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 Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages...

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Neala Duncan

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Neala Duncan
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Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... Vide
MessageSujet: Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages...   Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... EmptyDim 28 Nov - 20:30

Comhad ID

Nom : Duncan (à la naissance Duncan Ab' Santa Maru ; nom de l’ex famille adoptive : Ootori. )
Prénom : Neala
Surnom : Neal'
Âge : 24 ans

Métier : Guitariste
Voleuse célèbre, connue sous le nom d'
Ange Lunaire*, activement recherchée par le N.S.S.


Lieu de Vie : Arkmeen
Lieu de Travail : Arkmeen, Le Astrid
Loge : Pooja, famille faisant anciennement partie de la Lux.


~~~


{ QUI ÊTES-VOUS ? ~
Quelqu'un que tu ne peux réellement connaître... sans en payer le prix.


Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... Angels12

    Caractère

    Tous le savent ; les différentes facettes d'un caractère, varient d'un individu à un autre. Elles changent d'apparences et de formes certes. Cependant, plus rarement, leur nombre se voit modifié. Certains êtres n'ont en leur âme que deux ou trois facettes de personnalité, mais d'autres... en possèdent tellement qu'elles en semblent indénombrables. Il existe une troisième catégorie de personnes : ceux qui, font partie de ces humains à quelques facettes, mais aux caractères... bien mystérieux. Leur façon d'agir est si particulière que le commun des mortels ne peuvent la comprendre, et ne parviennent pas à s'attacher à ce genre-là. Neala appartient à cette minorité d'êtres particulièrement difficiles à cerner... pour quelqu'un qui ne la connait pas bien.

    Pour commencer, afin d'éviter toute confusions susceptibles de donner des maux de têtes à toute personne étant dotée d'une logique propre et commune aux êtres humains, il paraît bon de définir - le plus clairement possible - la personnalité 'réelle’ de Neala Duncan Ab' Santa Maru , plus connue sous le nom de Neala Duncan, pour des raisons semblant évidente : avec un nom pareil, se faire une petite place dans la société n'est pas une partie de plaisir !

    Si elle arbore, en compagnie d'inconnus, un masque dont la description sera donnée plus loin, Neala est pour ses proches, quelqu'un d'extrêmement direct, qui n'a pas la langue dans sa poche et possédant un fort sens de la répartie. Lorsqu'elle cherche à provoquer, elle est sarcastique, caustique et manie l'ironie avec une adresse qui en laisse sans voix plus d'un. Elle adore pousser à bout les gens mais se retient la plupart du temps, car il n'est jamais bon dans le métier qu'elle exerce, de se mettre à dos un compagnon... N'empêche... qu'avec son "fichu caractère", il lui est difficile de garder son calme. Grognonne, bougonne, elle râle assez souvent et se chamaille quotidiennement avec ses collègues et son patron. Chamailleries si fréquentes, qu'elles amusent les témoins et instaurent une ambiance bonne enfant au sein du groupe. Terriblement têtue, elle déteste avoir tort et quand elle ne veut pas faire quelque chose... elle ne le fera pas. Même chose pour le contraire. Son dicton "Si je veux, je peux, personne n'a à me dire ce que dois faire ou ne pas faire." Il faut dire que l'une de ses (rares ?) qualités est d'être particulièrement tenace et de ne jamais abandonner son but, quelque soit le prix à payer.

    Assez fière, plutôt susceptible, elle se braque facilement lorsqu'elle se fait taquiner... (un comble pour quelqu'un dont l'un des passe-temps favoris est de faire tourner en bourrique les gens). Elle boude si "l'attaquant" est un ami à elle - ou une personne pouvant lui nuire qu'elle ne peut pas frapper - ; cela a plus tendance à attendrir ou à faire rire, à son grand désarroi. Mais s'il s'agit d'un simple civil insolent, celui-ci, qui ose se moquer d'elle, met l'état de son visage - et de son ego - en péril. En effet, la jeune personne adopte quelques fois un comportement de brute. Si on la cherche, on la trouve à coup sûr, elle perd son calme apparent pour passer en mode "Dark"... où son côté sadique et arrogant s'éveille complètement. Un feu bouillonnant brûle en elle, il se révèle donc sous cette variation de la facette "masculine" de Neala. C'est un garçon - presque - manqué, préférant de loin traîner avec une bande d'amis turbulents et blagueurs qu'avec un clan de filles gloussant, colportant ragots et multipliant moqueries puériles. La jeune musicienne trouve les filles de son âge frivoles, idiotes et geignardes. Mis à part certaines de ses connaissances féminines, elle dédaigne leur présence. Machisme ? Peut-être. En tout cas, le premier homme osant la dénigrer parce qu'elle est une fille... se fera non seulement coller une raclée par l'offensée, mais subira la colère de ses compagnons, vexés qu'on puisse la confondre, elle, Neala, avec l’une de ces pimbêches vicieuses et douillettes.

    Excellente guitariste, elle a touché à toutes sortes de musique, du classique au hard métal. S'il lui arrive de chanter en seconde voix dans certains morceaux, elle préfère se consacrer uniquement à la guitare, et éviter ainsi de se faire trop remarquer. Une certaine forme de timidité, timidité surprenant chacun de nous, quelque soit notre caractère. Elle est également assez pudique, cela se traduit dans sa tenue vestimentaire et sa manie de porter une veste en cuir rouge.

    Même si elle est, comme vous avez pu le constater, une fille assez difficile à vivre, la jeune voleuse est quelqu'un de particulièrement fidèle et d'intègre. Bizarre, lorsqu'on cambriole les propriétés de riches citoyens ? Non, la bizarrerie est ailleurs, vous le verrez bien assez tôt. Neala, malgré son air boudeur et froid, peut se montrer amicale, presque sympathique, dans certaines situations, protectrice. Elle ne supporte pas de voir quelqu'un se faire maltraiter juste devant elle et intervient dès que l'occasion se présente... c'est ce dégoût de l'injustice qui l'a poussé à débuter dans la carrière de voleuse, ou plus particulièrement de "justicière masquée" qui vole aux riches, ceux de la Lux, pour donner aux plus pauvres. Si elle laissait parler son côté sauvage et indompté, sa facette "masculine" devant n'importe qui, elle aurait été depuis longtemps arrêtée et démasquée. C'est pour cela... que la justicière en herbe a décidé, et ce depuis longtemps, de se construire une seconde façade, qu'elle déteste pour l'image qu'elle lui donne, mais... bien pratique pour désarmer la méfiance d'autrui. Il y a deux Neala... Neala, la vraie : franche, directe, sombre, susceptible, fière, boudeuse, froide, volontaire, fonceuse, fidèle, protectrice, sarcastique, provocante, chieu** professionnelle...

