucissant peut-être un peu les traits. Enfin le manteau qu’elle avait passé au dessus de tout cela était couleur encre. L’image qu’elle se donnait était nécessaire, laisser approcher quelqu’un était quelque chose, il en était une autre de lui montrer ses imperfections. Phoebe comptait bien lui montrer qu’elle ne lui laisserait rien entrevoir d’elle.

Sans s’en rendre compte elle devenait une LUX dans le quartier le plus mal famé d’Uros. Il n’était que l’après midi bien sur, mais la jeune femme se mettait quand même en danger sans en avoir l’idée. Trop habituée à ne pas se méfier elle devenait une cible facile.

Qu’est-ce qui lui avait pris ? Avoir entendu les mérites du militaire était un fait, avoir décrété ensuite qu’il était tout à fait le genre d’homme dont elle avait besoin en était un autre. Phoebe n’avait même pas été correctement instruite sur lui. Une tête froide, la capacité à faire les choix qu’il faut sans remords voilà ce qu’elle avait appris de lui. C’est loin de suffire pour se choisir un homme de main, pour se choisir un homme de confiance. Faire confiance, Phoebe en était capable avec sa dame de compagnie, avec son peintre, avec certaines personnes liées à la famille par des liens plus vieux que leurs générations ou avec un caractère tellement particulier qu’ils devenaient plus que des employés, ils devenaient une âme : l’âme du manoir.
Le NSS, Trystan Brosca ne serait jamais un membre de l’âme. C’est un militaire, il appartient déjà à quelque chose, à la police que Phoebe connait si peu, que Phoebe à tant besoin de connaître aussi. La jeune femme ne lui laissera rien. Rien à voir, rien à utiliser, rien … au début.

Cet entretien est un test, ou plutôt le début d’un test. Comme dans un tube à essai. Prendre un inconnu x avec la capacité de pouvoir la protéger y avec l’intelligence de la prendre en défaut z. x + y + z était le chiffre exact de sa mise en danger. Mais Phoebe comptait bien parvenir à faire quelque chose de cet homme, quelque chose bien différent d’un simple homme de main. Ce n’était qu’un projet, ce n’était qu’une idée, ce n’était qu’un but. C’était là, dans ses yeux qu’elle voulait pourtant si neutre.

Sa montre déclara qu’il était 17hOO. Phoebe plaqua un sourire sur ses lèvres et ouvrit la porte du café. Elle avança avec calme et demanda une table pour deux. Enfin assise, elle refusa de prendre un café, préférant attendre son invité. Phoebe posa sa main sur la table, poignet contre le bois, bras tendu, relevant ses doigts comme si elle regardait ses ongles. Quand enfin ils cessèrent de légèrement tomber, elle se mit à sourire, prête à affronter l’inconnu.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Mar 9 Nov - 2:42

La main effaça la buée sur le miroir pour révéler le visage sombre du blondin. Les effluves chaudes de l’eau chaude ne lui avait pas rendu la paix qu’il avait espéré. Cela n’avait fait qu’effacer la sueur et la crasse accumulée depuis deux jours pour révéler une barbe naissante. Il plongea dans son propre regard pour ne voir qu’un homme qui n’avait fait que perdre son temps. Une journée de plus aux portes des enfers…Pas plus de justice…Pas plus de meurtre…Il n’avait fait qu’observer une fois de plus. Pas de récompense pour les idiots arrivant plein de furie et de rédemption, exhibant un symbole qui n’a plus aucune signification pour ces gens là.

Voilà comment on disparaissait.

Baisse la tête et occupe-toi de tes affaires.

L’innocent n’est que de la poussière d’or sur ce vaisseau.

Mais ces yeux bleus n’arrivent pas totalement à s’en convaincre. Il y a un vieux reste de fierté qui ne veut pas abandonner les maigres espoirs qu’il caresse encore du bout des lèvres sans se l’avouer. Le sang et les épreuves ne l’ont pas fait totalement disparaitre sous une montagne de cadavres et le déshonneur d’actions peu avouables.

‘‘Et puis quelle importance ?’’

Son regard disparait sous un jet d’eau pour revenir à la normale. Il ne reste plus que le pragmatisme et la volonté d’accomplir son devoir. Quand on faisait un boulot comme le sien, on était soit une vitrine qu’on exhibait dans les journaux pour donner l’espoir d’un monde plus juste ou on enchainait les sales boulots pour le rendre plus sûr. C’était la réalité qu’il avait toujours connu avec comme seul prix le sang versé des agents et des criminels. Une guerre qui ne l’était pas vraiment et qui ne se terminerait jamais…Au moins Trystan avait la satisfaction de savoir qu’on aurait toujours besoin de lui.

Tant que quelqu’un tenait toujours serré contre son cœur une idée…Il y aura toujours un opposant au régime…Tant qu’il y aura une personne qui décide que le prix à payer pour que chaque homme et femme soient égaux…Il y aurait toujours un rebelle prêt à faire exploser un pâté de maison pour ces idées. Et la peur engendrée ferrait toujours de lui un homme terriblement occupée et un héro anonyme dans un monde d’hypocrisie. Ce n’était pas encore pour demain qu’une personne serait suffisamment forte ou intelligente pour faire tomber le bal des masques.

‘‘Ou suffisamment stupide’’

Il sortit de la salle de bain avec ce petit sourire, sa serviette autour des épaules, un pantalon pour seul vêtement. Il se jeta sur le rebord de la fenêtre, attrapant son paquet à la volée quand le téléphone de la planque se mit à sonner. Une voix qu’il connaissait bien emplit la pièce.


‘‘On m’a fait passé un message ’’

La voix de son indic emplit l’appartement dans une volute de fumée. Trystan bascula la tête en arrière, regardant la rue silencieusement.

‘‘Qu’est ce qui ce passe ?
On m’a laissé entendre qu’un ami voulait vous rencontrer au Bliss dans une heure.
Quel genre d’ami ?
Du genre pas très loquace si vous voulez mon avis. J’ai pas grand-chose si ce n’est qu’un morceau de papier. Ca a été assez difficile de le récupérer, le gosse ne voulait pas me le lâcher. Ah si…J’ai du mal à lire…Phoebe quelque chose.
Ok je vois…T’a rien entendu de spécial en ce moment ?’’

L’agent du NSS se leva pour rejoindre son ordinateur portable qu’il connecta à la base du NSS. Il fit rapidement une demande et une liste de nom qu’il suivait de près s’afficha rapidement. Personne n’était sortit de la cage…Aucun rapport sur des activités sortant de l’anormal. Il n’était pas grillé.

‘‘Y a bien ces histories de drogues mais je suppose que ca t’intéresse pas. Y a de nouveaux tauliers et la rumeur dit qu’ils sont pas vraiment jouasse avec la concurrence. Y a quelques types qui ont disparut ou alors ils font super bien les morts.
Merci Jim, j’essayerai de passer glisser un billet pour les bonnes oeuvres ’’

L’écran du téléphone se coupa tandis que l’agent passa sa main sur sa bouche. Il connaissait bien le Bliss…C’était pas le genre d’établissement louche qui accueillait en général des réunions qui sentaient la poudre. Ses doigts dansèrent sur le clavier quelques minutes de plus pour se connecter au réseau de caméra. Pas d’activité particulière mais cela ne voulait rien dire. Le Downtown était difficile à couvrir, ce n’était pas pour rien que le NSS n’avait officiellement aucune présence ici. Il enfila rapidement une chemise, laissant tourner l’ordinateur pour le moment. Un manteau de cuir, son holster, deux morceaux de verre noir fumée qui s’ajustèrent à ces yeux .

Le voilà qu’il dévalait les escaliers quatre à quatre, ne sachant pas vraiment quoi penser de ce rendez vous. Cela n’avait pas l’air d’une embuscade mais qui pouvait le demander ? Mélissa avait son numéro…Son patron avait le numéro de la planque…Le Basha utilisait des mails sur sa messagerie personnelle…Sa famille ? Absurde. Il restait peut être un témoin. Un rebelle transfuge ? Cela faisait longtemps qu’il ne croyait plus au père noêl. C’était frustrant de ne pas savoir à quoi s’attendre quand on aimait contrôler la situation. Sa moto l’attendit dans un coin, plus pratique qu’une voiture banalisée.

L’arrivée se fit quelques rues plus hautes. Dans une ruelle où il laissa son engin dans un excès de prudence. Il finirait le reste à pied. Paranoïaque ? Peut être un peu, mais c’était ce qui différenciait un membre de la section action vivant d’un cadavre avec son nom inscrit sur un mur de marbre. Il aurait aimé pouvoir vérifier le terrain avant la rencontre mais ce n’était pas possible et quand à appeler du renfort c’était totalement exclu tant qu’il ne savait pas dans quoi on l’invitait à mettre les pieds. Son Inomad ne tarda pas à vibrer. L’ordinateur avait apparemment fini le scan de la zone et des voitures environnantes. Rien à signaler de particulier, rien dans le fichier des véhicules affiliés aux rebelles et au crime organisé.

Une voiture associée au palais clignota…Pas de nom

Vol de voiture ?

Il se frotta la nuque en se disant qu’il y avait vraiment des gens qui aimait le risque pour venir dans une zone aussi dangereuse. Appartenir à la Lux n’était pas une barrière quand une douzaine de type arrivaient en bande pour vous détrousser. Il glissa l’appareil dans sa poche. Le Bliss était un des rares établissements chaleureux qu’il connaissait…Réel était le terme qui lui venait immédiatement à l’esprit. Neelam avait une telle façon de faire les choses…Ah s’il avait eu quelques années de plus peut être aurait il put lui taper dans l’œil. Il écrasa sa cigarette en entrant puis laissa son regard se balader dans la pièce.

Sa bouche s’entrouvrit quand son regard croisa la jeune femme.

Phoebe

Tout son être lui hurle qu’il faut ressortir maintenant. Les fibres de son être tremblent, frissonnent à l’idée d’être plongé au milieu d’une intrigue politique ou d’une histoire sordide qui allait le dépasser et de loin. C’était dangereux et à plus d’un titre…

Pourtant, il était calme malgré son sang bouillonnant. C’était ce qu’on lui avait gravé à force d’exercice et de situation de stress intense. Son esprit tentait de saisir l’éventuelle signification de cette présence…Son pas finalement marqua le sol de façon régulière ne s’arrêtant que lorsqu’il était certain de pouvoir plonger ces yeux dans les siens. Sa manière de s’habiller était bien caractéristique de la Lux...D’une personne proche de la famille Impériale…Laissant un gouffre silencieux entre leurs castes. Il hésite sur le protocole mais il serait disgracieux de l’afficher dans ce bar.

‘‘ D’ordinaire, j’ai toujours le verbe facile Miss. Mais j’avoue que vous me laissez sans voix à plus d’un titre.’’

Il avait effectivement la tête vide bien qu’il n’en laissait rien paraitre. Parfaitement calme, il s’assit dans un léger sourire sans se laisser démonter. Obtenir l’aide d’un agent était facile quand on était de la Lux. Plus encore quand on était un membre du Cercle Impérial. Des membres du NSS ou du Basha comptant parmi les plus zélés auraient été heureux de lui rendre service. Si c’était un agent anti terroriste, avoir un entretien dans son bureau au NSS ou au palais aurait été des plus simples. C’était sous le sceau du secret qu’ils se rencontraient et sa tenue laissait à suggérer qu’elle désirait aborder un sujet plus que sérieux.

L’espace d’un instant, cela lui rappela de vieux souvenirs. De vieux livres bourrés de clichés : Le détective privé malchanceux, la femme fatale et une affaire louche. Il aurait du troquer son cuir pour un imper et un chapeau mou. Cela lui décrocha un autre sourire amusé.

‘‘Je ne sais même pas par quoi commencer…Dois je vous féliciter ? Dois-je vous complimenter sur votre beauté ? J’aurais le sentiment d’insulter quelque part votre intelligence à vrai dire.’’

Il se ravisa. Il ne voulait pas laisser entendre qu’elle cachait quelque chose. Etait elle une intermédiaire ou une intrigante ? Il y avait tellement de question qui se pressait contre son esprit.

‘‘Mais les présentations quand à elles ne sont plus de mise depuis longtemps n’est ce pas ?’’

Il fixa son interlocutrice, essayant de garder l’air détaché tout en gardant sa question sous entendu sur ses lèvres…Jusqu’à quel point le connaissait elle ?

‘‘Vous prendrez quelque chose ? ’’
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Premier contact   Mar 9 Nov - 21:31

Sourire, montrer qu’elle apprécie le compliment est un jeu d’enfant. Le monde est tellement habitué à ces petites convenances que l’on s’oblige aux premières rencontres. Qu’il fasse, Phoebe admire le protocole et pour plus d’une raison. Seul le protocole permet de rester digne dans toute les circonstances, seul lui nous donne un pouvoir sur les autres qu’ils ne soupçonnent pas. Maudit Reese, si seulement il pouvait l’écouter il deviendrait un monstre politique. Non finalement c’est peut-être une bonne chose qu’il ne soit pas si attentif à son éducation.

Trystan avait un style plaisant, une tournure de phrase qui démontrait d’une certaine subtilité, un physique digne des exploits dont elle avait entendu parler et enfin une beauté discrète qui enrobait le tout. C’était parfait. Parfait. Un peu trop peut-être. Sans doute l’étudiait-il lui aussi, avec peut-être la même adresse que la jeune femme. Qu’il fasse, le masque que Phoebe avait collé sur son visage ne souffrait d’aucune fêlure.


