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 L'heure de l'entrainement - Dimitri -

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MessageSujet: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Ven 12 Fév - 21:18

    Étrangement, la morgue était sans vie. Enfin me direz-vous, à part des morts, qui a-t-il dans une morgue pour qu'elle soit vivante ? Oui c'est vrai, mais n'auriez vous pas oublier notre petite Kathleen ? Ce médecin légiste qui passait sa vie dans cet endroit plutôt froid et peu accueillant -enfin cela dépend tout à fait de la personne qui veut y entrer, un mort y sera, sûrement bien accueillit. Bref, on put donc constater l'absence de la demoiselle dans son royaume. D'ailleurs, y attardons nous quelque instant, profitant de son absence pour pouvoir espionner un peu les lieux et essayer de savoir où celle-ci a pu bien disparaître. Alors, commençons notre enquête. Sur une table d'autopsie était allongé un corps qui visiblement n'était pas encore passé entre les mains de la femme aux morts. Ici et là, traînaient quelques outils servant à la réalisation d'une autopsie en bonne et due forme. On put aussi apercevoir deux trois corps, ayant déjà subi une autopsie et qui visiblement attendaient d'être rangé dans leur coffre respectif. Un peu plus loin, dans un petit coin se trouver un bureau. Sur ce bureau se trouvait une paire de lunette, un tas de dossier, un livre ouvert et retourné et des crayons rangés dans une tasse et une blouse blanche posée sur le dos d'une chaise.

    Tien donc, nous avions donc trouvé deux indices nous permettant de savoir où la belle demoiselle était partie. En effet, si la demoiselle avait laissé le livre ouvert sur la table cela voulait bien dire qu'elle ne comptait pas s'absenter longtemps et qu'elle était encore dans l'établissement. Cela réduisait déjà grandement nos recherches. Mais voilà une chose bien plus intéressante. Sa blouse. Où qu'elle aille, Kathleen portait toujours sa blouse, même pour ses pauses café et pause repas. Si elle avait retiré sa blouse cela voulait dire qu'elle était partie faire son entraînement de la semaine en salle de tir. C'est vrai que nous étions vendredi et que c'était son jour d'entraînement. Allons donc dans la salle d'entraînement retrouver notre protagoniste. Une fois arrivé sur place, nous la trouvions donc bien là où nous le pensions. Un casque posé sur un rebord devant elle, un pistolet posé à côté et entre les mains de la demoiselle un chargeur qu'elle était en train de remplir soigneusement. On put en conclure qu'elle n'avait pas encore commencé sa séance de tir. Une fois le chargeur plein, elle le remit à sa place, enfila le casque pris larme entre ses mains et visa la cible. Elle tira cinq coups et ramena la cible devant elle. Ok, on pouvait le confirmer, elle n'était pas aussi douée en tir que lorsqu'il fallait réaliser une autopsie. Sur cinq tirs, trois étaient ratés. Kat' grimaça. Regardant d'instinct derrière elle, elle fut soulagée de ne pas voir son patron dans les parages. Elle ne voulait pas imaginer ce qui lui arriverait si celui-ci voyait le désastre.

    La jeune femme changeât la cible, l'éloigna une nouvelle fois, mais elle ne reprit pas l'arme. Elle la laissa posée devant elle. Elle détestait vraiment ces séances de tir. À quoi cela servait à un médecin légiste de savoir tirer avec une arme à feu ? À rien selon elle.

    " Rha. M'énerve.