    Et il y a : Neala, la fausse. Neala l'hypocrite, Neala la mutine, Neala l'ange coquin, Neala la dévoreuse d'homme... Hypocrisie, flatterie, moqueries subtiles. La jeune femme prend un malin plaisir à se jouer des agents du NSS et des membres de la Lux en arborant un sourire malin de renard. Dans ces moments-là, elle devient une femme tout ce qu'il y a de plus... attirante. Pour faire parler les hommes, c'est parfait. Pour tromper les inspecteurs suspicieux, c'est l'idéal. En jouant les jeunes femmes éplorées, naïves, en manque d'amour et d'affection, de jolis trémolos dans la voix et des yeux caressants... En se mettant dans la peau d'une courtisane, ou d'une geisha du Japon féodal..., personne ne pourrait se douter de la seconde nature de la fille-garçon. Sauf lorsque son côté froid et sarcastique reprend, par mégarde, le dessus. Ou lorsqu'elle fait preuve d'un peu trop de perspicacité, ou encore, lorsque son sens de la répartie devient un peu moins subtil. Tout cela n'est-il que façade ? Déteste-t-elle vraiment ce masque... une partie d'elle-même, construite de sa propre volonté ? Si la nature première de la jeune femme n'est pas d'être du genre à draguer tout ce qui ressemble de près ou de loin à un homme, à force de faire "comme si", elle y a prit goût, car c'est une manière de ridiculiser les classes supérieures. On pourrait presque parler de double personnalité, mais Neala n'est pas schizophrène, elle est simplement... incapable de dire si ce trait fait partie d'elle-même ou non.

    Elle fait mine de le détester, ce trait de caractère qui n'est pas vraiment le sien... et elle le tourne jusqu'à la caricature pour dissimuler son côté garçon manqué, ou plutôt pour faire "comme si" elle n'aimait pas ça. Mais, malgré ce côté "coquin" de sa personnalité, ses relations avec les hommes se sont toujours bornées à une simple amitié, ou alors, lorsqu'elle acceptait de sortir avec quelqu'un, ce n'était que pendant quelques semaines. Ces relations, pas si nombreuses que l'on pourrait le penser (elle a accepté seulement deux fois les avances qu’on lui faisait, une à 15 ans, au début de l’adolescence, et l’autre à 23, lorsque le souvenir de son oncle commença à s’effacer), n'avaient pas spécialement d’importance à ses yeux, elle préfère considérer les hommes soit comme des amis... ou comme de jeunes naïfs perdant tous leurs moyens lorsqu'elle emprunte sa "fausse personnalité". Mais au fond, les deux véritables relations qu'elle a entretenues ne l'ont pas totalement laissée indifférente : sans se l'avouer bien évidemment, l'amour que lui portait ses deux compagnons la réconfortait et lui redonnait confiance en elle.

    L'entretien de ces deux facettes, son incroyable ingéniosité, qu’elle met en pratique lors de ses cambriolages, ses répliques cinglantes qui frappent juste, font d'elle une jeune femme dégourdie, vive d'esprit qui réfléchit vite et bien. Etonnamment perspicace, elle n'a aucun mal à détecter les menteurs et parvient toujours à se sortir de mauvaises situations. Lorsqu'elle ment, ou lorsqu'elle retouche la vérité, c'est toujours avec brio... en revanche, elle reste très sincère et très franche avec ses alliés et la trahison n'entrera jamais dans ses habitudes. C’est cependant quelqu’un d’assez perturbé, qui a du mal à cerner et exprimer clairement ses sentiments, et dont la perte d’êtres chers a grandement ébranlé. Elle garde tout pour elle et cela la ronge sans qu'elle n'en laisse rien paraître.

    Dans un cadre un peu plus classique, les informations récoltées concernant le profil psychologique du sujet sont les suivantes (listes non exhaustives) :
    • Ce qu'elle aime : les berlingots, les bonbons Arlequin, les pommes, les pêches, la glace à l'abricot, les chats, la neige, la pluie, l'obscurité, les forêts de bambous, embêter les gens, réussir sans anicroche ses vols et ses morceaux, se percher en hauteur sur les toits, lire, écouter de la musique, jouer aux échecs...
    • Ce qu'elle déteste : les chiens, les caramels, avoir trop chaud, se lever tôt le matin, discuter avec des gens plus bornés qu'elle, qu'on lui dise qu'elle est mignonne, rester à ne rien faire, avoir tort, prendre la fuite, se faire battre à la course de fond...
    • Signe Astrologique : Capricorne (23/12)

    Cette description est incomplète. Définir la personnalité exacte d'un être humain, de façon à prévoir la moindre de ses réactions est une tâche très ardue, et dans le cas de Neala, c'est encore moins simple. Sa façon d'agir est imprévisible, cela dépend du lieu, du moment, de la personne, de la situation.. Et d'une multitude d'autres paramètres à prendre en compte. A vous de vous forger votre jugement en la rencontrant... si vous parvenez à l'attraper ~

    Physique

    Lorsqu’elle se promène dans les rues d’Arkmeen ou de toute autres ville, Neala ne se fait pas spécialement remarquer. Elle possède une silhouette passe-partout de dos, on ne saurait deviner dans l’obscurité, le sexe cette jeune personne aux cheveux courts : puisqu’au niveau de la poitrine, à sa grande satisfaction, elle n’est pas très pourvue. Ce n’est pas une planche à pain mais disons juste que sa croissance s’est terminée à ses quatorze ans. Cela lui convient très bien, elle ne supporterait pas d’avoir sous les yeux une preuve supplémentaire de sa féminité, même si ses hanches et sa stature sont celles, indéniablement, d’une fille, si l’on a un sens de l’observation autre que moindre. Neala mesure un mètre soixante sept, pour cinquante kilogrammes tout rond. Cette petite taille, comparée à celle des hommes de son âge, la désespère, et elle a beau manger toute la soupe et les yaourts de son frigo, ça ne change rien. Comme cela a été mentionné plus tôt, la jeune femme a terminé sa croissance il y a dix ans de cela. Elle parvient à garder un bon équilibre au niveau du poids, fort heureusement, se livrer à des acrobaties sur les toits alors que l’on est en surpoids n’est pas très malin.