-N’abusez pas des politesses, vous allez me faire rougir.

Sa voix était douce et habilement maniée, entre savoir d’une dame de Lux et délicatesse non mensongère. Les mensonges seraient de mise, bien sûr, bientôt, ils étaient nécessaires, ils étaient sa seule protection contre l’intelligence du NSS. Elle laissa la question voler dans les airs sans la rattraper, un membre de la police qui voudrait la sonder –elle la reine des questions sous entendus- non, non et non qu’il prenne patience ou qu’il cesse de chercher, Phoebe ne veut rien laisser paraître. Que lui dire ? Qu’elle l’avait choisi sur un coup de tête, que c’était son nom sans doute qui lui avait plu ? La jeune femme ne lui offrira pas sur un plateau un compte rendu complet de ses intuitions.

-Oui … Oui, je prendrais un Café noir.

Lui faire croire qu’elle lui répondait puis s’échapper d’une révérence, laisser le doute encore et encore, tant que Phoebe pourrait éviter de parler de choses importantes elle le ferait.
Droguée à la caféine ? Non, bien sûr que non. Elle ne comptait pas ajouter à ses addictions mentales des drogues physiques. Le café était pour elle l’un des trésors du vaisseau, un trésor noir à qui sait le voir. Elle se l’offrait pour les grands jours, ceux à marquer par une croix sur un calendrier, le jour des choix, des débuts et des fins.

Phoebe ne quittait pas des yeux Trystan, sans la moindre honte ou pudeur. C’était comme un peu une vengeance sans que l’acte n’ai été commis. Il allait, malgré l’aide qu’il allait lui donner, peut-être la blesser de son regard, qu’il se prenne l’uppercut du sien maintenant. Qu’il subisse l’étude de ses yeux verts et l’attente qu’elle lui infligeait.


-N’aimez vous pas le café, vous aussi ?

Phoebe n’en avait absolument aucune idée. Qu’à cela ne tienne, elle saurait répondre quelque soit la réponse. S’il y avait bien un terrain qu’elle comptait prendre, c’était celui du contrôle.

Tandis qu’elle l’observait commander les cafés, les mêmes questions hantaient l’esprit de Phoebe. Pourra-t-il m’obéir ? Me trahira-t-il ? Pourrais-je lui faire confiance ? Dois-je lui dire maintenant ce que je compte faire de lui ? Accepterait-il seulement ? Sans guetter des sentiments comme elle l’avait fait, elle toucha du regard son calme impressionnant. Elle avait besoin d’hommes comme lui, d’hommes comme Alben, d’hommes qui la retenaient et la protégeaient. Trystan avait vraiment le potentiel de devenir une clé maitresse, il ne lui manquait que peu de choses.

Tentant d’éloigner le vrai du faux, l’intuition du désir de croire avoir fait le bon choix, Phoebe fut soudain pensive, le sourire déserta son visage et ses traits s’adoucirent et se figèrent. Il y avait un pari cher et douloureux à prendre, en était-elle seulement prête ? Etait-ce vraiment important ? Plus tard, peut-être, mais maintenant, tout semblait calme, si calme. Il n’y avait que les désirs d’Alben, que les désirs de l’empereur, que les désirs de Reese. Il n’y avait que son père, droit comme un I devant son échiquier avec lequel il jouait des heures et des heures seul, bien loin d’avoir perdu la raison. Et cette pièce qu’elle avait prise un jour et mit dans le coffret. Nathan regardait sa fille parfois, du haut de sa fenêtre, elle sentait son regard tout en refusant de s’y accrocher. Il lui disait des paroles si glaciales que son cœur se rétractait sous le bruit de ses silences. Prends garde ma fille, prends garde, tu t’es mise dans un sacré pétrin ma jolie, un sacré bordel. Prends garde, fruit de mon sang, s’il y a bien que tu reconnait c’est la lueur du danger quand tu en sens la chaleur. Qu’elle pouvait haïr son père, qu’elle pouvait haïr la suite de ses coups sur l’échiquier, sa seule façon de garder tête hors de l’eau l’héritage. La seule façon d’être sûr que sa petite fille serait bien sous clef. Phoebe avait beau le battre aux léchecs, elle avait besoin d’aide pour voir, comme sous ses lumières à lui, le monde et ses nœuds.


-Des évènements t’ont amenés à être ici, rappelles les moi.

Sa voix s’était faite autoritaire, son visage restait pourtant calme et sans expression. Il ne devait même pas savoir de quoi elle parlait. Phoebe voulait juste entendre ce qui pouvait peser sur le NSS, ce qui pouvait le rendre fier, ce qui l’avait marqué. Sa voix n’acceptait aucune question, elle avait pris la même inflexion que lorsqu’elle exige à un des Van Aalbruck une récitation ou une explication. Elle attend maintenant, d’une patience qui ressemble à l'immobilité d'une statue : planante, menacante mais toujours silencieuse. Attentive au moindre de ses changements de voix ou de visage, Phoebe se fait attentive. Ses yeux verts sont maintenant froids et inspectent le bleu de ceux de Trystan.

Phoebe ne s’est pas rendu compte que sa voix à changée, que ses lèvres sont passées du vouvoiement au tutoiement, que cela dépasse les limites du protocole, que cela pourrait forcer Trystan à se lever et à sortir. Mais elle l’exige, là, maintenant, elle le veut cet homme qu’elle ne connait pas. Et s’il ne peut pas lui appartenir alors il ne lui appartiendra pas, elle trouvera peut-être quelqu’un d’autre, elle restera peut-être seule. Cela n’a pas d’importance, ce qui l’est par contre, c’est comment il va réagir et ce qu’il va faire de son ordre. Car c’est un ordre sans aucun doute, Phoebe n’offre pas de faux semblants. Lui mentir maintenant serait tenté le diable. Le diable elle le tente déjà, de bien des manières et sans raison.

Pour la première fois qu’elle se tente sur un véritable échiquier, la jeune feme compte bien gagner. Et si les pièces qu’elle forme sont mal assorties ou bancales ce ne sera pas un jeu mais de simples enfantillages. Phoebe n’est plus une enfant, elle ne veut pas être un fardeau ou être ballotée sans comprendre ce qui lui arrive, elle ne veut pas non plus être une monnaie d’échange ou un moyen de pression. Non Phoebe est bien décidée à ne pas perdre.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Mar 9 Nov - 23:48

C’était une sensation plus que déplaisante que de se sentir manipulé. D’une certaine manière, Trystan en avait toujours eut conscience et en avait tiré son épingle du jeu. Mais cette femme venait d’éveiller l’instinct du prédateur en lui par son jeu de faux semblant. Elle soufflait le chaud et le froid avec une élégance qui ne le laissait pas entièrement de marbre. La prudence dont il désirait faire preuve s’effritait à mesure qu’il cherchait des éléments de réponse. Une déformation professionnelle qui le poussait à guetter un geste, une parole dont il pourrait tirer quelques informations.

En l’occurrence, une absence de réponse qui lui semblait des plus révélatrices. Nombre de suspects n’avaient pas idée ce qu’un officier pouvait tirer d’un silence entendu. Ce qu’il avait en face de lui n’était pas une de ces femmes de la Lux qui cherchaient un sens à leur vie que ce soit en dépensant ou en se trouvant une lubie pour occuper leurs journées. Ce qu’il avait en face de lui, c’était une prédatrice…Une femme qui savait ce qu’elle désirait et qui probablement ne reculerait devant rien pour arriver à ces fins. La preuve en était de convoquer un membre d’une section difficile à trouver ou encore porter ce genre de tenue dans un endroit qui aurait nécessité plus de discrétion.

Son œil avisé cherchait toujours quelques brides d’informations avant que les yeux verts ne le remettent en place. Il manqua de peu de lui offrir un sourire plus franc même si ses yeux se firent un instant plus doux qu’a l’habitué. Rencontrer quelqu’un qui était capable de soutenir une joute orale était si rare de nos jours. Combien de criminels de bas étages, combien de rebelles se croyant tout permit, combien d’interrogatoire mouvementé…C’était presque agréable de trouver une personne dont la langue était aussi aiguisé que le regard. Il ticqua sans le vouloir en remarquant qu’elle aurait pu facilement jouer avec lui en trouvant une belle histoire pour contenter sa curiosité.

Il se détendit involontairement devant cette observation. Cela dénotait d’une certaine honnêteté quelque part. Voulait-elle établir dès lors une relation de confiance ? Préparait-elle le terrain pour un mensonge plus convaincant ? C’était assez révélateur quelque part. Elle n’était pas une femme ordinaire de la Lux. Elle connaissait bien les affres des soirées mondaines et surtout celle de la nature humaine. Dangereuse à plus d’un titre.

-N’aimez vous pas le café, vous aussi
‘‘Mmm ?’’

Il papillonna des yeux, mettant de côté son étude. Il fini par lever une main pour commander deux cafés, la tête encore pleine d’interrogation.

‘‘Je préfère éviter les clichés sur la police en règle général…Mais je dois avouer que mes deux maîtresses resteront toujours la caféine et la nicotine. Les journées de travail sont bien trop longue pour ne pas compter sur elle pour garder l’esprit vif.’’

Il était toujours impossible de faire des recoupements pour le moment dans cette bataille invisible qui se déroulait entre eux. Mais il restait calme, souriant, continuant encore et encore à jouer le jeu. Il gagnait du temps et se montrait patient jusqu’à trouver la faille ou l’erreur qui allait lui permettre de reprendre le contrôle de la partie. Pour le moment, il préférait le lui laisser. L’illusion du contrôle était une arme tellement puissante et il obtiendrait de meilleurs résultats sans craindre un mensonge.

-Des évènements t’ont amenés à être ici, rappelles les moi.

La respiration de l’agent se bloqua sous l’effet de la voix autoritaire…Sa pupille s’étrécie immédiatement. Difficile d’y voir la rage ou un simple réflexe conditionné. Trystan pu entendre chaque battement de son cœur alors qu’il accusait le coup qui était partit sans prévenir. Elle avait laissé l’ambiance s’installer pour mieux le surprendre. Cette question….Cette façon de faire…Ce n’était qu’un test. Son regard vert inquisiteur évaluait chacune de ses réactions.

Mais le plus important était qu’elle tentait de s’imposer à lui d’une simple phrase. La manière dont il allait répondre allait être importante alors qu’il était toujours sous le coup de la surprise. Cela allait déterminer aussi la relation de confiance entre eux s’il mettait trop de temps à répondre. Heureusement la serveuse vint déposer les deux cafés, libérant du même coup la respiration de l’agent. Accepter un ordre qui ne venait pas de sa hiérarchie ? S’il voulait des réponses, il n’avait pas le choix…Et quand a sa fierté…Il avait l’habitude de jouer le rôle qu’on attendait de lui non ?

Sa main ne tarda pas s’emparer de la cuillère pour la faire tourner calmement dans la tasse, la remuant doucement. Le ton de sa voix se fit plus neutre alors qu’il la regardait dans les yeux, délaissant le masque des convenances derrière lui pour ne laisser que le professionnel qu’il était.

‘‘Je dois comprendre par là que je dois être le premier à révéler mes pensées ?’’

Il passa sa langue sur ses lèvres. Elle ne parlait évidement pas du message…Elle voulait tester son intelligence et sa capacité à cerner une situation. Cela lui semblait le plus logique.

‘‘Vous n’avez confiance en personne. Que ce soit le personnel du NSS au palais, que ce soit les membres du Basha qui compose la garde de la famille impériale, les membres de la Lux, peut être la domesticité...Il vous est probablement difficile de l’accorder au vu d’un environnement aussi hostile que le palais.’’

Il ne devait pas aller trop loin non plus. Il garda un instant le silence pour guetter une réaction et continua à remuer lentement son café.

‘‘La seconde circonstance est nécessairement du à mon dossier. Vous cherchez le profil d’un homme de terrain mais vous travaillez au palais. Il vous faut quelqu’un d’intelligent, capable de bien cerner les intrigues du palais pour éviter aussi bien d’attirer l’attention que vous attirer des ennuis. Le dossier mentionne que je suis diplomé de l’Himmel…Je suis plus que qualifié pour être un officier du basha et donc à servir au palais. De plus, je suis l’un des rares membres du NSS a effectuer des missions d’infiltrations. J’ai donc l’habitude d’évoluer dans des conditions plus intense que les salons de l’Arkeem. Autres choses de notable ? Mon dossier comprend de nombreuses citations pour ma détermination à accomplir ma mission…Envers et contre tout. La loyauté n’est pas un vain mot, surtout quand on est un membre lutant contre le terrorisme.’’

Il prit la tasse entre deux doigts pour en prendre une gorgée. Le liquide chaud glissa dans sa gorge…Très agréable. Ca changeait du jus de chaussette qu’on osait servir dans les machines du bureau. Il détourna son attention sur la jeune femme, arrivant au point qu’il n’arrivait pas encore à cerner.

