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 Ice Cream is Evil

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Neala Duncan
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MessageSujet: Ice Cream is Evil   Ven 14 Jan - 3:25

Extrait du Journal de Neala

Ne jamais renverser de glace abricot-vanille sur un pingouin blond...


« Le parc des Étoiles Rouges. Le plus beau jardin d’Uros, le plus classe, le mieux fréquenté. Voilà la réputation que s’est forgée cet endroit, connu de tous les citoyens de l’immense vaisseau. Le plus beau... question de point de vue. Oui, c’est vrai que l’endroit ne manque pas de charme, surtout quand la pénombre se dessine peu à peu dans le ciel artificiel qui le recouvre. Mais ces arbres sont bien trop alignés, bien trop parfait ; ces fleurs colorées, bien trop ordonnées... superficielles. La nature domestiquée... voilà bien quelque chose qui me dégoûte. La nature de l’Homme n’est pas de détruire, mais de vouloir tout contrôler, ce qui revient approximativement à la même chose. Mais bon, je comprends que certains apprécient cette place, et l’impression de ‘beauté’ qu’elle donne. Tout le monde ne s’est pas plongé dans les descriptions de paysages grandioses, de Baudelaire à Théophile Gautier (sans les avoir jamais vus)... alors que, moi, me suis oubliée dans ce genre de récit, les soirs monotones de mon adolescence, pour échapper au monde étroit qui m’accueillait. Le plus classe... Ah !? Les robots-vendeurs répétant inlassablement les mêmes phrases dans les boutiques en bordure de « l’espace vert », les distributeurs automatiques et les survivants humains qui résistent encore et toujours à l’envahisseur cybernétique,... vous trouvez ça classe, vous ? Moi pas. Et le meilleur – ou le pire ? – pour la fin. Le mieux fréquenté... Le mieux fréquenté !? Laissez-moi rire ! A mon avis, ceux qui ont décrété que cet endroit était bien fréquenté, sont, soit des habitués du parc en question... soit des gens qui flattent la fierté de l’Empereur et du gouvernement en glorifiant la Lux – puisque c’est elle qui passe le plus entre ces arbres –, au détriment des autres sociétés.

Or, moi, qui suis de la Pooja, et l’une des rares à avoir ‘l’autorisation’ de déambuler ici... je vous apprends que certains membres de la Lux sont pires que les jeunes délinquants de St Adrian’s. J’en suis témoin. Tout comme l’employé désespéré qui suppliait ce jour-là son patron cousu d’or, de ne pas le licencier, sous le rire moqueur de celui-ci. Tout comme ceux ou celles qui, chaque jour, sont trahis par leurs supérieurs dans l’un des ces pseudos-cafés. Ou encore, ceux, battus ou violés par la jeunesse ‘dorée’ de la Lux derrière les buissons. Non, la Ios n’est pas la seule gangrène du vaisseau. Peu de gens ont choisi de faire partie de la Ios. Ils ont été relégué aux bas rangs de la société, soit à la naissance, soit, plus tard, lorsque leur ‘délinquance’ s’affirmait un peu trop... . Si tous les délinquants et les enflures devaient faire partie de la Ios, et bien, je connais une bonne douzaine de fils à papa qui devraient s’y retrouver directement !

Je pourrais longuement m’étendre sur ce sujet-là et vous raconter des dizaines d’histoires, choquantes pour les non-initiés, sur la triste réalité des choses. Mais passons maintenant à ma petite mésaventure. Elle mérite d’être relatée. Je ne suis pas égocentrique, le principe de ce genre de journal, c’est de parler de soi, non ? C’est ce que je fais. Alors que je m’étais promis de brûler cet imbécile de calepin. »

Uros, Arkmeen. Pas très loin du Astrid en fin d’après-midi.