    Les capacités physiques de la jeune femme sont d’ailleurs impressionnantes. Sa vue, son ouïe sont remarquablement développés. D’une agilité et d’une souplesse incomparable, elle est également très rapide et sème tous ses compagnons à la course de fond. Depuis qu’elle a quitté sa famille, elle a délaissé les arts martiaux – bien que les bases demeurent ancrées en elle – pour se mettre à la boxe chinoise et thaïlandaise. Elle a pratiqué le kendo pendant plusieurs douzaines de mois, mais n’a pas touché à un katana depuis cinq bonnes années. C’est aussi une spécialiste en maniement du tanto, petit sabre japonais, mesurant environ 30 centimètres : c’est la seule arme qu’elle utilise, en dehors de ses mains et de ses pieds, comme arme de corps à corps ou arme de lancer. Celui de Neala mesure 29,5 centimètres, il est constamment glissé dans sa ceinture de kimono, dans un étui noir. A vrai dire, les origines japonaise de celui-ci ne sont pas prouvées, la lame est droite, d'une bonne vingtaine de centimètres, sa garde est dorée ainsi que le bout du manche, de couleur rouge sombre. En tant que voleuse professionnelle, aucune serrure, aucun nœuds ne lui résiste, et elle dispose de bonnes sources concernant les nouveaux systèmes de défenses des membres de la Lux : les petits nouveaux de la NSS qui, flattés d'intéresser une femme au visage "à croquer", veulent bien lui révéler tout et n'importe quoi, sans qu'elle ait à esquisser le moindre contact charnel.

    La tenue vestimentaire de la jeune femme se résume en quelques phrases. La plupart du temps, elle enfile un jean, un tee-shirt ample et son éternelle veste polaire rouge. Une veste qui ne la quitte qu’en été, lorsque la chaleur chasse cette couche de tissu de son buste. Un kimono bleu sans ornement, noué par une ceinture plus foncée, remplace parfois le jean et le tee-shirt. Cependant, lorsque l’envie lui prend d’aller se promener en ville, sous sa seconde personnalité, elle enfile des kimonos plus attrayant, blancs, roses, ou encore rouges, sa seconde couleur préférée. En baskets et en Doc Martens la plupart du temps, ou en sandales parfois, elle se déplace à pied ou en Wind Board (skate lévitant à quelques centimètres du sol). Ou, lorsqu’elle doit se rendre d’une ville à une autre, elle emprunte le scooter d’un de ses amis. Elle n’a passé d’ailleurs que ce permis-là, à 20 ans, après son service militaire (la pire année de sa vie à son humble avis, elle avait du mal à continuer ses virées nocturnes à cette époque-là). Lorsqu’elle "visite" la propriété d’un riche membre de la Lux, elle enfile un pantalon et un tee-shirt moulant noir, accompagné de la fidèle veste rouge. Comme personne ne l’a jamais prise sur le fait, elle peut se permettre cette imprudence. Son visage est dissimulé par un masque sombre lui couvrant la moitié du visage, ses mains sont protégées par des gants antidérapants, elle porte souvent des lunettes infrarouges lorsque la lune disparaît de la voûte céleste. Si elle n'a pas l'habitude de porter de bijoux, elle a en permanence autour du cou un pendentif étrange, offert il y a longtemps par une personne chère à ses yeux, disparue à ce jour.

    Le visage de Neala maintenant, celui que les agents de l’INSS tentent en vain de découvrir, celui qu’admirent en silence les nombreux spectateurs au Astrid. Malgré ses efforts pour lui donner un air bougon et associable, le visage de la jeune femme, à défaut d’être "beau" peut être qualifié de... mignon, d’adorable petite bouille. Il n’y a rien de plus offensait pour la jeune guitariste d’entendre dire à son propos qu’elle est "mignonne". C’est horripilant... mais c’est vrai. Sa tête est en forme de cœur, ses joues encore un peu rondes lui donnent quelques années de moins, à son grand désarroi. La peau de la jeune femme est particulièrement blanche, car cette dernière préfère la pluie au soleil. Cette blancheur – et cette douceur soupçonnable à l’œil nu - contraste avec ses cheveux épais, bruns foncés, coupés de manière anarchique au niveau du milieu du cou, une frange fine et courte sur le front. Elle ne les coiffe qu’à de rares occasions, c'est-à-dire lorsqu’elle va faire son « enquête » sous sa seconde personnalité. Son nez est légèrement en trompette, ses lèvres sont pâles et fines, son menton fier et droit. Quant à ses yeux, ils sont d’une couleur changeante, assez particulière. D’un bleu-gris, poussant très bien passer par le vert pâle, leur pupilles sont presque inexistantes. En général, ils deviennent d’une étrange couleur, bleue électrique, lorsque la jeune femme s’emporte un peu trop. Un phénomène assez étrange...

    Que dire d’autre ? Les mains de Neala sont fines mais fortes, couvertes d’égratignures ou d’ampoules quelques fois, à force de grimper sur les façades des immeubles et de jouer sur les cordes dures d’une guitare folk. Mais surtout, et c’est cela le plus frappant lorsqu'on regarde plus attentivement, une longue cicatrice blanchâtre est inscrite dans sa paume et dans le dos de sa main gauche. La jeune voleuse est obligée de mettre de la crème cicatrisante, parfois un bandage spécial, chaque jour sur cette ancienne blessure pour éviter qu’elle ne se rouvre. Elle refuse de trahir les origines de cette double cicatrice, mais il semblerait que quelqu’un lui ait planté une arme dans la sénestre, jusqu’à ce qu’elle ressorte, ce qui explique les deux marques symétriques.

    Voilà tout ce que nous pouvons dire... Le reste, vous ne le saurez... jamais ! Sauf si le visage d'ange de cette petite musicienne vous aveugle au point de que vous croyiez qu'elle va vous laisser voir autre chose...