    C'était clair maintenant. Elle reprit l'arme et tira une nouvelle série. Au fond d'elle, elle pria pour que cette fois-ci ce ne soit pas un véritable désastre. Qu'elle en réussisse au moins quatre et qu'elle puisse s'en aller retourner faire sa lecture. Quoi ? Ce n'était pas sa faute si elle détestait être là, surtout que c'était souvent bourrés d'homme près à tirer pour n'importe quelle raison. Enfin cela n'engage que son avis. D'ailleurs celui-ci était souvent contredit par certaine de ses collègues. Mais peu importe. Pour elle ils sont tous juste bon-à-faire joue joue avec une arme. Enfin ça c'est ce qu'elle disait haut et fort. Mais elle devait quand même reconnaître que sûr le terrain ils étaient plutôt bon. Pas comme elle. Enfin, elle n'avait jamais mis le pied sur le terrain, mais ce qui se passait là montrer bien qu'elle n'était pas douée pour utiliser une arme à feu.
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MessageSujet: Re: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Ven 12 Fév - 23:16

« Whoa-oh... ! Out there in the spotlight, you're a million miles awaaaayyy, every ounce of energy, you try and give awaaaay... As the sweat pours out your body, like the music that you play ! Here I aaaaaam, on the roaaaad agaaaain... »

Il existe plusieurs sortes d'ennui que l'on peut ressentir au court de sa vie. Il y a le doux ennui, celui pas trop méchant qui ne dure jamais longtemps. Il y a aussi l'ennui créatif, où subitement, notre passivité se transforme en une magnifique source d'inspiration. On peut également assister à l'ennui satisfait. Après une dure journée à enchaîner corvées sur corvées, toutes aussi dénuées d'intérêt qu'épuisantes, la non activité est source de contentement. La chose présentée ainsi, certes, on pourrait croire que l'ennui n'est rien de plus qu'une petite période, parfois pas très agréable, certes, mais toujours éphémère. Seulement, nous n'avons pas encore parlé du dernier type d'ennui ; le plus mortifère, peut-être cause du suicides des jeunes romantiques allemands en leur temps, cause des maux dans de si nombreuses sociétés... L'ennui mortel. Ha ha, oui. Je vois déjà vos poils se hérisser rien qu'à son appellation. Et vous ne croyez pas si bien dire.

Non, vraiment, quand Dimitri disait se faire chier, c'était qu'il se faisait vraiment chier. Mais alors là, complètement. S'il avait intégré l'unité des Actions Rapides, ça n'était pas pour mariner dans le QG, à papoter du beau temps et de la scolarité de ses gosses, comme toutes ces chiffes-molles de la section Coordination. Ils étaient des bureaucrates. Mais eux, c'était le gros bras virils du N.S.S. Les mecs qui suent par tous les pores de leurs corps athlétiques la testostérone. Ceux qui mâchent négligemment du chewing-gum avec un foutu accent texan, ceux qui arrivent toujours à placer un "Don't f*ck with me !" à chaque arrestation. Bon, la vérité était que les membres de l'unité des Actions Rapides n'avaient en aucun cas l'autorisation de mâchonner des sucreries en service, et qu'ils parlaient tout à fait normalement. Mais l'idée était tout de même là. Un officier de sa section, en dehors du terrain, n'avait pas grande utilité. Pourtant, il se devait quand même de se présenter au Q.G. Simple question d'éthique, il paraissait. Enfin quoi, il n'avait vraiment pas que ça à faire de se traîner de Raimyo à Arkmeen ! Par exemple, chercher un colocataire. Et... Boarf, chercher un colocataire, c'était d"jà pas mal !

Dimitri chantait à tue-tête dans l'un des couloirs désertés du QG l'un de ses groupes fétiches. Cette partie des locaux n'était que très rarement utilisée. Monté sur sa vieille planche, il évitait les bureaux et les plantes vertes décoratives, les écouteurs vissés dans les oreilles. James Hetfield vomissait sa haine au creux de ses tympans. Et dire que le jeune Kalienkov s'étonnait de ne jamais monter en grade, sous prétexte qu'il n'était pas assez "mûr"... Incompréhensible. Superbement incompréhensible. Il jeta un coup d'oeil aux chiffres lumineux qui s'affichaient sur l'un des murs par le biais d'un système lumineux assez complexe. Wouah. C'était fou ce que le temps passait vite. Surtout lorsque l'on s'amuse comme un petit fou. Une petite séance de tir, et personne ne lui crierait dessus. De toutes façons, il n'avait encore croisé aucun autre mec de l'unité. Évidemment, eux, ils pouvaient se permettre de ne pas venir ! Peut-être même avaient-ils eu le droit à une mission. Mais bien sûr, c'était toujours le petit Dimouchet qui se coltinait les trucs rasoirs. Le jeune homme enfourna sa planche dans son sac à dos béant et se dirigea vers les ascenseurs. Quelques minutes après, il pénétrait de son pas traînants dans la salle de tir.