La jeune femme était seule, au milieu du parc. Pour une fois pourrait-on dire. La plupart du temps accompagnée par sa petite bande turbulente et bruyante, amicale et accueillante... ou gênante ou dérangeante, selon la personne étudiant leur petit groupe, composé de cinq garçons, et d’une fille... A savoir, elle, Neala Duncan, jeune guitariste du Astrid. Il était dix-neuf heure, heure libre, précédent un concert de plus de deux heures et demie, à vingt heure. La brunette profitait donc de la dernière soixantaine de minutes de 'repos' dont elle disposait. Akira répétait, ses autres compagnons ne débarqueraient qu’après sa prestation, la plupart n’étant pas admis à l’intérieur du prestigieux établissement, réservé exclusivement (ou presque) à la Lux. Le silence inhabituel étonnait presque la guitariste. Mais il n’était pas désagréable.

Jusqu’à ce qu’un grognement provenant du ventre de la jeune femme vienne le troubler. Elle grimaça, se souvenant brusquement qu’elle devait se nourrir, au risque de devoir attendre le la fin du spectacle avant de manger. Et celui-ci finirait en retard, comme d’habitude. Décidant que le plus raisonnable serait de grignoter quelque chose avant l’heure H, la jeune femme se dirigea en soupirant vers le magasin le plus proche. L’un des seuls qu’elle appréciait, pour les nombreuses variétés de glaces qu’il proposait. Elle entra chez le glacier discrètement. Des tables de faux marbre autour desquelles étaient rassemblés de petits groupes de jeunes riches se trouvait devant le comptoir, où une femme d’âge mûr, servait d’un air las les nouveaux arrivants, assistée d’une jeune femme aux longs cheveux roux qui attiraient les regards de convoitise des plus vicieux.

Lorsqu’elle aperçut Neala, le visage de la vendeuse s’éclaira légèrement et elle lança la phrase coutumière :
« Oh, la demoiselle Duncan ! Comme d’habitude je suppose ? »
« Oui, merci Madame Jiria. » répondit la jeune personne avec un semblant de sourire.
Elle aimait bien cette veuve qui tenait la glacerie, même si elle n’exposait jamais ce genre de sentiments. La dame prit un cornet deux boules, et d’un geste vif, assuré, elle y rajouta deux sphères, l’une blanche, l’autre orange.
« Une glace abricot-vanille, une de plus, jeune fille ~ »
La concernée la remercia sommairement, paya la consommation et sortit tranquillement, son cornet à la main. Elle ouvrit la porte, ouvrant la bouche, s’apprêtant à déguster le délicieux mélange fondant et sucré qu’elle aimait tant...

*SPAM* Collision. Elle venait de heurter un grand blond (d’un blond assez voyant d’ailleurs), arborant fièrement un costume noir, accompagné d’une bande d’armoire à glaces, vêtues de même façon que lui. Et, par-dessus le marché, sa glace s’était retrouvée sur le sol... après avoir glissé sur le long du tissu chic et sombre dont était fabriqué la veste avec *zziipp* de mauvais goût. Neala resta interdite devant ce désastre. Sa glace – et son « dîner » accessoirement – venait de s’envoler... ou plutôt de s’écraser lamentablement sur le sol. Magnifique. Top du top.

« Hey, toi ! Tu peux pas regarder où tu marches ?! Regarde ce que t’as fait, espèce de...»

