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 Rendez vous au manoir

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Trystan Brosca
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MessageSujet: Rendez vous au manoir   Dim 5 Déc - 19:30

Ses mains repoussèrent en arrière ses cheveux trempés pendant qu’il regardait son regard dans la glace. Sa main écarta la buée sur le miroir pour constater qu’il avait encore maigri dernièrement. Son regard n’avait rien perdu et l’eau chaude avait légèrement adoucit ses yeux d’un bleu orageux soutenu par ses cernes qui le rendait pour le moins plus intense. Il aurait aimé pouvoir raser sa barbe naissante mais il ne voulait pas abuser de la générosité de son hôtesse. Cela n’avait pas été si simple d’organiser une entrevue sans que personne ne remarque sa présence. La faire au palais aurait été d’une incroyable difficulté alors que trouver un moyen de la faire sortir et de donner le congé à un maximum de domestique avait été un jeu d’enfant à côté.

Il sortit de la salle d’eau, passant une serviette autour de la taille avec un léger sourire aux lèvres en pensant à la réaction de sa…Cliente. Il avait fait beaucoup d’effort pour la choquer et il était passablement impatient de voir ces réactions à son réveil. Il pénétra à pas de loup dans la chambre à couché où les premiers rayons du soleil commençaient à percer ici et là dans la pièce. Il s’installa autour de la table où il avait laissé quelques vêtements. Il en tira une plaquette holographique qu’il ouvrit…Les dernières données de sa section se mettaient régulièrement à jour sur un réseau parallèle pour éviter la moindre fuite.

N’ayant trouvé aucun moment pour mettre ses rapports à jour, il prit cette petite période de repos pour tenter de rattraper son retard pendant que la jeune femme dormait. Ses doigts s’agitèrent dans la demi pénombre quand son inomad vibra.

‘‘Oui ?...Ah c’est toi….Oui cela faisait longtemps’’

Il y eut un demi sourire

‘‘Oui j’en est entendu parler. T’as réussi à prendre contact avec Hiltcher ? Si tu pouvais mettre la main sur son agenda ca m’arrangerait. Bernie m’a demandé de l’introduire là bas, avec ça j’aurais moins de mal...Quoi ? Tu veux vraiment que je l’exfiltre ? ’’

Plusieurs photos défilèrent sur le petit ordinateur holographique.

‘‘Si tu le dis…On abandonne cette mission pour le moment alors…Ah ? ’’

Un léger bruit d’explosion se fit entendre de l’Inomad, déclenchant un rire chez son propriétaire.

‘‘ Effectivement c’est plutôt cool. J’enverrais une note pour les journalistes en passant par la coordination et les services techniques. Je suppose que c’est le problème quand on passe trop de temps dans des bâtiments aussi vétuste. T’a fait du bon travail.’’

Il raccrocha au moment où l’on frappait a la porte. Il attendit une bonne minute avant d’entendre les pas retourner d’où ils venaient. Il ouvrit la porte pour s’emparer du plateau contenant le petit déjeuner…S’arranger pour qu’il ne réveille pas Phoebe dans la manœuvre avait été très difficile aussi…Mais il était content du résultat. Il referma la porte derrière lui, rangeant son ordinateur pour y mettre le plateau et servir le thé. Il travaillerait plus tard…Pour le moment, il s’installait tranquillement pour boire et fumer tout en regardant la belle au bois dormant…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Dim 5 Déc - 20:21

Ses dernières journées avaient été éprouvantes, la jeune femme manquait de sommeil. Elle se rendit donc dans l’unique lieu où elle arrivait à dormir profondément, sa véritable demeure. Les yeux déjà prêts à se fermer elle marcha sans réfléchir dans les couloirs. Elle ouvrit la porte de sa chambre, se regarda quelque seconde dans un miroir détachant alors ses cheveux. La jeune femme enleva le programme FAKEFACE et se déshabilla, s’habillant d’une nuisette noire en satin. A peine son visage eut-il touché l’oreiller qu’elle dormait profondément.

S’il y a une chose qui faut savoir avec mademoiselle Johansen c’est qu’elle n’est absolument pas du matin. Si ce trait de caractère ne se remarque pas dans sa suite dans le manoir impériale où elle dort très peu, il est par contre très visible quand elle est dans son manoir. La lumière a beau atteindre ses yeux, Trystan faire du bruit, rien n’y fait. La jeune femme dort, incapable de se sortir de sa torpeur. Il n’y a qu’un endroit où le loup n’est pas sur ses gardes, un endroit où il n’est pas dangereux, un seul : chez lui.

Les songes l’amenaient sur des chemins chantants où les images se troublent, se défont et réapparaissent. Des couleurs sombres aux couleurs chaudes, les mouvements dans son sommeil à cette heure de la nuit ne ressemblaient plus à rien. Phoebe marchait, funambule, perplexe. Phoebe marchait quelque part, un lieu qu’elle ne connaissait pas. Son oreille entendit un claquement de porte. Phoebe se retourna et vit son cheval. Il était entré à l’intérieur de la demeure, ses sabots abîmaient le sol. Il piétina sur place, balançant sa tête.


*Tu ne risques rien Sang de mon Sang. Tu ne risques rien.*

Le cheval secoua de nouveau la tête avant de disparaître.
Phoebe marchait. Les doigts frénétiques appuyaient sur les touches. LA vitesse de vol était prodigieuse, la jeune femme vit l’hirondelle l’attaquer puis changer d’avis à quelque secondes. Le vent dans les plumes chantait à Phoebe inlassablement.


*Vole, Vole, Vole, Vole, Vole.*
*Mais je ne sais pas voler.*


L’hirondelle repartit, revins. Les draps rouges glissèrent doucement tandis que la jeune femme s’agitait. L’hirondelle revins alors à la charge, la jeune femme dans ses rêves hurla, la jeune femme dans les draps cessa de respirer. L’oiseau accéléra sa course et ne s’arrêta pas. LA collision fut brutale et douloureuse. L’oiseau pénétra la peau, entra dans la chair. Il criait dans un langage qu’elle ne connaissait pas, tirant sur les muscles. A des kilomètres de là, la respiration de Phoebe repris cours, de plus en plus rapide. Et puis l’oiseau cessa de bouger et la jeune femme ouvrit les yeux.

Allongée sur son lit, elle tenta de reprendre ses esprits, encore embuée par son rêve. Phoebe leva les yeux sur le bordel rangé de sa chambre. Tous ses objets qu’elle avait accumulé au cours du temps, toutes ses tenues qui décoraient sa chambre ou qu’elle n’avait jamais pris la peine de ranger. La chambre tait grande et le lit à baldaquin en vieux bois était central. Quand elle posa ses yeux sur l'étranger dans sa demeure ceux si s’assombrirent. Il était donc la cause de son réveil brutal. Phoebe l’incendia du regard, trop ahuriepour même esquisser un mot. Son garde du corps la regardait comme s’il était en plein possession de ses droits et en vérité il l’était. Elle lui avait demandé son assistance, il pouvait venir la voir quand il le souhaitait, la déranger sans cesse, s’introduire dans sa demeure, il pouvait tout car la jeune femme lui en avait donné l’autorisation ; Pas à voix haute bien sur, Phoebe ne voulait pas qu’il se rende compte tout de suite de tout ce qu’elle lui donnait. Pourtant Trystan semblait l’avoir compris, il était venu sur sa demande à l’heure du jour où elle le souhaitait le moins.

Trystan tenait un plateau dans ses mains. L’unique domestique du manoir avait du le lui donner comme s’il était normal qu’il soit là, Phoebe lui avait glissée la veille qu’une nouvelle personne était à son service, une personne digne de confiance. Oui c’est ce qu’elle avait dit :’digne de confiance’. La jeune femme n’avait pas précisé qu’il viendrait peut-être au manoir et que s’il le faisait il serait le premier étranger à pénétrer depuis des années mais la muette n’avait pas eu besoin de l’entendre pour le comprendre.

Phoebe manqua de se cacher sous son lit. Comportement qui aurait sans doute fait rire Trystan. D’humeur capricieuse le matin, elle faillit lui ordonner de s’habiller. Phoebe n’avait jamais amené un homme dans sa chambre, encore moins un homme en serviette de bain. Il fumait sans gène dans SON espace vitale. C'était inacceptable. La jeune femme cessa de l’incendier du regard pour se lever et s’approcher de lui.


« Je vois que vous vous appropriez la demeure comme il se le doit. »

Le semblant de noblesse qu’elle donnait à sa langue était démenti par son allure sauvage. Les cheveux emmêlés comme seul les siens peuvent le faire, ses yeux furieux et sa posture provocante, elle s’approcha de Trystan et lui vola sa cigarette des lèvres.

« Vous êtes sensé protéger mon corps, pas m’empoisonner. »

Elle se retourna et alla ouvrir une petite fenêtre pour aérer la chambre et faire fuir la fumée. Elle détestait amener l’odeur de la cigarette dans cette pièce. Avec un briquet elle alluma de l’encens, le faisant jouer dans ses doigts tandis qu’elle se déplaçait dans la salle. La jeune femme osculta ce qui était visible, s'effrayant à l'idée de montrer au jeune homme quelque chose qu'elle ne souhaitait pas lui dévoiler. Assez fière d'elle, la jeune femme prit plaisir à voir qu'elle avait bien tout ranger dans son 'bureau'. Certe Trystan pouvait déjà beaucoup apprendre, il avait était entré dans le manoir, il avait traversé les couloirs. Il avait même sans doute vu l'arbre généalogique. Mais c'était sans importance. Phoebe voulait un bras droit, elle ne pouvait avoir un bras droit trop correct pour ne pas pénétrer les petits secrets, un bras droit qui ne connaitrai pas certains pans de son existence. Sa réticence à le voir là venait plutôt du fait qu'il était encore trop tôt pour qu'elle puisse lui parler. La jeune femme voyait bien qu'il était fier de lui, de son insolence. Qu'il continu de jouer avec elle, il n'apprendra que vite, il ne sera utile que plus vite.