Au premier abord, il ne vit personne ; mais il entendit très nettement plusieurs détonations. Cinq coups. Un chargeur plein. Chaque coup de feu étaient espacés de quelques secondes, un temps approximativement identique à chaque fois. Quelqu'un de méthodique. De froid... Certainement de désintéressé quant au tir. Dimitri avança un peu plus dans la salle d'entraînement, les mains dans les poches de son pantalon troués, les lacets de ses baskets traînant au sol, un sweat trop large sur un t-shirt beaucoup trop larges. La parfait dégaine de l'ado attardé à qui on ne confiera jamais ses gosses. Un sourire de hyène étira la commissure de ses lèvres alors qu'il reconnaissait le dos du médecin légiste. Non pas qu'elle ait été vraiment crainte au sein du N.S.S... Mais tout de même. Cette fille là, toujours très calme, toujours très professionnelle, peut-être un peu cassante, elle passait ses journées avec des trucs morts ! On ne la craignait pas, non... Pas vraiment. C'était plus dérangeant. Malgré le fait que ce soit une sacré jolie fille, selon pas mal de mecs qui travaillaient ici. Le fantasme de l'infirmière, en quelque sorte. Dimitri n'avait jamais vraiment été confrontée au Docteur O'Liangan auparavant. Il travaillait approximativement sur la même chose, ils étaient destinés à se rencontrer. Rien de plus. Dim' trouvait les cadavres. Kathleen les charcutait. C'était un équilibre.


« — Bonjour, Doc'. Vous n'avez pas l'air ravie de canarder du carton, aujourd'hui, lui déclara-t-il en guise de salutation.

Normalement, les gens se serraient la main. Dimitri n'en avait jamais été capable. Il se contentait de sourire de son sourire habituel, un peu forcé et mauvais, et adressait un signe de la main plus ou moins poli à l'intéressé. Ça lui suffisait. Alors qu'il passait derrière le médecin en sifflotant. Il déposa son sac et vida ses poches dans les casiers prévus à cet effet, puis se dirigea vers le mobilier destiné à l'armement. Le jeune homme se noua les cheveux avec adresse et passa les lunettes de protection. Il choisit son arme, les munitions adequat, et se tourna vers l'un des stands de tir. Il ne regardait plus vraiment le docteur, sûrement car du peu qu'il savait d'elle, elle allait sûrement se montrer aussi affectueuse envers l'un des petits cons gueulards du service que les cadavres dont elle s'occupait. Aussi, il se mit lui aussi à placer les balles, avec plus d'habitude mais moins de soin que Kathleen.
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MessageSujet: Re: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Sam 13 Fév - 1:51

    Là y en avait vraiment marre. C'était la troisième fois qu'elle recommençait. Et c'était toujours le même résultat : un véritable désastre. Bon sang, elle qui avait pensé expédier cela en quelques minutes afin de retourner dans son antre. Mais non, voilà, elle avait beau faire comme on le lui avait dit, elle n'y arrivait pas. D'ailleurs elle ne comprenait pas ce qui n'allait pas. C'est vrai quoi. Elle s'appliquait, faisait bien attention à sa position, se repositionnait bien à chaque fois, mais nan, ce n'était jamais bon. Il fallait toujours qu'elle tire ailleurs que là où il le fallait. L'arme posait sur la tablette, elle retira son casque et ses lunettes de protection. Devant elle se trouvait son carton avec son désastre afficher à pleine vu. Kathleen lui jetait un regard mauvais. Comme-ci c'était sa faute à lui. Bon les cartons ça ne parle pas, ça ne vous fait pas de crise de pudeur et ça ne vous dérange pas un appartement, mais ce ne sont décidément pas des compagnons idéals. Ils ne sont pas capables de vous faire plaisir trente secondes. Voilà ce qui passait dans la tête de la médecin légiste.