L'indigné fut brusquement interrompu par la furie qu’il s’apprêtait à insulter. Furie parce que furieuse. Furieuse parce que ce grand dadais l’avait privée de son petit plaisir hebdomadaire. Et qui avait complètement oublié que la faute était partagée. Et pis, encore, avait oublié de prendre son masque de ‘précieuse ridicule’. Donc...
« Non, mais tu te prends pour qui ? Regarde toi-même où tu mets les pieds, sale gosse de riche mal fringué ! »
Le garçon en resta abasourdi quelques secondes, puis finit par rugir, encore plus en rogne qu’auparavant :
« Mal fringué ! Non, mais tu te regarde dans la glace des fois !? »
Mais, oui, elle s’était regardée dans son miroir ce matin, malgré le fait qu’elle changeait rarement de style de tenue. Un jean délavé, un tee-shirt bleu et son éternelle veste rouge. Elle avait délaissé le kimono pour ce soir, à la demande de son employeur, qui l’avait prié de s’habiller ‘normalement’ cette fois. Elle s’était retenue de répondre insolemment et s’était exécuté. Cette remarque ne fit donc qu’augmenter son degré de mauvaise humeur.
« Ce n’est pas moi qui ressemble à un pingouin qui se teint les cheveux en jaune canari ! »
Apparemment, Neal’ avait visé là où ça faisait mal, comme à son habitude. En effet, ce jeune noble, à dix ans, alors qu'il 'visitait' le laboratoire paternel, avait reçu sur la tête... un pot de pâte jaune fluo sur la tête. Malgré tous les produits utilisés, la couleur n’avait jamais totalement disparue, si bien que l’ex-brun, devait se teindre les cheveux en blond moins voyant tous les mois, au risque de retrouver son surnom de primaire : Canari. Le resurgisse ment soudain de mauvais souvenirs lui fit perdre le contrôle de lui-même. De plus, il était déjà à moitié ivre, malgré l’heure peu tardive.
« Que... quoi... ?! Les gars, venez, on va lui régler son compte à celle-là ! » beugla-t-il, bien décidé à lui faire regretter cette stupide histoire de teinture.

Hoho.... Comme d’habitude, elle s’était fourrée dans les ennuis. Tant pis, elle s’en tirait souvent, de ce genre de situation. Prête à en découdre, elle se mit en garde et se tint prête à riposter. Un premier molosse voulut lui mettre une droite. Le poing de la jeune femme lui broya le nez. Les trois autres se précipitèrent sur elle mais même ainsi, les coups frôlaient uniquement le visage de la guitariste qui esquivait et rendait les coups tant bien que mal. C’était à se demander comment aller se terminer cette histoire...

****
Finalement, tout se termina bien... pour Neala : après avoir mis une rouste au quatre garçons à la fierté mal placée, elle s'éloigna en ronchonnant, pestant contre le fait d'avoir perdu du temps et de l'argent pour... rien. Si ce n'est le portefeuille qu'elle avait discrètement soutiré au canari-pingouin dans la bataille, dissimulé dans une poche intérieure de sa veste. Une glace de perdue, dix de retrouvées sûrement, plus tard, avec l'argent 'volé'. A moins qu'elle ne le donne aux démunis de la Ios... Elle verrait. Pour l'instant, elle allait s'acheter un chausson aux pommes... qui seraient sûrement moins 'dangereux' qu'une glace. Neala allait se diriger vers la boulangerie la plus proche...

« Et là j’ai franchement regretté de m'être énervée, au lieu de jouer à la sainte nitouche repentante. On m'avait remarqué. Et le 'on' était dangereux. Pour mon secret... »
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Quincey Dragonwort
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MessageSujet: Re: Ice Cream is Evil   Sam 15 Jan - 19:10

Quin étouffa un bâillement tout en se rendant au parc. Depuis 14h, il enchainait des rendez-vous organisés par son père. D'habitude, il refusait catégoriquement ce genre d'entrevue mais l'annonce du changement de régime avait mis l'homme dans un tel état que le blond jouait au bon fils. Enfin bon fils, il restait poli avec les femmes rencontrée, s'intéressait minimum à leur personne sans autre intention derrière. Pas question de passer pour un goujat – même si cette idée l'amusait énormément. Quoiqu'il en soit, il lui restait un repas avant de pouvoir se considérer comme libre et en attendant, le blond se dégourdissait les jambes. Les mains dans les poches, l'instructeur marchait tranquillement. La possibilité de quitter l'Himmel avait été remise sur le tapis par son frère cette fois. La famille allait avoir besoin d'eux. La politique et le droit avaient toujours été le cadet de ses soucis et même maintenant, il ne savait pas quoi penser de ce jeu de pouvoir. Pourtant, il s'interrogeait. Est-ce que la Sayeh allait être touchée ? Qu'allait devenir l'institut ? Émettant un petit soupir, Quincey marcha jusqu'à un banc puis s'y laissa tomber. Mal à l'aise dans sa tenue – fallait dire que le costume cravate n'était pas dans sa garde-robe quotidienne -, il massa son épaule gauche. Heureusement, aucune de ses connaissances ne trainait dans le coin. Sinon il aurait du subir une foule de questions et surtout celle qu'il craignait. Ses lèvres dessinèrent une grimace et il se leva. Finalement, rester dans un endroit bruyant n'aurait pas été plus mal. Les conversations des uns et des autres auraient empêché de penser à des choses déplaisantes.