    Tranche de vie

    Je m’appelle Neala. Neala Aisling Duncan Ab’ Santa Maru, c’est mon premier nom. Le second, c’était Neala Aisling Ootori. Neala Duncan tout simple maintenant. Neal’ pour mes proches. Donc pas vous. Oui, vous, qui lisez sans autorisation ce journal. (Akira, si c’est toi, je jure que tu ne vivras pas jusqu’au prochain concert) Personne ne doit lire ce ‘journal’ stupide. Ce n’est même pas un journal. Ce sont juste des pages vierges dans un bloc-notes à reliure rouge foncée, où j’écris pour la première fois. Je ne sais même pas si je m’en servirai une seconde. J’ai juste envie de raconter un peu ce qu’il m’arrive en ce moment. Comment j’en suis arrivée là, ce que je ressens. Et voilà, vous devez me prendre pour une adolescente nunuche et démodée qui rédige à l’encre violette ses petits malheurs de lycéenne, harcelée par les profs, ignorée par son amour secret, incomprise par ses parents... Oui mais non, enlevez-vous cette idée de la tête tout de suite. Déjà je ne suis plus une ado, j’ai 24 ans. Ensuite, j’écris au stylo noir, pas à l’encre, ça bave partout et j’en aie vu assez pour le restant de mes jours au Manoir Ootorii. Je n’ai pas l’intention de raconter mes malheurs. Le premier qui osera me harceler est mort. Littéralement. Je n’ai pas d’amour secret et je n’en aurai jamais, compris ? Quant à mes parents... je ne les connais même pas à proprement parler... Enfin, mes vrais parents, pas les autres idiots de la Lux hein... Ceux qui m’ont adopté. Bon sang, il faut que je mette ça au clair, sinon on ne va rien comprendre. Pff, de toute façon personne ne lira ce journal, je me comprends... enfin, je vais quand même le faire. Je l’ai dit, il faut que je mette mes sentiments au clair. Comme ça, si les gens du NSS tombent sur ce calepin, ils ne me prendront pas pour une folle et je finirai en prison plutôt qu’en hôpital psychiatrique. Je préfère la prison de toute.

    Je suis née le 23 décembre 3032, dans une famille d’origine irlandaise je crois. Mes parents auraient du faire partie de la haute, mais, par propre choix, ils ont préféré rejoindre la Pooja, de façon à montrer leur mépris pour la Lux et leur domination, leur égoïsme. Je suppose que c’étaient des gens biens. Je suppose, je ne me souviens pas beaucoup d’eux. Car, lors d’un terrible incendie, qui ravagea notre maison (j’avais deux ans et demi, de mémoire), ils périrent au milieu des flammes. J’étais au jardin d’enfant, et ce fut l’une des ‘maîtresses’ qui, voyant que mes parents, ne répondaient pas au téléphone, prévint la police. Celle-ci arriva bien trop tard, les corps de mes parents et le domicile furent retrouvés à l’état de cendres. On ne sut jamais ce qui avait déclenché l’incendie, mais ce n’était sûrement pas un accident. On m’a dit que mes parents étaient des gens particulièrement prudents,... sans doute qu’il s’agissait d’un acte criminel, bien que la police ne l’ait jamais prouvé. Le ‘on’ se rapporte à Naru Ootori, la demi-sœur de ma mère, et à son mari, Shigure. Pour la petite histoire, ma mère, Chiyo, descendait d’une famille japonaise. Son père s’est remarié avec une autre femme après la disparition de sa première épouse – morte en couche – et, deux ans plus tard, cette dernière donnait vie à celle qui deviendrait plus tard ma mère adoptive. Cette dernière se maria avec un japonais, de la même classe qu’elle, quant à ma mère, elle préféra, Ethain, mon irlandais de père – un bibliothécaire descendant d’une très vieille famille - à un meilleur parti. Mon grand-père le prit assez mal, ça devait être un noble stupide de toute façon.

    A la mort de mes parents, je fus donc confiée à Naru, ma pseudo-tante, et j’intégrai la grande famille des Ootori, en tant que principale héritière. Héritière des titres de noblesse, un truc idiot de nobles tout aussi idiots. Ma tante fut presque soulagée de ma ‘venue’ (bien que la disparition de Chiyo l’attristât), car son mari menaçait de la répudier puisque qu’elle était apparemment incapable de lui donner un héritier. Je suis navrée (ou pas) de le dire, mais mon (presque) oncle était un vrai salaud. Bref. Durant les années suivantes, je dus subir un nombre de contraintes considérables. Pour certains (ou certaines), ça n’aurait rien eut de déplaisant. Pour moi, si. Je suis née avec un fichu caractère, je n’ai jamais cherché à comprendre, ne cherchez pas non plus, ça va m’énerver sinon. Pour les héritiers, et les héritières, le nombre de choses à savoir, à respecter, à faire, à ne pas faire... est incalculable.

    La famille Ootori était une sorte de clan conservateur, qui respectait encore les très vieux principes qui régissaient la vie à l’époque des samurais. Je n’allais pas à l’école à 6 ans comme les autres enfants, j’étudiais chez moi, avec de nombreux précepteurs. J’appris donc l’étiquette propre aux japonais. J’appris l’histoire du Japon, les légendes, le nom des empereurs, des shoguns. J’appris la langue évidemment. Normalement, ce genre d’informations par rapport à l’ancien temps étaient filtrées mais comme nous étions « nobles », un simple claquement de doigt suffisait à mon père adoptif pour obtenir ce qu’il désirait. Autorisé ou interdit, légal ou non, presque tout lui était dû... J’appris à me battre, j’étudiais plusieurs arts martiaux, du kendo au karaté, passant par le bo-jutsu, le ji-jutsu, le judo... et beaucoup d’autres. Je ne me souviens presque de plus rien maintenant, sauf de l’art de manier et lancer un couteau, mais ces dures années de labeur et d’études m’auront aidé à forger mon esprit à force de lectures et d’apprentissages, et endurcir mon corps à force d’entraînements. J’aimais lire et j’aime toujours ça, sans doute grâce à l’aide de ma tutrice, férue de littérature et de romans fantastiques. Je dois l’avouer, ces dix-huit longues années n’auront pas servies à rien. Et je bénéficiais d’une vie sans problème, je n’ai jamais connu la faim, ni le froid à cette époque. J’assistais parfois aux réceptions données par la Lux pour les gens de la Lux (c’était d’un ennui mortel), j’étais courtisée de toutes parts (l’horreur totale), et j’étais objet de fierté. Une poupée que l’on exposait un peu partout. Naru, surtout, m’exhibait dès que l’occasion se présentait. Mais elle ne s’est jamais servie de moi pour son propre profit : elle pensait sûrement que l’existence que je menais faisait rêver toutes les filles ne faisant pas partie de la noblesse d’Uros. Je crois qu’elle me considérait comme sa vraie fille, bien que je ne l’ai jamais vue vraiment comme une mère. J’aurais peut-être du être plus gentille et affectueuse avec elle... Mais j’ai un sale caractère (je me répète) et je ne supportais pas d’être ce que j’étais. (Le sang irlandais de mon père peut-être... il paraît que les irlandais ont un fort caractère...).