Quand enfin elle estima que sa chambre ne garderait pas l’odeur de la cigarette elle posa l’encens sur un meuble. Ses nerfs s’étaient relâchés, sa colère dissoute. Trystan avait le droit de venir, qu’il vienne. Au moins l’histoire serait conclue dans la matinée.

Phoebe eut soudain froid -la jeune femme était toujours en nuisette, ce n'était pas le regard de Trystan qui allait l'ennuyer- elle referma la fenêtre et s’installa dans son lit. Elle n'était pas consciente de la cicatrice qui courait dans sa gorge, ni de ses draps rouges qui la rendait plus visible encore. Dans le manoir familial ce n'était que des détails sans importance, ce n'était que des parties d'elle ouvertes au peu de personnes qui y vivaient.


« Je prendrais du café. »

Elle était chez elle, reine dans sa maison. Si Trystan voulait lui servir le déjeuner au lit, elle n’allait pas s’en priver.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Lun 6 Déc - 19:06

Il n’avait rien dit…Son visage était resté de marbrer alors qu’il l’observait dormir puis se lever. Elle n’avait pas l’air de comprendre qu’il n’existerait bientôt plus aucun endroit où elle ne pourrait se cacher de lui…Pour ce simple appel qui sonnait comme un ordre, il lui avait souillé de sa présence sa chambre, prit sa bonne humeur et tout le bénéfice d’une nuit de sommeil…Ainsi qu’un petit secret qu’il n’aurait pas imaginé au premier abord. Cette cicatrice qui n’était jamais apparut aux yeux du monde…Dans un dossier médical…En soit, ce n’était pas si important…Non ce qui attisait sa curiosité était plutôt le fait que ce n’était pas le genre de chose qu’on pouvait cacher avec un peu de fond de teint. Ce que cela impliquait…L’excitait bien plus que la simple chemise de nuit qu’elle portait comme seul vêtement.

Devait-il mettre cela sur le fait qu’il était un professionnel où plus simplement qu’il devenait de plus en plus éloigné de la nature humaine ? La nuit dernière tendait vers la première hypothèse…Mais s’il avait pu s’en abstenir, il l’aurait fait. Il la laissa lui prendre sa cigarette sans rien dire. Il avait prit tellement de chose en a peine quelques minutes qu’il lui laissa ce plaisir. Alors qu’elle allumait son bâton d’encens pour chasser l’odeur du tabac, il se servit une tasse de thé, regardant simplement la jeune femme du coin de l’œil qui se cachait comme elle pouvait de son regard.

Quelle importance ? Aucune a moins d’être encore perçu comme un homme et non comme une chose…Réaction intéressante qui en disait long. Pour lui, cela ne faisait aucune différence…Il se demanda néanmoins s’il la percevait comme une femme ? Son œil glacé se posa sur elle…Non…Ce n’était qu’une personne de plus attendant quelque chose de lui. Quoi qu’elle veuille, il lui offrirait l’image qu’elle voulait voir…La lueur qu’elle désire dans ses yeux. Ce n’était qu’un passe temps de plus. Néanmoins, il commençait a ressentir une grande lassitude. Il c’était engagé dans un combat sans fin…Qui ne se terminerait que dans un bain de sang. Il en avait la certitude. Sa position lui permettait de devenir une des personnes qui avançait quelques pièces de temps à autre mais le temps s’allongeait a l’infini. Garder le moral ou son esprit éveillé devenait de plus en plus difficile.

‘‘Nous savons tout les deux que je ne suis pas là pour garder simplement un corps…Quand a vous empoisonner, je pense que vous saviez ce qu’il vous en couterait d’engager un fumeur. Cela me rappelle une histoire…’’

Il croisa les jambes, l’laissant son œil bleu acier se perdre dans le vide. Son esprit tourné vers les diverses sensations qu’il ressentait autour de lui. La fraicheur de sa peau semi humide, la chaleur de la tasse dans sa main, l’odeur de l’encens dans l’air chassant celle de la nicotine et de parfum enivrant émanant de lui.

‘‘Un scorpion cherche a traverser une rivière et demande de l’aide à une grenouille. La grenouille accepte à la condition que le scorpion ne le pique pas. Le scorpion lui dit qu’il serait totalement idiot de la piquer. Car après tout, s’il le faisait, ils mourraient tout les deux noyés. Il monte sur le dos de la grenouille mais au milieu de la rivière, le scorpion pique la grenouille. Alors qu’ils coulent lentement dans la rivière glacée, la grenouille dans un dernier effort lui demande pourquoi il a fait cela. Tu sais ce qu’il lui a répondu ?’’

Son œil s’étrécit sur la jeune femme dans un demi sourire entendu.

‘‘C’est dans ma nature’’

Cela pouvait sous entendre beaucoup de chose et rien en particulier. Le genre de pratique que Trystan affectionnait tout particulièrement. Il haussa néanmoins les épaules.

‘‘Mais je digresse…Après tout, le propre de l’homme est qu’il est le seul être vivant a pouvoir combattre ses instincts, non ? Je suppose que c’était hors de propos.’’

Il se débarrassa d’une autre gorgée de thé alors qu’il s’emparait d’un peu de brioche sur le plateau. Cela faisait un moment qu’il n’avait pas eut un vrai petit déjeuner autre que sortit d’un distributeur où prit au comptoir d’un bar en vitesse. Le temps était devenu une dentée paradoxale à la fois précieuse et trop long par moment. Que devait il faire aujourd’hui déjà ? Ah oui, quelques réunions pour garder le contact et protéger ses couvertures…Un peu de paperasse et préparer des exfiltrations. Un autre de ses collègues de confiance s’occuperait des caisses noires du gouvernement et des précautions à prendre pour ne laisser aucune trace. Ils n’étaient que quelques uns a être au courant…

‘‘Je pourrais vous servir ce café…Mais que seriez vous vraiment prête à en payer un nouveau prix ? Un homme et une femme dans une tenue telles que les nôtres…Mon imagination pourrait s’enflammer.’’

Toujours cette distance entre eux. Une distance qu’il aimait à rappeler…Il n’oubliait jamais rien et tout ce payait parfois à un prix exorbitant. Même si ce n’était qu’une menace en l’air, c’était une chose qu’il fallait toujours qu’elle garde à l’esprit. Il n’était pas vraiment un serviteur…Pas même un soumis même s’il acceptait de recevoir des ordres. Proche d’elle mais à la fois si distant. Un autre paradoxe qu’il aimait a cultiver entre eux. C’était peut être sa seule marque…La seule chose qu’il s’autorisait et qui témoignait de sa personnalité.

Il se laissa aller dans son fauteuil. Peu soucieux de sa tenue dans une attitude toujours aussi distante. Il posa sa tête sur son poing, sa tasse dans l’autre main.

‘‘Qu’y avait il de si important pour me demander de venir ? J’espère que vous avez déjà préparé un paiement pour ce que vous allez me demander…’’

Il n’allait pas lui faire payer le réseau…Non par bonté d’âme mais simplement qu’il n’avait pas encore la main dessus. La femme qu’il avait rencontrée était beaucoup trop instable. Eventuellement utile pour les affaires secrètes, moins pour le Nss…Un point d’interrogation pour Phoebe. S’il pouvait être certain de la catalyser correctement, il réfléchirait à quelque chose de particulier.
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Mer 8 Déc - 19:01

Il y avait eu vol. Les yeux verts tentaient de sonder la faille, de fondre dans l’humeur mais il n’y avait rien qu’ils ne puissent comprendre. La distance que soudain Trystan mettait entre eux pesait dans la pièce. Sa pièce. Le berceau de sa vie, le contour de ses jours, les lumières de son âme. Elle l’avait accueilli comme un membre de sa famille, à sa façon certes déplacée et autoritaire, et de force il reprenait son rôle d’étranger. Le jeu semblait fade et vulgaire, Trystan la pigeait dans une attitude qu’elle détestait : la distance. Cela ne servait à rien, cela ne ressemblait à rien.

« Je ne crois pas les hommes si dissemblables des bêtes. Je ne vois pas au nom de quel principe nous pourrions nous dire supérieur. »

Phoebe ressortit de son lit, il n’était désormais plus question de petit déjeuner agréable en compagnie de Trystan. Il lui semblait que le regard de l’homme avait changé. Phoebe n’y avait plus de place, ce qui comptait maintenant pour Trystan c’était sa maitrise sur elle. Il s’en éloignait de plus en plus. Phoebe n’allait pas le laisser partir si facilement.

« Quand à toi, si j’avais vu un scorpion, je ne t’aurais pas laissé me marquer. Ce que je vois est bien différent, bien plus beau et bien plus dangereux. »

Phoebe appuya sur un petit bouton et une clochette sonna à l’autre bout du manoir. Trystan semblait avoir oublié une toute petite chose. Phoebe n’était pas une brebis, pas une toute jolie brebis, ses crocs à elle aussi étaient acérés.

« Dans l’histoire c’est moi qui demande de l’aide. Une amie te conseillerais sans doute de me quitter au plus vite avant que mon venin ne te brûle et ne te marque toi aussi à vie. »

Sa voix n’était pas menaçante, mais elle était grave et dure. S’il y avait une chose qu’elle avait appris, c’est qu’à elle et à ceux qui l’entourent, la vie est sans merci. La jeune femme ne souhaitait pas entrer dans un jeu de menace avec Trystan, cela ne rimait à rien, mais elle n’hésiterait pas à faire ce qu’il faut pour lui empêcher de nuire aux Johansen si l’idée lui prenait.