Reprenant sa route, l'instructeur marcha jusqu'au glacier. Son corps s'arrêta et l'homme regarda d'un oeil perplexe autour de lui. Franchement où étaient passés les gens ? La foule des grands jours s'était-elle éteinte au moment de l'annonce ? Quincey se frotta la nuque. Cependant un bruit le fit sursauter. Son sourcil gauche se haussa sous des cris. Ok, bon entre le calme plat et une altercation, le blond préférait encore la première option. Courageusement, il observa la scène pariant mentalement sur le vainqueur. Il aurait pu s'en mêler. Il aurait pu mais bon, d'une il n'avait pas vu qui était à l'origine du problème et de deux, la petite demoiselle se débrouillait très bien sans aide. Son corps glissa sur le côté pour voir sans être remarqué. Tout ça l'amusait beaucoup. Des jeunes de la Lux qui recevaient une bonne correction ne le dérangeaient pas. Quand bien, même ils auraient été innocents. Ce dont ils doutaient fortement au vu des éructations masculines. Crie coco, ça ne peut pas te faire de mal.

Et puis le spectacle cessa. Quin émit un petit sifflement face au final. Il aurait presque applaudi mais son iNomad vibra pour lui rappeler l'heure proche de son rendez-vous, le tout accompagné d'un petit message maternel. Ne pas oublier d'apporter des parts de gâteaux. Et pourquoi pas un bouquet de fleurs aussi ?! Oui, c'était dans le code des bonnes manières mais il n'avait aucune raison de se plier aux désirs d'une inconnue. Enfin, le blond avait beau râlé, il se mit tout de même en marche de la boulangerie la plus proche. Et elle voulait quoi la petite dame ? Etait-elle allergique à un parfum précis ? Il regretta presque de ne pas avoir demandé son dossier médical. Mais en même temps, ce geste aurait envoyé un mauvais signal. Soupirant, il accéléra le pas tout en espérant qu'il reste de quoi satisfaire la dame. Délaissant la lecture de ses messages, tous des recommandations comme s'il ne savait pas se tenir – si c'était le cas, il aurait fallu éviter de lui faire vivre son pire cauchemar, le blond redressa la tête. Non loin de lui se trouvait la combattante. Son style vestimentaire et sa démarche tranchaient avec ce qu'on pouvait observer habituellement dans le coin. Ralentissant, il la détailla un moment et la suivit dans la boulangerie d'un pas tranquille. De toute façon, il n'avait pas l'intention d'appeler NSS ou quoique ce soit. Rangeant son iNomad, Quin se pencha pour souffler à l'oreille de la jeune femme.

  - Vous n'avez pas peur que vos adversaires vous recherchent ? 

De quoi je me mêle hein ? Bah il s'agissait de Quincey. L'affaire ne l'intéressait pas et en même temps, sa curiosité avait envie d'être satisfaite. Cependant comme si de rien était, l'homme se redressa. Bon alors mousse de fruits exotiques ? C'était léger et ça ne faisait pas grossir. Gâteau ? C'était pas trop sucré ? Son index droit glissa sur la paroi en verre sur chaque choix potentiel. Ah les femmes... À tous les coups, elle trouverait un moyen de se plaindre. Le c'est délicieux mais – l'une des phrases les plus agaçantes qui existaient assurément. Il plissa les yeux pour fixer deux tartelettes en grognant faiblement. Tiens puisqu'il y avait une jeune femme pas loin, elle allait lui servir de cobaye. Et le blond interpella la jeune femme avec son flegme habituel.