‘‘ Maintenant, on arrive à la raison la plus importante à mon sens. Je n’arrive pas à déterminer si vous avez besoin de manière ponctuelle ou plus permanente. La seconde solution me parait peu plausible. Si vous aviez besoin d’un garde du corps, je ne doute pas que la famille royale serait heureuse de vous en donner plus d’un. Quitte a vous le laisser le désigner…A moins que votre manque de confiance s’étend à elle aussi. Dans ce cas, je peux comprendre le besoin de le choisir personnellement. Cela soulève un autre point que j’aborderais plus tard. L’autre solution est que vous n’avez besoin que d’un menu service. La lux est bousculée par tellement d’intrigue de couloir que l’étaler sur la place publique pourrait vous déshonorer. Vous ou l’une de vos amies. Dans ce cas, vous avez besoin d’une enquête discrète mené avec célérité par un professionnel. A moins que vous ne cherchiez un moyen de couper une langue définitivement trop pendue.’’

Rien dans son expression montrait que ces situations le gênait d’une manière ou d’une autre.

‘‘ Bien sûr ce ne sont que des hypothèses étant donné que vous ne me laissez que très peu d’indice…Bien que je ne vous sente pas particulièrement sur vos gardes ou filtrer un sentiment d’insécurité. Une dernière possibilité pourrait vous faire jouer que le rôle d’un intermédiaire mais c’est peu probable. Si la famille impériale avait besoin du service d’un agent, elle passerait certainement par une autre personne.’’

Il haussa les épaules. Désormais beaucoup plus détendu, il se laissa aller sur sa chaise, laissant son regard détaché sur la jeune femme.

‘‘Et si je me trompe pas. Rien de tout ceci n’est officiel et demandera de moi un engagement pour le moins personnel. Une relation de confiance est nécessaire pour que cet entretien débouche sur quoique ce soit. C’est la dernière circonstance je pense…Si vous m’avez choisit, c’est que vous pensez pouvoir me faire confiance bien que je ne vois pas ce qui pourrait vous faire penser une telle chose. Effectivement, je ne suis pas le genre d’homme à manquer à une promesse. Mes actes ont parlés pour moi plus d’une fois…Parfois au prix d’ami. Je pense que vous avez quelque chose à me proposer. Une chose qu’il me serait difficile de refuser…A moins que vous ne veniez directement me demander mon prix ? J’avoue que je serais particulièrement déçu dans ce cas. Vous pensez que je suis accessible d’une manière ou d’une autre…Je me trompe ? Vous ne me paraissez pas du genre à perdre votre temps.’’

Il croisa les jambes, son attention entièrement tourné vers elle. Il espérait avoir passé le test et enfin avoir le dernier mot sur cette histoire…Et il était curieux de voir la manière dont elle voulait s’attacher sa loyauté…Enfin s’il ne c’était pas trompé…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Premier contact   Mer 10 Nov - 2:07

Bien que la jeune femme aime sentir le café brulant pénétrer sa gorge et réchauffer son corps, elle le laissa légèrement tiédir, écoutant avec attention la démonstration intelligente du NSS. Elle ne souleva qu’un sourcil, témoignant non d’une surprise mais d’une approbation du jugement qu’elle avait émis. Trystan pouvait être un véritable allié, un véritable danger aussi. S’approcher du danger avait toujours été pour elle quelque chose de jouissif. Suivre son raisonnement, tenter de démanteler, d’analyser chacune de ses phrases occupa toute sa pensée. Puis vins le temps du silence où se fut à elle de parler. La jeune femme posa ses doigts contre sa tasse, pris le temps de a relever au niveau de son visage et de la sentir avant de boire une par une en prenant tout son temps l’intégralité du café noir. Sans sucre bien évidemment.

- Saviez-vous ce qui se dit ? On ne peut pas faire confiance à quelqu’un qui ne boit pas de café. Quant à moi je crois que les addictions peuvent faire l’homme comme le titre ou la loyauté.

Le vouvoiement était de nouveau de mise, le protocole également. Enfin d’une étrange manière, Phoebe reprenait en main chacune des affirmations de Trystan, les étudiait tout en affichant un air amusé, se jouant presque de lui. Elle souriait, s’amusant à faire le tour de la tasse avec son doigt, une fois, puis deux, puis de nouveau encore. Du temps elle avait à en revendre, de sa patience à lui elle tentait de toucher le bout, sûre pourtant qu’il ne se laisserait pas si aisément dupé.

-Votre esprit est aiguisé, votre sang froid correct, vos manières appropriées. Ce sont des choses que je sais apprécier.

Si Phoebe ne l’avait pas dit avec tant de douceur et sans le moindre amusement dans la voix sans doute que ses paroles auraient été mal entendues. Il était rare qu’elle complimente et plus rare encore qu’elle laisse ses pensées à quelqu’un. Elle les lui offrait, tranquillement, comme pour lui donner des pistes de ce qu’elle voulait vraiment de lui. Car il était certain désormais qu’elle ne pourrait pas le lui annoncer tout de go, qu’elle devrait sans doute user de temps et de patience.

La jeune femme cessa pour la première fois de le regarder, ses yeux s’égarèrent observant les autres clients du café Bliss, ils ne les entendraient pas. S’il y a bien une chose qu’ils ne désirent pas c’est que l’on agite le seul endroit dans les bas-fonds où règne le calme. Quand elle reposa ses yeux sur Trystan, elle s’amusa d’avoir obtenu son CV sans avoir à le chercher ou à le lui demander. Car elle ne le ferait pas, enquêter sur lui, elle ne le ferait pas autrement que par ses yeux. Faire confiance à des bouts de papier, des logiciels informatiques c’est vraiment idiot, n’importe qui peut tout modifier.


-Vous aviez peu de choses, votre étude est donc tout à votre honneur.

Après les compliments arrivent les critiques, le temps du relâchement a cessé, la jeune femme lui a laissé suffisamment de temps pour qu’il se prépare à ce qu’elle va lui dire. Phoebe ne lui laissera plus aucun répit, elle l’observera sans relâche car ce qu’il va entendre désormais et ce qu’il va dire, conditionnera peut-être leur future entente.

-Votre première phrase est une première erreur. J’accorde ma confiance. Absolue, complète, entière, j’accorde ma confiance.

Qu’il digère cela tout d’abord. Le silence qu’elle lui laisse, la lente diction des synonymes, Phoebe ne veut lui laisser aucun doute. Ce n’est d’ailleurs pas un mensonge, Phoebe fait confiance au manoir familial et à ceux qui le suivent, à ces amis de Ios, aux princes. Non Phoebe n’est pas quelqu’un qui ne sait pas donner sa confiance, il lui est plutôt difficile de ne pas la donner.

-Ce n’est pas pour autant que je vous ferais confiance. Cependant vous avez été honnête je le serais également.

J’ai une proposition à vous faire, une proposition qui risquerait bien de bouleverser quelque peu votre vie. Un engagement que vous ne rencontrez peut-être jamais plus. Je veux votre temps, je veux votre énergie, je veux votre intelligence.

Je ne suis pas venu vous demander votre prix, les chiffres ne m’effraient pas. Ni vous, ni moi ne sommes monnayables et si je le regrette pour vous, c’est aussi ce qui m’amènera peut-être un jour à vous accorder ma confiance. Je pense aussi que mon offre pourrait vous intéresser, mais si j’en avais l’assurance je ne prendrais pas la peine de vous la dissimuler. Vous voulez savoir ce qui m’amène ici ? L’excellent café qu’ils servent bien entendu. Vous voulez savoir ce qui vous amène ici ? Ce serais vous mentir que vous dire que je vous le dirais entièrement et pleinement aujourd’hui. Je ne révèle jamais mon jeu avant d’avoir vu toute mes cartes, et vous m’êtes bien étranger.


Phoebe avait senti au cours du discours du NSS qu’il se relâchait comme si dire ce qu’il pensait lui permettais de s’alléger, de se sentir plus à l’aise. Ce n’était pas le cas de Phoebe, plus elle parlait plus elle veillait à ne pas en dire trop ou trop peu. Ce ne serait peut-être pas suffisant au policier mais au moins elle aurait tenté. Au fur et à mesure que les mots s’écoulaient de sa bouche, toujours choisi avec soin, la jeune femme sentait monter en elle une tension. Cette même tension que l’on a lorsque l’on fait quelque chose qui menace de s’effondrer au moindre faux pas. Elle ne ressentait plus de stress, elle veillait juste à rester la plus parfaite possible. Elle espérait attirer l’attention de Trystan et éveiller sa curiosité.


-J’ai besoin de savoir.

Avant l’attaque, elle lui donnait une clef Cela n’avait pas de valeur pour Trystan, Phoebe se savait protéger en partie car ce qu’elle lui demandait prendrait une toute autre image une fois sorti de sa bouche. Mais la question initiale, la question cachée était une réponse déjà, une véritable réponse. Cela lui plut de braver ses propres faiblesses en attaquant les siennes, en les laissant bien cachées en profondeur.

-Uses-tu de la Nicotine pour lutter contre une angoisse ou un stress ?

Le tutoiement amenait déjà à un nouvel ordre. Phoebe n’avait pas été insensible au trouble momentané du NSS et de ce fait elle en avait tiré une victoire. Il ne s’y était pas attendu et elle avait enfin pu lire quelque chose d’autre qu’un masque de froideur et d’amusement. La question ici était bien plus personnelle.

Avant qu’il ne puisse dire quoi que ce soit, lui coupant peut-être la parole, Phoebe reprit, presque sèchement.


-Ce n’est pas la seule question. A qui va votre loyauté ?

Ceci étant dit, l’attaque au sang froid de Trystan était ferme et impitoyable. Phoebe ne se satisferais pas d’une révérence, la question lui était primordiale. C’était cette deuxième question qui était la plus importante, c’était pour cette deuxième question que Phoebe avait posé la première. La jeune femme voulait entendre la réponse bien sur, mais ce qu’elle espérait c’était d’obtenir sur le visage du blond une réponse qu’elle pourrait croire. La jeune femme n’avait pas été dupe, il avait été impossible de lire sur le visage de Trystan quand il avait parlé de ce qu’il pourrait faire, elle n’avait pas su discerner ce qui était du vrai ou du piège. Il jouait avec grâce de sa langue et de son intelligence, c’était une véritable bénédiction et une véritable catastrophe. Phoebe devait être certaine te pour cela elle n'hésiterais pas à risquer de le perdre.

Phoebe esperait juste que Trystan ne finirait pas leur petit bras de fer par une sortie théâtrale, que ce qu’elle lui avait déjà dit suffirait à le garder auprès d’elle.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Jeu 11 Nov - 0:52

Le silence s’éveillait de nouveau entre eux. La jeune femme semblait peu désireuse d’approfondir la conversation pour le moment, elle rodait autour de lui, jouait avec la tension et ne s’occupait plus que de la tasse à café qui habitait ces mains fines. Bien loin d’user sa patience, l’homme qu’il était cessa d’être un agent pour apprécier simplement le moment où la porcelaine s’appuyait sur ces lèvres. La manière délicate dont elle avait invité ce sombre liquide à être sien jusqu’à la dernière goutte tout en le gardant vierge, sauvage et aussi profond qu’à l’instant de sa naissance.

Savoir saisir l’instant et y voir une beauté éphémère était le secret du bonheur pour certain. Trystan ne pouvait pas leur donner totalement tord dans cet instant qu’elle lui offrait sans même en avoir conscience. C’était agréable de penser ne serait ce qu’un instant qu’il ne faisait que prendre un café avec une jeune femme aussi belle qu’intelligente. Qu’il n’était pas entrain de travailler, que le monde pouvait ce limiter si simplement à quelques tables…Qu’il n’existait alors rien au-delà de ces murs.

Saviez-vous ce qui se dit ? On ne peut pas faire confiance à quelqu’un qui ne boit pas de café. Quant à moi je crois que les addictions peuvent faire l’homme comme le titre ou la loyauté.

Son œil lança une expression luisant d’amusement. Il ne connaissait pas cette expression, du moins pas sous cette forme. Un homme n’ayant aucune addiction était soit un menteur, soit un saint. L’homme et sa dualité…Nul n’était un saint et ceux qui hurlaient aux valeurs étaient bien souvent les premiers à cacher de sombre secret. Un tel homme pouvait être dangereux et tenait plus à sa réputation qu’au reste. L’homme qui reconnait ces addictions montre qu’il est n’est pas l’esclave de ces dernières. Il est plus à même de contrôler ses pulsions.

Mais Trystan n’était pas certain qu’il s’agissait de la chose dont il devait tirer quelque chose. La phrase était beaucoup trop orientée. Elle laissait entendre qu’elle pouvait lui faire confiance tout en insistant sur le titre et la loyauté…Le titre devait être le NSS, la loyauté le point qu’elle désirait aborder ? Cela laissa un goût amer à cette phrase mielleuse. Risquait elle de lui demander une chose qui allait contre ses principes ? Non, ce qu’il craignait le plus en cet instant…C’était qu’elle ne soit une rebelle. Etait ce seulement possible ? Il en avait tué tellement, enfermé les autres…La haine ne semblait pas être sa motivation. Non, il se faisait des idées. C’était une affaire d’ordre privée qui l’amenait.