    Cependant, je restais docile, calme, soumise jusqu’à mes quatorze ans. Parce que Naru et mon maître étaient là... Parce qu’ils m’aimaient tous deux, et que je le sentais. Je n’osais pas protester, de peur de me montrer ingrate. Puis, l’adolescence (l’âge ingrat, justement) modifia mon comportement. Plus libre sans ma tutrice qui sortait (et me sortait) bien moins depuis que son mari avait soi-disant des problèmes d’agent, j’appris à me débrouiller seule. Je sortis pour la première fois seule du manoir à quatorze ans. Un certain Alan, un musicien qui jouait dans un petit bar miteux à côté de chez moi, m’appris à jouer de la guitare électrique et de la guitare folk, moi qui n’avais joué que de la sèche jusqu’ici, l’expérience m’enthousiasma. Je vivais ces moments pleinement, libre et sans attache. A force de traîner dans la ville et découvrir de mes yeux ce qui était pour moi une nouveauté, mon caractère se modifia et s’endurcit. Mon côté garçon manqué s’éveilla totalement. J’appris à user des beaux discours que je débitais à longueur de soirée lors des réceptions, les transformant en ironiques et sarcastiques paroles pour éloigner les esprits mal intentionnés que je croisais parfois et qui m’approchais d’un peu trop près. J’avoue, que faire tourner en bourrique les gens, me plais toujours autant et que de tromper et de manipuler me remplissait de fierté. Naru était exaspérée par ces sorties clandestines mais je m’en fichais pas mal. Cependant, pour avoir la paix, je développais une seconde personnalité, celle qui charmait les nobles idiots que je fréquentais lors des cérémonies officielles. Le comportement d’une héritière séduisante et frivole que la vie a gâté et qui se croit tout permis. Quant à mon maître, du temps que j’assistais à ses cours, il gardait le silence, bien que ses incessantes recommandations m’agaçaient... Il n’aimait pas non plus lorsque je ‘mettais mon masque’ et me reprochait souvent ce jeu dangereux. Ainsi, j’échappais peu à peu au contrôle de mes tuteurs... Je me croyais maligne... mais j’étais si naïve en réalité... Fière de tromper mon monde et sûrement terriblement arrogante, comme ces pourritures de riches. Je n’avais rien vu des tristes vérités de l’existence humaine. A quinze ans je coupais ma longue chevelure brune et j'acceptais, pour la première fois, de sortir avec un garçon, un peu plus âgé que moi. Je ne dirai pas son nom. Ce n'est l'affaire de personne.

    Quelques jours après mes seize ans, ma tante fut retrouvée morte, étranglée sauvagement. Et mon maître, mon seul complice, avait disparu. On l’accusa du crime. Mais ce n’était pas lui, je le sais. On l’a sûrement accusé parce qu’il faisait partie de la Pooja, qu’il n’était pas très riche. Seul son talent, et non ses flatteries, ni sa richesse, avait fait de lui mon maître, lorsque j’avais six ans. Je l’admirais beaucoup. C’était sans doute la seule personne à qui je n’aie jamais porté ce genre de sentiments d’ailleurs. Sans doute parce qu’il était franc et que c’était le seul à pouvoir me raisonner lorsque je laissais paraître ma fureur et mon impatience. Après avoir lu cela, vous devez sûrement croire que cette affection fausse mon jugement, que c’est pour cela que je ne le crois pas coupable. Mais, il n’y avait même pas d’empreintes lui appartenant sur le corps, ni d’indices. Aucune preuve de sa culpabilité. Sauf sa fuite inexplicable... Et pourtant, c’est lui qu’on a accusé. ... De plus, je connaissais l’identité de l’assassin. Pourquoi n’ai-je rien dit à ce moment là ? Simple... j’avais peur, j’étais terrifiée par ce que je savais, ce que j’avais vu. Et j’étais toujours aussi naïve. Mes ‘mésaventures’ dans les rues m’avaient certes ouvert les yeux sur les duretés que subissaient les classes inférieures, mais l’existence dorée que je menais à mi-temps dans le manoir, m’empêchait de me rendre tout à fait compte de cela. J’étais naïve mais je connaissais le criminel. Le coupable... n’était autre que mon oncle Shigure. Je l’avais vu entrer dans la chambre de Naru, et ressortir, une heure plus tard, le teint rouge et la respiration saccadée. Je l’ai vu du toit, là où je me réfugiais souvent lorsque j’étais en colère... Ce jour-là, je m’étais disputée avec mon maître, pour une histoire idiote. Je ne la raconterais même pas, car ce dont j’ai le plus honte aujourd’hui, ce sont des mots que j’aie prononcés en le quittant... sans savoir que je ne le reverrai plus jamais...