« Je suppose que chaque chose si petite soit-elle aura un prix. Certes c’est le tribu de tous. N’oubliez pas que j’en suis consciente. Ne faîtes pas l’erreur de tout refuser et de tout perdre comme un enfant capricieux devant les demandes d’un père. Il y a beaucoup de chose à apprendre qui dépasse le seuil des demandes. Je ne vais pas vous mettre devant une table et vous faire un cours, vous savez –vous comme moi- apprendre d’une personne en l’observant. Rien ne serait plus dommage que votre échec quant à ma personne. »

Phoebe alla ouvrir et pris le plateau sans remercier la muette. Il n’était jamais question de merci. La jeune femme s’installa sur une chaise et posa le plateau sur la petite table.

« Si je vous ai choisi vous ce n’est pas seulement pour vos exploits. Si vous perdez ce que vous êtes en me jouant le rôle du parfait maître, je n’aurais devant moi que l’ombre de vous, pâle et sans valeur, et une ombre ne me suffit pas. »

La pâleur, la distance répugnait Phoebe et la laissait sans avis, sans envie. Trystan avait su lui montrer sa force de caractère et l’éclat de son âme, elle ne satisferait pas désormais d’un vulgaire soldat échangeable avec n’importe lequel de ses pairs. Emporté, impulsive comme à chaque moment où elle était au manoir, elle en devenait mordante pour peu de raison. Trystan avait voulu la voir dès son réveil, il la voyait sans le maquillage des mises en scène, à prendre à la lettre la moindre des nuances de voix.

« Quand au prix, je vous laisse en juger. Nous savons tout les deux que je ne vous aiderais en aucune façon. Que tout ce que je pourrais dire vous offenserais ou m’enfoncerais. Mon rôle n’est pas de vous rendre la vie facile, je sais que vous savez déjà ce que vous aller demander. »

Le café ne calmait pas la colère légère qu'elle ressentait mais il lui éclaircissait l’esprit. C’était ce dont elle avait besoin pour lui exposer ses projets.

« Si tu es venu, c’est que tu as pressenti ce dont j’ai besoin. Ce message m’a étonné, je ne l’attendais pas. Ma demande est simple, je ne veux plus avoir aucune surprise, je veux avoir les cartes dans la main quelque soit l’affaire et le sujet. QU’il ne reste plus que toi et mes proches qui puissiez encore me surprendre. C’est ce que je veux, c’est ce dont j’ai besoin, et … »

Phoebe s’empêcha de parler, se brulant la langue avec le café pour se punir. Les yeux qu’elle posa ensuite sur Trystan étaient apaisés. Elle avait confiance en lui, elle choisissait de continuer leur entente mais il n’était pas encore temps de l’absolue confiance, il s’éloignait bien trop d’elle pour qu’elle puisse le croire présent à ses côtés dans un futur même proche. La jeune femme ne pouvait encore l’amener sur l’exact chemin où elle doutait, elle ne voulait pas non plus s’engager dans une voie qu’elle n’avait pas longuement étudiée au préalable.

« Je serais dans ce monde la jolie poupée et tu seras mes yeux et mes oreilles là où les fifilles sages ne peuvent entrer, dans tout ses mondes qui se côtoient et qui me sont fermé. »

Il en coutait à Phoebe de dire à voie haute ce que son esprit avait déjà compris. Il lui en coutait de ne plus vagabonder aux Rêves, folâtré dans les rues sombres en compagnie de toute la racaille sublime des bas fonds du vaisseau. Et plus encore il lui coutait d’abandonner ses amis, d’abandonner ses passions, ses cheveux détachés, sa décadence et ses jeux de domination. Il y avait eu une femme marquée d’une cicatrice qui vibrait au son des baffes, une femme qui actuellement n’était pas indifférente au charme de Trystan et à son corps qu’il exposait. Cette femme était passée sous silence, cette femme était mise en cage. Mais elle influençait encore Phoebe, la poussant à se demander pourquoi Trystan était toujours à moitié nu et qu’est-ce qu’il attendait vraiment d’elle. La jeune femme ne ferait pas l’erreur de s’intéresser à lui plus qu’elle ne le devait. Pour l’instant son esprit était clair et elle ne voulait pas le troubler.

Phoebe ne le supplierai pas d’être son bras droit. Soit il s’en sentait la force et l’envie soit il l’oublierai. Car c’était peut-être le seul moyen de se protéger de lui si jamais il lui venait l’envie de la trahir. Forcer l’oubli.


« Maintenant demande. »
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Jeu 9 Déc - 19:00

Les paroles de Phoebe le laissèrent pensif…Rêveur. Le changement de personnalité de la jeune femme n’y était absolument pour rien. Non, il n’y avait que deux choses qui avaient retenu son attention. Le fait qu’elle le compare à un scorpion d’une part et le fait qu’elle voulait en savoir plus sur…Comment appeler ça ? La partie la plus obscure de l’Uros ? Les dessous de la politique de l’empereur ? Les petits secrets honteux de la Lux et de la Sayeh ? Il y avait tellement d’appellation possible qu’il se perdait dans le lyrisme de sa situation.

D’une part, le considérer comme un scorpion était à la fois un compliment mais pouvait être considéré comme une insulte à mot couvert. Surtout si on le rapportait à un insecte dont l’aptitude à la survie équivalait celle des cafards. Il était vrai quelque part que Trystan c’était montré particulièrement paranoïaque au point de prévoir plusieurs portes de sortie si un évènement grave devait survenir…C’était plutôt bien pensé comme comparaison. Mais lui se sentait plus proche d’un fantôme. Au fur et à mesure que son travail l’emmenait plus loin…A chaque fois qu’il portait une autre identité…Une autre personnalité…Il avait l’impression de disparaitre un peu plus. Cela l’effrayait de plus en plus…Une terreur glacée qu’il regardait pourtant avec un certain détachement.

Pourtant, il ne voulait pas arrêter pour autant…Retourner simplement sur des opérations plus simples.

‘‘ Hier…Un homme du nom de Caem a revendu des informations à un futur cartel de drogue contre des informations sur le milieu mafieux du Xion. Ce type est une énigme ambulante…Ce qu’on sait de lui encombre plusieurs chambres fortes mais en substance, cela remplirait à peine le quart d’une feuille de format A4. Sa spécialité est la contrebande en tout genre mais on ignore son vrai nom, son visage, pour qui il travaille…Même la liste de ces clients est incomplète. Pourquoi ? La contrebande cacherait une vaste entreprise de corruption à plusieurs étages. Certain pense que ce monsieur Caem s’appelle en réalité Nikill Ashiq et qu’il serait le consultant externe de l’une des 200 joints ventures avec des entreprises du Xion.’’

Il prit une tasse de café, se laissant aller rêveusement contre le dossier de son siège.

‘‘ Sur ces 200 entreprises, une dizaine ne sont que des façades pour diverses opérations. Sur cette même dizaine, la moitié ne sont que société écran pour laver de l’argent sale. Deux d’entres elles font partit d’opérations spéciales du Basha sur des nouvelles technologies…Je citerais en exemple cette affaire d’enlèvement d’enfants dont personnes n’a rien sut. Une centaine de bébés ont ainsi été enlevés pour fournir du matériel génétique au Xion. L’argent ainsi récolté va ainsi alimenté l’une des 38 commissions occultes du gouvernement.’’

Il haussa les épaules en souriant

‘‘ Je dis 38 mais je pense qu’on peut multiplier ce nombre par trois ou quatre facilement. Personne ne sait combien il en existe…Pas même l’empereur. Le seul moyen de le savoir serait de jeter un œil sur les dossiers fiscaux enfermés dans les armoires réfrigérés de hautes sécurités au ministère de l’économie. Comment est ce que cela a pu arriver ? Pourquoi l’Empereur ne fait rien ? La situation est plus complexe qu’elle n’en n’a l’air…La paranoïa est le maitre mot dans ce monde. Les commissions cherchent l’aval de l’empereur en proposant des projets visant la stabilité de l’empire. Si bien qu’elles se font parfois la guerre…Lutte d’influence, corruption, meurtre…C’est monnaie courante…Et cela ravi l’empereur. En se combattant les un les autres, ils ne pensent pas à le renverser et dans le même temps, il s’assure que le peuple ne se soulèvera pas contre lui. Il lui arrive même de toucher de l’argent par des biais détournés. Assez ironique non ?’’

Ses yeux perdu dans le vide s’étrécissaient et se dilataient à mesure qu’il filtrait ses souvenirs.

‘‘ Je ne saiis à quoi on pourrait le comparer. Une gigantesque Hydre ? La première image qui m’est venu est celle de l’arbre monde de la mythologie nordique. Un arbre soutenant l’uros et dont les commissions seraient les racines profondément ancré dans la terre. Si on devait l’abattre, c’est tout le vaisseau qui pourrait s’effondrer sur lui-même. Même au NSS on n’arrive pas à faire sans…Bien sûr personne n’est vraiment au courant là bas. Mais il arrive qu’on utilise certains réseaux pour calmer les dissidents…Parfois même pour repérer d’autres espions des autres vaisseaux. Une approche pragmatique qui a fait ces preuves. Il n’y a que la section infiltration qui est au courant et le commandant du NSS…Ainsi que la commission chargé de surveiller la section anti terroriste qui chapote toutes ces opérations. Tout ça pour dire que le sujet est vaste…Je ne peux pas tout savoir…La plupart de mes informations viennent du fait que j’ai pu observé les agents d’en face…On devient parano…On se cache, on fait des détours…On ne veut pas se retrouver sur une liste noire…Je ne passe au NSS que pour prouver que Monsieur Brosca existe bien et qu’il n’est qu’un simple agent anti terroriste. La plupart du temps je suis quelqu’un d’autre.’’