Elle semblait encore jouer avec lui alors qu’elle le complimentait…Qu’elle le vouvoyait à nouveau. Elle s’amusait de ces mots et de cette ambiance qu’elle tenait dans le creux de sa main. Cette fois ci, Trystan serait plus sur ses gardes et la laissait tranquillement venir. Quand il l’avait vu garder le silence, il c’était demandé s’il n’avait pas fait une erreur en abattant trop rapidement la perspicacité dont il pouvait faire preuve…Se demandant presque si elle ne revoyait pas son approche. Aucun moyen de le vérifier sans éveiller sa suspicion. Il devait faire preuve de patience.

Il but à nouveau une gorgée alors qu’elle lui offrait quelques compliments sur les qualités qu’il avait décrites plus tôt. Il était de plus en plus certain qu’elle cherchait quelqu’un de malléable ou du moins, quelqu’un dont elle avait une prise certaine. C’était peut être ce qu’elle voulait dire par addiction. Devait il lui en offrir une pour lui donner l’impression qu’elle contrôlait la situation ? Ce n’était pas bien difficile. Il pouvait jouer ce genre de numéro bien que pour le moment, il faisait ce qu’on attendait de lui…Il écoutait attentivement.

Et plus elle parlait, plus il se concentrait sur ces lèvres qui s’agitait sous le bleu de ses yeux. Puis soudainement, le mot qu’il attendait jaillit. Assurance. Le mot lui avait fait relever le regard sur la jeune femme, bientôt suivit par cette simple explication…Elle ne lui ferrait aucune offre aujourd’hui. Elle avait effectivement revue son approche…Elle était agitée…Elle manquait d’assurance…Savait elle ce qu’elle faisait ? Avait elle peur d’être découverte ? Elle n’avait pas l’habitude d’intriguer ou du moins, elle devait le faire seule. Quel terrible objectif planifiait elle ?

La confiance revenait au centre de cette conversation.

J’ai besoin de savoir

La confirmation qu’il attendait. On disait que la meilleure défense était encore l’attaque et celle de Phoebe était à la fois audacieuse tout en allant droit au but. La première question éveilla un nouvel amusement alors que la seconde le frappa droit au cœur. A qui allait vraiment sa loyauté ? Il aurait répondu l’empereur sans hésitation…Mais étrangement…Cela lui paraissait incorrect. L’empereur était un être paranoïaque dont la lignée était décadente. Il ne croyait plus à la maison Impériale depuis longtemps et s’ils devaient tous périr, cela ne le bouleverserait pas.

C’était perturbant…Ne pas pouvoir répondre à une question aussi simple et faire le métier qu’il faisait en traquant sans pitié les opposants du régime. Qu’avait il fait toutes années ? Il connaissait la réalité de la vie. Il savait que si pour le bien du régime, il devait être abandonné et accusé des pires crimes, les dirigeants le ferraient sans sourciller. Il avait toujours prévu ce genre d’éventualité et la possibilité de passer sur le Xion ou le Constantine se prévoyant une sortie de secours au cas où. La réponse…La réponse qui prenait forme dans son cœur commençait à le terrifier. Il devait dire quelque chose. Gagner du temps. Ne pas laisser voir qu’il venait d’être secoué par quelque chose d’aussi basique.

Sa main plongea dans sa poche pour en retirer son paquet de cigarette. A la recherche d’une idée pour gagner du temps sans paraitre sur la défensive pour autant…Ses lèvres remuèrent et la voix atone de l’agent cita les vers qui lui était venu spontanement à l’esprit quand il l’avait vu boire son café.

‘‘ Sans cesse à mes côtés s'agite le Démon
II nage autour de moi comme un air impalpable
Je l'avale et le sens qui brûle mon poumon
Et l'emplit d'un désir éternel et coupable.
’’

Il eut un demi-sourire. Il avait plutôt pensé à la seconde strophe…Et plusieurs fois à la troisième alors qu’elle lui avait dit qu’elle ne lui révélerait rien de l’offre pour le moment. Les poètes et les philosophes avaient toujours eut sa préférence dans sa lecture. L’institutrice connaissait elle celui-ci ? L’ironie de son choix et des doubles sens qu’il entrainerait ne cessait de le faire sourire alors qu’il frappait le paquet. Le filtre d’une cigarette disparut sous les lèvres de Trystan dans un geste presque sensuel. Un effet qu’il avait voulut mettre à bon escient comme s’il caressait une vieille amie.

‘‘En général, un homme ne dévoile pas ses petits travers au premier rendez vous…De même qu’il ne s’attend pas à ce que la femme qui l’est invitée lui annonce qu’elle lui préfère le contenu éphémère d’une tasse. Tant de cruauté envers ma pauvre fierté. Comment ne pourrais-je pas penser à toi à chaque fois qu’une tasse effleura mes lèvres et que son liquide doux amer aussi noir de l’enfer s’engouffrera dans les abimes de mon être ? Douleur et plaisir dans un même geste…Un concept intéressant qui me laissera un souvenir impérissable.’’

Les volutes de fumée s’envolèrent, formant des arabesques sous le regard rêveur de l’agent qui cherchait une autre réponse à la terrible vérité qui c’était imposé à lui. Il ne c’était engagé que par devoir. Envers sa famille. Envers sa caste. Envers ses ancêtres…Mais au final, il ne l’avait pas fait par choix. Son entrée au NSS ? Imposée par le suicide de cette femme égoïste…L’obligeant à regarder cette vérité qu’il avait masqué sous des doutes dont il ne trouvait aucun moyen de les effacer. Il avait fait ce qu’on attendait de lui depuis le commencement.

‘‘Mais c’était de la nicotine que tu voulais parler, non ? Ni stress, ni angoisse…Je suis un soldat entrainé. J’ai vu et fait tellement de chose que si une divinité existait, elle devrait détourner son regard de moi. Il n’existe aucune rédemption, aucun pardon pour moi…Non pas qu’elle ne le peut. Mais plutôt parce que je n’en n’éprouve pas le besoin’’

Il abaissa la main pour montrer le bout de tabac brûlant entre ses doigts.

‘‘Elle est mon réconfort…Ma véritable maîtresse…Quoique je fasse, elle ne me quittera jamais. Elle sera toujours au fond de ma poche. Humide quand l’instant d’être prisonnière de mes lèvres viendra. Alors elle vibrera d’une flamme qui la consumera entièrement jusqu’à son extinction…En compensation, je suis entièrement à elle lors de cet instant éphémère jusqu’à l’avoir dans la peau. Cela ne me fait pas oublier le monde, ni m’extirpe d’une condition difficile…C’est juste un moment entre elle et moi. Un moment que je partage sans craindre d’être incompris ou blessé. Je regarde alors le monde tel qu’il est pour mieux lui appartenir.’’

Il avait parlé avec plus de sincérité qu’il ne l’avait voulut. C’était un bout de son être qu’il avait offert à cette femme, rendant l’instant plus intime que le tutoiement dont il faisait preuve. Pourtant, cette information ne changerait rien. Elle ne l’aiderait pas à avoir une prise sur lui. Peut être a mieux le comprendre mais sans aucune incidence. Amusant la façon dont les choses et les significations qu’elles pouvaient avoir prenait parfois de l’importance ou non selon les personnes.

Il joua avec les arabesques un moment en souriant.

‘‘Quand à ta seconde question…Je ne suis pas certain que te peut comprendre toute la portée de mes paroles. Mais je peux te dire ce que tu veut d’or et déjà entendre. Oui, ma loyauté m’a été imposée depuis l’instant où j’ai pu me tenir sur mes jambes. Loyauté envers ma caste. Loyauté envers mes frères d’armes, ma famille, ma patrie et l’empereur. J’ai toujours fais ce que l’on attendait de moi, allant parfois bien au-delà du simple devoir. Faire ce qu’on attend de moi était devenu la raison même de mon existence et si vous pensiez me l’apprendre, je préfère vous arrêter là. Une autre femme s’en est chargé avant vous…Elle me l’a offert avec chaque fibre de son existence…Ces rêves…Ces amours…Ces pensées…Sa volonté…Le temps qui lui restait à vivre et celui qu’elle à vécu. Elle m’a donnée jusqu’à son âme pour parvenir à cette vérité.’’

Il inhala une nouvelle dose de nicotine qu’il laissa s’évader de ses lèvres.

‘‘Je peux cependant formuler une réponse plus simple à ta question. Je suis fidèle à mes principes moraux et mes croyances. Quand à te les expliquer, qu’est tu prête à m’offrir ? Les portes de mon âme et les pensées qui caresse mon cœur…jusqu’où serais tu prête à aller quand une personne m’a déjà tant offert ? J’aurais le sentiment d’être profondément injuste envers elle. Du moins, c’est ce que je pense…Mais avant que tu ne réponde à cela, je préfère te prévenir. Cela ne t’offrira pas pour autant une prise sur mon âme. Je n’y accorde aucune forme d’importance à laisser une personne savoir qui je suis.’’

L’équité était une chose importante à ses yeux. Même envers les morts…Quand à ce qu’il venait de dire…Il l’avait déjà pensé. S’il devait tout quitter du jour au lendemain, il le ferrait. Tant que possible, il aimerait éviter d’avoir à souiller son nom mais s’il devait le faire, il n’hésiterait pas…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Premier contact   Jeu 11 Nov - 2:58

Les vers vinrent se poser contre la glace tandis que les lèvres oscillaient, décrivant des mots qu’elle savait entendre. Son esprit résonnait doucement, enrobant chaque parole d’un murmure doux et grave qui emplissait son cœur d’émotions. Rongeant les barrières de sa carapace, elle sentait les mouvements des bêtes immondes et la douleur qu’elle avait de rester en arrière. De rester calme, insensible, intrigante, comment avait-il pu simplement penser à citer ces quelques paroles.

Elle aurait voulu l’entendre répondre, à l’instant, précipitamment. Elle aurait voulu pouvoir hausser d’un sourcil pour lui montrer qu’elle n’était pas dupe. Lui enlever tout semblant d’invulnérabilité, avec douceur et dans le silence, à la manière d’un grand artiste, mais ce ne fut pas le cas. Il garda le silence et pris le temps de choisir sa cigarette, au quelle délectable addiction que celle-ci. Aimante, douce, toujours près de soi, légèrement amère et brulante pour le plaisir de se sentir en vie, oui la cigarette avait eu une place dans sa vie. Le temps de quelques mouvements, quelques secondes, quelques semaines parfaites, Phoebe avait senti le bout de ses doigts, les changements dans sa gorge et puis elle avait arrêté. Il lui était tellement facile de sombrer dans une addiction qu’elle se défendait d’y toucher plus d’une plus ou moins courte période.

A la façon qu’à le fumeur de parler, dans ce calme et ce théâtre qui troublait souvent, Trystan lui parla. Il n’y avait plus de vouvoiement. Il n’y avait plus de limites. Il n’y avait que sa voix douce et grave. Instrument de ses idées, les paroles s’engageaient sur des chemins bien étranges. La douceur qu’elle entendait dans sa voix était à l’égale de la dureté qu’il affichait parfois.


-Vous parlez de votre cigarette comme d’une femme, il n’y a qu’une femme qui pourrait s’échanger à elle.
Quoi que vous ayez fait, rien ne m’importe. Je suis comme vous, dépourvue de regrets. Je ne vois que ce que vous pourriez être. Je ne jugerai que vos actions futures et bien loin de vous gronder comme un enfant ou de vous avoir rancune, je vous éloignerais à la moindre de vos erreurs qui entraverait une possible confiance.


Détourner la conversation d’un léger badinage lui sembla primordial. Phoebe ne voulait pas être une femme à ses yeux. La jeune femme ne voulait pas être un patron non plus. Pourtant elle le serait peut-être patron et femme pour lui. Elle savait comme tous les sexes féminins le savent qu’elle ne pourrait supporter d’être vu comme telle, avec ces douceurs et ces angoisses si grandes parfois. Sans doute ne voudrait-elle-même pas considérer le NSS comme un homme, ne supportant pas l’intimité dans lequel ils seraient alors plongés. Non ce qu’elle voulait de lui exigeait une neutralité entre eux qu’elle ne savait pas exactement comment former. L’annonce de Trystan sur la femme qui devait être la femme de la vie la rassura néanmoins.

-Tu es fidèle à toi-même, moi je le suis à d’autres. Ta loyauté tu l’accordes et tu l’appliques. Tous doivent subir les étreintes de l’éducation, les chemins choisis par d’autres, mais il y a un moment où il faut choisir. Ne plus rester là où on nous a mis et où chaque acte est sous la responsabilité des choix des autres. N’as-tu jamais voulu jouer l’électron libre, tournoyant autour d’un atome en laissant le vide entre vous, d’être à son image loyal à ses propres convictions, à ses personnalités choisies par toi et toi seul ?

Je suis un électron libre, ou plutôt je l’étais. Je ne sais exactement où vont mener les choix que je vais faire maintenant. Ils n’auront peut-être aucune importance mais qu’importe si je dois être témoin autant prendre partie et tenter de stabiliser mes atomes. Voilà, tu sais. Et je dois te dire aussi que je suis loyale à la famille Impériale bien que je compte agir sans qu'ils ne soient au courant.

Qu’ais-je à t’offrir ? Je n’ai pas l’amour et la force de cette femme. Je ne suis pas une divinité quel quelle soit qui plongerait enfin ses yeux dans le bleus des tiens. Je ne suis pas une personne avec suffisamment de pouvoir pour t’améliorer ta vie ou te donner des parcelles de puissance. Je ne t’offre que le choix de suivre mon pas ou de rester dans le tien. Me suivre te permettra sans doute une liberté que tu ne possèdes actuellement pas. Et puis, je suppose que tu appréçi les jeux et les énigmes. Un esprit aiguisé aime à s'exercer.