  - Si vous aviez rendez-vous avec un homme, vous préféreriez qu'il amène quel genre de dessert ? Un truc sucré mais light ? Bon mais sans trop de crème ? 

Il sonnait vraiment comme l'homme n'ayant aucune expérience – ce qui était vrai après tout. Bon ils ne se connaissaient pas et la jeune femme ne ressemblait en rien à celles qu'il rencontrait. Mais au moins, s'il se plantait, il pourrait dire qu'il avait été conseillé – et donc qu'on ne pouvait lui incomber l'entière responsabilité de l'échec, chose rarement faite en face de l'individu concerné, de toute façon. Dans son dos, c'était nettement mieux. Quincey soupira et son doigt s'arrêta sur un plateau de mignardises. Non, il allait passer pour un rat avec des portions aussi petites. Pendant ce temps, la boulangerie se remplissait et le blond avança un peu. Sans faire attention, il se cogna contre la jeune femme et recula immédiatement.

  - Ahem, désolé. 

Y avait des jours comme ça...

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Neala Duncan
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MessageSujet: Re: Ice Cream is Evil   Jeu 20 Jan - 1:55

Elle marchait encore au milieu du parc quasi-désert, en quête d’une boutique bien plus fréquentée que la précédente, mais dont les produits avaient une espérance de vie plus longue en compagnie de la jeune femme. Une glace pouvait fondre, glisser, dégouliner du cornet, alors que... l’avantage avec un chausson aux pommes c’est, à part si l’on s’y prend mal, qu’il a plus de mal à disparaître autrement qu’en étant mangé... Enfin, bref, passons ces vains détails culinaires. Neala mettait donc un pied devant l’autre, la démarche volontaire et rapide, les yeux fixés droit devant elle. Et encore une fois, le seul à la déranger, pour le moment, c’était son estomac qui produisait des bruits disgracieux qui la faisaient grimacer. Elle avait perdu du temps à se débarrasser du pingouin et de ses amis manchots. Manchots dans ce cas-là, entendu par Neal’, signifiant ‘ne sachant que faire de leurs deux poings’. Et heureusement, car elle n’avait pas vraiment de temps à perdre avec un adversaire à sa taille. L’affrontement aurait pu durer longtemps, et la jeune personne ne tenait guère à retarder son goûter nocturne. Impatiente de nature, elle hâta encore le pas, en se demandant si prendre un chausson était une si bonne idée que ça, si elle n’allait pas faire trop de miettes... ce qui ennuierait son employeur.

Non pas qu’elle s’en soucie, mais elle aurait aimé éviter de se faire engueuler ce soir-là, en se retenant d’envoyer balader son poing dans la mâchoire du chef musicien qui aimait bien jouer les grands responsables. Elle ne supportait pas le fait d’être dominée, quelque en soit la façon... Une seule personne y était parvenue, et son souvenir hantait encore son esprit, ses nuits cauchemardesques. Elle frissonna, évitant du mieux qu’elle put des pensées désagréables, qui avaient le don de la déstabiliser, de la rendre faible et sans défense, le temps de quelques secondes... Ce qui était déjà énorme pour elle. Ses baskets frappaient le pavé avec déjà moins d’énergie lorsqu’elle parvint à la pâtisserie-boulangerie. Il y avait la queue. Expirant longuement par le nez pour exprimer son mécontentement et son exaspération, elle se résigna à attendre. Bon Dieu, le temps passait vite ! Il était déjà dix neuf heures vingt. La jeune guitariste étouffa un juron, maudissant le blondinet et ses amis. Qui devaient être en train de la maudire en essuyant leurs nez ensanglantés. Tant pis, de toute façon, aucune malédiction venant de l’une de ses ‘victimes’ ne l’avait jamais poursuivie. Enfin si, peut-être mais elle ne s’en était jamais rendu compte. Et tant mieux.