Il baissa les yeux sur sa tenue pour le moins légère…

‘‘Cela fait a peine quatre ans que je fais ce genre de chose…Et j’en viens maintenant a cramer mes affaires pour éviter une quelconque surprise. Je deviens de plus en plus paranoïaque…Tout n’est plus que mensonge, sur mensonge le tout enrobé d’un autre mensonge…Parfois j’en viens a me demander si la réalité existe bien.’’

Il détourna le regard vers la fenêtre dans un sourire éteint.

‘‘De ce fait des surprise, il y en aura toujours quoi qu’on fasse…Encore qu’avec l’expérience, on sait plus ou moins a quoi s’attendre….Mais j’avoue que me voir a moitié nu devait en être une. Ne t’en fait pas tu t’y ferras rapidement. Même mes apparitions inattendus ne le sont plus autant…Il suffit de se dire que j’ai cette tendance a apparaitre au moment les plus improbable. C’est ce que l’on nous apprend. ’’

Il but une gorgée…

‘‘ Mais je ne joue pas au maître avec toi…Je ne fais que rappeler les conditions de notre marché. Je ne voudrais pas que tu pense que je ne sois plus aussi vigilent avec le temps et que tu prennes cela pour un serment d’allégeance par défaut. Que cela n’altère en rien notre confiance mutuelle bien entendu. Je respecte toujours mes engagements…Mais si je ne cherche pas à avoir l’étiquette d’un maître, je ne cherche pas non plus à avoir celle d’un serviteur. Cependant, je veux bien faire un effort et faire un avenant pour que quelques unes de tes demandes les plus insignifiantes soit traités en temps qu’ami…Et quand au prix, j’y réfléchirais. A moins que vous n’ayez déjà quelque chose à m’offrir ? ’’

La vérité était qu’il avait bien des soucis en tête…Et que la soirée d’hier était encore imprimée sur son corps. Il aurait aimé se laver une nouvelle fois pour effacer de son esprit ce qu’il avait fait. Ce n’était ni la première fois, ni la dernière fois qu’il le ferrait mais…Autant de folie chez une seule personne…Il ne savait pas…Peut être avait il peur quelque part de devenir comme cela avec le temps. Et puis il y avait aussi Phoebe…Elle lui avait fait remarquer qu’il perdrait beaucoup si elle l’abandonnait devant trop d’avidité…Qu’il devait apprendre d’elle…Que devait il apprendre ? Et puis qu’est ce qu’il perdrait ? Il n’avait pas grand-chose à gagner si ce n’était une servitude de plus.

Il manqua de soupirer mais se retint, gardant son attitude neutre qui lui allait si bien. Un peu d’argent. Quelques faveurs ? Que devait-il lui demander ? Il ne savait pas…N’avait envie de rien d’autre que de reposer son esprit troublé. Sans le vouloir, il avait simplement agit comme un soldat devant faire son rapport ne réfléchissant pas plus avant à son prochain mouvement.

‘‘ Mais je commencerais bien par quelques vêtements…’’

Ce qu’il avait envie de demander…Une raison de vivre…Une raison d’être enthousiaste…Peut être un peu d’innocence et d’inconscience. Oui, s’il devait demander quelque chose pour lui, ce serait quelque chose comme cela. Sans le vouloir il repensa à sa première femme…Ce qui fendit légèrement sa cuirasse car cela lui déclencha un vague sourire. Une femme…Peut être devrait il en demander une. Peut être devrait il lui demander de travailler pour que Reese devienne le mari idéal pour Cherry et qu’il ne lui fasse aucun mal. Cela pourrait toujours être intéressant…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Ven 10 Déc - 21:23



Phoebe se mit à frissonner, elle se leva de son siège sans cesser d’écouter attentivement Trystan. Le plus silencieusement possible elle se mit à marcher en long et en large dans la pièce, réfléchissant à toute allure, profitant de la moindre des pauses de Trystan pour comparer avec ce qu’elle pensait déjà. Il lui avait semblé que sur Uros, le monde allait mal mais se tenait encore, au fur et à mesure que le NSS parlait elle comprit qu’elle avait eut tord de négliger le xion et qu’il avait déjà un fort impact sur le vaisseau.

Elle avait besoin de comprendre, tout, en profondeur. Elle avait besoin de savoir et plus encore elle aurait peut-être besoin de maitriser, plus tard, bien plus tard. Le silence qui suivit les paroles de Trystan n’était coupé que par les pas nus sur le parquet. Quand enfin elle cessa de marcher, il semblait aussi que cette discussion était close.


« Ma domestique me suffit amplement, je n’ai pas besoin d’un serviteur alors ne crois pas que j’oublierais mes engagements envers toi. »

Phrase simple, à peine dite. L’esprit de Phoebe est encore aux révélations, chaque chose est disséquée et comparée. Sa mémoire engrange les informations et elle veut être sur de ne pas les perdre. Peu à peu la jeune femme se sentent de nouveau prête à parler. Descendant le fil de la conversation, elle réécoute dans sa tête les dernières paroles de Trystan. Les quelques mots à peine qui cachent un plus grand mal. Phoebe connait ce mal, en est l’esclave également. La jeune femme n’a endossé que deux rôle bien différents, deux rôles qui lui étaient sien et qu’elle a sut garder bien séparer - jusqu’à ces derniers jours. Quelque millième de secondes elle tente d’imaginer ce que serais d’emprunter une autre identité, une semaine, une année, une vie. Faire semblant d’être quelqu’un que l’on méprise, faire semblant encore et encore jusqu’à ce qu’une petite parcelle de lui devienne nous. Multiplié au nombre de personnalités que Trystan doit supporter. Au bord du vertige, en silence, Phoebe plains le jeune homme. Seul le bruit de ses pas lui rappelle que désormais elle fera parti de ceux qui l’obligent à se mutiler ainsi, à se perdre dans des chemins obscures, labyrinthe en cercle sans la moindre sortie mais aux innombrables tours.

Phoebe avait prévu de faire ce qu’elle allait faire, mais pas tout de suite. Avant l’entretien elle comptait garder le plus longtemps Trystan hors du manoir. Mais la chose était révolue, et les faux semblants qu’elle s’obligeait également.


« Je sais que tu refuses tout présent de moi. Mais j’ose espérer que tu accepteras celui-ci. »

Lui dire que sa valeur n’avait pour Phoebe aucune limite, serais prendre son refus plus que probable comme une claque violente au visage. Il n’en était pas question. Il ne tenait qu’à Trystan de voir en l’objet un présent et non un achat d’âme ou de corps. C’était à lui de prendre, à lui de laisser. Phoebe s’approcha de la porte et l’ouvrit.

« Suis-moi. »

Phoebe remonta le couloir, tourna à gauche et puis à gauche encore. Sans s’en rendre compte sur son passage, elle touchait certain pans de murs, certains objets qui était là et regardait les mêmes tableaux accrochés au mur.

« Ce tableau ci représente les chevaux qui engendrèrent la lignée Johansen. »

Elle ne comptait pas faire la visite guidée au NSS mais ce tableau ci, elle l’appréciait particulièrement. Enfin elle arriva devant la porte. Pris une clef magnétique qui était sur un petit meuble contre le mur et entreprit d’ouvrir la serrure.

« J’aimerais te dire que ce que je t’offre est réel, mais ce n’est pas le cas. Bien sur tout est matériel, nous avons cette pièce, quatre murs, un sol pour nous soutenir et un plafond pour nous couvrir. Mais le tangible ne ressemble à rien, il est démolissable. Je ne crois pas en la valeur du matériel. Et j’estime que cette chambre ne l’es pas tout à fait, tu en jugeras par toi-même plus tard. N’en parlons pas je te présente l’endroit et tu choisis. Tu peux refuser et venir, accepter et ne jamais pénétrer l’endroit, tu peux en faire ce que tu veux. »

Phoebe entra. Puis parla de nouveau.

« Dans le bureau là-bas, il y a un carnet avec quelque Inomad. Sur la première page ce sont les gens en qui j’ai confiance. Tu peux appeler le tailleur et lui demander tout ce que tu as besoin. Si un jour tu appelles le manoir, n’attends pas de réponse mais parle dans le vide. Il y a un ordinateur aussi, l’un des derniers modèles, si tu en besoin. Sur la table de chevet, il y a une clef. Cette clef t’ouvre le manoir et certaines de ces portes intérieurs. Même si tu n’acceptes pas cette chambre garde la. »

C’était le moment fatidique. Celui où Trystan allait parler, celui où il allait partir peut-être. Elle continua de parler alors pour l’empêcher de refuser tout de suite.

« J’aimerais te dire que ceci est une réalité à laquelle tu peux t’accrocher, une identité à laquelle tu peux te tenir. Mais je ne ne sais exactement si ce que tu me montres est le Trystan, ou l’identité que ce Trystan à forger pour que je puisse l’utiliser comme une arme. »

On donne tous une identité factice à celui que l’on a face à soi, on est toujours un peu menteur sans s’en rendre compte. Cela commence doucement par des ‘ça va et toi ?’ mensongers, et puis cela s’amplifie par des ‘Je peux en avoir un peu plus ?’ alors que la plante voisine à déjà tout avaler. On sourie pour sourire et on pleure quand cela nous arrange. Oui peut-être que face à elle ce n’est pas Trystan. Pas tout à fait. C’est sans doute l’image qu’elle se fait de lui qu’il lui renvoie. Cela marche toujours comme cela en bonne société. C’est la base même du protocole et de la bienséance. Il faut du temps pour que les vrais sentiments apparaissent, du temps pour que les visages se délient de leur glace. Phoebe n’a pas de temps alors elle s’enlève les voiles en espérant que Trystan le fera aussi. Mais pas au point de lui avouer qu’elle est son malaise devant l’attente de sa réponse. Non elle garde son self contrôle et c’est d’une voix pleine d’assurance qu’elle déclare :

« La seule réalité que je connaisse c’est celle de mon corps. »

La jeune femme pris la main de Trystan qu’elle releva. Doucement elle défit ensuite le pansement et posa son poignet dans la main de Trystan. Ses yeux se posèrent pour la première fois sur le dessin encre. Ils suivirent le contour des lignes, s’amusèrent à se perdre dans les aplats. Le noir l’avait toujours fascinée. Sur sa peau blanche il contrastait, il l’étonnait par sa beauté et par les sensations confuses que sa vue lui faisait ressentir.