Je veux attendre de toi, pas seulement par des ordres mais par la sureté que ton esprit aura déjà sondé pour moi les éventualités que j’aurais pu omettre. Je veux être sûre que tu me suivras quelque soit l’endroit où je t’amènerais. Tu es affuté, tant par l’esprit que par le tranchant, tu es un outil performant. Je veux à l’image des légendes faire de l’outil, une arme et de l’arme, une force.

Il y a certaines choses dont je veux avoir l’assurance et que je soutirerais dans ton regard. Tu seras le témoin de confusion, de souillures et de blessures ouvertes. J’userais de toi sans limite et sans honte. Tu seras le tapis sur lequel je marcherais, le bras qui m’assurera la vie alors que je me tenterais dans des lieux bien peu reluisant, l’ombre dans laquelle je pourrais être en sécurité.


Forcer un silence est une chose étonnante, cela s’observe dans une fin de phrase aux sons différemment offerts, à une attitude qui exige un silence. Phoebe prends et décide et ce qu’elle veut surtout c’est le choix de Trystan qu’il soit négatif ou positif. Elle lui en a dit suffisamment désormais pour qu’il sache ce qu’il en est. La jeune femme a néanmoins ‘omis’ de donner les détails, pour le moins croustillants et pleins de fracas au NSS.

Afin d’être certaine qu’il soit suffisamment détendu pour faire le bon choix, elle abaissa son regard, relâchant la pression de ses yeux cherchant le moindre signe. Entre ses doigts la tasse était froide désormais, elle la repoussa de quelques centimètres en avant. La jeune femme releva les paupières cherchant une serveuse, Phoebe la suivit quelques secondes dans ses déambulements avant de capter son regard et de lui faire un léger signe de tête. L’ordre était simple : regardez moi et suivez mon regard, je veux la même chose. La serveuse posa discrètement une nouvelle tasse récupérant l’ancienne.

Les vapeurs du café lui donnèrent soudain grande envie de le boire. La jeune femme resta pourtant de marbre, refusant de se laisser si facilement dominer par une simple odeur. Ses pensées revinrent à Baudelaire, le seul poète qui savait décrire son âme et ses désirs sans la moindre fausse note. Trystan lui avait posé une question, implicite bien entendu, elle allait lui répondre. Mais que choisir, tant de vers trop explicites, d’une noirceur qu’elle ne veut lui offrir sur un plateau. Des phrases reviennent et s’éternisent.


Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Mais Phoebe possède des lèvres et ses lèvres retiennent. Sa mémoire lui refuse tout autre vers, alors à la manière d’une brute qui ouvrirait un livre avec fracas et sans délicatesse, elle la force lui imposant d’autres poèmes. Certaine bribes reviennent. Des strophes toutes entières. Elles se mélangent, elles ne sont qu’une. Elles décrivent à la perfection ce qu’elle voudrait dire. Comme ce Jeu qui reviens sans cesse et que la jeune femme repousse encore et encore. Et puis soudain ses lèvres choisissent enfin et apporte au silence de quoi réfléchir.

- Voilà le noir tableau qu'en un rêve nocturne
Je vis se dérouler sous mon œil clairvoyant.
Moi-même, dans un coin de l'antre taciturne,
Je me vis accoudé, froid, muet, enviant.


Voilà, c’est la fin, Phoebe va se lever et partir. Il n’y a plus rien qu’elle ne dira de plus, beaucoup trop déjà s’est retrouvé sur le tapis à l’étude d’un esprit aiguisé à qui elle a laissé le temps de faire des parallèles entre le phrase, d’émettre des théories, de ressentir ce qui se cache. Il est temps que cela cesse.

-Malgré que cela soit peu, j’estime que ce que je t’ai dit est suffisant.
Sache que j'écouterais tes exigences et tes demandes de contrepartie quelque soit leur nature.
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MessageSujet: Re: Premier contact   Jeu 11 Nov - 17:45

Tout ce que fabrique un organisme n’en n’est pas moins l’expression de l’ADN qui compose l’essence même de cette entité. Un raisonnement qui s’applique aussi bien à la toile de l’araignée qu’a la barrière de corail. Son professeur lui a toujours répété que si l’essence de la vie était bien contenue dans nos gênes, alors les sociétés et les civilisations n’étaient que de gigantesques banques de mémoires externes. Cette théorie avait toujours séduite l’agent du nss qui avait poussé le raisonnement plus loin encore au point d’en avoir fait sa thèse de fin d’année, recevant une mention spéciale en sociologie.

Cette même thèse qui lui revenait maintenant à l’esprit et qui avait défini sa ligne de conduite depuis sa sortie de cours. Elle lui revenait maintenant en mémoire alors qu’elle n’était pas en mesure de satisfaire sa luxure, son avidité, sa mégalomanie pour ne lui promettre que sang, violence et manipulation. Quel homme possédant toute ses capacités mentales accepteraient un tel marché de dupe ? Elle n’épousait pas même les croyances ou ses doutes…Ils n’avaient rien en commun.

Il avait pourtant sourcillé quand elle avait parlée d’être fidèle à d’autres personnes. Aurait elle pu comprendre qu’il était fidèle à la vie dans son sens le plus large ? Que toutes les actions qu’il avait entreprit depuis son entrée au nss visait la pérennité non du régime mais bien des millions de vie qui gesticulait dans les entrailles de ce vaisseau ? Pour un esprit extérieur, cela pouvait apparaitre comme de la folie mais son professeur lui l’aurait comprit…Tout comme les gens qui avaient lu sa thèse qui n’avait jamais été publiée malgré ces excellents résultats.

Ce qu’elle lui proposait pouvait aller dans ce sens…En fait, s’il acceptait, il irait probablement jusqu’au bout de son raisonnement ce qui ferait de lui un extrémiste et dans le meilleur des cas, un homme haït et détesté. Il avait déjà accepté cela en entrant au sein de la section action mais était il prêt à passer à la vitesse supérieure ? Il lui avait toujours manqué une occasion pour agir en profondeur ou peut être manquait il de courage pour aller au bout de ses idées. Etait il prêt a subir cette épreuve en sachant qu’il n’y avait rien à gagner pour lui si ce n’était la solitude ?

Son regard perdu dans le vague fut attiré par la cendre tombant de sa cigarette. Sortant de sa transe méditative, il regarda étrangement sa main qui c’était levé pour mieux pouvoir observer la cigarette. Elle c’était éteinte entre ses doigts, occasionnant une légère brûlure. Pourquoi n’avait il rien sentit ? Il poussa le mégot du pouce et bientôt ce dernier fini écrasé sur le métal du cendrier. Un léger sourire se dessina en pensant qu’il terminerait peut être de la même façon.

Mais cela venait frapper son esprit d’une autre manière.

‘‘Cette femme est morte depuis longtemps…Et c’est moi qui l’est tué de mes mains’’

Mensonge ou demi vérité…C’était la rumeur qui hantait son pas dans les locaux du Nss

‘‘La nicotine est la seule femme que je me suis autorisé. Du moins sentimentalement parlant, les affres de mon métier m’on parfois obligé à partager l’intimité de femme pour mieux leurs soutirer des renseignements. Dire que je n’en n’ai pas tirer du plaisir serait de l’hypocrisie mais serait passablement simpliste…Comme ton argumentation ’’

Il se releva à demi pour mieux s’installer. Son regard rêveur reprit le dessus alors qu’il prenait possession d’une nouvelle tasse généreusement offerte.

‘‘La liberté ? Il n’existe aucune liberté en ce monde…Convention sociale, éducation, regard des autres. La liste est longue et tu es bien placé pour savoir qu’être au sommet de la pyramide est plus souvent une source de contrainte que de liberté. Etre fidèle à soit même ? Ce n’est qu’une chaîne de plus pour quelqu’un qui cherche sa liberté…Les choix ? Qu’a tu vraiment choisit dans ta vie ? La couleur de tes vêtements ? Ce que tu allais manger ce matin ? Même être venu ici n’était pas un choix en soit et ça je pense que tu le sais.’’

Il fit tourner la cuillère lentement dans cette tasse qui l’attendait, encore plus patiente que lui.

‘‘Cependant…Je pourrais éventuellement répondre favorablement à ta requête. Il y aura un nombre croissant de condition et de requête. Il y aura toujours une contre partie à payer mais avant toute chose, je pense qu’il est nécessaire…D’avoir un acte de foi. Je pourrais faire quelque chose pour toi pour te prouver mes bonnes intentions à défaut que tu puisse me faire confiance immédiatement. Cette dernière sera le fruit d’une relation longue et ardue…En contre partie de mon action, je désire que tu fasse quelque chose pour moi.’’

Elle allait apprendre qu’un fauve même en cage restait toujours un fauve.

‘‘ J’aimerais que tu te fasse tatouer. Peut m’importe le motif ou sa signification…Mais il devra y avoir deux conditions. La première est qu’il s’agira de notre secret…La marque de notre pacte…Le symbole qui te liera à moi de manière indélébile. La seconde condition et qu’il devra être tatoué à un endroit où nul autre que moi pourra le contempler. Peut m’importe la manière mais tu ne devras laisser personne le voir. Pas même les personnes les plus intime.’’

Voilà de quoi évaluer la mesure de sa détermination. Il serait intéressant de voir si elle allait accepter…Ce qu’elle allait choisir comme symbole ou si la peur allait lui faire choisir quelque chose de plus discret. Si elle allait choisir un endroit intime ou si elle allait le couvrir comme si elle avait honte. Et surtout, ce qu’elle pourrait bien penser en comprenant que ce genre de demande irait en grandissant à mesure qu’elle se servirait de lui. Comment allait elle le vivre ?

Cela l’amusait tellement.

Et dans le même temps, il en éprouvait de la peine. Les vers qu’elle avait choisit était tiré du jeu mais aussi d’harmonie de la nuit. Rien que les titres étaient évocateurs en soit mais leur contenue le laissait dubitatif sur la personnalité de la jeune femme. Un cœur blessé regardant la vie défiler sous ces yeux…C’était l’image qu’il s’en faisait bien malgré lui. Peut être était il allé trop loin pour une première rencontre ?

Dans tout les cas, il allait avoir de quoi méditer pendant un temps…

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MessageSujet: Re: Premier contact   Ven 12 Nov - 0:44

La première phrase qui acheva le silence était pleine de menaces. La suite n’en manquait pas non plus. Phoebe l’écoutait, sachant désormais que Trystan serait un danger pour elle désormais si jamais il acceptait son offre. Il la tuerait peut-être comme il avait tué cette femme. Les secondes s’écoulaient et il ne répondait pas, l’impatience commença à bouillonner dans les veines de la jeune femme, mais elle ne se manifesta pas physiquement. Ce qui fut visible néanmoins en disait bien plus sur la jeune femme. Ce fut de la colère, de la colère tout d’abord. Comment quelqu’un pouvait-il lui demander de se faire marquer ? Comment pouvait-il exiger d’elle une parcelle de son corps ? Comment osait-il seulement la priver d’une liberté ?

Il voulait la marquer comme l’on marque du bétail. Trystan avait compris les enjeux de ce qu’elle lui fera faire et l’impact qu’elle aurait sur sa vie. Plus encore il avait compris qu’il la tiendrait dans le creux de sa main et qu’il pouvait jouer avec elle encore et encore jusqu’à ce qu’elle cède. Phoebe ne céderais pas. Qu’importe si la personne qui deviendrait son bras droit devenait aussi l’esprit qui la traquera sans relâche. Il y aura d’autres conditions, il y aura d’autres requêtes. Il la pousserait jusqu’au fond, du fond. Phoebe n’avait pas peur, s’il voulait la détruire il aurait d’abord affaire à elle. Qu’il s’amuse à jouer avec elle, il viendra un temps où elle pourra jouer avec lui et elle peut être une redoutable attaquante.

Phoebe avait déjà un tatouage dans son dos. Un tatouage dont elle ne parlait pas et que personne n’était autorisé à voir à part ses plus proches amis et ses amants. Il avait sa signification. Et plus encore Phoebe lui en donnait un autre bien plus précieux : Elle serait toujours, quoi qu’il arrive, la fille de sa mère. Toujours. Et sa mère, cette esprit si fragile et si léger, ne reculerais pas devant un simple tatouage.

Que choisir ? Où choisir ? Quel serait le lieu sur son corps qu’elle ne pourrait jamais montrer à Alben, qu’elle devrait cacher encore et encore. Car le NSS avait été clair, personne ne pourrait le voir, personne ne pourrais jamais le voir. Il savait sans doute qu’elle ne lui mentirait pas trop prise au piège des secrets qu’elle lui révélerait volontairement ou non. Phoebe ne pouvait même pas le mettre sous son FAKEFACE tant le risque qu’Alben lui demande de l’enlever était grand. Non il fallait lui choisir un autre endroit. Un endroit invisible. La jeune femme avait beau chercher elle n’en voyait pas. Chacune des parties de son corps lui semblait primordiale.

Et puis soudain, Phoebe releva son poignet, pas celui où Alben avait accroché un fin bracelet d’argent mais l’autre, celui de la main qui ne porterait jamais la bague.