    Je savais donc qui était le criminel. Naïve comme j’étais, j’ai choisi d’aller voir mon père adoptif et d’essayer de le convaincre de se dénoncer... au lieu de chercher mon maître, disparu depuis le meurtre. Je le pensais assez intègre, je pensais qu’il regretterait son acte... (Après tout, il ne pouvait pas être pire que les poivrots qui m’abordaient parfois en ville, du moins je le pensais...). J’étais bien décidée, et sans doute, l’initiative de prouver l’innocence de mon sensei me donnait plus d’aplomb et d’assurance que je n’en avais jamais eue. J’entrais donc dans la chambre de Shigure. Il me regarda d’un air surpris et me demanda ce que je lui voulais. Nos relations n’avaient jamais été très bonnes, il m’ignorait la plupart du temps et je faisais de même, lui témoignant seulement le respect qu’une fille doit soi-disant à son père, et lui, se contentant de payer mes études à domicile. Je pris une grande inspiration et je commençais à parler sans m’arrêter. Je lui dis ce que j’avais vu, ce que je désirais qu’il fasse. Je ne le suppliais pas, j’étais bien trop fière pour cela, mais j’étais presque prête à le faire pour obtenir justice. Lorsque j’eus fini, il me regarda sans rien dire, l’air presque amusé. J’aurai du m’inquiéter de ce sourire, alors qu’une réaction violente de sa part aurait pu être à l’ordre du jour.

    « Eh bien, que vas-tu faire ? Dire tout aux autorités ? Alors que tu n’as aucune preuve ? D’après toi, qui croiront-ils ? Toi, une gamine de seize ans, ou moi, un membre riche et influent de la Lux ? »
    Je ne sus quoi répondre, troublée. Il continua, tout aussi amusé mais en montant le ton.
    « Et puis... autant te le dire, le NSS sait qui a tué Naru. Mais les inspecteurs sont faciles... à tromper et à manipuler. Il suffit d’un peu d’argent, tu sais, pour leur faire tout oublier, brûler leurs rapports, et effacer toute trace du crime... Trouver un coupable n’est pas non plus très dur... Surtout quand l’on dispose d’un argument de poids pour qu’il disparaisse sans condition. »
    Je restais coite, choquée par ces agissements. Une question me taraudait : qu’avait-il dit à mon maître pour qu’il parte sans même songer à se défendre de ces odieuses accusations mensongères ? Il étira son sourire malsain et se leva en esquissant quelque pas vers moi.
    « Cette femme était inutile. L’avoir tuée ne me fait ni chaud ni froid, mais j’avoue que j’ai éprouvé un certain plaisir à serrer mes mains autour de sa gorge... »
    Un frisson me parcourut, je comprenais peu à peu que je me trouvais devant un fou. Je voulus me relever, mais mes jambes étaient engourdies et froides. Mon oncle se pencha vers moi et posa ses mains glaciales sur mon cou. Il commença à serrer lentement... puis de plus en plus fort... Je lâchai un râle. D’un mouvement convulsif, je sortis l’arme offerte par mon maître, le jour de mes douze ans, de mon kimono et tentais de lui faire lâcher prise en entaillant le poignet. Il grogna et m’arracha d’un geste brusque le petit couteau en lâchant ma gorge.
    « Espèce de sale gosse... »
    Il me força à me coucher en arrière, mes bras plaqués de chaque côté de ma tête sur le tatami. Sa respiration était saccadée, comme cet après-midi et ses yeux brillaient d’un éclat meurtrier. J’ai cru qu’il allait me tuer, comme il avait assassiné ma tante. Il fit bien pire. D’un geste sec, il commença en plantant ma propre arme dans ma main gauche, jusqu’à ce qu’elle s’enfonce dans le sol. Je retins un hurlement de douleur, mais les larmes me montèrent jusqu’aux yeux.
    « Tu croyais vraiment que j’allais me dénoncer ? Tu es trop naïve Neala. Toutes ces journées passées dehors ne t’ont-elles rien appris ? Dans ce monde, nous, les riches ont le pouvoir, la Lux est celle qui domine les autres classes. Leurs existences-mêmes, leurs vies dépendent donc juste de notre bon vouloir. Même les autorités peuvent être corrompues, contrôlées... Sache-le. Personne ne t’aidera, personne ne te tendra la main ici. La seule alternative, c’est d’écraser les autres sans hésiter. J’ai tué Naru parce qu’elle me gênait. J’ai ruiné ton maître sans effort. Pourquoi ? Parce qu’il n’appartenait pas à notre classe. C’est ainsi, ma fille... tu ne survis pas en étant miséricordieuse et en te battant pour une justice inexistante. Tu survis parce que des gens comme moi le décident... »
    Je tremblais, j’ai honte de le dire, mais j’étais tétanisée. Je luttais pour ne pas fermer les yeux.
    « Tu vas vivre Neala..., murmura-t-il à mon oreille, parce que je l’ai décidé et parce que tu n’es pas aussi... inutile que ta tante. »
    Je hoquetais alors qu’il glissait une main sous le coton de mon kimono. Je compris ce qu’il allait faire, et, sur le moment, j’aurais préféré mille fois mourir que de subir telle humiliation. Mais j’étais impuissante, et il le savait.
    « Tu ne pourras rien dire de toute façon... Même ce qui se sera passé ce soir restera secret... »
    Je murmurai sans m’en rendre compte le nom de ma tante, puis celui de mon maître dans mon affolement silencieux. Il ricana, triomphant, décochant sa dernière flèche
    « Tu n’as plus personne Neala... Personne ne te sauvera... »
    A ce moment-là je fermais les yeux : je ne pouvais supporter plus... Je plongeais dans un abîme de douleur et de semi-conscience alors que mon oncle accomplissait ses sombres desseins, mon tanto rouge toujours planté dans la sénestre...

    Ce que me fit subir Shigure cette nuit-là je tente en vain de l’effacer de mon esprit. Les mots qu’il a prononcés me hantent encore : ce sont eux qui ont brisé mon innocence, qui ont détruit ma confiance, fait disparaître ma naïveté. Les actes, eux, je les oublierais peut-être un jour... même si la cicatrice de ma main gauche témoigne d’elle-même. J’ai retenu la ‘leçon’ que m’a donné cet homme. Je me suis soumise devant lui. Seulement devant lui car je le craignais, parce que je connaissais sa force, sa folie. Mais le côté sauvage qui dormait en moi se déchaîna : désormais, mon oncle trop ‘occupé par ses affaires en cours’, je passais les trois quarts de mon temps dehors à traîner avec une bande de garçons. J’étais aussi têtue et décidée qu’eux désormais, ce qui les força à me considérer plus comme l’un de leur semblable que comme une fille, malgré ma susceptibilité maladive qui les faisait rire (et les fait toujours rire malheureusement). Je ne leur ai jamais parlé de ce qui s’était passé, ni d’où venait ma blessure. Mais ils devinrent des soutiens. Ils devinrent des amis, des compagnons d’infortunes. Moi qui n’avait jamais vraiment réussi à me lier avec des filles de mon âge, je pouvais ‘m’amuser’ et profiter de la vie en compagnie d’hommes sans aucun problème. Je faisais partie de la Lux, eux de la Pooja, et certains d’entre eux étaient de la Ios. Je devenais ce que l’on appelle communément une délinquante.