    Tout juste à ce moment-là passa un des gars de la section action. Elle y jeta un rapide coup d'oeil quand celui-ci ce donna la peine de la saluer. Elle ne prit même pas la peine de lui répondre. C'était une chose futile pour elle, car en aucun cas cet homme à la tenue dépravé était son patron. Oui tenu dépravé vous avez bien lu. C'est ce qu'elle pensait de la tenue du jeune homme qui venait de passer. D'ailleurs elle l'avait facilement reconnue, le Kalienkov. À vrai dire, c'était facile de le reconnaître, il n'y avait pas tant de monde que ça dans la section action et même dans la section coordination capable de venir au travail dans une tenue pareille. Elle se demandait si leur supérieur lui en avait fait la remarque. C'est vrai quoi, ce n'était pas une tenue à adopter pour le travail. Mais passons. C'était un homme et visiblement celui-là n'en avait vraiment rien à faire des règles. Un jour il en payera les conséquences. Mais il n'en restait pas moins qu'il était quelque peu populaire auprès des jeunes femmes de N.S.S surtout des petites arrivantes.

    Kathleen se reconcentra de nouveau sur son entraînement. Changeant son carton, remettant cinq balles dans son chargeur, replaçant celui-ci dans l'arme, enfilant ses lunettes de protection et le casque, elle se remit à tirer cinq coups, en essayant de s'appliquer le plus possible. Rester calme. Ce concentrer. Bien viser sa cible. Stabiliser son bras. Ne pas trembler et tirer, se rappela-t-elle en boucle dans sa tête avant chaque tire. Elle en avait déjà fait trois sur cinq, le quatrième partie, puis le cinquième. Elle reposa son arme, encore une fois retira les protections sonore et visuelle. Elle ne remmena pas tout de suite le carton. Kat' ne voulait pas voir le désastre. Elle le savait déjà que ça allait être un échec total. Quand elle remmena le carton près d'elle elle en eut la confirmation. Elle désespéra, prenant sa tête entre l'une de ses mains -signe qu'elle était au plus au point de son désespoir- et soupira.

    " Ce n’est pas possible d’être aussi incapable.

    Parmi toutes ses collègues elles devaient faire partie des moins bonnes et pourtant il y en avait là-bas des filles qui seraient aussi capable qu'un enfant de trois ans de vous autopsier ne serait-ce qu'une simple souris. La jeune femme décida qu'il valait mieux qu'elle face une petite pose, ne serait-ce que pour calmer ses nerfs qui étaient fortement agassés par son incapacité. Laissant le tout comme cela elle sortit de la salle alla dans son antre, se servi un café et retourna dans la salle. Là elle s'installa sur une chaise face à son stand. Ce n'était pas bon de se retourner les méninge ainsi, c'était ce que lui disait souvent Saya, sa meilleure amie, mais pourtant elle ne pouvait s'empêcher de se poser la question. De se demander pourquoi elle n'arrivait pas à tirer correctement. Certes cela ne l'intéressait pas de savoir utiliser une arme à feu et elle n'en voyait pas l'utilité pour un légiste. Mais il fallait bien avouer, un jour si jamais on s'en prenait au N.S.S elle ne serait pas forcément à l'abri sous prétexte qu'elle est médecin légiste et qu'elle ne va jamais sur le terrain. C'est même pour cela que tous les employés étaient obligés de savoir au minimum se défendre soit même et savoir utilisé une arme à feu. Contre les rebelles on ne sait vraiment pas à quoi s'attendre.