-Mon poignet sera dès après-en ta possession, tu auras le droit d’exiger de le voir quand bon te sembleras et tu seras le seul à pouvoir poser ses yeux sur lui. Quitte à me marquer, j’exige que tu choisisses toi-même le motif.

Sa voix trahissait une sourde colère mais aussi une détermination infaillible. Phoebe fut à deux doigts de lui dire que les requêtes qu’il lui demanderait, elle les accepterait sans doute toutes, prête à payer le prix cher pour arriver à ses fins. Il était néanmoins hors de question de le lui avouer, le mettant ainsi au défi de trouver celles qu’elle ne pourrait jamais accepter.
C’était à elle désormais de choisir ce qu’elle exigerait à Trystan. La colère qui était sienne s’était déjà apaisée. Il se dégageait dans son esprit une paix qui ne ressemblait à rien de correct. Phoebe le tenait. Il était à elle. A elle entièrement et pleinement tant que la jeune femme acceptait de suivre ses conditions et de lui offrir ce qu’elle voulait. Bien sur leur futur allait être un bras de fer musclé, et la jeune femme allait sans doute perdre bien plus quelle ne le voulait mais cela ne l’effrayait pas. Maintenant qu’il s’était avancé d’un pas dans le jeu, Phoebe pouvait lui faire confiance. Et de ce fait Phoebe avait déjà confiance en lui. Pas de manière absolue bien sûr, ce genre de confiance est le fruit du temps, mais elle en avait suffisamment désormais.


-Ne crois pas que je ne sache pas ce qu'est la liberté et que je n'en joui pas.

Il l'avait dit esclave de tout, Phoebe voulait lui assurer le contraire. La jeune femme choisissait ses chaînes. Elle acceptait son tatouage et sa pise de pouvoir pour elle et si de cela se découlerait moins de libertés, c'était de son fait à elle et à elle seule.

L’envie de le marquer lui aussi pris place mais rapidement l’idée s’évapora. Phoebe ne voulait laisser aucune trace sur lui, pas la moindre question sur laquelle il devrait mentir. Non, son appartenance tenait dans son service et tant qu’elle lui donnerait des ordres, il n’y aurait aucun doute. L’envie de le punir de lui avoir demandé un cadeau aussi précieux lui vins aussi à l’esprit mais la jeune femme ne savait pas encore ce qui pourrait vraiment lui déplaire. Et puis dans son fort intérieur, Phoebe aimait la décision qu’avait prise Trystan et ce qu’il exigeait d’elle. Cela entrait dans une logique Johansen. Cela ne pouvait que parler à une Johansen. Et si la jeune femme sentait l’amusement du NSS, elle voyait aussi à quel point il était entrain de s’attacher à elle. Accélérant un processus qui aurait sans doute pris des années mais qui grâce au prix qu’elle allait payer, prendrais beaucoup moins. Il lui accordait une action en échange de son acte de foi. Pour chaque ordre il y aurait une requête.


-Trystan, je ne sais encore ce que j’exigerais de toi au cours du temps avec exactitude. Pour me montrer tes bonnes intentions, je ne veux pas plus que tes numéros de compte, mot de passe, code et les papiers de ta maison si tu en as une. Je veux être sûre que tu ne me trahiras pas. Pour commencer ton travail pour moi sera un travail de garde du corps.

Il la prenait au piège, certes Phoebe pouvait l’accepter mais la jeune femme voulait aussi pouvoir se défendre si jamais il lui mentait ou s’il la trahissait.

Sa voix devins alors grave.


-Ce tatouage scellera le début de notre entente. Réfléchis bien maintenant et si tu es bien sûr de ce que tu fais, emmenes moi dès maintenant chez un tatoueur qui, je l’espère, ne me massacrera pas le bras d’une horreur que tu ne pourras regarder ensuite qu’avec honte.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Ven 12 Nov - 16:22

Qu’il était agréable de voir que les mots dont il l’avait gratifié l’avaient atteint au plus profond de son cœur qui devait vibrer de haine en cet instant. Elle se drapait dans une juste colère visible aussi bien dans ces yeux brillant d’un feu de jade que sur sa peau frémissante dont il ne savait si elle était glacée ou irradiait de chaleur. Le spectacle muet dura quelques minutes, le temps qu’elle comprenne ce qu’il exigeait, ce qui allait lui en couter…Et il l’espérait, la lente terreur à l’idée qu’il puisse lui en demander toujours plus. Pourrait elle accepter qu’il ravage son corps et son âme ?

Car c’était bien l’objectif qu’il se fixait. Détruire lentement tout ce en quoi elle pouvait croire pour lentement lui offrir autre chose. Un autre point de vue bien plus détaché sur le vaisseau et ces habitants. Ce jour n’arriverait peut être jamais, mais pour Trystan ce n’était pas si grave que cela. On pouvait considérer cela comme un genre…De passe temps. Ceci dit, il lui faudrait trouver d’autres idées de ce genre. Que pourrait il demander ensuite ?

Peut être s’attaquer à sa garde robe ? S’il l’habillait selon sa convenance, elle aurait le sentiment d’être une poupée à sa merci ? Et peut être qu’il pourrait lui trouver un genre de récompense par la suite ? Jouer entre le plaisir et la pression qu’il engendrerait à chaque ordre ?

Il préparait une relation si ambiguë entre eux que lui-même avait du mal à se considérer comme un simple exécutant. Il se sentait l’âme d’un démon…Si un enfer existait sur un autre plan d’existence, il était dorénavant certain qu’une place de choix lui était réservé. Mais dans un sens, les requêtes qu’il demanderait avait aussi un autre but : Etre certain qu’elle n’abuserait pas de ce pouvoir qu’il lui laissait sur ses actions. S’il semait la mort, il le faisait toujours de manière à ce qu’il n’y est aucun problème qui surviendrait plus tard.

Il était temps d’enfiler un autre nom et un autre visage ? Quel dommage qu’il n’est pas la main sur un de ces programme FAKEFACE…Mais il était toujours possible de trouver un masque. Trouver de quoi déformer sa voix n’était pas compliqué non plus. Un masque de Noh peut être ? Assez onirique et romantique à son goût et plus personnel que ces masques en latex à l’image d’une autre personne. Il devra se trouver une nouvelle tenue, trouver une arme qui ne permette pas de remonter jusqu’à lui, un peu d’argent sale et enfin un endroit où il pourrait déposer tout cela.

Pour l’argent sale, ce n’était pas un soucis. Entre le Downtown et les décombres, il savait parfaitement où faire une descente de même que c’était l’endroit parfait pour s’équiper. Par super technologique mais assez sympathique quand on aimait travailler à l’ancienne. Il pourrait même s’y trouver un bouc émissaire.

Mon poignet sera dès après-en ta possession, tu auras le droit d’exiger de le voir quand bon te sembleras et tu seras le seul à pouvoir poser ses yeux sur lui. Quitte à me marquer, j’exige que tu choisisses toi-même le motif.

Ainsi donc, elle avait acceptée. Elle était bien plus déterminée qu’il ne le pensait de prime abord. Cela laissait présager de ce qu’elle allait lui demander. Cependant, il ne c’était pas attendu à ce qu’elle lui demande de choisir. C’était beaucoup moins amusant et cela enlevait une certaine excitation…Il aurait préféré qu’elle endosse la responsabilité de cet acte jusqu’au bout. Une chose qu’elle a choisit et dont elle ne pourrait pas renvoyer la faute à une tiers personne.

Mais que choisir ?

Il n’avait pensé a rien de particulier à part l’utilisation qu’il en ferait ultérieurement. Il aurait bien aimé lui faire tatouer des armoiries mais sa famille n’en n’avait aucune. Un symbole ramenant au démon ? Non, c’était beaucoup trop rustre à son goût. La seule chose qui lui venait à l’esprit était un serpent ou une sorte de dragon. Cela lui semblait l’idée la plus approprié mais il manquait d’inspiration. Surtout sur une partie aussi réduite de son corps.

Trystan, je ne sais encore ce que j’exigerais de toi au cours du temps avec exactitude. Pour me montrer tes bonnes intentions, je ne veux pas plus que tes numéros de compte, mot de passe, code et les papiers de ta maison si tu en as une. Je veux être sûre que tu ne me trahiras pas. Pour commencer ton travail pour moi sera un travail de garde du corps.

Voilà qui était…Ennuyeux.

Autant ses numéros de compte n’était pas important pour lui. Cela faisait longtemps qu’il prévoyait des caches où il avait le stric nécessaire pour survivre s’il lui arrivait un pépin…Pour ces mots de passe et code…Ma foi, cela ne lui servirait à rien sans pouvoir acceder à son bureau au NSS. Ce n’était pas pour les quelques dossiers qu’il conservait que cela allait l’embetter. Il n’y gardait jamais rien de sensible car….Car tout était chez lui dans son sanctuaire.

Et ça…C’était quelque chose qui allait lui couter. Sa précieuse retraite où il pouvait enfin se sentir loin de ce monde et pouvoir se reposer tranquillement, méditer ou simplement disparaitre de la circulation quelques jours. Il n’y avait que Mélissa qui connaissait cet endroit et n’aimait pas qu’une femme tel que Phoebe apprenne l’existence de cet endroit qu’elle instrumentaliserait forcement. Autant il n’y était pas souvent, passant le plus clair de son temps entre deux planques du NSS autant il aurait aimé pouvoir y aller sans crainte de tomber sur quelqu’un. L’idée de lui mentir lui passa à l’esprit…Mais il vaudrait mieux pour le moment tenter de se trouver une autre retraite où il pourrait savourer la solitude en paix.

Seulement qu’allait penser Mélissa si elle tombait sur une autre femme ?

Pas qu’il y avait quelque chose de sentimental avec Cherry… A moins qu’il n’ait manqué quelque chose ? Pas que cela lui déplairait…Il soupira en se demandant pourquoi tout était si compliqué à ce niveau. Il n’avait jamais su choisir et c’était toujours retrouvé dans des emmerdes sentimentales. Il n’était peut être pas fait pour aimer après tout.

‘‘Très bien…En échange de ce travail de garde du corps, tu ne devra sous aucun prétexte divulguer les informations que je te donnerais. Maintenant allons y’’

Il aurait très bien pu lui interdire l’accès à sa maison. Mais d’une part, elle aurait sut que cet endroit était important et d’autre part, elle aurait très bien pu y envoyer quelqu’un d’autre juste histoire de l’ennuyer. En agissant ainsi, il montrait que cela n’avait aucune importance pour lui et espérait qu’elle n’y viendrait jamais. Il se leva, laissant sa carte au comptoir pour les consommations, ressortant dans la rue pour respirer l’air vicié de cette partie de la ville.

Des tatoueurs, il n’en connaissait pas mais était passé devant quelques boutiques durant son service. L’une d’elle lui paraissait tout à fait honnête et comble du luxe, n’était pas loin du café. A peine quelques minutes à pieds durant lesquels il marchait en silence. Il réfléchissait encore et toujours à ces plans, laissant Phoebe faire ce qu’elle voulait…Le suivre, rester à ses côtés, un pas en arrière ou à son niveau…
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MessageSujet: Re: Premier contact   Ven 12 Nov - 19:12

L’espoir que Trystan ne demande rien en échange du métier de garde du corps fut de courte durée. Il n’allait donc laisser aucun ordre de côté, elle ne pourrait jamais passer au travers de son filet. Il la tenait. Ce qu’il demandait d’elle était pour l’instant correct, elle n’osait imaginer la suite logique des demandes. Serais-ce toujours indélébile, serait ce toujours douloureux. Ainsi il serait son esclave et elle sa poupée. Le seul espoir qu’il lui restait était qu’il ne se lasse pas d’elle et qu’il ne la mutile pas. Charmant programme.

Il fallait dès maintenant instaurer des requêtes. S’il la voulait il devrait passer par des chemins bien particuliers et il y avait certaine chose qu’elle n’était pas prête à lui donner. Certaines choses qu’elle ne pouvait pas lui offrir. Il fallait que les requêtes ne touchent qu’elle et elle uniquement. Ses pensées vagabondèrent entre les êtres qu’elle devait à tout prix mettre de côté. Alben tout d’abord, il ne devrait jamais être mis au courant des requêtes de celui qu’il viendrait sans doute à rencontrer. Phoebe s’était pourtant promise de ne jamais plus lui mentir ou de lui omettre des vérités. Désormais cette promesse n’avait plus de valeur, elle ne pourrait jamais la tenir. Et puis il y avait les autres princes, mais sans doute que Trystan n’oserait jamais demander quelque chose qui mettrait en danger leur jeu. Et puis il y avait le manoir familial. Sa demeure. Le centre caché de son existence. Trystan ne devrait jamais aller là-bas, elle devrait lui cacher jusque même son existence. Tant pis, désormais elle n’irait plus dans ce vieux sanctuaire, elle se passerait des services de Sang, elle n’ouvrirait plus son coffret au trésor. Phoebe se devait de protéger l’illustre demeure et la seule façon de le faire correctement c’était de la banaliser, de la transformer en chose du passé, de vivre désormais uniquement au manoir Impérial.