    La naissance de mon demi-frère, Seiren, peu après mes dix-huit ans, fit complètement oublier mon existence à mon oncle. Il avait désormais un héritier. Je devins ‘inutile’. Je n’en voulais absolument pas à ce petit, sa naissance m’arrangeait, elle me permettait d’être un peu plus tranquille. Et je commençais à en avoir assez de subir chaque jour les piques et les regards furieux de la seconde épouse de mon père adoptif, Akane... qui ne supportait ni mon comportement effronté, ni ma présence dans cette maison qui ne m’appartenait pas. Je me souviens encore de ce qu’elle dit à ses semblables, pensant que je ne l’entendais pas, lorsque je m’approchais de son fils pendant une fête célébrant sa naissance... Ce jour qui changea sans doute toute mon existence.

    ‘Madame Ootori, qui est donc cette jeune personne aux yeux si étranges là-bas ? ‘Vous la connaissez Akane-san ?’
    « Oh...elle ? C’est une orpheline qu’a recueilli charitablement mon cher époux il y a seize ans : elle est la fille de la demi-sœur de son ancienne épouse. Une vraie petite insolente, elle joue les petites saintes en public, mais c’est une vraie sauvage ! Elle a faillit me frapper plusieurs fois vous savez ! »
    Je restais indifférente à ces insultes, me contentant de jouer avec la petite main de Seiren, le seul qui semblait m’apprécier un tant soit peu ici. Je me fichais de l’avis de cette rombière.
    « Ses parents étaient de la Pooja, vous vous rendez compte ! Ils étaient tous les deux nobles mais par choix, soi-disant, ils ont renoncé à tous leurs titres ! »
    ‘Quelle honte !’ ‘Mon dieu !’
    Satisfaite des réactions de ses ‘amies’, elle poursuivit, haussant la voix :
    « A mon avis, le père devait avoir un sérieux grain dans la tête, le caractère difficile de cette pauvre enfant vient sûrement de là. Quant à la mère... après tout c’était la sœur de Naru hein... »
    ‘Ah oui, cette pauvre Naru !’ s'exclama quelqu'un.
    « Pauvre Naru ?! Mais ne saviez donc vous pas qu’elle était l’amante de ce maître d’arts martiaux qui s’occupait de sa nièce ? D’après le NSS, ils étaient en pleins ébats quand cette ‘pauvre fille’ se fit étrangler par son amant ! »
    'Quel déshonneur...' ‘Monsieur Shigure a bien fait de se remarier avec vous !’
    « N’est-ce pas ? C’est un homme charmant, et même si elle le trompait sans vergogne, la mort de sa femme l’a beaucoup attristé. Bien heureusement, cette infidèle et ce sale traître incompétent sont bien disparus aujourd’hui et... iiiiih !! »
    J’avais craqué. La seule mention à propos de mon maître me mettait hors de moi, entendre des insultes lui étant adressés, à lui et à ma tante avait consumé toute ma patience. Et les inepties concernant mon oncle m'avait achevé. Je lui avais balancé une pêche bien mûre dans le cou, tâchant son kimono de soie, et le jus se répandant dessous. Elle se retourna vers moi, furieuse et humiliée, devant ses amies qui se retenaient de rire. Je me détournais sans un mot et me réfugiait dans ma chambre. Je haïssais réellement ces pourritures de riches.

    Je fus convoquée chez mon oncle le lendemain matin. En présence de sa femme, il ne put rien me faire et j’en fus secrètement soulagée. Mais le plus beau... fut qu’il me chassa et me répudia ouvertement, devant le sourire de cette imbécile qui souriait, s’attendant à une quelconque marque de désespoir de ma part : elle rêvait. Je restais froide et sans réaction, un peu surprise certes, (franchement, pour une simple pêche, je ne m’attendais pas à être chassée pour un truc aussi idiot...) mais parfaitement calme. J’étais répudiée, je récupérais mon premier code d’identification, l’avocat de ma famille avait été prévenu. Je reprenais le nom de Duncan (le nom en entier symbolisant mes origines nobles, mon oncle me l’avait arraché, pensant sans doute que cela m’attristerait...) Il m’annonça ma rétrogradation, j’appartenais à la Pooja désormais. Tant mieux : je me sentais plus proches de mes ‘frères’ grâce à lui. Quels idiots... Ils auraient dû savoir que rien ne pouvait me faire plus plaisir que de gagner, deux en avance, ma liberté. Je quittais la pièce dès que les procédures furent achevées. Je crois que c'est depuis ce jour-là que j'adore les pêches...

    Et je partais du manoir le lendemain-même emportant le strict minimum : quelques kimonos, ma veste polaire rouge (cadeau d’Alan), mon tanto aussi haï et adoré pour ce qu’il représentait à mes yeux, mon pendentif de cristal (reçu à la naissance, seul héritage de mes parents, mon oncle avait prétendu que tout leur argent avait été semé aux quatre vents). J’emportais aussi un nécessaire de toilette, dont un peigne ayant appartenu à Naru, ainsi qu’un peu d’argent, volés dans le coffre. Celui-ci me servirait de soutien pour trouver rapidement un appartement et un boulot... et une nouvelle guitare, la mienne disparue, sûrement volée et détruite par Akane pour se ‘venger’. Pour le moment, je restais chez Akira qui m’accueillis avec joie, et qui éclata de rire en apprenant ce que j’avais fait. Je n’étais ni perdue, ni abandonnée, pour la première fois de ma vie j’étais libre de faire ce qu’il me chantait ou presque...