Phoebe se demanda si Trystan allait comprendre. S'il voyait le lien entre la demeure et elle-même. Si la déclaration qu'elle lui avait dite serait suffisante. Elle lui avait accordé une place sur sa peau, le manoir ferait de même. C'était tellement logique pour une Johansen, qu'elle ne voyait quoi dire de plus.


« Je ne te demande pas de vivre ici, je ne t’oblige en rien. Considère ce lieu comme un endroit sûr où tu peux être ce que tu veux. Quand tu auras envie d’une chose précise tu n’auras qu’à me faire signe. »

Trystan n’allait peut-être pas comprendre ou mal interpréter. Phoebe s’attendait plus à un refus qu’à autre chose, mais elle avait ouvert la porte. Le sourire qui se glissait entre ses lèvres et qu’elle ne retint pas, était étrange, entre petite joie et crainte. Cela faisait tellement longtemps que le manoir pleurait, tant de temps qu’il se mourait doucement et voilà qu’elle osait amener un démon dans ses entrailles, qu’elle lui offrait une place dans sa vie qui est plus de valeur encore que la marque qu’il lui avait imposé. Un déraciné comme lui ne devait comprendre, mais Phoebe Johansen oui et c’était cela qu’il importait. Elle avait attisé des braises et rallumer une flamme qui ferait rugir son père quand il comprendrait enfin. Car après tout nul autre que lui ne pouvait comprendre, nul autre que celui qui lui avait tout appris des Johansen, celui qui l’avait fait grandir dans ce manoir, celui qui lui avait montré par son exemple les barrières à ne pas franchir. Et qu’elle avait franchi, euphorique. Toutes les barrières.

« Maintenant je vais te chercher des habits, je reviens. »

Phoebe parti comme une flèche traversant les couloirs, prenant l’escalier. Montant là où peut-être elle n’avait pas le droit d’être. Se faufilant doucement elle passa derrière son père qui regardait par la fenêtre. Sans un regard pour elle, la voix glacée il lui parla.

« Que fait cet étranger ici ? »


« Ce n’est plus un étranger. »

Elle ne laissa pas à son père le temps de répondre. Phoebe s’engouffra dans la chambre de Nathan et pris de quoi l’habiller. Un caleçon noir, une chemise grise foncée, un pantalon noir et une paire de chaussette.

« Ne montes plus ici. »

Son père lui avait parlé, c’était un début, un début effrayant. Le silence dans lequel il avait mise leur relation apaisait Phoebe. Il lui faisait oublier sa voix si froide et si arrogante. Le retour à la parole allait poser des problèmes peut-être. Tant qu’il restait à son étage, tout irait pour le mieux.
Phoebe se précipita dans l’escalier et arriva bientôt à la chambre. Le visage dur, elle entra.


« Voici de quoi t’habiller, j’espère que cela te plaira. Tu peux faire remplir les armoires comme tu le souhaites, le tailleur est excellent. »

Phoebe s’apprêta à ressortir.

« D’ailleurs fais ce que tu veux de cet endroit. »

Elle jeta un coup d’œil circulaire à la chambre.

« Je vais dans la mienne, rejoins moi quand tu es prêt. »

Sans écouter Trystan, sans lui prêter même attention, Phoebe ferma la porte. Ressentant une colère qu’elle avait crue éteinte, elle alla jusque dans sa chambre bougonnant à qui pouvait l’entendre, répétant sans cesse ce que son père lui avait dit, imitant sa voix froide et ses manières de haut roi. Arrivée dans sa chambre elle s’habilla comme à son habitude, dans un ensemble en tissu gris. Elle installa son FAKEFACE par habitude et enfin pris quelque secondes à secouer ses cheveux puis à les coiffer en un chignon en hauteur. Sa colère s’apaisa enfin quand elle grogna dans le vide.

« Dire que c’est cet homme là qui en cesser m’amener devant le prêtre et donner ma main ! »
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Sam 11 Déc - 1:50

L’agent du NSS avait ouvert une boîte de pandore devant la jeune femme…Mais il n’était pas certain qu’elle veuille la refermer bien au contraire. Malgré le choc et l’effarement qui semblait la secouer, elle ne ressemblait pas à une femme qui ne voulait pas en entendre plus. Elle digérait doucement les informations, essayant probablement de coller le modèle qu’il venait de lui fournir à des informations ou des choses qu’elle avait déjà vue. Il n’était pas impossible qu’elle ait été le témoin privilégiée de certaines choses qu’elle ne pouvait alors comprendre.

Devrait-il lui dire que la curiosité était à proscrire dans ce genre de métier ? Que lorsqu’on désirait en savoir un peu plus, c’était toujours pour viser une personne ou un objectif précis ? Sans quoi on commençait a collectionner les ennemis et les inimitiés en se mettant inutilement en danger. Mais cela…C’était à lui de gérer cet aspect. Il lui avait parlé de Caem comme il aurait pu parler d’une autre personne. Caem était considéré comme une blague au Nss au même titre que le père noël…De même que plusieurs identités sur une liste rouge, soigneusement rangée sur support papier, bien à l’abri dans un coffre de la banque impériale. Une liste qui protégeait de nombreux petits secrets et qu’on protégeait sans se soucier du prix à payer.

Enfin…Cela dépendait des intérêts qu’on servait. Ah qu’ils étaient bien heureux ces idéalistes qui pensaient qu’un journaliste faisait simplement son travail et que s’il pouvait écrire un article a scandale, c’était simplement parce qu’il était protégé lui et son entourage par des personnes influentes et puissantes…De même que pour les juges qui instruisaient le procès ou des inspecteurs menant une enquête compromettante. La justice avait laissé la place au pragmatisme depuis longtemps sur l’Uros. Il manqua de soupirer quand Phoebe lui demanda de l’accompagner dans les couloirs du manoir.

Il n’avait pas eut le temps de visiter l’endroit…Mais il connaissait plus ou moins la famille de Phoebe. Elle avait une famille aussi ancienne que la sienne. Mais ses ancêtres n’avaient jamais eu les honneurs et caresser l’espoir de s’élever hors de leur loge pour devenir noble. Beaucoup de ses ancêtres en avaient éprouvés du ressentiment, surtout envers les généraux victorieux qui au prix de leurs hommes avaient sans vergogne accepté cet honneur. C’était une injustice sociale que Trystan, lui, avait accepté depuis longtemps. Une condition nécessaire pour passer à autre chose…ou plutôt…Se lancer a corps perdu dans autre chose. S’il avait voulut être noble, il lui aurait simplement fallu être riche et connaître les bonnes personnes. C’était aussi simple que cela.

Il suivit la jeune femme dans la pièce qu’elle venait d’ouvrir. C’était presque un petit appartement dans le manoir avec son bureau, son salon et une chambre à coucher. Elle semblait dire que tout ceci était pour lui…Qu’en ferrait-il alors qu’il avait plusieurs planques du Nss à sa disposition et qu’il avait encore sa maison à disposition ? Et puis…Ce qui l’ennuyait le plus, c’était d’être vu dans cette maison et qu’on vienne a penser qu’il travaillait pour Phoebe…Qu’il avait outre passé son devoir pour s’engager en politique. Ce genre d’acte pouvait être très mal perçu et pouvait être réprimé avec violence. Mais c’était peut être ce donner trop d’importance.

Pour le moment, il préférait ce dire qu’il s’agirait là d’un point de chute comme un autre en cas de problème. Prudent comme il était, c’était toujours mieux d’avoir une solution de plus à un problème donné…C’était tout de même plus luxueux que les abris peu reluisant que lui offrait le Nss pour ses opérations ou les suites de luxe sans âme de ses personnalités influentes.

« J’aimerais te dire que ceci est une réalité à laquelle tu peux t’accrocher, une identité à laquelle tu peux te tenir. Mais je ne ne sais exactement si ce que tu me montres est le Trystan, ou l’identité que ce Trystan à forger pour que je puisse l’utiliser comme une arme. »

La question à le mérite de l’étonner…Et de le faire sourire. Qui était Trystan…C’était peut être la question la plus déplacée qu’on pouvait poser. Il fit quelques pas dans la pièce, se sentant quelque peu étrange de d’déambuler en une aussi petite tenue dans une maison qu’il ne connaissait pas.

‘‘Trystan est une arme. Il l’a toujours été…Il n’a jamais été considéré comme un homme mais comme une image. Le véritable Trystan est un être humain certes, mais il a apprit depuis longtemps a se fondre dans la masse. La chose qui l’a toujours animé est son devoir et le respect de ses ancêtres. C’est la seule chose qu’il possède véritablement. Les choix moraux qu’il fait son de plus en plus contestable mais cela fait depuis longtemps qu’il a perdu son innocence. Il fait ce qu’il croit être juste en pensant à long terme car il sait comment les choses fonctionnent. C’est un être terriblement pragmatique, à l’esprit aiguisé, entrainé pour tuer…Un produit de plus de mille années de travail de la Sahey…Et qui sent combien la pression augmente sur ses épaules alors qu’il évolue dans un environnement où le moindre faux pas lui coutera cher. Voilà ce qu’est Trystan Brosca…Ou du moins l’idée que je m’en fais’’

Parler de lui ainsi avec un tel recul lui glaçait un peu le sang bien qu’il conservait son sang froid habituel. Il se sentait l’âme d’une machine…et ce qu’il craignait n’était pas tant de le devenir mais plutôt que cela ne lui inspire rien de plus que du détachement.