Trystan voulait se jouer d’elle, elle se jouerait de lui. Il était hors de question qu’il la connaisse suffisamment pour savoir ce qui vraiment la blesserait. Et Phoebe l’étudierais lui, amasserait suffisamment d’informations, traiterait les données avec perspicacité. Un jour, s’il la blesse trop profondément, Phoebe pourra le mettre sur le tapis. Les yeux qu’elle posa, à l’instant où elle pensa à cette idée, sur Trystan étaient pleins d’assurance. Phoebe faisait confiance à son flair et à son esprit pour si le besoin se faisait, se venger comme il se le doit.
La colère se transforma en une intolérable excitation. Phoebe aimait ce jeu révoltant, cette manipulation non cachée autant qu’elle la détestait. La jeune femme avait l’impression de vendre son âme au diable. Entre passion, décadence, et insoutenable tension, la jeune femme ressentait ses vieux démons revinrent à elle. IL ne fallait pas qu’elle s’enfonce dans cet abîme, elle devait garder le contrôle d’elle-même. Elle devait se garder sauve.

La jeune femme malgré ses talons marcha à la même allure que Trystan, à son côté tout en restant éloigner. Son premier tatoueur avait été choisi sur sa renommé, le second serait choisi par le hasard cela semblait juste. Devant le salon de tatouage, elle ne marqua aucune hésitation. Sans le moindre doute en tête, la jeune femme jeta un coup d’œil au lieu et décréta qu’il serait suffisamment correct. Sans regarder Trystan, elle poussa la porte et entra. La petite salle d’entrée possédait un comptoir derrière laquelle le tatoueur devait faire ses comptes ou préparer un nouveau tatouage. Théâtralement après lui avoir dis bonjour elle lu montra son poignet.


-Le tatouage devra faire cette taille environ, je veux qu’il reste discret. Mon ami va choisir le modèle, laisser lui l’un de vos livres. J’aimerais que l’on procède dès maintenant à la création.

Le mot ami avait quelque peu écorché la gorge de la jeune femme, mais c’était ce qui lui semblait le plus plausible. La jeune femme montra une porte.

-Est-ce ici votre studio ? J’aimerais que nous allions nous installer.

Phoebe emmena donc le tatoueur laissant Trystan seul avec le livre. Elle discuta quelques minutes avec le tatoueur afin de vérifier sa fiabilité et de le rassurer quant à son choix. N’entendant pas de bruit du côté de l’autre salle où était Trystan, la jeune femme enleva sa veste, ouvrit sa chemise et montra son ancien tatouage.

-J’ai déjà été tatouée.

Ce n’était pas tant pour lui montrer son tatouage que pour lui montrer qu’elle connaissait déjà la douleur et qu’elle saurait se contenir. Phoebe referma les boutons de sa chemise et s'installa sur un fauteur. Elle s'installa confortablement et posa son bras sur l'accoudoir.
Etre assise là alors que le tatoueur préparait ses instruments la ramena quelques années en arrière. Elle se rappelait l’angoisse qu’elle avait eue, la douleur qu’elle avait ressentie, la peur aussi alors qu’elle était allongée sur la table le dos nu. La douleur avait été supportable au début, nécessaire pour qu’elle finisse enfin le deuil de sa mère, et puis elle était devenue bien plus intense alors que la tatoueuse avait commencé à s’approcher de la colonne vertébrale. La jeune femme avait gémis, avait souffert bien plus qu’elle ne l’aurait pensé.

Phoebe rouvrit les yeux au moment où le tatoueur toucha son poignet. Il dit quelque chose qu’elle ne comprit pas, Phoebe se contenta d’hocher la tête. Trystan était là, il devait avoir choisi le modèle. Ses yeux verts regardèrent l’aiguille s’enfoncer et elle ne pu empêcher la douleur de s’exprimer quelque secondes sur son visage, puis elle referma le masque et seule sa pâleur était désormais visible. Il lui était insupportable de regarder l’aiguille, la jeune femme se mit donc à regarder Trystan. Ses yeux semblaient plus sombres, plus orageux mais ils n’exprimaient finalement aucune émotion. Ses dents étaient serrées. La colère se transformait en douleur et la douleur l’amenait à aimer la présence de Trystan. Il était son protecteur désormais, sa barrière contre le mal, et le mal qui la rongerait également. Au fur et à mesure que le tatouage se formait ses yeux semblaient exprimés une reconnaissance. Il était son mal désormais. Il assumerait ses actes, il controlait ses décadences, il serait le seul responsable et tant qu’il serait là, elle n’aurait besoin de rien d’autre.

Oui elle avait vraiment trouvé le moyen de s’empêcher d’aller au Rêves.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Ven 12 Nov - 21:38

Elle restait silencieuse à ses côtés. Elle ne tremblait pas, elle ne parlait pas…Elle n’était pas comme les autres qui aurait pu combler le silence à force de plaisanterie pour cacher sa peur. Elle ne remplissait pas le vide entre eux de menace ou de faux semblant destiné à la faire paraitre plus forte qu’elle ne l’était. Avait elle peur ou était ce la force de sa détermination qui la poussait à endurer le silence ? A moins que ces pensées l’obsédaient au point qu’elle ignorait le monde autour d’elle.

C’était la première fois qu’il jouait ainsi avec un être humain. Quand il donnait l’assaut, quand il cherchait des informations, il pouvait retrancher quelqu’un jusqu’aux limites de ce dernier mais ce qu’il faisait ressemblait plus à de la torture. Un jeu psychologique qu’il avait mit en place pour ne pas être appelé esclave ou serviteur. Il gardait sa fierté, il gardait son honneur bien qu’il acceptait de recevoir des ordres d’une autre personne. On ne peut servir deux maîtres mais Trystan n’avait pas pour autant vendu son âme et restait fidèle à ses croyances.

Il regarda du coin de l’œil la jeune femme dont l’œil brillait de cette chose qu’il avait vu tant et tant de fois. La colère. De la haine peut être. Ne jamais sous estimer un esprit que l’ont venait d’humilier et dont on avait la bêtise de laisser en vie. C’était attiser les charbons ardents au dessus de sa tête. Et pourtant, il y avait autre chose qui luisait…Une excitation féroce. Elle oscillait entre deux extrêmes et il n’eut aucun mal à la voir penchée sur lui, déchirant sa chair à coup d’ongle et de morsure. Avait-il libéré un autre fauve sans y faire attention ? Il la savait prédatrice mais s’il était un tigre, elle était sans nul doute une panthère.

Et comme pour lui prouver le courage dont elle pouvait faire preuve, elle entra la première, s’occupant de tout les détails bien avant qu’il puisse ajouter quoique ce soit, disparaissant dans l’arrière boutique, le laissant seul avec le livre de tatouage. Trystan y voyait une forme d’entêtement…Lui aussi quand il sentait la peur venir faisait ce pas en plus en avant, fonçant tête baisser pour avoir à éviter de réfléchir.

Il eut un léger sourire quand il s’assit, regardant les images qu’on venait de lui servir, se demandant toujours ce qu’il allait choisir. Il voulait quelque chose dont la signification irait plus loin que la simple évocation. Il voulait mettre en valeur la dualité de cette femme. Celle publique et celle qu’il avait rencontré dans ce café. L’image des anges déchus lui plaisait mais il voulait aller encore plus loin. Le serpent était une créature qui retenait déjà toute son attention. Dans bien des cultures, il était le gardien de la connaissance. Dans l’ancienne Amérique du Sud, bien des dieux étaient des serpents ailées alors que la première image venant de l’ancienne religion catholique était celle d’un démon rampant et offrant la manipulation. En chine, le serpent blanc était une légende qui lui plaisait beaucoup…Une femme cherchant l’amour et rattrapée par sa nature.

Une femme serpent

S’il se souvenait bien, la Grèce regorgeait de cette espèce étrange. La première qui lui venait était Lamia, femme qui ne connaîtrait plus le repos même durant les nuits les plus noirs. Méduse dont le regard pétrifiait le cœur des hommes et dont les sœurs les gorgonnes étaient souvent représentées de la même façon voir avec d’immenses ailes. Echidna la plus terrifiante d’entre elles, la manipulatrice dont la descendance fit trembler le monde des hommes. Quelque part, Hécate était aussi représentée par des serpents…Mais aussi comme une divinité tripartite, gardienne du monde souterrain. Tout comme les Naga en orient.

Trois femmes serpents, trois significations : Un monde secret, sombre, cruel et manipulateur. Ne plus connaître le repos. La terreur qu’un tel être inspire malgré sa beauté.

Cela lui plaisait bien qu’il ne la connaissait qu’en partie. Il n’était pas certain que cela lui corresponde entièrement. Seulement il venait de trouver la représentation de ses pensées et il ne voyait rien d’autre qui frappait son imagination. Trois femmes serpents ailées se soutenant, se regardant dans les yeux. Elles ne peuvent compter que sur elles même, les seules à pouvoir soutenir leurs regards. Mais dans ce cas, qu’était alors Trystan ? Il ferma le livre en éloignant cette question de ses pensées. Ce qu’il était dans cette représentation ne comptait pas.

Il s’avança dans l’arrière salle montrant à l’artiste ce qu’il devait tatouer sur le corps qu’il venait de lui mettre à disposition. Nul doute qu’il ne comprenait pas ce qu’il se passait. Pourquoi un simple « ami » tatouait il quelque chose sur une femme qui n’était pas la sienne et qui ne semblait pas en avoir cure ? Il attrapa une chaise et s’assit juste à côté d’elle pour mieux regarder son visage. Quelque part au fond de lui, il se revit enfant…Et il se demandait comment il verrait ce qu’il faisait…Il passait vraiment la vitesse supérieure maintenant. Quoiqu’il fasse, il n’y aurait plus de retour en arrière possible.

Les yeux orageux de la jeune femme finie par le détourner de ses pensées. Trystan y était sensible…Il aimait ce genre de regard chez une femme. Quelque chose de sensuel l’appelait, faisant raisonner ses instincts les plus libidineux. C’était à ce moment que sa raison le rappelait à l’ordre et commençait sa lente agonie. Ce genre de femme n’était pas faite pour lui…Il ne serait jamais heureux s’il faiblissait. C’était toujours ce qu’il avait pensé.

A mesure que l’aiguille avançait, elle cachait sa douleur bien qu’elle palissait à vu d’œil. Voulait elle lui démontrer sa force de caractère ? Il n’y avait aucun mal à montrer que l’on souffrait. Puis il vit quelque chose qu’il ne comprit pas. Elle semblait soudainement reconnaissante. Alors qu’elle souffrait, elle semblait heureuse de passer par cette étape. Était-elle heureuse de pouvoir enfin compter quelqu’un comme lui dans ses rangs malgré les petits jeux psychologiques qui l’attendaient ? Pourquoi était elle reconnaissante alors qu’il avait du choisir le motif ? Pourquoi baignait-elle dans la plénitude alors qu’il l’obligeait à souffrir ?

Il ne savait quoi penser de ce regard…Mais étrangement, il s’en satisfaisait. Il venait de lui voler une partie de sa vie, de sa liberté et même de son corps et pourtant elle le remerciait. L’étrange nature humaine…Il ne la connaissait visiblement pas. Quel genre de chose allait il découvrir ? Peut être devrait il faire une enquête à son sujet ? Mais c’était quelque part spoiler son plaisir et tronquer le jeu. Il la découvrirait petit à petit et la mettrait à nu le moment venu. Mais se promettait des sueurs froides et de mauvaises surprises. Cela risquait d’être plus dangereux qu’il ne le pensait.

Ne pas la sous estimer.

Et pourtant, il ne put s’empêcher de passer ses doigts dans les mèches libres de la jeune femme. Une caresse qui n’en n’était pas vraiment une. Ses yeux semblaient lui dire qu’elle était une bonne fille…Qu’elle avait fait le bon choix…Qu’après toutes ces souffrances, il y avait une ombre de tendresse qui l’attendait maintenant. Même si le plus dur était à venir.

‘‘Tout va bien ce passer maintenant…Tu es en sécurité’’

Sécurité toute relative avec un homme comme lui…Mais elle avait fait un énorme effort pour ne pas hurler. Il pouvait bien lui accorder ça. Sévère mais juste…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Premier contact   Sam 13 Nov - 2:38

Les paroles de Trystan l’apaisèrent, elles lui rappelèrent les paroles que murmuraient son père à l’oreille de sa mère quand elle faisait ses crises d’angoisse. Phoebe ne pu s’empêcher de sourire, un simple sourire de joie empli de défi. Sa mère avait laissé l’homme prendre possession de tout son être et elle était morte. Phoebe ne laisserait pas un vampire même avec de bonnes intentions lui voler sa vie.

Phoebe était sauve, elle était protéger du monde extérieur. Les dangers ne viendraient plus que de lui et des proches à qui elle accordait confiance. Elle n’avait plus qu’un démon à combattre, plus qu’un bourreau. Trystan lui caressa les cheveux, les yeux débordants de tendresse. Il la regardait de cet air paternel que seul les maîtres prennent envers leurs disciples, leurs choses. Qu’importe. Phoebe sentait la maitrise qu’il lui donnait sur elle-même, la maîtrise qu’elle lui volait subtilement sans qu’il ne s’en rende compte. Il voulait un morceau de sa peau qu’il prenne, elle le lui offrait en cadeau. Les autres requêtes seraient sans doute plus douloureuses les unes les autres, Phoebe pouvait supporter la douleur. Qu’il prenne son mal en patience, la jeune femme n’était pas prête de céder, pas prête à perdre. Sauf si le jeu n’en valait pas la chandelle bien sûr, ce qu’elle exigeait et exigerait de lui changerait autant Trystan qu’il tenterait de changer Phoebe. Sauf que lui ne se rendrait pas compte du changement.