Alors qu’elle attendait patiemment – ou du moins, faisait mine d’attendre ‘patiemment’ pour éviter de se faire remarquer – ses pensées dérivèrent vers la dernière grande nouvelle annoncée dans l’Uros. L’Empereur n’était plus, son fils Alben Van Aälbruck avait pris sa succession, promettant un régime plus démocratique à l’intérieur du vaisseau. Une bonne nouvelle en soi. Neala avait passé la nuit d’avant-hier en compagnie de ses amis proches à faire la fête dans le petit studio d’Alan, l’homme qui lui avait enseigné l’art de jouer de la guitare électrique et folk. Mais Mademoiselle Duncan n’avait pas l’intention de crier victoire trop vite : les privilèges des nobles, et de la Lux, mettrait du temps à disparaître complètement. Quant à l’exclusion des plus pauvres, de la Ios, celle-ci était loin d’être abolie et interdite. Il y aurait toujours de la pauvreté au sein de ce monde métallique et froid : la fanatique de Robin des Bois avaient bel et bien décidé de continuer à voler encore quelques temps... D’abord parce que cela était ‘nécessaire’ mais aussi parce que cela la faisait bien rire de se jouer ainsi de la Sayeh et de la Lux, en les narguant, extorquant de plus en plus de richesses aux aristocrates et aux grands commerciaux de ce monde. Le fait de jouer au jeu du chat et de la souris avec eux plaisait beaucoup à Neala. Sauf quand ce jeu était un peu trop serré (en sa défaveur plus exactement). Mais, restant sans visage pour les autorités, elle était à l’abri de tous soupçons. Ou presque.

La preuve : elle venait d’entrer à l’intérieur de l’établissement, où un bouquet d’odeurs sucrées et délicieuses l’accueillit... lorsque quelqu’un se pencha à son oreille, lui chuchotant une dizaine de mots... qui eurent le mérite de la faire frémir, alors que son corps se tendait imperceptiblement. Mer... credi ! Elle avait été repérée. Et par un inconnu, sur lequel elle n’avait pas d’informations. Dix mercredis. Elle n’avait même pas vu son visage. La jeune femme hésita : fallait-il l’ignorer, ou bien se retourner pour voir à qui elle avait à faire. Elle choisit la troisième option. Oui, avec Neala, il faut toujours se dire que si elle un choix à faire, ce sera rarement l’un de ceux qu’on lui propose. Comment ça, difficile ? Non, juste innovatrice. Ou pas. Infiltrer l’esprit quelque peu retors de Neala n’est pas chose simple, ceux qui se sont risqués à étudier les rouages secrets de son âme n’en sont pas sortis indemnes. La troisième option donc. Un mélange des deux en quelque sorte. Au lieu de montrer à quel point ces mots la mettaient mal à l’aise en se tournant complètement vers son interlocuteur, ou de complètement l’ignorer, elle se tourna très légèrement de côté, faisant mine de réajuster sa veste rouge. C’est de cette façon qu’elle réussit à entrevoir ce à quoi ressemblait l’importun.

Assez grand, un peu plus âgé qu’elle sûrement (quoique, beaucoup de personnes plus jeunes qu’elle l’avait dépassé d’une dizaine de centimètres...). Les cheveux étaient longs et détachés (et d’une jolie couleur blonde. Encore...), les yeux, bleus (elle supposait que si l’une des prunelles qu’elle voyait était couleur lazulite, l’autre devait être identique). La jeune femme retint un soupir : encore un blond. Le fait qu’il soit – lui aussi – en costume-cravate - jouait en sa défaveur, son interlocutrice pensant déjà deviner avoir affaire à un membre de la Lux... qu’elle méprisait mais dont elle se méfiait comme de la peste. De plus, cet individu était assez grand et musclé, assez du moins pour qu’elle veuille éviter une bagarre avec lui. Il fallait jouer habilement cette fois... rester neutre. Pitié, pourvu qu’il ne soit pas aussi susceptible que le précédent : car la jeune femme avait bien l’intention de le snober maintenant qu’elle avait vu qui se permettait de l’aborder ainsi. Alors qu’elle mettait en place un plan de retraite, le jeune homme passa du coq à l’âne, en lui posant une question à laquelle elle était bien loin de s’attendre.