    Buvant une gorgée de son café elle jeta un rapide coup d'oeil vers le gars de la section action. Ses cartons à lui étaient réussit, pas comme les siens. Elle ne pouvait s'empêcher de l'envier un peu. C'est vrai que ce n'est pas dans ses habitudes d'envier les gens, puisqu'elle est tout à fait fière d'elle et de son travail. Mais là le désespoir était-elle qu'elle ne pouvait que se dire que lui au moins il était tranquille avec les séances d'entraînement. Que ce n'était pas une véritable torture. Elle soupira et reposa son regard devant elle. Son visage ne montrer aucune expression, il restait froid et sérieux. Pourtant au fond elle tous tourbillonnait. Mais ça c'était la femme aux morts. Une femme froide et impassible en surface, mais un véritable puits d'émotion à l'intérieur -enfin n'exagérons pas, elle est juste désespérée par son propre cas.
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MessageSujet: Re: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Sam 13 Fév - 14:48


Dimitri était un adepte fini du Beretta M9. Une version largement améliorée du 9mm lors de son apparition au XX ème siècle. C'était le genre d'armes de poing que l'on n'utilisait que lorsque son arme d'épaule avait rendu l'âme lors du combat. Il était vrai que le jeune homme éprouvait une aversion sans non quant aux grands adeptes de voitures et de flingues, qui parvenaient à argumenter le débat sur leurs joujous préférés des heures durant. Mais c'était comme ça, avec le boulot, il était obligé d'être confronté aux armes à feu. Il ne touchait pas aux armes lourdes ; trop bourrines, insupportables à porter, devenaient brûlantes à chaque coup de feu. Les semi-automatiques lui convenaient parfaitement. Et nous savons tous ce qui attirent les hommes chez les armes à feu. Le pouvoir et la lâcheté. Évidemment, on se plie plus facilement face à un bon fusil à pompe que fasse à un canif'. Et on préfère largement se trouver à cinquante mètres du mec que l'on descend. On ne voit pas son visage, son regard (accusateur, terrible), la balle le traverser, puis ressortir, en un petit nuage de poussière d'os et de sang. La culpabilité... La culpabilité. Et le pouvoir. Toujours le pouvoir.

Il positionnait ses jambes avec un écart égal à celui de la largeur de son bassin, et leva les bras, l'arme en poings. Viser, tirer. Ouvrir les deux yeux. Viser vite, presser la gâchette vite. Précis. Mais surtout rapide. Dimitri pressa la gâchette, ses bras accusèrent le coup de feu en une détonation étouffée par le casque gris, et la balle vint se ficher dans le carton. Il ne tirait qu'assez rarement en plein centre, peut-être une ou deux fois par barrettes, et les Beretta avaient une capacité de quinze balles. Mais tous ses tirs lévitaient autour du centre de la cible. Avant, le recul effectué par le coup le surprenait toujours. Maintenant, il ne le sentait plus, nous bougeait plus. le coup partait, la balle volait à toute vitesse, voilà tout. Il restait un assez bon tireur. Pas dans le meilleur, pas le pire, il était bon. Il connaissait le secret du tir : la vitesse. Rester trop longtemps en joug fatiguait les bras, et le tir était nettement moins précis.

C'était sûrement le défaut du Docteur O'Liangan. Mais si elle ne s'était pas donnée la peine de répondre à ses salutations, certainement n'apprécierait-elle pas les remarques quant à sa façon de tirer. En effet, c'était une personne impressionnante. Surtout son regard calculateur, peut-être, perçant. Qui vous transperce de par et d'autre de votre âme. Exactement le genre de regards que Dimitri détestait recevoir. Parce qu'il se sentait un peu plus petit qu'il ne l'était déjà. Et Dieu sait que Kathleen le dépassait de presque une tête. Une fois son chargeur vidé, il actionna l'interrupteur qui enclenchait le mécanisme lui permettant de récupérer la cible perforée sans avoir à s'aventurer sur les pistes dangereuses, bien que séparées par des cloisons épaisses. Il inspecta la cible, un peu las, puis la jeta dans une petite corbeille sans ménagement et posa l'arme sur la tablette, se défaisant de son sweat à capuche qui asphyxiait ses gestes, qu'il abandonna négligemment à ses pieds. Le sol était impeccable, quoi qu'il en soit.