Le tatoueur se mit à bander le poignet de Phoebe, faisant tournoyer le tissu autour du membre avec légèreté. Phoebe cessa d’observer ses mouvements sentant soudain sa tête tourner. Mais ce ne fus qu’une impression et après quelques minutes de calme encore elle se leva du fauteuil. La jeune femme resta debout quelques secondes devant Trystan, le temps de reprendre son énergie. Quand elle se sentit mieux, Phoebe posa sa main sur le sternum de Trystan et s’y appuya tout doucement mais entièrement se rapprochant alors de lui. Elle murmura.


-J’espère que tu es content.

Phoebe poussa alors sur son bras, loin de le repousser elle se remit juste d’aplomb et le regarda une dernière fois. Elle n’oublierait jamais ce moment, ni sa tendresse, ni sa requête, ni ses expressions, ni même ses vêtements. La jeune femme chercha un peu perdue sa veste et son manteau qu’elle passa sur son corps, refermant lentement les boutons. Le tatoueur lui tendit des produits.


-Mademoiselle, je ne sais pas si vous avez utilisé ces produits auparavant, mais ils sont de toute efficacité contre les infections et pour une cicatrisation plus rapide.

-Merci, je vais les prendre.

Phoebe les rangea dans son sac à main avant de se retourner. Doucement elle sortie de la salle et se dirigea vers le comptoir. Elle entendit du bruit encore et supposa qu’il s’agissait du prix. Phoebe sorti de son sac la carte bancaire à son nom qu’elle posa sur le comptoir. A peine eut-elle payé qu’elle sortie, sans attendre Trystan, du salon de tatouage.

Elle devait s’occuper de lui, la jeune femme devait faire de lui son homme et cela passait avant tout par lui enlever les barrières qui le gênaient. Phoebe mis se dirigea vers un distributeur automatique et demanda suffisamment d’argent pour sortir Trystan du besoin et lui permettre de s’offrir ce qu’il voulait. Elle les lui donna, ne le regardant toujours pas.


-Prends sa. Si tu as besoin de quelque chose, demandes. Mon Inomad est le 09.646, ou le 09.464. Appelles d’abord au premier numéro.

Les phrases étaient hachées, sa fatigue apparente, ce n’étaient qu’une suite d’idées. Phoebe fouillait ce qui lui semblait le plus important à dire maintenant, les dernières formalités, mais ce qui sortait de ces lèvres étaient épurés de tout enrobement. La jeune femme n’avait pas perdue de sa pâleur et le léger courant d’air qu’il y avait dans la rue la faisait frémir. L’important était de ne pas céder à la tentation de s’effondrer, avec l’hirondelle elle n’avait même pas pu se lever de la table toute seule affaiblie par la douleur. Ce n’était qu’un petit tatouage, un tatouage qu’elle avait pour l’instant refusé de regarder et qu’elle ne regarderait peut-être jamais. Il était à Trystan, qu’il le reste. Phoebe ne désirait pas encore le voir.

Elle inspira profondément et commença à marcher, son pas était lent mais déterminé. Trystan devait être là quelque part, elle sentait son influence déjà. Elle sentait la bulle qu’il étendait autour d’elle peut-être même sans prendre garde. Elle avait oublié un détail, son esprit se raccrocha à cette pensée jusqu’à ce qu’elle ne trouve enfin de quoi il s’agissait et qu’elle ne l’exprima.


-Je veux toutes les informations dans deux jours, en mains propres, au manoir impérial, tu te feras passer pour un collègue ou un scientifique ou tout ce que tu veux. Demande Mademoiselle Johansen cela devrait suffire de toute manière à te faire entrer assez facilement.

Trystan ne passera pas entre les mailles du filet, il avait promis de lui offrir toutes ses informations, il les lui donnera. Phoebe n’osa même pas imaginer l’état qui serais le sien si jamais elle apprenait qu’il l’abandonnait, ni sa haine, ni tout ce qu’elle fera pour détruire Trystan. Car une chose était bien certaine, si elle acceptait qu’un jour peut-être ils puissent se séparer, ce ne serait que de son choix et non d’un changement d’avis de Trystan.

Alors qu’elle avait luttée vaillamment, elle se sentait désormais de plus en plus gelée. Avec la vague impression que ses os et articulations se cristallisaient doucement, elle continuait d’avancer. Sa fatigue refusait de céder du terrain et maintenant que Phoebe avait l’impression que tout avait été dit avec Trystan, aucune pensée ne la retenait. La jeune femme était vide, elle avait besoin de dormir, de reposer son corps bien sur mais aussi son esprit qui avait du engager un véritable combat. Oui Phoebe était fatiguée, tout ce qui se passait ses derniers jours l’avait empêché de dormir. Le stress, le peur, les caractères entêtés et parfois cruels des princes. En quelques jours, la jeune femme était passé de l’autre côté de la barrière. Et tout devait changer, maintenant.

La jeune femme ne pouvait plus continuer, sentant ses forces prêtes à l’abandonner, alors elle fit ce qu’elle ferait toujours désormais. Ses yeux verts cherchèrent quelques secondes Trystan. Phoebe pris alors son bras, se servant de lui pour prendre son équilibre, pour pouvoir ne pas tomber avec ses talons. Elle lui volait sa force mais qu’importe, il avait promis de protéger son corps, l’empêcher de se blesser en tombant était un bon début. Se servant de lui comme d’un appui, Phoebe pouvait ainsi économiser ses forces.

N’était-il pas ce qu’il était désormais : sa force ?
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Premier contact   Sam 13 Nov - 5:39

Elle lui avait demandé si il était content…Il ne pouvait dire s’il l’était ou non. Cela lui laissait une impression sur laquelle il ne pouvait mettre de mot. Une femme dont il ne savait si peu de chose acceptait de se faire tatouer. Peut importait le motif, peut importait la signification…Peut importait s’il y avait d’autres demandes du même genre. S’il l’avait vu ou lut dans un dossier, il en aurait conclut à de la folie furieuse. Elle devait vraiment craindre quelque chose d’important pour accepter…Ou alors désirer quelque chose qui dépassait l’entendement face à autant de détermination.

Quand lui-même faisait montre de volonté, c’était toujours l’arme à la main. Il se retrouvait dans un autre monde où plus rien n’avait d’importance que celui qui tentait de vous tuer. Les idéaux, les grandes phrases, la politique et le reste était mit de côté. Il n’y avait plus que mouvement, peur, désire de vivre et parfois celui de mourir. C’était comme être prisonnier sous la surface de l’océan, voir la lumière tout en subissant la lente asphyxie et la pression de l’eau. Il serait si simple d’abandonner la douleur. Tellement simple. Etait ce si différant quand il essayait de survivre tout en sachant qu’il ne ferrait que souffrir d’autre chose demain ? Cela aussi pouvait ressembler à de la folie.

Etait il content ?

Non…Il n’avait aucune raison d’être réjouit. Le pacte était scellé et désormais, il avait tout à perdre alors qu’il avait si peu à gagner. Il n’y aurait plus d’avenir pour lui, il n’y aurait plus de temps libre…Son travail lui prenait déjà tout ce qu’il avait. Le peu qu’il possédait serait lentement conquit par cette femme. S’il désirait fonder une famille, il avait désormais le sentiment qu’il était trop tard. Ce qui le frustrait le plus était qu’il n’aurait aucun héritier à qui transmettre ses valeurs. Tant de connaissance accumulée qui resterait égoïstement à lui.

Il ne put s’empêcher d’être attristé…Mais l’idée d’avoir un autre lui-même fini par le faire sourire. Si un éventuel fils venait à lui succéder, quel pauvre hère se serait. Il serait plus humain de ne jamais le mettre au monde après tout. Etait il content ? Peut être après tout. Elle venait de franchir un cap dans sa vie, faire preuve de plus de détermination qu’elle n’en n’avait peut être montré dans toute sa vie. Cela pouvait lui échauffer les sangs de proposer ses services à une femme telle que celle là. Il la suivit sans rien dire, la regardant quitter le salon de tatouage pour aller directement à une borne.

Il grinça des dents quand elle lui offrit de l’argent. Dire qu’il se sentait passablement insulté et blessé dans sa fierté était un euphémisme. On ne l’achetait pas…Et il savait parfaitement subvenir à ses besoins. Il détourna le regard en se demandant depuis quand il pouvait se montrer aussi fier. Quand on lui donnait de l’argent sans rien demander…Non, ce n’était pas lui. Il ne faisait pas la manche et n’avait rien demandé.

‘‘Je ne suis pas monnayable. Tu devrais ranger ça avant que cela n’attire l’attention.’’

Après tout, passer son temps a travailler lui occasionnait si peu de frais dont la plus part étaient engloutit par les heures supplémentaires. Il ne payait quasiment rien vu que sa maison était en dehors des limites de Filzam et était si peu souvent chez lui que les factures étaient allégées vu qu’il dormait le plus souvent dans une planque, une voiture de service, voir son propre bureau. Tant qu’il ne travaillerait pas à plein temps pour Phoebe, il s’arrangerait toujours. Peut être était il tant de s’intéresser à de possibles investissements ?

Ah ! Cela lui rappelait qu’il faudrait peut être mettre en parenthèse une de ses activités extra professionnelle. Encore que le réseau pouvait encore lui servir. L’identité aussi d’ailleurs. Il haussa des épaules regardant marcher la jeune femme. Deux pas devant lui, son pas était trop lent. Il se souvint de la manière dont elle avait blêmit durant l’opération. Elle était certainement à bout de force sans vouloir le montrer.

Je veux toutes les informations dans deux jours, en mains propres, au manoir impérial, tu te feras passer pour un collègue ou un scientifique ou tout ce que tu veux. Demande Mademoiselle Johansen cela devrait suffire de toute manière à te faire entrer assez facilement.

A bout de force, mais toujours l’esprit à ce qu’elle faisait. Les yeux du blondin s’étrécirent un moment en repensant à son sanctuaire qu’il allait devoir abandonner puis tout de suite après au palais impérial. Y pénétrer n’était pas difficile tant qu’on montrait patte blanche. Hors, les identités étaient forcement contrôlés à l’entrée…Soit il y allait en tant que membre du Nss pour une enquête…Soit il allait devoir trouver un autre moyen. La plupart de ses identités secondaires étaient connue au fichier…Il connaissait bien un moyen mais cela allait lui demander pas mal de travail. Deux jours, c’était un peu trop juste mais il avait l’avantage de savoir comment les choses fonctionnaient dans le palais. Tant qu’il ne s’approchait pas de la garde d’élite du palais, il avait une chance de s’infiltrer.

‘‘Je devrais te prévenir. Je n’ai pas l’habitude de dormir chez moi en règle générale. Quand je travaille, je suis la plupart du temps sur le terrain. Je dors dans des endroits où le Nss à ses entrées, dans ma voiture ou dans mon bureau. Je suis donc difficilement joignable…Cependant, j’ai bel et bien une maison sur le bord de mer si c’est vraiment ce qui t’intéresse.’’

Il ne s’attendit pas à la voir ralentir, puis soudainement à ce contact contre son bras. Elle semblait si épuisée maintenant…Elle n’avait pas l’habitude de ce genre de rencontre et devait être encore sous les divers chocs émotionnels qu’il lui avait infligés. L’espace d’un instant, il se demanda s’il ne devait pas la faire payer pour lui avoir prit le bras. Il se ravisa sur l’instant en se disant qu’il ne faisait que garder son corps comme elle le lui avait déjà demandé. Prendre soin d’elle n’était comprit dans l’option il est vrai…Lui prendre le bras était de son propre fait alors qu’elle ne lui avait rien demandé. Par acquit de conscience, il lui toucha la joue du revers de sa main. Le froid qu’il sentit le fit soupirer

‘‘Attend une minute’’

Il s’arrêta un instant, se défaisant de sa veste pour la lui mettre sur les épaules. Elle était beaucoup plus lourdes certes mais aussi plus chaude.

‘‘Je vais m’occuper du reste’’

Cela lui décrocha un vague sourire en se disant qu’il lui ferrait payer plus tard. Surtout si elle le lui faisait remarquer, mais ce n’était que du détail pour le moment, il n’avait rien a gagner a la voir se détruire la santé. Il récupéra simplement son Inomad dans la poche pour retrouver plus facilement la voiture de la jeune femme. Se doutant qu’elle ne serait pas en état de conduire sans mettre sa vie en danger, il l’installa sur le côté passager et sans rien dire prit la place du conducteur. Il alluma la radio présentant une longue nuit qui s’annonçait pour lui pour devoir rentrer par ses propres moyens.


La voiture ne tarda pas à s’élancer dans la nuit dans la direction d’Arkeem. Cela lui rappelait de vieux souvenirs, dommage que cela lui écrasait toujours le cœur de repenser à cette femme. Il fouilla d’une main la poche de son pantalon, se mordant la lèvre en se rappelant que son paquet était dans sa veste…Bah…Ce n’était pas grave…Peut être que pour compenser, il pourrait s’autoriser à rentrer chez lui. Une dernière fois…
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