Elle le regarda, surprise, observer les pâtisseries d’un air passif. Un manque de curiosité et d’indiscrétion de sa part... inhabituel. Neala se méfiait encore plus. Aussi, elle resta coite et ne dit mot, priant pour que son tour arrive bien vite. Le jeune homme la bouscula, s’excusa, exaspérant encore plus l’importunée. Elle se sentait obligée de lui répondre maintenant : impossible de continuer à l’ignorer. Se tournant vers lui, son visage pâle, lisse et sans émotion, elle ouvrit la bouche, et lâcha d’une voix froide, mais légèrement moqueuse et condescendante :

« Vous devriez poser ce genre de question à la vendeuse... Elle doit s’y connaître. »

Dit-elle, en tournant son regard vert d’eau vers la concernée... Oh zut. LE concerné. Pourquoi diable y avait-il un remplaçant aujourd’hui ? Elle se renfrogna, boudeuse, sa petite frimousse esquissant une moue déçue. La voilà embarquée dans une discussion dont elle se serait bien passée. La jeune femme se mit à réfléchir à la question, mais ce monsieur de la Lux ne méritait pas qu’elle se creuse la tête pour résoudre ses petits dilemmes de riche. Car elle avait bel et bien deviné celui auquel était confronté ce jeune noble. Personnellement, elle n’avait jamais eu à se poser ce genre de question, connaissant chacun de ses compagnons d’infortune à la quasi perfection. Aussi, elle poussa un long soupir, se résignant à parler, moins froide mais toujours quelque peu... méprisante.

« Je n’en sais rien : ça me serait égal si l'homme en question est un proche. Mais si vous n’êtes pas en mesure de savoir ce qui ferait plaisir à votre... amie, il se peut que vous ne la connaissiez pas très bien ou qu’elle ne vous intéresse pas. Vous ne devriez rien lui offrir du tout dans ce cas-là... »

Elle se tut brusquement. Elle qui ne voulait surtout pas s’attarder sur une conversation avec un riche à cette heure-ci.. Elle venait, sans s’en rendre compte, lui donner une leçon. Pas de bonne conduite, mais, pour elle, le fait de faire des cadeaux à une personne que l’on connaît ni d’Adam, ni d’Eve était d’un ridicule rare. Elle n’avait jamais compris l’intérêt, même lorsqu’elle était encore Neala Ootori, héritière noble d’une famille japonaise. Et elle ne comprendrait jamais ce genre de ‘règles’. Question de point de vue, d’obstination et de manque évident d’hypocrisie. ]


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Quincey Dragonwort
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MessageSujet: Re: Ice Cream is Evil   Dim 23 Jan - 14:43

Ses yeux se plissèrent à la réponse. Évidente. Mais bon parfois demander à la vendeuse, c'était comme s'avouer vaincu. Il s'apprêta à répondre que ce n'était pas nécessaire mais s'en garda. Et puis de toute façon, il s'agissait d'un homme. Ce qui était encore pire. Bonjour, je cherche le gâteau parfait pour une femme. Vous savez le genre râleuse. Comment passer pour un idiot en une leçon. Sans compter que Quincey repassait dans le coin de temps en temps. Il imaginait déjà l'oeil goguenard du vendeur à sa prochaine visite. Alors elle a aimé ? Ses lèvres dessinèrent un rictus agacé. Il était d'ailleurs bien plus contrarié par cette tournure possible d'évènement que le ton de la jeune femme. Malgré ses actions, le blond approuvait, sauf que les paroles ne restaient que des mots se perdant dans l'air. On ne les oubliait pas mais les circonstances pouvaient nous amener à les enfreindre. Surtout quand on avait pas l'intention de faire des vagues. Être sincère et désobligeant ou être poli et hypocrite à moins qu'il existait une pirouette pour se montrer poli et honnête. Dans cas, il lui restait peu de temps pour la trouver – il préférait s'amuser en ce moment.