« Le monde tournerait déjà un peu plus rond s'ils se donnaient autant de mal à nettoyer le sol qu'à aider les pauvres traînes misère d'Ios... Enfin, si seulement le monde tournait encore », songeait-il avec une certaine ironie en se tournant vers les conteneurs de munitions.

La femme aux morts avait abandonné l'idée de s'entraîner au tir. Elle s'était assise pas très loin du mobilier d'armement, en face du stand qu'elle occupait, un gobelet fumant à la main. Et ce fameux regard, carrément pas content cette fois-ci. Oh. La vache. Si elle avait des revolvers à la place des yeux, celle-là, je peux vous assurer que le carton tomberait en confettis. Dimitri n'y prêta plus attention et se dirigea vers le casier réservé au 9 mm Parabellum, retirant les protections auditives mais gardant les lunettes de protection. Il décelait une légère attitude crispée dans les gestes de la scientifique. Ses cartons gisaient sur sa tablette. Pas très reluisants. Mais pas catastrophiques non plus. Dimitri, qui s'était juré de ne plus adresser la parole à cette femme de peur de ne se faire gober sur le champs finit tout de même à lui déclarer d'un ton détaché, sans même la regarder, en remplissant son chargeur.

« — Je pense que vous devriez commencer par un tir à dix mètres, le vingt mètres avec un semi-automatique, c'est pas le top. Et puis, vous n'êtes pas assez mécanique dans votre geste. Peut-être un peu trop rigoureuse. Mais votre position est bonne. Très bonne, même.

Il avait dit ces mots sans vraiment y faire attention. Ça n'était pas de la moquerie, une pure et simple constatation, c'est pourquoi son ton était presque désintéressé. Pour une fois qu'il avait l'occasion de partager un peu de sa science avec une intellectuelle, il n'allait pas s'en priver. Et puis elle ferait ce qu'elle voulait de ses conseils, après tout. Mais ses tirs l'avaient mis de plutôt bonne humeur. À ce rythme là, il serait dehors dans une vingtaine de minutes. Enfin... Si le spécialiste ne lui sautait pas à la gorge. Dans ce cas, il sortirait les griffes. C'était typiquement lui, ça.

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MessageSujet: Re: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Lun 15 Fév - 2:03

[Bon je ne suis pas fière de ma réponse, désoler, elle n'est pas terrible. Je ne sais même pas si on peut appeler ça une réponse...]
    À cet instant précis, c'était deux mains gauches qu'elle avait l'impression d'avoir. En fait, c'était la même chose à chaque fois qu'elle venait ici. Elle détestait vraiment ce lieu, oh oui souvent elle prétextait que c'était parce qu'il n'y avait que des hommes qui venaient faire joujou avec leurs armes, mais en réalité c'était pour une toute autre raison. Si elle n'aimait pas cet endroit, c'est que celui-ci la faisait se sentir gauche, faible et surtout inutile. Tout ce dont elle détestait. Elle qui était une femme fière et forte, qui ne se laissait jamais marcher sur les pieds, ici elle se retrouvait comme une stupide débutante complètement campé sur ses positions refusant tout type d'aide. Kathleen avala une nouvelle gorgée de son café, lançant toujours un regard meurtrier à son stand et plus particulièrement à ses cartons. Soupirant, elle termina sa tasse de café et la posa sur la chaise après s'être levée pour retourner à son entraînement.