« La seule réalité que je connaisse c’est celle de mon corps. »

Le tatouage qu’il avait forcé sur son poignet fit son apparition pour la première fois. Elle le déposa au creux de sa main avec cette douceur et ce sourire étrange. Comment voyait elle maintenant cette marque ? Son pouce passa sur la marque étrange aux femmes serpents…Il releva le poignet pour mieux en regarder les contours, le posa contre son visage pour sentir la peau de la jeune femme sur la sienne, caressant le dessin du bout de son nez, déposant dans une impulsion un baiser au creux de cette main avant de mêler ses doigts aux siens. C’était une sensation si chaude…Cette femme était vraiment là…Elle ne le connaissait pas vraiment mais il était devant elle sous sa véritable apparance…Elle regardait bel et bien Trystan…Elle essayait de le voir comme il était réellement…Elle était réelle….Ses yeux s’étrécirent alors qu’il rapprocha doucement son visage du sien.

‘’La seule réalité que je connaisse c’est celle de mon corps….Hein ?’’

Ses lèvres rencontrèrent celle de la jeune femme. Si phoebe devenait sa réalité…Son corps l’était aussi…

…Il se recula doucement. La laissant aller chercher ses vêtements alors qu’il abandonnait sa serviette pour aller jusqu’au bureau et s’assoir derrière. Il alluma l’ordinateur, consultant les dernières informations sur le réseau, essayant de calmer son esprit…Il la laissa poser ses vêtements quand elle revint et attendit qu’elle sorte pour commencer a s’habiller avec une certaine lenteur.

Les vêtements lui allaient assez bien…De la veste jusqu’aux boutons de manchette, il avait presque l’air d’un homme d’affaire à nouveau. Il aurait préféré le noir au gris. C’était une couleur qu’il trouvait beaucoup trop hypocrite à son goût. Il rejoint la chambre de Phoebe, emportant la carte magnétique au passage qu’il regarda un long moment…Ne sachant ce qu’il devait en penser…

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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Mar 14 Déc - 1:31


Trystan était une arme affutée, prête à l’emploi. Si seulement elle savait l’utiliser, si seulement elle pouvait le faire sans sentiment. Elle n’avait pas hérité de son père sa froideur d’âme mais de la douceur de sa mère. Une douceur bien cachée, bien enfouie. Une douceur envahie par la rigueur de son raisonnement et la dureté de ses choix. Une douceur qu’elle cachait tant bien que mal mais qui l’amenait à posséder une empathie qui défiait parfois, avec certaines personnes, le sens du commun.

Trystan était une arme et Phoebe n’était rien. C’était à ses côtés qu’elle s’en rendait le plus compte, à ses côtés qu’elle se sentait le plus déplacée. Ballotée de front en front avec ce libre arbitre qui l’amenait à toujours choisir des chemins parallèles, Phoebe n’avait dans la vie, pas la rigueur qu’elle possédait dans le domaine des sciences. Elle était instable et pourtant elle pouvait être un pilier elle aussi. Trystan était une arme efficace, peut-être qu’il pourrait faire d’elle une arme également. Tranchante et froide, brulante et douce, oui c’était quelque chose que peut-être elle s’accorderait.

Brulante, elle le regarda toucher son poignet. Il était à lui. Son cœur se mis à battre plus fort, il lui semblait que rien n’était sous contrôle. Rien, il n’y avait rien de plus plaisant que cette sensation. Les doigts s’emmêlèrent et la chaleur qu’elle ressentait était le reflet de ce qu’elle pouvait lire dans ses yeux. Phoebe détourna les siens et les baissa. Entre gène et désir de se laisser aller, elle ne sentait plus que ses doigts dans ceux de Trystan. Les lèvres qui atteignirent les siennes étaient douces, Phoebe les laissa envahir sa bouche, mettre de la vie la où les mots avaient blessé. Il n’était plus question d’enfant qui se laisse guider. Il y avait cette flamme en elle qui s’était animée, ce danger potentielle qu’elle était pour elle-même, ce vampire insatiable qu’elle pouvait être pour Trystan. Phoebe le brulait, son énergie, son âme, il semblait que tout transitait vers elle et que tout s’amplifiait. Ses sentiments s’ébranlaient à la moindre des avancés, et revenaient toujours stabilisés. La force de sa raison la ramenait toujours sur le bon rivage. Dans la tourmente elle posa sa main lâche sur la nuque de Trystan. Dans la colonne vertébrale sous sa paume vibrait de l’énergie. Il la buvait lui aussi comme un vampire, s’apaisant de son sang. Un souffle balaya ses pensées. Une question vive qui aiguisa sa curiosité. Comment était-ce possible ? Comment pouvait-il se voler l’un à l’autre avec autant de facilité sans qu’un seul en subisse les effets néfastes ? Comment pouvait-il briller tout les deux ? Cela ne durait qu’un instant, cet instant long et réparateur. Après ce serais le retour de cette guerre cachée.

Phoebe se raccrocha à la raison. Ses lèvres se séparèrent de celle de Trystan. Sa main descendit doucement de la nuque jusque son torse. Son bras était entre eux. Le bracelet argenté qui brillait sur son poignet, la bague discrète mais puissante se glissait entre ce qu’ils étaient et ce qu’ils auraient pu être. Son autre main, dans les doigts de Trystan brulait encore de flammes voraces, les ombres sur le poignet étaient toujours aussi belles.

L’orage et la glace, le sang et la flamme, il y avait tant de nuance. Son cœur doucement se calma vers un calme profond. Ce qui brillait dans les yeux de Trystan, et ce qui vibrait dans sa colonne vertébrale à elle suffisait. Les images assombries semblaient plus clairs, le froid semblait être parti, la distance disparue. Tout allait revenir à la charge mais il y avait quelque chose qui la poussait à croire que certaines choses pouvaient reculer peu à peu. La limite était là, dans ce bras, la limite n’était pas un mensonge et Phoebe pouvait y croire encore.

Cela n’avait duré que peu de temps et la situation semblait plus claire. Les mauvaises ondes semblaient être balayées comme autant de poussières par un coup de vent. Phoebe s’empressa de sortir. S’empressa de revenir et de partir encore.

Voir son père lui avait remis les idées d’aplomb. Certaines choses ne devaient pas avoir lieu, Phoebe ferrait tout pour les faire mourir avant qu’elles ne soient. Son cœur était fidèle et ses pensées plaines de grâces, elle n’allait pas se laisser envahir par ce qu’elle pouvait voir. Car il est comme pour toute chose des faiblesses qui affaiblissent, des beautés que l’on ne peut s’empêcher de voir et des horreurs qui nous font frissonner.

La quiétude qu’elle ressentait était assez troublante. Incompréhensible. Elle aurait dut rager encore contre son père, sortir Trystan du manoir en lui sortant toutes les insultes qu’il pourrait entendre, se sentir coupable envers Alben. Rien ni faisait, Phoebe Johansen avait l’esprit tranquille. Son corps n’appartenait qu’à elle et l’éphémère moment était plus un moment de communion que de trahison. Non, Phoebe restait paisible. Etait-ce cet échange d’énergie avec Trystan ? Etait-ce ces trois hommes qui gravitaient maintenant dans ses pensées ? Ces piliers sur lesquels elle pouvait se reposer ? Peut-être. Des yeux de glaces, des couleurs pales, la froide pâleur des jours qui cachaient des brûlures, elle pouvait tenir le joug.

Le miroir lui renvoya son visage sans la moindre cicatrice, ses yeux sans la moindre brulure, ses cheveux parfaitement rangé. Le mensonge était là, le mensonge cachait mal les petites détails qui eux ne mentaient pas. Il y avait deux personnes.

Derrière elle, Phoebe entendit le pas de Trystan.


« L’empereur est un grand homme. Il a fait beaucoup de choses, il a permis beaucoup de déraisons également. L’anarchie menace, l’anarchie balayera les dernières traces de raison qu’il nous reste. Les jours de l’empereur semblent révolus. On ne peut plus compter sur lui. Il a laissé s’avancer dans l’ombre le mal, et il laisse maintenant son vaisseau se faire harponner par le Xion. »

L’anarchie si seulement Phoebe ne pouvait pas s’empêcher de penser que se serait une excellente idée. Si seulement elle n’était pas autant fascinée par le mal. Il lui fallait garder la tête froide à l’image de ses porteurs d’âme, si seulement ses yeux pouvaient être bleus, d’un cristal sans fêlure.

« Je ne sais pas quoi entendre. Pas quoi écouter. Si seulement l’empereur pouvait rétablir son empire. S’il pouvait prendre la figure paternelle et nous conduire vers notre avenir. Mais il s’enferme sous un masque et l’air qu’il boit n’est pas le notre, les sons qu’il entend résonnent dans le métal et se transforment, même sa vue semble différente. Quel choix avons-nous ? Devons nous laisser avaler par la bête galopante pour ensuite espérer renaître de nos cendres ? »

Ce n’étaient pas vraiment des questions, c’étaient juste ses pensées dites à haute voix.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Mar 14 Déc - 19:45

C’était…Si étrange…

Au cours de sa vie, il avait toujours été secoué par les questions qui ont jalonnées sont existence. Les questions muettes de son enfance sur l’absence d’un père. Sur l’utilité d’un devoir qui privait un enfant de sa figure paternelle. Sur la nécessité qu’il doive faire de même au nom de sa famille. De sa loge. De son empereur. Son entrée à l’institut n’avait pas éteint ces interrogations. La discipline de fer les avaient éludées alors que l’éducation qu’il recevait lui hurlait d’ouvrir les yeux sur la réalité des choses. L’accomplissement d’un devoir n’avait jamais été une fin en soit. Cela ne définissait pas une vie…L’accumulation de ces connaissances et de la sagesse des anciens le poussait vers des réponses qui reniait tout ce en quoi il croyait…Ou le poussait dans une direction plus obscure encore s’il acceptait de comprendre ce qui ce passait réellement sous ses yeux.