    Quelques mois plus tard, je fus engagée avec Akira au Astrid, le lieu de rassemblement de toute la jeunesse riche et noble d’Uros. On nous avait repéré tous les deux, jouant dans la rue pour récupérer un peu d’argent (nos réserves se raréfiaient) et le patron de l’établissement, qui se souciait peu d’où venait ses employés du temps qu’il lui rapportait de l’argent sans en lui extorquer beaucoup, nous engagea après avoir écouté nos compositions. Je devins guitariste officielle au Astrid, quant à Akira il faisait partie des trompettistes du jazz-band. Grâce à l’argent gagné, je réussi à obtenir un petit studio, à quelques rues de mon lieu de travail. Je m’achetais une guitare multifonction et un petit ampli (c’est idiot de préciser un truc pareil, mais c’est sûrement important pour moi). J’avais enfin une situation stable, et enfin je pouvais accomplir mon dessein secret.

    Il y a quelques années, après la mort de Naru, après avoir perdu toute confiance dans le monde, l’un de mes précepteurs me demanda de lire un dossier histoire sur Robin des Bois. Cet ouvrage me fit sourire, je le trouvais un peu trop ‘irréaliste’ pour être pris au sérieux. Un noble qui se convertit en brigand, extorquant aux riches pour donner aux pauvres ? Au Moyen Âge peut-être mais aujourd’hui ? Ridicule. Mais je ne parvenais pas à m’ôter cette légende de l’esprit. Et alors, une idée folle me traversait l’esprit. Depuis mes quatorze ans, je m’amusais à substituer aux invités leurs portefeuilles avant de les poser sur le haut d’un toit ou à d’autres endroits insolites, amusées de voir leur air ahuri ou heureux lorsqu’un passant les retrouvait. De plus, à force de côtoyer des garçons issus de milieux défavorisés, j’avais acquis une certaine connaissance pour ce qui était du vol à la tire. Alors pourquoi... ne pas devenir comme cet imbécile heureux de Robin ? Voler à la Lux pour offrir aux pauvres. Voilà ce que fut mon but pendant toutes ces longues années. Je voulais faire renaître l’égalité et la justice sur Uros, même si je ne ferai jamais partie des rebelles. Il me semblait que m’occuper des gens directement au lieu de tenter en vain de tuer l’Empereur et ses héritiers était plus utile... Simple avis.

    *début de phrase rayée*

    Je n’ai pas envie de raconter comment je suis devenue ce que je suis devenue aujourd’hui, en six ans. Ça serait trop long finalement, et inutile. J’ai mal à la main à force d’écrire, et je passe sur scène dans dix minutes. Je crois que si je n’achève pas tout de suite, j’aurais trop la flemme ensuite pour continuer. Vous avez lu les journaux, non ? Vous connaissez mon premier vol... dans la résidence des Ootori, ruinés désormais. Vous avez entendu les rumeurs sur le vol du rubis de la famille impérial, mon meilleur coup je dois dire. Vous (mais à qui je parle bon sang) avez déchiffré les sondages qui montrent que depuis mon apparition, le nombre de pauvres de la Ios diminue, lentement mais sûrement. Je dois être très prudente sur ce point-là : si quelqu’un parvenait à remonter à la source, je serai démasquée. Dans tous les sens du terme, puisque je m'amuse à prendre ma seconde personnalité comme masque pour obtenir des informations ou pour éviter les ennuis avec les inspecteurs un peu trop malins. Enfin... pour le moment, je suis juste Neala Duncan, guitariste au Astrid, de la Pooja, orpheline. J'ai tué une seule fois : je tiens à le préciser. Qu'on ne me mette pas la mort d'autres nobles sur le dos. Et je n'ai tué qu'une seule personne, mon oncle : après lui avoir planté mon couteau dans la main. Je n'ai strictement aucun regret, si ce n'est de ne pas avoir eu la force de me débattre pour défendre ma virginité. Seuls quelques uns de mes proches savent qui je suis. J’ai une absolue confiance en eux, je sais qu’ils ne me trahiront pas. Ils m’aident parfois à passer l’argent aux plus démunis et je vis avec eux. Je ne suis plus toute seule.

    Je me relis une dernière fois.

    Pff... C’est pire que les malheurs d’une ado en fait. J’ai beau coucher mon histoire sur le papier, je n’arrive pas à mettre mes pensées en ordre... Tout ce temps perdu... Faut que je pense à brûler ce calepin.

    Neala Duncan, le 15 juin 3056
    (Dans le coin de la page) Au fait, mon surnom ‘d’Ange Lunaire’ vient du propre patronyme de mon maître disparu : il s’appelait Tenshi Mangetsu. Cela peut se traduire comme Ange et Pleine Lune. Enjerumūn : l’ange lunaire.

~~~


{ ORIENTATION POLITIQUE :

Vous intéressez-vous à la politique ?
Oui [x] _ Non [ ]

Êtes-vous pour ou contre l'Empereur ?
Pour [ ] _ Contre [x] _ Neutre [ ]



~~~


{ Et vous

Code du guide du joueur :
[CODE VALIDE - MEI (maieuuh, c'était hommage à Dionysos D:)]
Parrainage ? Oui [ ] Non [x]
Avez vous été pris en charge ? Oui [ ] Non [x]



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MessageSujet: Re: Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages...   Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... EmptyMar 14 Déc - 9:50

Elle serait pas à un peu "faîtes ce que je dis pas ce que je fais" :p ?! En tout cas ses collègues doivent s'amuser à la mettre en rogne même s'il doit y avoir un retour de manivelle. En tout cas, ça ne doit pas être facile de jongler avec deux facettes. Aux moindres faux pas, elle est démasquée. Va falloir enquêter aussi sur son pendentif, c'est louche cette histoire hein !! C'est comme la blessure. Sinon sympa je suis contente de pas être Akira XD *reste en vie*. Dans l'histoire, le décor est bien planté et j'aime bien les commentaires entre parenthèses. Et puis on comprend d'où Neala tire son envie de justice :). Mais je me demande où est parti son maître ._. .
J'arrête de commenter et...

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MessageSujet: Re: Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages...   Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... EmptyMar 14 Déc - 18:45

Merci pour la validation et pour tous les commentaires o/

Les révélations concernant le passé de Mademoiselle Susceptible (qui est susceptible !!?), ça sera pour plus tard... pour le moment... *se frotte les mains en ricanant* Vérifiez vos poches !
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MessageSujet: Re: Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages...   Neala Duncan, l'ange mélomane aux deux visages... Empty

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