 - C'était ce que j'avais l'intention de faire... 

Si on ne lui avait pas fait la morale et expliquer en long et en large, à quel point ce serait gênant pour leur famille. Sa phrase sonnait plus comme une plainte inachevée. Doucement, Quin tourna son visage en direction de l'inconnue. Elle semblait à la fois bien éduquée et effrontée. Le genre pas la langue dans sa poche l'amusait, peut-être parce qu'il avait grandi avec le modèle inverse. C'était toujours rafraichissant d'entendre des gens s'exprimer ainsi, cependant ça manquait de subtilité, de sous-entendus, de toutes ces petites choses qui rendaient la discussion tellement plus intéressante, l'interlocuteur cherchant à comprendre le fond de votre pensée. Bien sur, l'instructeur se doutait que la demoiselle n'avait strictement pas envie de s'éterniser avec lui. Sauf que le blond avait décidé de jouer au crampon. Ça lui ferait passer le temps et au moins, elle pourrait se plaindre de sa mauvaise éducation. Ou de la mauvaise éducation de la Lux. Enfin vu la raclée qu'elle avait mise aux jeunes hommes, elle devait franchement détester cette loge. Et en même temps, son style de combat l'avait surpris. Sans compter qu'en début de soirée, on croisait rarement des gens de la Ios au parc. Etait-elle ce qu'elle haïssait ?

 - Vous semblez bien agressive face à... certaines personnes... 

Formulation pudique pour éviter de s'étaler. En attendant, il ne s'agissait que d'une constatation. Bon le fait d'être entouré l'incitait à partir sur ce genre de terrain. La demoiselle s'avérait sportive et arriver à un rendez-vous avec les vêtements déchirés était de très mauvais goût. Se frottant le menton, il se demanda si sa loge de naissance se voyait encore. Si oui, c'était fâcheux, parce qu'au fond, ses tentatives pour s'en détacher n'avaient mené à rien. Pourtant les apparences étaient trompeuses, si elle le mettait dans la même catégorie que les autres. D'une, il avait changé de loge, de deux... Non le petit deux dépendait uniquement de qui était en tort. Son regard se posa sur des mousses aux fruits rouges avec un lit de chocolat blanc. Ah bah voilà. En plus, il y avait suffisamment pour plusieurs personnes. Fourrant ses mains dans ses poches, satisfait de son choix, il se tourna entièrement vers l'inconnue.

 - Et on ne vous a jamais dit que les apparences pouvaient être trompeuses, que les gens en réalité ne sont pas forcément ce qu'ils semblent être ? 

Un sourire innocent jouait sur ses lèvres. Ah il parlait beaucoup quand il s'y mettait. À tort et à travers, même. Ses prunelles bleu observaient son interlocutrice. Oh aucune réaction spécifique n'était attendue – à l'exception d'une grimace, d'un froncement de sourcils, d'un soupir de lassitude ou encore d'une indifférence royale. Sa main gauche se retira de sa poche et Quincey y jeta un coup d'oeil. Il avait encore le temps d'asticoter la jeune femme, assurément pour le plus grand malheur de cette dernière. Imperturbable, il la détailla avant de cligner des yeux, maudissant au passage son côté joueur – ou un autre mot beaucoup moins élégant - et une mémoire en passe de finir défaillante.

 - J'ai l'impression de vous avoir déjà vu quelque part... 
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MessageSujet: Re: Ice Cream is Evil   

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Ice Cream is Evil

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