Peut-on vivre heureux en ce voilant la face ?

Il avait donné comme tant d’autre son consentement muet, rejoignant les rangs des adultes complices dans leurs inactions. Peu importait au final ? Tant qu’il pouvait avoir sa part de bonheur comme tout un chacun. Avoir un peu d’argent, une femme, élever une famille, avoir la reconnaissance de ces pairs…La mort de Naela lui avait arraché son hypocrisie, le plongeant dans des abysses de doutes alors que ces actions le poussait de plus en plus vers un pragmatisme éclairé…

…C’était différent maintenant…

…Il l’avait embrassé…

…Il n’y avait aucune logique dans son acte…

...Son esprit était vierge de pensée.

Il n’y avait que sa main accueillant celle de la jeune femme, aux doigts si fin qu’ils s’encastraient parfaitement partageant une chaleur qui se propageait agréablement dans tout son corps, devenant soudainement brasier quand il rencontra soudainement ces lèvres. Ce n’était pas un acte qu’il avait prémédité. Peut être l’avait il simplement rêvé…La réalité ne semblait plus revêtir la même importance. Elle avait raison…La réalité était son corps…Ces lèvres qui l’avait appelées…Le vidant de toutes ces pensées stériles… Un lent poison qui jetait dans l’oubli tout ce qui n’était pas elle. Un poison qui finirait par le tuer mais auquel il n’avait plus envie de résister. Il s’abandonnait à cet instant, à elle, à cette caresse sur sa nuque qui le fit frissonner. Cette sensation de chute libre…De faire quelque chose qu’il regretterait…De cette nécessitée de garder le contrôle…De sauvegarder les apparences.

Plus rien ne comptait. Il comprenait comment des hommes pouvaient maintenant ce créer de telles faiblesses et accepter si sereinement que cela puisse leur être fatale sans éprouver le moindre regret. Cela n’avait jamais été une question de volonté. Seulement une question de temps et de lieu. Phoebe c’était retrouvée au bon moment, au bon endroit et au moment où il en avait eut le plus besoin. Lui rappelant que rien n’était vrai et que parfois…Tout était permit. Il était encore à faire le tri dans ces sensations que le bras de la jeune femme descendit sur sa poitrine dans une caresse…

La bague

Les yeux de Trystan s’étrécirent sur l’objet, se rappelant les rumeurs. Mais quelle importance au final ? Ce qu’il avait volé l’espace d’une minute avait tellement plus de valeur…Et c’était toujours ses doigts qu’elle n’avait toujours pas quitté. Il la laissa néanmoins partir, n’essayant pas de la retenir alors qu’elle partait sans un mot. Il avait besoin d’un peu de temps pour se remettre de ce baiser volé. Ses sensations étaient si vive, si acérées qu’il sentait encore le parfum de Phoebe…La douceur de ces lèvres sur les siennes…Celle de sa peau…Mais plus encore le calme qui régnait là où la fatigue et la nervosité avait prit depuis si longtemps leurs parts sur son corps exténué. Même la tension qui le maintenait en alerte c’était adoucit à croire qu’elle l’avait délesté d’une partie de son fardeau. De la confiance peut être ?

Il détourna le regard par habitude bien qu’il n’y avait plus personne pour le voir. Il se sentait si bien. Si…Apaisé. Il posa ses doigts sur ses lèvres, se demandant si cela serait bien raisonnable de…Non…Mieux valait éviter d’y penser. C’était juste sur l’instant. Il ne devait pas s’accrocher à ce genre de chose s’il ne voulait pas en souffrir. C’était la femme d’un autre et il n’y avait jamais eu de place pour lui où que ce soit ? Elle avait besoin d’une arme, pas d’un homme. Il classa donc cet évènement et alla s’habiller avec ce qu’elle lui avait apporté…Pour la rejoindre au plus vite.

Ces paroles eurent le don de l’étonner. Le surprendre ? Non…Après tout, quand on demandait l’aide d’un homme tel que lui, on ne s’attend pas à verser dans les bonnes œuvres. Mais c’était le genre de chose qu’il aurait plutôt vu chez un rebelle. Qui essayait-elle de convaincre ? Elle-même ? Il ne pouvait pas lui jeter la pierre. Plus jeune il c’était posé les mêmes questions…Mais y avait répondu depuis longtemps.

‘‘ L’anarchie n’existe pas…C’est juste une illusion de Chaos. De tout temps, les sociétés se sont élevées puis se sont effondrées…Tout simplement parce que rien n’est éternel. Que ce soit parce qu’une autre civilisation c’est agrandit ou tout simplement parce qu’elle c’est effondrée sur elle-même sous trop de complexité…Ou par manque de diversité. L’Uros c’est maintenu tout ce temps grâce au traditionalisme et à la discipline de fer que l’empereur impose. C’est pourquoi nous avons survécu aussi longtemps et pourquoi les rebelles sont si importants pour le régime. Parce qu’ils apportent un courant de pensée…Ils soutiennent quelque part le régime en lui offrant une opposition...Si l’empire venait à tomber, ce ne serait pas l’anarchie. Il n’y aurait qu’une courte période de transition.’’

Il haussa les épaules, son œil glacé restant de marbre devant ses propres propos qui pouvaient être dérangeant dans la bouche d’un agent du NSS.

‘‘ Une course au pouvoir. Les plus petits trinqueront et cela ne cessera que lorsque les plus puissants se seront tous entretués ou seront arrivé à un accord. Du moins si le Xion n’a pas abattu ces cartes entre deux. Cela pourrait durer aussi bien quelques heures que quelques années. Quand à un choix…Personnellement je n’en vois aucun. Rester en vie est la seule chose qui prime. Rester en vie et avoir assez de carte pour négocier quelque chose. Du moins c’est ce que je pense…’’

Il la regarda du coin de l’œil, essayant de saisir ces réactions…
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Phoebe Johansen

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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Mar 11 Jan - 0:51

Une discipline de fer que partageait l’empereur et son père à son plus grand déplaisir. Une discipline qu’elle pouvait comprendre et qui était utile parfois comme cela avait été le cas dans l’empire. Une discipline qu’elle n’avait jamais pu suivre et qui la traquait. Mais qu’elle comprenait et qu’elle savait apprécier à sa juste valeur.

« Rester en vie, c’est bien maigre. Il me faut des cartes. Beaucoup de cartes. Il y a une faille et le Xion pénètre doucement avec discrétion. Il nous endors, il envenime nos pensées mais quand il croira avoir gagner, quand il posera son jeu sur la table, il faut que quelqu’un puisse dévoiler un jeu plus fort encore. »


Phoebe savait une chose d’elle c’était que malgré ses grands jeux, la perfection qu’elle affichait en société elle ne pourrait être cette personne. Phoebe n'était rien qu'une ombre chez les Lux, une ombre au doux reflet de poupée, aux allures de maitresse d'école, mais une ombre, sans ambition, sans pouvoir, sans nécessité d'en avoir. Pour l’instant elle ne voyait personne qui soit à la bonne place avec en main les bonnes cartes, personne qui pourrait vraiment rétablir un nouvel équilibre. Les princes étaient jeunes et encore doux comme des agneaux. Il n’y avait personne de Ios qui pouvait réellement provoquer un mouvement de pensée.


« Rester en vie cela ne sert à rien. Nous allons placer des pièces, là où les adversaires ne verront que de l’ombre. »


Un jeu de stratège pour maintenir et rétablir un équilibre. Cela semblait voué à l'échec. Qu’importe au moins elle pouvait tenter le challenge, cela occuperait suffisamment ses pensées pour la détourner de ces autres penchants. Cela lui suffirait peut-être pour devenir en tout point respectable. La multitude des facettes qu'elle se façonait l'effrayait. La facilité qu'avait son esprit et son corps à les accepter également. Dans une autre vie, elle aurait pu être la seconde de Trystan.

Phoebe arrangea une mèche de sa chevelure qui tentait de s’échapper de sa coiffure. Tout serait parfait. Indécelable. Les secrets étaient son point fort et cela semblait être aussi celui de Trystan. Il était temps de verrouiller les sujets.


« Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? De code d’accès ? Du matériel ? Quelque chose que je pourrais obtenir ?»


Ses yeux se tournèrent vers Trystan. Pleins de questions, ils se posèrent sur son visage froid et semblèrent y trouver un réconfort. Phoebe revins à sa coiffeuse et ouvra un coffret. Les bracelets qui s’y cachaient dedans étaient tous suffisant pour cacher sa marque d’allégeance. Elle en avait fait l’acquisition, fouillant dans les vieilles chambres du manoir et les coffres cachés dans les murs. Phoebe passa a son poignet celui qu’elle avait préféré. Il était assez simple et en argent. La jeune femme observa le résultat, c’était parfait. Trystan resterait dans l’ombre et elle aussi.

Doucement elle s'approcha de lui, elle savait qu'il n'avait pas oublier, elle savait qu'elle non plus n'avait pas oublier. Il ne fallait pas que cela se reproduise, il ne fallait pas tout venir gâcher dans sa tête, il allait lui falloir du courage pour rester forte sans se laisser trop porter par tout le monde. Elle lui montra pourtant son bracelet, comme une petite fille, elle le lui montra sans honte et sans fausse cachette. Phoebe était fière de porter sa marque, heureuse de le connaître. S'il n'avait été si fort, si elle n'avait été dans une position aussi délicate sans doute, sans les obligations qui les retenaient, ils auraient pu devenir amis, vraiment amis. Partager un morceau d'âme, c'est ce qu'elle aurait voulu faire avec lui, c'est ce qu'elle a fait ce matin en le laissant entrer, en lui offrant cette chambre, en restant quelque secondes contre lui. Trystan ne méritait pas de la connaître sans ses conditions. La vie place ses pions d'une bien étrange manière parfois. Certaines personnes ne devraient pas être aussi ballotées.