    Elle ne regardait même plus Dimitri. Au contraire elle essayait de l'ignorer complètement. À côté de lui elle se sentait minuscule. Bien évidemment, si elle le rencontrait dans un autre contexte ça aurait été autre chose. Mais là elle ne pouvait qu'avouer sa défaite sur lui en matière de tir. C'était d'ailleurs pour cette raison là qu'elle décida néanmoins de prêter un minimum d'attention au conseil que celui-ci lui donna. Au début elle voulut protester, lui demandant pour qui il se prenait et qu'elle n'avait pas besoin de ses remarques désobligeante, mais un simple regard vers ses cartons et les siens à lui la convaincue d'écouter ce qu'il lui racontait. Alors comme ça elle n'était pas assez mécanique et trop rigoureuse. Pendant une fraction de seconde une mine boudeuse apparut sur son visage, mais disparut aussitôt. Et non, nous étions au travail, il ne fallait donc pas baisser sa garde. Cette fois-ci, rechargeant son arme, elle plaça la cible à dix mètres seulement. Enfilant de nouveau les protections elle se mit en place et se concentra de nouveau. Rester calme, ce concentrer, bien viser sa cible, stabiliser son bras, ne pas trembler et tirer se rappela-t-elle encore une fois avant chaque tirs.

    Une fois la série terminée, elle ramena le carton et un miracle se produisit. Un large sourire s'afficha sur son visage. Un de ces sourires qui se colle sur votre visage malgré vous, quand vous avez réussi à faire bien, ou à ne serait-ce que vous améliorez un tantinet soit peu. Dans le cas présent, si la légiste souriait ainsi ce n'était que pour une seule raison. Elle avait réussi à s'améliorer. Ce n'était plus un désastre. Bon d'accord ce n'était pas toujours ça, mais au moins elle pouvait dire fièrement qu'elle avait réussi à mettre ces cinq tir dans la cible, sans qu'une seule soit sur le bord du carton. À cet instant même elle se sentit soulagé et ses nerfs purent se détendre un peu. Finalement, écouter les conseils des gens ne faisaient pas de mal de temps à autre « mademoiselle je ne veux rien entendre ». Peut-être devrait-elle, en temps normale, remercier son collègue de la section action, mais en temps normal, elle n'écoutait jamais les conseils des gens. Alors elle fit comme-ci de rien était et changeât de carton. En remis un nouveau et recommença.

    Les résultats de ses deux nouvelles séries étaient meilleurs que ceux des séries aux vingt mètres. Mais ce n'était pas encore parfait ni de ce que l'on pourrait appeler bien. C'était comme qui dirait potable. Et maintenant quand elle regardait son carton elle ne souriait plus. Elle les fusillait de nouveau du regard. Ce n'était pas assez bien. Ce n'était pas Parfait. Dans tout ce qu'elle faisait, pour qu'elle soit satisfaite, il fallait que ce soit parfait. Et là ça ne l'était pas. C'était vraiment amusant comment elle pouvait passer d'un état d'esprit à un autre. Il y avait peu de temps, elle était heureuse de ses progrès et voilà que maintenant elle trouvait que c'était nul, pas présentable, que ça ne valait rien. Là revoilà, la O'liangan, froide, exigeante, sérieuse et sûr d'elle. Une nouvelle fois elle soupira, c'était une habitude visiblement quand elle était ici. Bien évidemment elle aurait pu demander de l'aide à Kalienkov, mais voyez-vous, elle avait sa fierté de femme forte et elle ne pouvait donc pas se rabaisser à demander de l'aide.

    Regardant ses cartons, elle se demandait si elle devait continuer ou si elle en avait fait suffisamment pour aujourd'hui. Certes ce n'était pas parfait, mais c'était largement suffisant ? Et puis elle avait passé déjà pas mal de temps dans la salle d'entraînement. Il y avait certainement un corps qui l'attendait à la morgue. Ou pas d'ailleurs, mais s'il n'y en avait pas, il y avait toujours sa lecture. Alors qu'elle se cherchait une excuse pour partir d'ici son visage c'était durcie, comme-ci quelque chose la contrarier. Elle avait vraiment un visage froid, à ce demander si sa vie avec les cadavres ne l'avait pas refroidit elle-même -ce qui, était totalement faux. C'était juste sa barrière personnelle au travail pour ne pas se faire agresser et surtout pour qu'on lui foute la paix et qu'on la laisse travailler. Et qu'on la respecte aussi au passage.
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MessageSujet: Re: L'heure de l'entrainement - Dimitri -   Mar 16 Fév - 18:15

Dimitri avait pris tout son temps pour remplir son chargeur. Ainsi, il la vu finir son café, reposer le gobelet sur sa chaise et se redresser pour se diriger de nouveau vers son stand. Son attitude n'avait changé en rien vis à vis du petit soldat, il espérait néanmoins que ses remarques désintéressées étaient la cause de sa remotivation. Non pas que cela lui importait guère, non, c'était plus le côté honorifique de la chose. Son ego déjà surdimensionné sembla grossir un peu plus, il laissa un vague sourire satisfait étirer ses lèvres pâles. Il fit semblant de ne pas lui prêter la moindre attention le temps qu'elle recharge sa propre arme et qu'elle s'éloigne. Un fois le casque sur les oreilles et tournée vers sa cible, elle ne le voyait ne ne l'entendait plus. Il se permit donc de se retourner pour voir le fruit de ses conseils en pratique, négligemment accoudé au meuble métallisé et glacé sous la peau de ses bras nus.

Tous ses tirs avaient atteints la cible, et qui plus est, aucun n'était dans le blanc. Dimitri détourna son regard, satisfait. Il se faisait bon pédagogue. Si seulement il n'était pas aussi hyper actif, peut-être aurait-il pu devenir instructeur à l'Himmel... Mais il n'en était pas question. Les gosses lui refilaient de l'urticaire. Pire : Les gamins prépubères en pleine crise hormonales. Lui-même était passé sur les bancs de l'Himmel, à côté des petites brutes du dimanche et des intellectuels pédants, à se battre pour essayer de défendre sa petite parcelle d'avenir. Il avait réussi. Et ne refoutrait plus jamais les pieds là-bas : ça, non.

Il se dirigea de nouveau vers son stand, faisant négligemment tourner son arme chargée entre ses doigts habitués au contact fréquent d'une machine à tuer ; et son propre stand se trouvait être celui voisin à celui du docteur O'Liangan. Devant celui-ci, il choisit un genre différent de cibles : celles ayant la forme d'un corps humain. Toucher les points vitaux rapportaient le plus de points. Cet exercice lui avait toujours paru magnifiquement risible de par son objectivité ; tirer sur un mec et sur une cible en forme de mec n'avait strictement rien à voir. Il glissa ses écouteurs dans ses oreilles avant de rabattre les protections auditives par dessus ses oreilles. C'était interdit par le règlement, certes. Mais la seule personne qui se trouvait ici semblait faire tout son possible pour l'ignorer, il ne risquait pas grand chose après tout. Et puis ça ne changeait absolument rien. Avec ou sans musique, il n'entendrait pas les coups de feu aussi forts. Dimitri choisit la chanson qu'il avait envie d'écouter sur le petit écran tactile : "Welcome Home (Sanitarium)". Il enclencha le son, et se remit en position de tir, murmurant les paroles entre ses lèvres tendues par la concentration.

Quinze balles sur une pauvre silhouette en carton ? Ça laissait place à une imagination destructrice. Un tiers des balles vinrent se loger dans la zone crânienne, un autre tiers réparti dans les parties "sensibles" du pauvre petit homme de carton. Le tireur utilisa son dernier tiers pour viser les points les plus difficiles à avoir : il rata une main sur les deux, lui arracha pratiquement la jambe droite, et ne chercha pas à cacher son amusement. Il chantonnait même à voix basse au rythme de sa chanson :

"Sanitarium ! Let me be ! Sanitariuuuum, just leave me alone !"

Dimitri reposa l'arme sur la tablette et posa ses poings sur ses hanches, reculant un peu pour jeter un coup d'oeil à la pendule numérique. le temps passait à une vitesse... Non, en vérité, le temps passait super longtemps. Il poussa un soupir à fendre l'âme. Lui-même ne le remarquait pas, tant le volume de son MP3 était fort.


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L'heure de l'entrainement - Dimitri -

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