Il y avait une chose qu’elle avait oublier de dire.


« Je n’ai parlé de toi à personne et personne ici ne parlera de toi. N’amènes personne ici sauf en cas d’urgence. »


Voilà c’était dit. Trystan l’avait sans doute déjà compris depuis longtemps mais la jeune femme n’avait pas su comment lui dire que quoi qu’il arrive en cas d’urgence elle pourrait trouver un moyen d’arranger la situation, autrement que par cette manière. Les autres façons il ne les aurait jamais acceptés.
« J’ai un cours avec Reese dans une heure. Je devrais peut-être y aller. A moins qu’il y ai quelque chose dont nous n’avons pas encore parler. »
Il lui semblait que tout avait été dit. Que tout était enfin conclu. Qu’il fallait mettre un point à la discution puisque tout le nécessaire avait été dit ou insinué.
Ses yeux se posèrent sur l’homme et elle soupira. La jeune femme ne pouvait pas se permettre de l’apprécier et pourtant c’était déjà le cas. Il était un membre de sa famille désormais, il était un membre de son corps et de son esprit. Elle avait trouvé en lui la plus violente des drogues du vaisseau. Phoebe n’était plus autonome, plus libre en quelque sorte. Elle lui devait tout ce qu’elle allait faire, tout ce qu’il devrait exécuter. Jamais plus elle ne pourra dire qu'elle n'a besoin de personne, qu'elle est insaisissable et libre. La jeune femme ne marche plus par un. Ses pas sont les fruits d'autre et ses questions issus du raisonnement d'un autre esprit que le sien. Il était fort, il la soutenait, et sans doute, plus tard, si un jour Phoebe était dans l'obligation de se sevrer de lui, elle perdrait bien plus qu'elle ne voudrait le croire.
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Trystan Brosca
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MessageSujet: Re: Rendez vous au manoir   Mar 11 Jan - 16:51

A quelques pas d’elle, il l’écoute doucement parler…Quelque chose le choque sans qu’il puisse mettre la main dessus. Ses yeux se baladent autour d’eux, ne s’attachant ni à la richesse ostentatoire, ni à ce qui faisait que sa famille était considéré comme noble…Ou noblesse déchue. Son visage reste fermé…Et puis il commence doucement à comprendre ce qui l’amusait tant. Cette façon de parler de l’empereur, de parler du Xion…

Elle était beaucoup plus idéaliste que lui.

Non…Ce n’était pas cela. Pas vraiment. Trystan croyait en des idéaux aussi. Il croyait vraiment que l’humanité pourrait être sauve tant qu’un régime autocratique fort encadrait une humanité ayant soif de diversité, de changement qui provoquerait dans un espace aussi limité et aux ressources si restreintes finirait par provoquer des guerres de part la trop grande richesse d’opinion…D’un autre côté, si trop de gens pensaient de la même manière, cela finirait par provoquer aussi la destruction du vaisseau en fragilisant le système devenant plus vulnérable aux attaques externes.

Garder le juste équilibre quitte a devenir un démon pour cela. C’était le choix qu’avait fait Trystan en tout état de cause. Il c’était écarté du droit chemin pour mieux le protéger, combattant le mal par le mal. A la fois idéaliste et pragmatique…

La vision de la jeune femme était beaucoup plus pure, croyant au système sans regarder au delà. Quand lui avait l’habitude de traiter et de négocier avec le Xion, elle n’y voyait que des attaques politiques. C’était vrai d’une certaines façons, elle tranchait dans le vif sans se préoccuper de l’étrange équilibre qui c’était formé entre les deux vaisseaux. En temps que soldat, il ne pouvait qu’aimer ce caractère tranché qui le poussait a la respecter. En temps qu’homme, il ne voyait pas cela de la même manière. Ce n’était plus vraiment une question de politique mais d’évolution. Ce qui ce passait sous le couvert du pacte d’immigration, ce n’était pas une simple guerre entre deux vaisseaux…Mais une expérience a ciel ouvert…La réaction de l’humanité face a l’humain dit supérieur.

Prochain stade de l’évolution ?

Guerre civile ?

Assimilation ?

Utilisation de la génétique pour trouver une autre voie d’évolution et contrer les technos sapiens ?

Ces questions l’excitaient presque tant au point de vue social que philosophique et culturel. Il avait presque hâte de voir les premiers effets se demandant combien de scientifique du Xion devaient penser la même chose. La réponse de l’humanité face a cette situation désespérée, perdu dans l’espace, recyclant tout ce qu’ils peuvent…Se persuadant qu’il s’agit là d’une vie normale alors que la fin pouvait survenir du jour au lendemain de mille manières différentes.

Le mouvement de la main de Phoebe le sortit de sa torpeur méditative parlant d’ombre à placer. Pour placer des pièces, il fallait recruter. Le recrutement demandaient du temps et surtout des moyens financiers qu’il n’avait pas pour le moment. Sans parler du temps a consacrer aux enquêtes sur les personnes avant de pouvoir faire une proposition. Trystan avait bien quelques contacts mais la plupart faisant partit d’autres réseaux de renseignement, il n’avait pas envie d’attirer l’attention. Quand à utiliser des gens de la Ios…La meilleure chose qu’il pouvait faire c’était d’agir indirectement en essayant d’influencer les réseaux et organisme déjà existant. Beaucoup plus simple et pratique. Restait à savoir comment éviter de laisser des traces. Sonder les opinions de la Lux, politiciens et grands patrons en tête pour trouver des appuis…Beaucoup à faire. Un job a plein temps et le temps était une chose précieuse pour lui. Cumuler deux jobs risquait d’être très compliqué pour lui alors que ses activités secondaires au Nss lui prenaient déjà un temps fou. Déléguer et trouver au moins une personne supplémentaire…

« Est-ce que tu as besoin de quelque chose ? De code d’accès ? Du matériel ? Quelque chose que je pourrais obtenir ?»


Il tourna son visage vers elle.

‘‘Non pas pour le moment’’

Le matériel ? Il en avait déjà au Nss et le reste était fournit parfois par les caisses noires ou des armes confisqués mises aux secrets. Par ce qu’il y avait de plus performant mais discret au possible. Les codes d’accès ? Il avait déjà accès à la base du Nss la plus exhaustive et mise à jour régulièrement. Avoir la main sur celle des renseignements militaire lui ferrait plaisir…Mais ce qui l’enchanterait encore plus aurait été d’avoir un accès au palais. Il l’avait déjà plus ou moins en temps que membre de la sécurité…Mais il n’aimait pas voir son nom dans les registres. Placer une ficelle dans les ordinateurs du palais et pouvoir y pénétrer quand il le voulait…Il en aurait salivé d’avance. Cependant, cela n’aurait été que temporaire au vu de la sécurité. Quelques semaines au pire, quelques jours au mieux. Non, rien qu’elle pouvait faire pour le moment. Ce qu’il voulait attirait forcement l’attention et c’était bien la chose à éviter déjà qu’il se sentait sur la corde raide…

Ses yeux roulèrent. Elle avait probablement le besoin de se rendre utile. Il se promit de lui trouver quelque chose à faire s’il avait l’occasion. Pour le moment, il avait surtout des soucis d’organisation. La charger de l’aider dans son emploi du temps n’était pas la tâche la plus gratifiante. Il manqua de reculer quand elle s’approcha de lui. Approcher de lui pendant qu’il avait l’esprit ailleurs. Le meilleur moyen de le surprendre…A moins qu’il ne devait mettre cela sur des années de conditionnement et de solitude.

Il la laisse faire. Ce n’est pas aussi évidant que cela…Pas quand il ne c’était pas préparé…Quand il n’avait pas mit une distance mentalement…Quand il n’avait pas mit de barrière autour de son cœur. Elle semble heureuse quand elle lui montre son poignet et surtout son bracelet. Il n’arrive pas vraiment à en comprendre la raison. Cherchait elle son approbation ? Il remarque qu’il ne s’agit pas du bracelet qu’elle porte habituellement. Cela avait il une signification particulière ? Trystan commence a comprendre…Elle se sent bien…Rassurée peut être par sa présence. Elle l’avait maintenant parfaitement accepté et partageait sans concession son quotidien. Sensation étrange dans le creux du ventre…

Ses yeux habituellement froid passent par un flot continue de sentiment contraire. Incompréhension, crainte, tendresse et puis affection sincère. Il hoche la tête puis lui prend le bout de la main pour regarder le bracelet en souriant.

‘‘J’aime beaucoup’’

Ses lèvres déposent un baiser sur ces doigts.

« Je n’ai parlé de toi à personne et personne ici ne parlera de toi. N’amènes personne ici sauf en cas d’urgence. »


Ses yeux roulent une nouvelle fois. S’il lui arrive quelque chose, il n’a pas envie de lui faire porter le poids de sa chute. Il doutait déjà d’avoir l’opportunité d’avoir un choix possible. S’il fuyait quelque chose, il devrait disparaitre un moment avant d’avoir l’opportunité de se déplacer.

‘‘Je vais y réfléchir’’

Ce n’était pas un non catégorique. Il ne voulait pas lui faire de peine ou la laisser penser qu’elle ne pouvait rien pour lui. Les aléas de la vie étant ce qu’ils étaient, fermer une porte n’était pas la meilleure des choses à faire. Elle releva ses yeux sur lui en soupirant…Trystan sourit légèrement, passant une main dans la chevelure de la jeune femme.

‘‘Je suis qu’a un message de toi’’

Il lui passa une mèche derrière l’oreille, lui caressant la joue avant de retirer sa main.

‘‘Tout va bien ce passer…’’

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